Zelensky met en garde l'ONU contre l'expansion de la guerre par Poutine
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Zelensky affirme que Poutine a déclenché la Troisième Guerre mondiale : faut-il le croire ?

Alors que des soldats nord-coréens s'entraînent en Russie et que l'aide américaine diminue, Zelensky assure que Poutine a déjà déclenché la Troisième Guerre mondiale. Cet article décrypte cette alarmante déclaration, les enjeux territoriaux du...

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À quelques jours du quatrième anniversaire de l'invasion russe, une déclaration fracassante secoue les chancelleries occidentales. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé, lors d'une interview exclusive accordée à la BBC dans les locaux gouvernementaux de Kyiv, que Vladimir Poutine a « déjà commencé » la Troisième Guerre mondiale. Cette sortie médiatique survient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu : les négociations de paix piétinent à Genève, l'administration Trump a drastiquement réduit l'aide militaire américaine, et des soldats nord-coréens s'entraînent désormais sur le sol russe. Mais au-delà du choc des mots, une question brûlante persiste : faut-il prendre cet avertissement au premier degré ou y voir une manœuvre politique destinée à réveiller un Occident fatigué ? 

Localisation de Kyiv
Localisation de Kyiv

Dans le bunker de Kyiv : l'interview qui change le ton

Le week-end du 22 février 2026 restera sans doute comme un moment charnière dans la communication de guerre ukrainienne. Jeremy Bowen, correspondant senior de la BBC, a été reçu dans l'enceinte gouvernementale de Kyiv pour ce qui s'annonçait comme une interview de routine à l'approche du quatrième anniversaire du conflit. Mais le cadre lui-même parlait déjà d'une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : le bâtiment présidentiel est devenu une forteresse, avec des contrôles de sécurité que le journaliste britannique a qualifiés de niveau qu'il a rarement expérimenté auparavant.

Cette rencontre s'est déroulée dans une salle de conférence austère, ornée de drapeaux ukrainiens bleu et jaune. Zelensky, vêtu de sa désormais habituelle chemise sombre, faisait face au journaliste dans une atmosphère où chaque mot semblait pesé. La photo officielle de l'entretien montre deux hommes au visage grave, séparés par une table minimaliste, comme si la simplicité du décor devait renforcer la gravité du message. Ce n'était pas une interview politique ordinaire, c'était un appel lancé depuis le quartier général d'un pays qui se bat pour sa survie depuis quatre ans.

Un protocole de sécurité inédit

L'accès au président ukrainien n'a jamais été simple, mais les mesures décrites par Jeremy Bowen témoignent d'un changement de paradigme. Dans un pays en guerre, où le chef de l'État a déjà été directement ciblé par des tentatives d'assassinat russes, la protection rapprochée est devenue une obsession. Chaque visiteur est passé au crible, chaque pièce d'équipement vérifiée, chaque mouvement coordonné avec une précision militaire.

Ce niveau de sécurité n'est pas uniquement symbolique. Il rappelle que Kyiv reste une cible prioritaire pour les forces russes et que la guerre, malgré sa lassante régularité dans les médias occidentaux, reste une menace existentielle au quotidien pour les dirigeants ukrainiens. L'atmosphère pesante qui régnait dans les couloirs du pouvoir ukrainien ce jour-là était celle d'un État qui sait que son destin se joue peut-être dans les semaines ou les mois à venir.

L'ancien comédien devenu symbole mondial

Il est impossible de comprendre l'impact de cette interview sans revenir sur le parcours hors norme de Volodymyr Zelensky. Ancien animateur de télévision et comédien, il a remporté l'équivalent ukrainien de « Danse avec les stars » en 2006 avant de jouer le rôle d'un professeur accidentellement élu président dans une série comique. En 2019, la fiction a précédé la réalité lorsqu'il a été élu à la présidence avec plus de 73% des voix.

Quand l'invasion a commencé le 24 février 2022, beaucoup attendaient sa fuite. Au lieu de cela, il est resté à Kyiv, transformant son passé de communicateur en atout stratégique. Quatre ans plus tard, cet homme décrit par Bowen comme remarquablement résilient continue de porter le poids d'une nation meurtrie. Son discours sur la Troisième Guuerre mondiale s'inscrit dans une stratégie narrative cohérente : positionner le conflit ukrainien non pas comme une guerre locale, mais comme le front central d'une bataille mondiale pour la démocratie.

