La 25e Knesset s'est dissoute dans la nuit du 16 au 17 juillet 2026, ouvrant la voie au scrutin du 27 octobre. Avant cette dissolution, la coalition a adopté en hâte plusieurs lois controversées, directement profitables à ses partenaires politiques.

Un « blitz législatif » pour sceller les alliances
La dernière semaine de la Knesset a été marquée par une série de votes accélérés sur des textes majeurs. Comme l'a décrit le Jerusalem Post, cette Offensive législative a pour but de « renforcer les liens avec les partis dont il pourrait avoir besoin pour former sa prochaine coalition ». Le scrutin du 27 octobre est perçu comme un référendum sur la survie politique de Benjamin Netanyahou et sur les guerres menées à Gaza, au Liban et en Iran.
Les « lois-cadeaux » : un inventaire ciblé
Pour les ultra-orthodoxes : une exemption militaire garantie
La Loi fondamentale « Étude de la Torah », adoptée le 13 juillet 2026 par 63 voix contre 52, déclare cette étude une « valeur fondatrice » du peuple juif. Cette qualification quasi-constitutionnelle légalise l'évasion du service militaire pour les jeunes ultra-orthodoxes (Haredim), un engagement pris envers les partis religieux Shas et Judaïsme Unifié de la Torah.

Une loi complémentaire adoptée le 14 juillet a gelé toutes les arrestations et procédures contre les Haredim insoumis jusqu'au 30 novembre 2026. Cette date est postérieure aux élections du 27 octobre, un cadeau électoral direct. Cette mesure intervient alors que l'armée israélienne signale des pénuries d'effectifs critiques après des années de conflits et que les réservistes sont épuisés.
Pour la coalition : affaiblir les contrepouvoirs et contrôler l'information
La Loi sur les communications, votée le 16 juillet (53 contre 48), remplace les régulateurs indépendants des médias par une autorité supervisée par le gouvernement. Elle a été portée par le ministre des Communications du Likoud, Shlomo Karhi. Cette loi renforce le contrôle politique sur l'information.

Le 15 juillet, la coalition a adopté une loi affaiblissant le procureur général (65 contre 51). Les avis juridiques de ce dernier perdent leur caractère contraignant et deviennent de simples recommandations. Cette disposition vise directement à réduire l'influence de la magistrate Gali Baharav-Miara, qui supervise notamment le procès pour corruption de Netanyahou.
D'autres mesures ont été votées, comme une loi de financement des partis pour débloquer les fonds publics de campagne et un projet de loi sur l'enquête du 7 octobre permettant au futur contrôleur d'État de pourvoir les sièges boycottés par l'opposition.
La nomination du contrôleur d'État, un cas emblématique
L'épisode de la nomination du contrôleur d'État illustre le mécanisme. Le 3 juin 2026, Michael Rabello, l'avocat personnel de Netanyahou, a été élu à ce poste de surveillance indépendant du gouvernement après un vote chaotique (61-57) au cours duquel des pressions ont été rapportées. La Cour suprême a ensuite ordonné l'annulation de cette élection et un nouveau scrutin. Le contrôleur d'État a un rôle crucial, notamment pour superviser des enquêtes sensibles comme celle sur l'échec du 7 octobre.
Contexte électoral et résistance judiciaire
Ces actions interviennent dans un contexte politique défavorable à Netanyahou. Les sondages, comme celui publié par Haaretz le 17 août, montrent le Likoud à 23 sièges, dépassé par le nouveau parti centriste Yashar. Le bloc pro-Netanyahou est loin des 61 sièges nécessaires pour gouverner.
La Cour suprême est devenue le principal contrepoids à cette offensive. Elle a déjà gelé des clauses clés de la loi sur les médias et de la loi sur le gel des arrestations des Haredim. Ce bras de fer institutionnel est fondamental dans un pays sans constitution formelle, où la Knesset est institutionnellement faible face au gouvernement.
Conséquences immédiates sur l'armée et la société
Les impacts sont déjà tangibles. L'armée israélienne souffre de pénuries d'effectifs après des années de guerres, et les réservistes sont au bord de l'« effondrement », selon des rapports. L'affirmation par le gouvernement de la primauté de l'étude de la Torah sur l'obligation militaire creuse le fossé social et suscite l'incompréhension de nombreux Israéliens. La société se trouve polarisée par ces décisions perçues comme des transactions politiques au détriment de l'intérêt général et des institutions.