Vue aérienne du Grand Canal de Venise avec la basilique Santa Maria della Salute.
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Venise à 50 € la journée : le nouveau maire veut faire payer l'entrée aux touristes

Le nouveau maire de Venise veut faire payer jusqu'à 50 € aux touristes d'un jour pour lutter contre le surtourisme. Budget, alternatives et enjeux juridiques : tout savoir sur cette mesure choc qui transforme la Cité des doges.

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Le nouveau maire de Venise, Simone Venturini, a annoncé son intention de porter la taxe d’entrée pour les visiteurs d’un jour à 30, voire 50 euros certains jours de forte affluence. Cette proposition, révélée par Le Figaro le 19 juin 2026, marque une escalade spectaculaire du dispositif mis en place en 2024 pour lutter contre le surtourisme. Alors que la Cité des doges accueille entre 25 et 30 millions de visiteurs par an, cette mesure pourrait transformer en profondeur l’expérience touristique de la ville, en particulier pour les jeunes voyageurs au budget serré. 

Vue aérienne du Grand Canal de Venise avec la basilique Santa Maria della Salute.
Vue aérienne du Grand Canal de Venise avec la basilique Santa Maria della Salute. — (source)

« 30, voire 50 euros » : le nouveau maire de Venise sort l’artillerie lourde contre les touristes d’un jour

L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans le monde du tourisme italien. Simone Venturini, 38 ans, fraîchement élu maire de Venise le 25 mai 2026, a déclaré au Corriere della Sera vouloir multiplier par cinq, voire par dix, la taxe d’entrée actuelle. Son objectif : réduire drastiquement le nombre d’excursionnistes qui envahissent la ville chaque week-end sans y passer la nuit. 

La place Saint-Marc et la basilique Saint-Marc reflétées dans une flaque d'eau à Venise.
La place Saint-Marc et la basilique Saint-Marc reflétées dans une flaque d'eau à Venise. — (source)

Le système actuel, déjà en place depuis 2024, impose une Contribution d’Accès de 5 euros pour les réservations effectuées quatre jours à l’avance, et de 10 euros pour les paiements de dernière minute. Mais pour Venturini, ces tarifs ne suffisent pas. « L’admission fee is currently the only effective tool to control tourist flows », a-t-il expliqué au Guardian, justifiant ainsi la nécessité d’une hausse radicale.

Simone Venturini : retour sur l’ascension de l’ex-adjoint au tourisme devenu maire

Né à Marghera en 1988, Simone Venturini est aujourd’hui le plus jeune maire de l’histoire de Venise. Avocat de formation, diplômé en droit, il a été l’adjoint au tourisme de Luigi Brugnaro depuis 2015. C’est lui qui a conçu et mis en œuvre le système de taxe d’entrée en 2024, alors qu’il n’était encore que conseiller municipal. Son ascension fulgurante l’a mené à la tête de la ville dès le premier tour des élections du 25 mai 2026, sous la bannière du centre-droit et de la coalition Meloni. 

Le nouveau maire de Venise, en costume sombre, lors d'une apparition publique.
Le nouveau maire de Venise, en costume sombre, lors d'une apparition publique. — (source)

« La taxe d’entrée doit passer à 30, voire 50 euros certains jours », a-t-il lancé dans les colonnes du Corriere della Sera, reprenant une promesse de campagne. Pour lui, le dispositif actuel a montré ses limites : les 5 à 10 euros demandés ne dissuadent pas suffisamment les flots de touristes qui déferlent sur la ville. Son passé d’architecte du système initial lui donne une légitimité technique, mais aussi une responsabilité dans l’échec relatif de la première version.

Week-ends, ponts du 1er mai et Carnaval : le calendrier des jours à 50 €

La taxe ne concernerait pas tous les jours de l’année. Venturini envisage de l’appliquer uniquement lors des pics de fréquentation, c’est-à-dire les week-ends et les jours fériés de la haute saison touristique. Le calendrier officiel 2026, déjà publié, donne une idée précise des périodes visées : du 3 avril au 26 juillet, la taxe s’applique les vendredis, samedis et dimanches, soit environ 60 jours au total.

En avril, les dates concernées incluent le week-end de Pâques (3-6 avril), puis les 10-12, 17-19 et 24-30. En mai, la quasi-totalité des week-ends sont taxés, avec une attention particulière pour le pont du 1er mai (1-3 mai). En juin et juillet, le rythme s’intensifie encore : les 1-7, 12-14, 19-21 et 26-28 juin, puis les 3-5, 10-12, 17-19 et 24-26 juillet. Avec les nouveaux tarifs proposés, un touriste visitant Venise un samedi de juin paierait 50 euros rien que pour franchir les limites de la ville.