« Poutine a déjà commencé » : décryptage d'une déclaration choc

La phrase lancée par Zelensky a fait le tour du monde en quelques heures : le président ukrainien croit que Poutine a déjà commencé la Troisième Guerre mondiale. Mais que signifie exactement cette affirmation ? S'agit-il d'une analyse géopolitique froide ou d'une formule choc destinée à mobiliser les opinions publiques ? Pour comprendre la portée réelle de ces mots, il faut les replacer dans leur contexte complet et analyser les arguments avancés par le président ukrainien.

Zelensky ne prétend pas que des divisions russes déferlent actuellement sur Paris ou Berlin. Sa thèse est plus subtile : la définition traditionnelle de la guerre mondiale, fondée sur des déclarations formelles et des fronts continus, est devenue obsolète. Selon lui, l'implication croissante d'acteurs non européens, la multiplication des opérations hybrides et l'ampleur des perturbations économiques mondiales constituent déjà les prémices d'un conflit global.

La vision idéologique derrière les mots

Dans sa déclaration complète, Zelensky ajoute une dimension qui dépasse largement le cadre militaire. Pour lui, la question fondamentale est de savoir quelle étendue de territoire la Russie parviendra à conquérir et comment l'arrêter. Plus profondément, il affirme que la Russie veut imposer au monde un mode de vie différent et changer les existences que les peuples ont choisies pour eux-mêmes.

Cette formulation place le conflit sur le terrain des valeurs et non plus seulement sur celui des frontières. Zelensky dresse un parallèle explicite avec les guerres mondiales du XXe siècle, présentant la Russie non comme une puissance défensive inquiète de l'expansion de l'OTAN, mais comme un acteur révisionniste cherchant à remodeler l'ordre international par la force. C'est un argument destiné à rallier les démocraties occidentales en positionnant l'Ukraine comme le rempart contre un nouveau totalitarisme.

Les soldats nord-coréens : une preuve tangible

L'élément factuel le plus solide avancé par Zelensky est la présence de troupes nord-coréennes aux côtés de la Russie. Selon les renseignements ukrainiens corroborés par le Pentagone, environ dix mille soldats de Pyongyang s'entraînent actuellement dans l'est de la Russie, prêts à être déployés sur le front ukrainien. Cette information, si elle se concrétise par un engagement effectif au combat, marquerait un tournant historique.

Jamais depuis la guerre de Corée des troupes nord-coréennes n'avaient été projetées sur un théâtre d'opérations aussi éloigné. Cette intervention potentielle créerait un précédent géopolitique majeur, liant indéfectiblement les destins de la péninsule coréenne, de la Russie et, par extension, de la Chine. Pour Zelensky, c'est la preuve irréfutable que le conflit a basculé dans une dimension mondiale : les nations du monde entier s'y impliquent désormais directement.

Les territoires que Zelensky refuse d'abandonner

Derrière les déclarations fracassantes sur la guerre mondiale se cache un enjeu concret et immédiat : le territoire. Vladimir Poutine exige, comme préalable à tout cessez-le-feu, la cession de 20% de la région de Donetsk encore sous contrôle ukrainien, ainsi que des terres dans les régions de Kherson et Zaporizhzhia. Cette exigence russe, présentée à Moscou comme une demande raisonnable pour parvenir à la paix, est vécue à Kyiv comme une demande de capitulation déguisée.

La réponse de Zelensky a été sans équivoque. Pour lui, il ne s'agit pas simplement de terre, mais d'un abandon : l'affaiblissement des positions ukrainiennes et l'abandon de centaines de milliers de concitoyens qui vivent sur ces territoires. Ce retrait diviserait la société ukrainienne, selon ses propres termes. Cette position illustre le dilemme tragique auquel l'Ukraine est confrontée : céder pour obtenir la paix au prix d'un démembrement national, ou poursuivre une guerre d'usure dont le coût humain s'alourdit chaque jour.

Les « villes forteresses » du Donbass

Les territoires que la Russie réclame ne sont pas de simples étendues de steppe. Ils comprennent ce que les Ukrainiens appellent les « villes forteresses » — des localités urbaines densément peuplées qui ont été transformées en bunkers géants après quatre années de conflit. Ces villes, comme Avdiivka et d'autres bastions du Donbass, sont devenues des labyrinthes de fortifications, de tranchées urbaines et de ruines bétonnées où des populations civiles survivent dans des conditions souvent épouvantables.

