Les bases américaines en Espagne et en Italie assurent la défense antimissile et la surveillance de la Méditerranée. Leurs fonctions, le partage des coûts et le plafond de 76 000 soldats imposé par le Congrès encadrent toute réduction de troupes.

Au début de 2026, après la guerre en Iran, l'Espagne et l'Italie ont refusé l'accès à certaines installations américaines. Trump a alors évoqué une réduction des troupes en Espagne et en Italie. Le refus italien concernant Sigonella est relaté dans L'Italie refuse l'accès de l'armée américaine à Sigonella, selon le Corriere. Le cadre de la crise est dans Crise Iran Moyen-Orient : défense du Golfe et rôle de la France.
Les installations de Rota, Morón, Sigonella, Aviano et au-delà
Les effectifs américains actifs en Europe fin 2025 s'élevaient à 68 064 personnes, selon le Defense Manpower Data Center. L'Italie comptait 12 662 soldats, l'Espagne 3 814.
En Espagne : Rota et Morón, sentinelles du détroit de Gibraltar
La base navale de Rota, en Andalousie, accueille cinq destroyers Aegis de l'US Navy (un sixième prévu à l'automne). Elle constitue le cœur de la défense antimissile balistique en Europe et permet une réponse rapide en Méditerranée orientale, mer Rouge ou golfe Persique. La base aérienne de Morón, près de Séville, sert au ravitaillement et abrite une unité de crise pour l'Afrique (AFRICOM). Un analyste cité par Stars and Stripes note que quitter l'Espagne ferait perdre aux États-Unis leur statut de puissance globale, ces bases étant difficiles à remplacer.

En Italie : Sigonella, Aviano, Vicenza et Camp Darby
Sigonella, en Sicile, est le « hub de la Méditerranée ». Elle soutient la Sixième flotte, les drones Global Hawk et le ravitaillement. Aviano, dans le Frioul, héberge le 31e escadron de chasse (F-16) et participe au partage nucléaire de l'OTAN avec les bombes B61. Vicenza abrite la 173e brigade aéroportée et le commandement de l'armée pour l'Afrique (SETAF-AF). Camp Darby, près de Pise, est le plus grand dépôt de munitions américain hors des États-Unis.

Partage des coûts et limite légale du NDAA 2026
Les pays hôtes fournissent les terrains sans loyer et paient les salaires du personnel local. Les États-Unis prennent en charge leurs militaires. Le budget commun de l'OTAN était de 4,6 milliards d'euros en 2025, soit 0,3 % des dépenses de défense alliées. Au sommet de La Haye en juin 2025, les alliés se sont engagés à porter la défense à 5 % du PIB d'ici 2035.
Le retrait massif reste juridiquement bloqué. La loi de finances de la défense 2026 (NDAA, P.L. 119-60, signée le 18 décembre 2025) inclut la section 1249. Elle interdit au secrétaire à la Défense d'utiliser des fonds pour faire descendre les troupes en Europe sous 76 000 sans certification du Congrès. Les 68 064 actifs fin 2025 sont déjà sous ce plancher, mais le retrait de 5 000 d'Allemagne montre la marge de manœuvre présidentielle limitée.
Un retrait américain en Espagne et Italie transférerait une part du fardeau financier et sécuritaire à l'Europe. Les États devraient financer davantage de surveillance et de défense antimissile.
Conséquences pour la posture méditerranéenne et la France
La France n'héberge aucune base américaine. De Gaulle a quitté le commandement intégré de l'OTAN en 1966 et expulsé les forces US et canadiennes. Sarkozy a réintégré le commandement en 2007, sans retour de bases.
Pour la France, l'enjeu est l'autonomie stratégique du flanc sud. Si Washington réduit sa présence, l'Europe devra accélérer sa propre défense en Méditerranée. Les bases espagnoles et italiennes protègent les routes maritimes françaises. Leur perte forcerait Paris à combler le vide avec ses propres moyens.