Le 20 mars 2026, Donald Trump a publié sur Truth Social un message en lettres capitales : « NATO countries are COWARDS, and we will REMEMBER! » (Les pays de l'OTAN sont des LÂCHES, et Nous Nous EN SOUVIENDRONS !). Il accusait ses alliés de refuser d'aider à sécuriser le détroit d'Ormuz dans le cadre de la guerre en Iran, tout en se plaignant des prix élevés de l'énergie. « Sans les États-Unis, l'OTAN n'est qu'un tigre de papier », a-t-il ajouté. Cette déclaration, publiée alors que l'opération militaire américano-israélienne « Epic Fury » en Iran est en cours depuis le 28 février, marque un point de rupture dans les relations transatlantiques.

Le refus européen : quand la France et ses alliés disent non
La colère de Trump répond à des refus concrets de plusieurs pays européens. La France a refusé d'envoyer des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz et a refusé l'utilisation de ses bases aériennes pour des opérations militaires américaines. L'Espagne a condamné la guerre en Iran et refusé l'utilisation de ses bases. L'Allemagne a refusé tout rôle militaire dans le conflit.
En France, le président Emmanuel Macron a déclaré : « Je n'ai entendu personne ici exprimer la volonté d'entrer dans ce conflit – bien au contraire. » Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l'UE, a affirmé : « Ce n'est pas la guerre de l'Europe, mais les intérêts de l'Europe sont directement en jeu. » L'Italie n'a autorisé que de la logistique non létale.
Des conséquences concrètes pour l'OTAN et la sécurité européenne
Menaces de sanctions et retraits de troupes
Les refus européens ont entraîné des mesures punitives. Le 24 avril 2026, un e-mail du Pentagone a évoqué la possibilité de suspendre l'Espagne de l'OTAN, avec des options comme la restriction du partage d'informations et l'accès aux actifs de l'OTAN. L'OTAN a répondu que l'expulsion était « juridiquement impossible ».
Le 1er mai 2026, Trump a ordonné le retrait de 5 000 troupes américaines d'Allemagne, sur un total d'environ 35 000 stationnées là. Il a également menacé de retirer des troupes d'Italie et d'Espagne, et de couper tout commerce avec l'Espagne.
Nouveaux objectifs de dépenses de défense
Le sommet de l'OTAN à Ankara (7-8 juillet 2026) a convenu de relever l'objectif de dépenses de défense de 2% à 3,5% du PIB pour la défense centrale, plus 1,5% pour la défense élargie. Les alliés ont également promis 70 milliards d'euros (80 milliards de dollars) à l'Ukraine et 50 milliards de dollars pour de nouveaux achats d'équipements. Mais seulement 5 des 32 membres prévoient d'atteindre l'objectif de 3,5% en 2026. La moyenne de défense centrale en Europe/Canada de l'OTAN était de 2,3% du PIB. Trump menace de quitter l'OTAN : réponse de Starmer et conséquences pour l'Europe.
L'Europe peut-elle se passer de l'article 5 ?
Les limites de la clause de défense mutuelle de l'UE
L'article 42.7 du traité de Lisbonne oblige les États membres de l'UE à « apporter aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir » en cas d'agression militaire contre un État membre. Mais cette clause est plus faible que l'article 5 de l'OTAN car elle n'oblige pas à une réponse militaire automatique et ne dispose pas de structure permanente. Atlantic Council analyse si la clause de défense mutuelle de l'UE peut remplacer l'article 5 de l'OTAN.
Une initiative franco-britannique en sursis
En avril 2026, une initiative franco-britannique pour une mission maritime dans le détroit d'Ormuz a été annoncée. Le Royaume-Uni devait envoyer des drones, des avions de chasse et un navire de guerre. Mais en août 2026, la mission a stagné en raison du manque de soutien des partenaires du Golfe et des vœux de désescalade de l'Europe. Crise Iran Moyen-Orient : défense du Golfe et rôle de la France.