Abandonner ces positions, c'est condamner des centaines de milliers d'Ukrainiens à vivre sous l'occupation russe. C'est aussi perdre des défenses naturelles qui protègent le reste du pays. Zelensky le sait : ces villes agissent comme des digues. Si elles cèdent, la pression russe pourrait s'exercer sur des régions plus profondes de l'Ukraine, menaçant l'existence même de l'État ukrainien tel qu'il est défini par ses frontières internationalement reconnues.

Le coût humain d'une reconquête totale

Dans un moment de franchise saisissante, Zelensky a reconnu devant la BBC que tenter de reconquérir l'intégralité des frontières de 1991 aujourd'hui signifierait perdre un nombre énorme de personnes, potentiellement des millions. Cet aveu met en lumière le calcul tragique auquel le président ukrainien est confronté quotidiennement.

D'un côté, la victoire totale — le rétablissement des frontières de 1991 — reste l'objectif officiel et moralement irréfutable pour une nation agressée. De l'autre, le prix du sang pour y parvenir pourrait être insupportable. Lors de son interview sur France 2 le 4 février 2026, Zelensky a même avancé des chiffres précis : selon lui, conquérir l'est de l'Ukraine coûterait aux Russes huit cent mille cadavres supplémentaires et leur prendrait deux ans au minimum. Ce type d'estimation macabre illustre la réalité d'une guerre d'usure où les pertes humaines se comptent en centaines de milliers.

Trump, le Congrès et les garanties américaines

L'équation de la survie ukrainienne passe inévitablement par Washington, mais la donne a radicalement changé avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. L'administration américaine a stoppé presque toute l'aide militaire directe à l'Ukraine, tout en continuant de fournir un renseignement vital. Face à cette incertitude, Zelensky a dû adapter sa stratégie, abandonnant les confrontations publiques pour une diplomatie plus subtile, conseillé par des experts britanniques comme Jonathan Powell.

Cette manœuvre diplomatique est devenue existentielle. Zelensky ne réclame plus seulement des armes, il exige des garanties juridiquement contraignantes. Sa demande principale : que tout accord de sécurité soit validé non seulement par le président américain, mais aussi par le Congrès des États-Unis. L'objectif est de verrouiller le soutien américain à long terme, en le protégeant contre les aléas de la politique intérieure et les changements futurs d'administration.

La stratégie de la flatterie envers Trump

Dans cette quête de soutiens, Zelensky n'a pas hésité à jouer sur les cordes sensibles de l'ego présidentiel américain. Lors de son interview sur France 2, il a déclaré que Vladimir Poutine ne craint aucun autre chef d'État, à l'exception de Donald Trump. Cette affirmation, que certains qualifieront de diplomatiquement habile, vise un objectif précis : convaincre Trump que la meilleure façon de négocier avec la Russie n'est pas de céder aux exigences de Poutine, mais d'utiliser cette prétendue crainte pour obtenir des concessions.

La logique sous-jacente est explicitée par Zelensky lui-même : si le président Trump sait que Poutine a peur de lui, alors il ne peut pas accepter toutes les conditions que pose le président russe. C'est un pari audacieux : tenter de transformer l'isolationnisme trumpien en une forme de négociation musclée où l'orgueil personnel du président américain deviendrait un atout pour l'Ukraine.

Pourquoi le Congrès devient la cible prioritaire

La demande de garanties de sécurité sur trente ans, votées par le Congrès, révèle une profonde méfiance envers la stabilité de la politique américaine. Zelensky l'a formulé clairement : les élites politiques changeront, les dirigeants changeront. Pour un pays qui a vu l'aide américaine fluctuer drastiquement d'une administration à l'autre, s'en remettre à la seule parole d'un président est devenu insuffisant.

En demandant un engagement ratifié par le pouvoir législatif, Zelensky cherche à institutionnaliser le soutien américain. Le Congrès, avec sa structure plus permanente et son contrôle sur le budget, représente une ancre plus solide qu'un engagement présidentiel révocable. Cette approche vise aussi à dissuader la Russie d'attendre un changement de pouvoir à Washington pour reprendre ses offensives.

La convergence des alertes : Macron rejoint Zelensky

Le président ukrainien n'est pas le seul à brandir le spectre de la Troisième Guerre mondiale. Emmanuel Macron a également accusé Vladimir Poutine de jouer à la guerre mondiale, utilisant une formulation volontairement provocatrice. Cette convergence entre Paris et Kyiv est significative : elle marque la volonté européenne de durcir le ton face à la Russie, indépendamment des hésitations américaines.

