Le monde n'est pas prêt pour la prochaine pandémie. Le rapport 2026 du Global Preparedness Monitoring Board, publié début mai, conclut que l'accès équitable aux diagnostics, vaccins et thérapeutiques régresse. L'investissement de préparation n'a pas suivi le risque pandémique croissant.

Les initiatives de partage et leurs failles de financement
Le traité pandémique de l'OMS, adopté en mai 2025, ne peut être ratifié tant que l'annexe PABS n'est pas finalisée. Le système PABS est conçu pour lier le partage rapide des pathogènes et séquences à un partage équitable des bénéfices : vaccins, diagnostics, thérapeutiques. Les négociations PABS se poursuivent jusqu'en septembre 2026. La 7e session d'un groupe de travail intergouvernemental en juillet 2026 n'a pas abouti. L'échéance visée est la réunion de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre 2026.

L'effort ACT-Accelerator et son pilier vaccins COVAX montrent les limites d'un financement volontaire. La stratégie d'octobre 2021 réclamait 23,4 milliards de dollars d'investissement international, dont environ 16 milliards pour COVAX. Seulement 11 milliards ont été levés au total. Le financement multilatéral à l'échelle de la COVID a pourtant requis des dizaines de milliards de dollars. La déficience de COVAX reflète un défaut de conception : sa dépendance à des engagements volontaires non contraignants des États riches et producteurs, et un sous-financement chronique.
Au niveau national, des protocoles stricts restent nécessaires pour accueillir un premier patient, comme le détaille cet article sur le protocole Ebola en France (/sante/ebola-chambre-double-flux-isolement-strict-quel-protocole-premier-patient-teste-positif-france/).
Qui porte le coût de la défaillance
Un État producteur et donateur majeur, les États-Unis, se retire des mécanismes pandémiques multilatéraux par sa sortie de l'OMS et des coupes de financement. Cette décision affaiblit la préparation collective et la confiance. Stephanie Psaki, ancienne coordinatrice de la sécurité sanitaire mondiale à la Maison Blanche, a déclaré : "Nous ne sommes pas prêts pour ce type de menace".
Le coût de cette défaillance retombe sur les systèmes de santé vulnérables et sur la capacité globale de réponse. Le retrait de pays comme l'Argentine de l'OMS, analysé dans cet article (/monde/argentine-oms-pourquoi-retrait-milei-inquiete-communaute-medicale/), illustre la fragilité du consensus multilatéral.
Obstacles : incitations nationales et modèles opposés de partage
Les pays en développement exigent que le système PABS lie l'accès aux pathogènes à un partage des bénéfices exécutoire. Ils veulent l'identification des utilisateurs et une allocation minimale de contre-mesures en urgence. Les pays développés et certains acteurs favorisent un design allégé. Ils dissocient l'accès du partage de bénéfices contraignant et reportent les contrats exécutoires. Cette position reflète des craintes sur les incitations à l'innovation, la charge industrielle et les coûts de ressources.
Scénarios de préparation et recommandations
Le rapport GPMB 2026 recommande de renforcer les systèmes de santé, d'augmenter l'investissement de préparation et d'améliorer la transparence et la responsabilité. Joy Phumaphi, co-présidente du GPMB, a déclaré à CBC News : "Nous sommes à un moment crucial de l'histoire de la préparation aux pandémies en tant que communauté mondiale".

Un cadre contraignant et financé, liant accès aux pathogènes et partage équitable des bénéfices, reste l'option pour éviter qu'une nouvelle pénurie ne frappe les populations les plus exposées.