Le nouveau prix d’une journée à Venise : 50 € de taxe, 100 € de budget

Concrètement, que signifie cette hausse pour un jeune voyageur français ? Le calcul est implacable. Alors que le budget économique pour une journée à Venise tourne autour de 70 à 100 euros selon GenerationVoyage, la taxe d’entrée à elle seule pourrait en représenter plus de la moitié. Pour un étudiant ou un jeune actif, la question n’est plus de savoir s’il peut se permettre un city-trip à Venise, mais s’il peut justifier de payer autant pour simplement entrer dans la ville.

Le calcul choc : quand la taxe d’entrée coûte plus cher que le lit en auberge

Le paradoxe est saisissant. Actuellement, un dortoir en auberge de jeunesse à Venise coûte entre 20 et 40 euros par nuit selon la saison, d’après les données de GenerationVoyage. Avec la nouvelle taxe à 30 ou 50 euros, le simple fait de poser le pied dans la ville reviendrait plus cher qu’y dormir. Pour un « day-tripper » — ces touristes qui viennent de Padoue, Trévise ou même de Milan pour la journée —, la situation devient absurde : payer 50 euros pour entrer dans une ville où l’on ne passera pas la nuit, alors que le logement sur place coûte moins cher.

Ce calcul choc illustre le dilemme au cœur de la politique de Venturini. En ciblant les excursionnistes, le maire espère décourager les visites éclair qui engorgent les ruelles et les ponts sans générer de retombées économiques pour l’hébergement local. Mais en fixant un tarif aussi élevé, il risque surtout de pénaliser les voyageurs les plus modestes, ceux qui dorment en auberge et mangent une pizza sur le pouce.

Vol, vaporetto, pizza : le budget total d’une journée (hors taxe vs avec taxe)

Prenons un exemple concret. Un étudiant français qui réserve un vol low-cost Paris-Venise aller-retour pour 80 euros. Il ajoute la taxe d’entrée : 10 euros actuellement, 50 euros selon la proposition de Venturini. Puis le transport local : un Pass ACTV d’un jour à 20 euros pour prendre le vaporetto. Enfin, les repas : deux pizzas et une boisson, environ 30 euros. Total avant la hausse : 140 euros. Total après la hausse : 180 euros. La différence de 40 euros représente une augmentation de près de 30 % du budget total.

Si l’on ajoute une nuit en dortoir à 30 euros, le week-end passe de 170 à 210 euros. Pour un étudiant qui jongle entre ses économies et un job à temps partiel, cette différence peut être décisive. Le city-trip spontané à Venise, autrefois accessible avec un budget serré, devient un luxe que beaucoup ne pourront plus s’offrir. Comme le souligne GenerationVoyage, Venise est déjà la ville la plus chère d’Italie : cette taxe risque d’accentuer encore son élitisme.

De 5 à 50 € : l’histoire secrète de la taxe d’entrée vénitienne

Pour comprendre l’ampleur du changement proposé, il faut revenir sur l’évolution rapide de la Contribution d’Accès. En l’espace de trois ans, le dispositif est passé d’une expérimentation timide à un outil de régulation musclé, avant d’envisager un tarif qui le place dans une toute autre catégorie.

L’expérimentation 2024-2026 : mal tourné ou succès discret ?

En 2024, la taxe d’entrée a été testée sur seulement 29 jours. Le tarif était alors fixé à 5 euros, sans distinction entre réservation anticipée et dernière minute. L’année suivante, en 2025, le nombre de jours taxés est passé à 54, et le système à deux vitesses (5 euros en avance, 10 euros sur place) a été introduit. En 2026, ce sont 60 jours qui sont concernés, du 3 avril au 26 juillet.

Les chiffres de fréquentation racontent une histoire nuancée. Selon Euronews, la fréquentation journalière moyenne des payeurs est passée de 16 676 en 2024 à 13 046 en 2025, soit une baisse de 22 %. Le jour le plus chargé de 2025, le 2 mai, a vu 24 951 visiteurs s’acquitter de la taxe — l’équivalent de la moitié de la population résidente. Mais cette baisse est-elle due à la taxe ou à d’autres facteurs, comme la météo ou la conjoncture économique ? La question reste ouverte. Ce qui est certain, c’est que les recettes générées — 2,4 millions d’euros la première année — sont loin de compenser les dégâts du surtourisme.