La synchronisation n'est pas fortuite. Après l'altercation très médiatisée entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à Washington, Macron a pris la défense du président ukrainien avec une fermeté inédite. Il a martelé qu'il y avait un agresseur, la Russie, et un peuple agressé en Ukraine, méritant le respect. Une position qui rappelle les principes fondamentaux du droit international face aux tentatives de réécriture de l'histoire.

La position française sur l'agression russe

Le diagnostic français se distingue par sa clarté morale. Macron a dénoncé l'obstination et l'intransigeance de la Russie, parlant même d'une forme d'addiction de la Russie pour la guerre. Cette analyse dépasse le cadre ukrainien : elle positionne la Russie comme une puissance devenue structurellement belliqueuse, incapable de s'insérer dans un ordre international coopératif.

Cette position française, émanant d'une puissance nucléaire et membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, donne une légitimité supplémentaire aux avertissements de Zelensky. Elle rappelle que ce n'est pas un petit pays alarmiste qui parle, mais l'un des piliers de la sécurité européenne. Le message est clair : toute concession à Poutine ne ferait qu'encourager son expansionnisme et rapprocher le monde du précipice.

Le débat sur les troupes européennes en Ukraine

Face à l'impasse, des propositions audacieuses commencent à circuler. Boris Johnson, l'ancien Premier ministre britannique, a suggéré lors d'une interview à la BBC d'envoyer des troupes non-combattantes en Ukraine maintenant, et non pas après un hypothétique cessez-le-feu. Son argument est direct : si nous pouvons avoir un plan pour des troupes au sol après la guerre, après que Poutine a daigné accepter un cessez-le-feu, alors pourquoi ne pas le faire maintenant ?

L'idée, encore marginale, illustre néanmoins la gravité perçue de la situation. Si des leaders européens sérieux envisagent d'envoyer des soldats, même dans des rôles de soutien logistique ou de formation, c'est bien que la perspective d'une confrontation directe avec la Russie n'est plus considérée comme de la science-fiction. C'est la reconnaissance implicite que le conflit ukrainien est devenu le cœur d'un affrontement global.

Le verdict des experts : 2026, année la plus dangereuse depuis 1945

Au-delà des déclarations politiques, l'analyse des experts du Council on Foreign Relations vient corser le tableau. Dans une enquête réalisée auprès de six cent vingt spécialistes des relations internationales, l'année 2026 est classée comme potentiellement la plus dangereuse depuis 1945. Ce consensus alarmant ne repose pas sur des spéculations, mais sur l'observation de dynamiques géopolitiques concrètes : multiplication des fronts ouverts, érosion des normes de non-agression entre États, et retour de la dissuasion nucléaire au centre des stratégies militaires.

John Simpson, éditorialiste senior à la BBC qui a couvert plus de quarante conflits depuis les années 1960, a exprimé un sentiment partagé par de nombreux observateurs chevronnés. Il n'a jamais vu une année aussi inquiétante que 2025. En extrapolant à 2026, il a ajouté avoir le sentiment désagréable que Zelensky avait raison dans sa qualification de guerre mondiale.

Le scénario de l'erreur de calcul

Le rapport du Council on Foreign Relations met en lumière un scénario spécifique jugé modérément probable mais à impact catastrophique : une confrontation directe entre la Russie et l'OTAN résultant d'une escalade involontaire. L'argument central est le risque d'erreur de calcul — cette situation où un incident isolé déclenche une réaction en chaîne incontrôlable.

Dans un environnement où les règles d'engagement sont floues et où la communication entre Moscou et l'Occident est quasi inexistante, un simple incident pourrait déclencher une escalade que personne n'aurait voulue ni planifiée. Comme le soulignent les experts, le vrai risque, c'est que la Russie commette une erreur de calcul, ou que quelqu'un prenne une décision irréfléchie en pleine crise.

La guerre hybride déjà en cours

La guerre mondiale de 2026, si elle existe, ne ressemble pas à celles du siècle dernier. Elle se joue déjà sur des fronts invisibles : violations répétées d'espaces aériens européens par des drones russes, cyberattaques massives contre les infrastructures des pays baltes et scandinaves, campagnes de désinformation visant à déstabiliser les démocraties de l'intérieur.

