Vue en plongée d'un village yézidi en pierre niché parmi les arbres sur une colline rocheuse en Irak, centré sur un complexe de temples aux deux flèches coniques emblématiques
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Sinjar : où en est la reconstruction des Yézidis après le génocide de 2014

À Sinjar, la reconstruction soutenue par le PNUD depuis 2016 a concerné des écoles, des maisons, l'eau, l'électricité et la réouverture du palais de justice. En juin 2024, 43 % des déplacés du district étaient rentrés, selon ReliefWeb, tandis que des centaines de milliers de Yézidis vivaient encore dans des camps au Kurdistan irakien. Les photos datent de 2016-2021 et ne montrent pas l'état de Sinjar en 2026, et le soutien psychologique reste décrit comme insuffisant.

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Le 3 août 2014, l'organisation État islamique a attaqué les monts Sinjar, en Irak, en vue d'éradiquer la communauté yézidie. Près de la moitié de cette population, estimée à un million de personnes, vivait alors dans la région. Environ 7 000 femmes et filles yézidies, dont certaines âgées de neuf ans, ont ensuite été réduites en esclavage sexuel et transférées en Irak et dans l'est de la Syrie, vendues ou cédées entre combattants.

Vue en plongée d'un village yézidi en pierre niché parmi les arbres sur une colline rocheuse en Irak, centré sur un complexe de temples aux deux flèches coniques emblématiques
Vue en plongée d'un village yézidi en pierre niché parmi les arbres sur une colline rocheuse en Irak, centré sur un complexe de temples aux deux flèches coniques emblématiques - (source)

La justice française a reconnu et condamné pour la première fois, le 20 mars, le génocide perpétré contre les Yézidis en 2014. À cette occasion, Le Monde est revenu sur le travail du photographe Michel Slomka, qui a documenté la reconstruction de cette communauté entre 2016 et 2021, dans les camps et dans les monts Sinjar.

Ces images restent une référence pour comprendre l'après-génocide, mais elles ont une limite importante : elles datent de 2016-2021 et ne décrivent pas l'état de Sinjar en 2026. Le bilan qui suit s'appuie sur ce qui est vérifié depuis.

Ce qui a été réhabilité à Sinjar

Le Programme des Nations unies pour le développement indique être actif à Sinjar depuis 2016. Son périmètre couvre la réhabilitation d'écoles, de maisons, de systèmes d'eau et de réseaux électriques.

Le PNUD signale aussi la réouverture du palais de justice de Sinjar avec son soutien, ce qui a restauré l'accès au système judiciaire pour les résidents locaux.

Sinjar, dans le nord-ouest de l'Irak, région d'origine de la communauté yézidie visée en 2014

Le cadre financier de ces chantiers de stabilisation est le Funding Facility for Stabilisation, initié largement par l'Allemagne et mis en oeuvre par le Programme des Nations unies pour le développement, selon le ministère allemand des Affaires étrangères. Les montants annoncés par les différents bailleurs et les sommes réellement décaissées ne sont pas consolidés dans les éléments vérifiés et ne sont donc pas repris ici.

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Pourquoi le retour des déplacés reste bloqué

En juin 2024, le taux de retour dans le district de Sinjar s'établissait à 43 %, selon les données publiées sur ReliefWeb. Cela signifie que plus de la moitié des déplacés originaires du district n'étaient pas encore rentrés.

Des centaines de milliers de Yézidis vivent toujours dans des camps de déplacés ou des installations informelles dans la région du Kurdistan irakien, en particulier dans le gouvernorat de Duhok. Parallèlement, des milliers de Yézidis restent réfugiés sur la montagne et refusent de retourner dans la plaine. Ils s'y sont installés de manière durable et assurent leur subsistance grâce à l'agriculture et à l'élevage.

Vue panoramique du camp de réfugiés de Kabarto au Kurdistan irakien, avec des milliers de tentes blanches s'étendant jusqu'à l'horizon sous un ciel dramatique où les rayons du soleil percent les nuages sombres
Vue panoramique du camp de réfugiés de Kabarto au Kurdistan irakien, avec des milliers de tentes blanches s'étendant jusqu'à l'horizon sous un ciel dramatique où les rayons du soleil percent les nuages sombres - (source)

Cette dispersion s'explique par des freins concrets : logements détruits, services de base incomplets et insécurité persistante. Le Service jésuite des réfugiés appelle la communauté internationale à garantir la sécurité des Yézidis et à soutenir la reconstruction, l'inclusion et la durabilité à Sinjar.

Le manque de soutien psychologique

Malgré le travail mené par de nombreuses organisations non gouvernementales locales et internationales, le manque d'assistance psychologique est décrit comme inquiétant au regard du nombre considérable de victimes.

Un homme âgé yézidi déplacé irakien en robe violette claire et couvre-chef marchant sur un chemin de gravier dans le camp de Sharya pour personnes déplacées, avec tentes de fortune, poteaux électriques et collines en arrière-plan
Un homme âgé yézidi déplacé irakien en robe violette claire et couvre-chef marchant sur un chemin de gravier dans le camp de Sharya pour personnes déplacées, avec tentes de fortune, poteaux électriques et collines en arrière-plan - (source)

C'est l'un des points qui distingue les réalisations visibles - écoles, maisons, eau, électricité, tribunal - des besoins non couverts.

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Questions fréquentes

Que s'est-il passé à Sinjar en 2014 ?

Le 3 août 2014, l'organisation État islamique a attaqué les monts Sinjar en vue d'éradiquer les Yézidis. Environ 7 000 femmes et filles yézidies, dont certaines âgées de neuf ans, ont été réduites en esclavage sexuel.

Que fait le PNUD à Sinjar ?

Actif à Sinjar depuis 2016, il réhabilite écoles, maisons, systèmes d'eau et réseaux électriques. Il a aussi soutenu la réouverture du palais de justice de Sinjar.

Quel taux de retour à Sinjar en 2024 ?

En juin 2024, le taux de retour dans le district de Sinjar s'établissait à 43 %, selon les données publiées sur ReliefWeb.

Pourquoi les Yézidis ne rentrent-ils pas ?

Les retours sont freinés par les logements détruits, les services de base incomplets et l'insécurité persistante. Des centaines de milliers vivent encore dans des camps au Kurdistan irakien, en particulier dans le gouvernorat de Duhok.

Manque-t-il un soutien psychologique à Sinjar ?

Oui. Malgré le travail des ONG locales et internationales, le manque d'assistance psychologique est décrit comme inquiétant au regard du nombre considérable de victimes.

Sources

  1. Irak : Le chantier de la reconstruction - Action contre la Faim · actioncontrelafaim.org
  2. Reconstruction of the Yazidi Mam Rashan Shrine - Aliph Foundation · aliph-foundation.org
  3. Reconstruire l'Irak : mission impossible ? - Areion24.news · areion24.news
  4. Marking eleven years since the Yezidi genocide - Atlantic Council · atlanticcouncil.org
  5. Sinjar after IS – how the Federal Foreign Office is helping the ... · auswaertiges-amt.de
fact-checker
Hugo Lambot @fact-checker

Étudiant en journalisme à Lille, je passe mes journées à vérifier ce qui circule sur les réseaux avant de le partager. Les fake news, c'est mon ennemi juré : je préfère un fait vérifié à un buzz facile. Mon rêve, c'est de bosser dans une cellule de fact-checking d'un grand média.

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