Horaires, amendes et nouvelles règles : le manuel du parfait touriste à Venise

Le système actuel est déjà bien rodé. La taxe s’applique de 8h30 à 16h00, ce qui couvre la quasi-totalité de la journée touristique. En cas de défaut de paiement, l’amende est salée : de 50 à 300 euros. Depuis 2026, de nouvelles restrictions sont venues renforcer le dispositif : les groupes de visiteurs sont limités à 25 personnes, et l’utilisation de haut-parleurs est interdite dans les rues de la ville.

Les exemptions sont nombreuses : enfants de moins de 14 ans, étudiants en voyage d’études, résidents de Vénétie, et surtout tous les visiteurs qui passent au moins une nuit dans un hôtel ou une location de courte durée. Pour ces derniers, la taxe est déjà incluse dans le prix de l’hébergement, ce qui signifie qu’ils ne paient rien de plus. Ce système crée une distinction nette entre deux catégories de touristes : ceux qui dorment à Venise et ceux qui n’y font que passer.

2,4 millions d’euros de recettes et une légalité contestée : le pari risqué de Venturini

La proposition de Venturini soulève des questions fondamentales sur l’efficacité et la légitimité du dispositif. Entre les retombées économiques modestes et les doutes juridiques, le pari est loin d’être gagné d’avance.

Le bilan chiffré du système actuel : 2,4 millions d’euros de recettes pour une baisse modeste

Les données du Guardian sont éloquentes : la première année de fonctionnement de la taxe a rapporté 2,4 millions d’euros à la municipalité. Un montant qui paraît dérisoire face aux besoins d’entretien et de préservation de la ville, estimés à plusieurs centaines de millions d’euros par an. La baisse de fréquentation, elle aussi, reste modeste : 22 % de payeurs en moins entre 2024 et 2025, mais une fréquentation globale qui n’a que très peu diminué.

La question sous-jacente est simple : un tarif à 50 euros dissuadera-t-il vraiment les masses ou générera-t-il surtout une manne financière supplémentaire pour la municipalité ? Si les excursionnistes les plus aisés continuent de venir, la taxe deviendra une simple taxe de séjour déguisée, sans effet sur le surtourisme. Si, au contraire, elle décourage les visiteurs les plus modestes, elle transformera Venise en une destination réservée aux privilégiés.

50 €, une atteinte à la liberté de circulation ? Le débat juridique qui monte

Le constitutionnaliste Ludovico Mazzarolli, cité par le Corriere della Sera et repris par ZoneBourse, estime qu’un montant de 50 euros ne constituerait plus une simple contribution d’accès. À ce niveau, selon lui, on passe à une restriction de la liberté de circulation, ce qui soulève des questions constitutionnelles sérieuses. En Italie, la liberté de circuler sur le territoire national est garantie par la Constitution, et une taxe d’entrée aussi élevée pourrait être contestée devant les tribunaux.

L’ancien maire Massimo Cacciari va plus loin. Il qualifie le système de « barbarie » et accuse la municipalité de transformer Venise en un parc d’attractions payant. Pour lui, la taxe d’entrée est un aveu d’échec : au lieu de réguler le tourisme par des politiques d’aménagement et de développement durable, la ville choisit la solution de facilité en faisant payer les visiteurs.

Taxe à 50 € : l’injustice qui fait débat (entre touristes à petit budget et croisiéristes)

Gondoles et touristes sur un canal de Venise, sous un pont bondé.
Gondoles et touristes sur un canal de Venise, sous un pont bondé. — (source)

Le système d’exemptions crée une injustice flagrante que les critiques ne manquent pas de souligner. Ce sont toujours les mêmes qui paient, et ce ne sont pas ceux qui pèsent le plus lourd sur les infrastructures de la ville.

Pourquoi l’excursionniste paie (presque) tout, et le client du luxe rien

Le mécanisme est simple : les clients des hôtels, même les plus luxueux, sont exemptés de la taxe d’entrée car celle-ci est déjà incluse dans le prix de la nuitée. Un touriste qui dort au Gritti Palace, l’un des hôtels les plus chers de Venise, ne paiera rien de plus pour entrer dans la ville. En revanche, un étudiant qui arrive en train de Padoue pour la journée devra s’acquitter de 30 à 50 euros.