Ces opérations hybrides constituent ce que les stratèges appellent la zone grise — ni tout à fait la paix, ni tout à fait la guerre déclarée. Elles permettent de tester les adversaires, d'éroder leur résolution et de préparer le terrain pour une escalade potentielle, tout en restant en dessous du seuil qui déclencherait une réponse militaire conventionnelle. C'est cette guerre larvée qui rend la situation si difficile à évaluer pour le grand public.

À quoi ressemblerait une guerre mondiale en 2026 ?

Il faut déconstruire l'image mentale que le terme « Troisième Guerre mondiale » évoque automatiquement. Nous imaginons des tranchées, des bombardements stratégiques massifs ou une apocalypse nucléaire immédiate. Mais la réalité d'un conflit global en 2026 serait probablement plus complexe et plus insidieuse. Une guerre mondiale aujourd'hui signifie d'abord une convergence de crises interconnectées : la guerre en Ukraine n'est plus isolée, elle se lie aux tensions en Asie, aux instabilités au Moyen-Orient et aux luttes pour les ressources en Afrique.

Pour les citoyens européens, cela ne signifie pas nécessairement des chars sous leurs fenêtres demain matin. Cela implique en revanche une transformation profonde du quotidien : économie de guerre permanente, pénuries énergétiques chroniques, inflation galopante due aux perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, et peut-être une remilitarisation de la société avec des formes de service national élargies.

La convergence des théâtres d'opérations

Des analystes soulignent que 2025-2026 voient une interconnexion inédite des conflits régionaux. Les drones iraniens utilisés par la Russie en Ukraine sont les mêmes qui menacent Israël ; les mercenaires qui opéraient en Libye ou en Syrie sont redéployés sur le front européen ; les réseaux de financement lient le crime organisé aux États voyous à travers plusieurs continents.

Dans ce contexte, parler de guerre mondiale devient littéralement exact : le conflit est mondial car il implique des acteurs de tous les continents et affecte des régions du monde entier. L'Ukraine, la Syrie, le Soudan ne sont plus des crises séparées mais les chapitres d'un même livre qui raconte la lutte pour un nouvel ordre mondial. C'est cette interconnexion qui rend la situation si volatile : une étincelle dans l'Indo-Pacifique pourrait embraser l'ensemble du système. 

Localisation de Ukraine
Localisation de Ukraine

La fin de l'alternance crise-normalité

L'analyse développée par certains observateurs met le doigt sur un changement psychologique fondamental. Pendant des décennies, nous avons vécu dans un cycle rassurant : une crise éclate, on la gère, et on retourne à la normale. Ce modèle est désormais obsolète. Le monde est entré dans une continuité de chocs où la guerre, les crises climatiques et les tensions géopolitiques ne sont plus des accidents de parcours mais le paysage permanent.

Cette sensation d'état d'urgence perpétuel a des conséquences profondes sur la psychologie collective. Elle génère une anxiété latente, mais aussi une forme d'accoutumance au catastrophisme. Comprendre cela est essentiel pour saisir pourquoi les dirigeants comme Zelensky ou Macron utilisent un langage aussi radical : ils tentent de briser cette torpeur, de signifier que la normalité d'avant 2022 ne reviendra pas.

Conclusion : entre vigilance et lucidité

Faut-il avoir peur quand le président ukrainien déclare que la Troisième Guerre mondiale a commencé ? La réponse nécessite de distinguer ce qui relève de l'alerte militaire réelle de ce qui relève de la rhétorique politique. Les risques d'escalade sont objectivement à leur plus haut niveau depuis des décennies. La présence de soldats nord-coréens en Europe, les cyberattaques quotidiennes, les violations d'espaces aériens et les discours bellicistes à Moscou ne sont pas des fictions mais des faits qui doivent alerter.

Cependant, il est essentiel de comprendre l'intention derrière les mots de Zelensky. Son avertissement est aussi une stratégie de communication destinée à galvaniser l'aide occidentale et à empêcher que l'Ukraine ne soit sacrifiée sur l'autel d'un compromis hâtif. Dire « guerre mondiale » est un moyen de dire « ne nous abandonnez pas ». Pour les citoyens européens, l'enjeu n'est pas de s'effondrer dans la panique ni de sombrer dans le déni confortable, mais d'accepter une nouvelle réalité : notre sécurité collective n'est plus acquise, elle doit être défendue chaque jour avec lucidité, courage et détermination.

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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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