Les résidents de Vénétie sont également exemptés, tout comme les enfants de moins de 14 ans et les étudiants en voyage scolaire. Ce sont donc les « day-trippers » — souvent les plus jeunes et les plus fragiles financièrement — qui écopent de la hausse. Ce système pénalise exactement ceux que le tourisme de masse attire le plus : les voyageurs au budget serré qui viennent pour une journée, dépensent peu et repartent sans avoir contribué à l’économie locale de l’hébergement.

Le paradoxe vénitien : des lits touristiques qui dépassent le nombre d’habitants

Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut regarder les chiffres. La population résidente du centre historique de Venise est passée sous la barre des 50 000 habitants. Dans le même temps, la ville reçoit entre 25 et 30 millions de visiteurs par an. Le nombre de lits touristiques — hôtels, locations Airbnb, chambres d’hôtes — a officiellement dépassé le nombre de résidents. 

Le nouveau maire de Venise en portrait officiel entre deux drapeaux.
Le nouveau maire de Venise en portrait officiel entre deux drapeaux. — (source)

Ce déséquilibre est le résultat de décennies de développement touristique incontrôlé. Les loyers ont explosé, poussant les Vénitiens à quitter le centre historique pour la terre ferme. Les commerces de proximité ont cédé la place aux boutiques de souvenirs et aux glaciers. La ville se vide de ses habitants au profit d’un tourisme de séjour souvent haut de gamme, ce que la taxe d’entrée, dans sa version actuelle, ne fait qu’accentuer. En ciblant les excursionnistes plutôt que les touristes qui dorment sur place, Venturini risque d’accélérer encore cette transformation.

Faut-il boycotter Venise ? Nos 3 alternatives (Trieste, Bologne, Padoue) pour un city trip sans taxe

Face à cette hausse annoncée, une question se pose : faut-il renoncer à Venise ? Pas nécessairement, mais il existe des alternatives séduisantes pour un city trip italien sans taxe d’entrée. Trois villes méritent particulièrement l’attention du voyageur au budget serré.

Bologne, Trieste, Padoue : combien coûte vraiment un week-end dans ces villes ?

Bologne est la capitale gastronomique de l’Italie. Ses portiques classés à l’UNESCO, sa tour des Asinelli et ses trattorias authentiques en font une destination de choix. Le budget pour un week-end y est sensiblement inférieur à celui de Venise : un vol low-cost Paris-Bologne coûte entre 50 et 80 euros aller-retour, un hôtel correct se trouve à partir de 60 euros la nuit, et un repas dans une osteria traditionnelle revient à 25-30 euros. Pas de taxe d’entrée, évidemment.

Trieste, à l’extrême est de l’Italie, offre un charme différent. Son architecture autrichienne, son port animé et sa culture caféière en font une ville unique. Les prix y sont encore plus bas qu’à Bologne : un dortoir en auberge de jeunesse coûte 15-25 euros, et un repas complet dans un buffet typique ne dépasse pas 20 euros. Pour rejoindre Trieste depuis la France, le Cors'express propose une traversée rapide Corse-Italie à 39 euros, une option économique pour les voyageurs en provenance du sud de la France.

Padoue, enfin, est la plus proche de Venise. À seulement 30 minutes en train, elle permet de visiter la chapelle des Scrovegni et ses fresques de Giotto sans se ruiner. Un week-end à Padoue coûte environ 100-120 euros tout compris, soit moins que le seul trajet et la taxe d’entrée pour une journée à Venise.

Le calendrier anti-taxe : les dates où Venise est encore accessible sans se ruiner

Pour ceux qui tiennent absolument à visiter Venise, il existe des stratégies pour contourner la taxe. La première consiste à réserver quatre jours à l’avance pour bénéficier du tarif réduit à 5 euros — si ce tarif survit à la réforme. La deuxième est de choisir une période où la taxe ne s’applique pas : en semaine, hors saison, ou après le 26 juillet.

Le calendrier officiel montre que la taxe ne s’applique que du 3 avril au 26 juillet, principalement les week-ends. Visiter Venise en février, en septembre ou en octobre permet d’échapper complètement au dispositif. Mieux encore, les mois de novembre à mars voient les prix de l’hébergement divisés par deux, selon GenerationVoyage. Un city-trip à Venise en basse saison reste donc possible, à condition d’accepter le risque d’acqua alta et de températures fraîches.

Venise ville musée ou ville morte ? Ce que la taxe à 50 € change vraiment

La proposition de Simone Venturini met en lumière un dilemme existentiel pour Venise. En voulant sauver la ville du surtourisme, le nouveau maire prend le risque d’en faire une « ville musée » élitiste, réservée à ceux qui peuvent se permettre de payer 50 euros pour une journée de visite. Pour le jeune voyageur français, le city-trip spontané et économique à Venise entre dans l’histoire.

L’avenir du tourisme de masse se joue peut-être ici, dans cette lagune adriatique. Entre régulation nécessaire et exclusion sociale, la frontière est mince. D’autres grandes destinations européennes, comme Barcelone avec sa nouvelle taxe touristique, observent attentivement l’expérience vénitienne. Car la question dépasse Venise : comment concilier préservation du patrimoine et accès démocratique à la culture ? En fixant le prix d’entrée à 50 euros, Venturini a peut-être trouvé la solution au surtourisme. Mais à quel prix pour l’âme de la ville ?

Conclusion : le pari de Venturini, entre régulation nécessaire et exclusion sociale

La proposition de taxe à 50 euros portée par Simone Venturini représente un tournant dans l’histoire du tourisme vénitien. Elle cristallise les tensions entre la nécessité de protéger un patrimoine mondial menacé par la surfréquentation et le droit de tous à découvrir cette ville unique. Les 2,4 millions d’euros de recettes annuelles du système actuel montrent que la taxe d’entrée peut générer des revenus, mais son efficacité réelle sur la baisse de fréquentation reste limitée.

Pour les jeunes voyageurs français, l’équation devient plus complexe. Un week-end à Venise qui coûtait 170 euros pourrait grimper à 210 euros, soit une augmentation de près de 25 %. La tentation de se tourner vers des alternatives comme Bologne, Trieste ou Padoue sera forte, d’autant que ces villes offrent un patrimoine culturel riche sans la facture d’entrée.

Le débat juridique autour de la légalité d’une telle taxe n’est pas près de s’éteindre. Les critiques de Massimo Cacciari et les réserves du constitutionnaliste Ludovico Mazzarolli rappellent que Venise ne peut pas être traitée comme un simple parc d’attractions. La ville reste avant tout un lieu de vie pour ses 50 000 habitants, et toute mesure de régulation touristique doit tenir compte de cet équilibre fragile.

L’expérience vénitienne sera observée de près par d’autres villes européennes confrontées au même défi. Entre sauvegarde du patrimoine et accès démocratique à la culture, le chemin est étroit. Venturini a fait son choix : celui d’une régulation par le prix, quitte à ce que Venise devienne une destination réservée à ceux qui peuvent payer le prix fort. Reste à savoir si les Vénitiens eux-mêmes, et les touristes, suivront cette voie.

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Questions fréquentes

Combien coûtera la taxe d'entrée à Venise ?

Le nouveau maire propose de porter la taxe à 30 euros, voire 50 euros certains jours de forte affluence comme les week-ends et les jours fériés. Actuellement, elle est de 5 euros pour les réservations anticipées et de 10 euros sur place.

Qui est exonéré de la taxe d'entrée à Venise ?

Les enfants de moins de 14 ans, les étudiants en voyage d'études, les résidents de Vénétie et tous les visiteurs qui passent au moins une nuit dans un hôtel sont exonérés. Pour ces derniers, la taxe est incluse dans le prix de l'hébergement.

Quelles sont les alternatives à Venise pour un city trip ?

L'article recommande Bologne, Trieste et Padoue comme alternatives sans taxe d'entrée. Bologne est réputée pour sa gastronomie, Trieste pour son architecture autrichienne, et Padoue, à 30 minutes de Venise, permet de visiter la chapelle des Scrovegni à moindre coût.

La taxe d'entrée à 50€ est-elle légale ?

Sa légalité est contestée. Le constitutionnaliste Ludovico Mazzarolli estime qu'un montant de 50 euros restreint la liberté de circulation, garantie par la Constitution italienne, ce qui pourrait être contesté devant les tribunaux.

Sources

  1. [PDF] Peut-on sauver Venise? - Conférence - uptc-cahors.org · uptc-cahors.org
  2. en.wikipedia.org · en.wikipedia.org
  3. euronews.com · euronews.com
  4. generationvoyage.fr · generationvoyage.fr
  5. lechotouristique.com · lechotouristique.com
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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