
J'attendais mon bus quand, tout à coup, un van se gare à pleine vitesse sur l'arrêt. Une poignée de bonhommes, hooligans en apparence, sortent en courant et poursuivent un mec dans la rue en bloquant la circulation. Ils prennent la rue adjacente, j'entends des insultes... Les gens devant moi parlent d'une baston. À peine le temps de réaliser que les gars reviennent vers nous — pour retourner dans le van, en fait.
Tout le monde reste calme comme si de rien n'était (ils sont peut-être 6-7, on est 4 dont une femme). Là, deux flics arrivent à vive allure à côté du van... mais ne s'arrêtent pas, alors que le véhicule est garé sur un arrêt réservé au bus.
On peut donc penser que ces gars sont des flics en civil — et que les flics en uniforme sont dans le coup.
Ensuite, deux gars sortent du van : l'un part à droite, l'autre va à la rencontre des policiers, leur donne quelque chose et continue sa route. Alors que les flics font demi-tour (ils sont devant le camion), il n'y a plus personne à l'avant du van. Une fois les policiers hors de vue, trois gars sortent du véhicule et partent en courant vers l'arrière.
Perplexe, je regarde dans le van : je vois comme un rideau qui bouge derrière les sièges avant... Mon bus arrive, je monte.
Appeler la police londonienne depuis un portable français
Dans le bus, je demande le numéro des flics à quelqu'un et j'appelle avec mon portable.
Ahaaaaaaa ! Un portable français cache le numéro... Donc les gars refusent d'écouter quoi que ce soit et commencent par me demander pourquoi mon numéro est caché et quel est mon « vrai » numéro. Ensuite, ils me demandent où je suis. Grâce à ça, le standardiste contacte le bureau de police correspondant. Il reste avec moi au téléphone pour me dire que ça va répondre bientôt... pendant 3 minutes (faut pas être en danger de mort, quand même).
Je finis par avoir la police en question (qui a parlé avec le standardiste). Je lui explique donc directement la situation :
— Je voudrais signaler un van blanc Ford suspicieux.
— Attendez, je ne comprends rien à ce que vous dites. C'est quoi votre numéro de téléphone ?
— ... Euh, 00336...
— Et votre nom ?
— Sylvain Lavergne.
C'est alors qu'elle se décide à me demander ce qu'il se passe. Après lui avoir tout expliqué, elle me répond :
« Sauf votre respect, qu'y a-t-il de suspect dans ce van ? »
Un comportement pour le moins étrange
Euh, voyons voir... Il pile sur un arrêt de bus, une poignée de mecs sortent en furie pour poursuivre quelqu'un, la bave aux lèvres, je sais pas qui. Ensuite ils se planquent quand la police arrive, ressortent en courant une fois partis, et il y a encore quelqu'un à l'intérieur alors qu'il est 23h30. (Peut-être que les Anglais font du camping dans leurs vans, remarque — j'en sais rien.)
Elle a fini par se décider à envoyer du monde... Et moi, je me suis fait chier à passer pour un abruti devant tout le monde.
Ah oui tiens, regardons le journal du portable : durée du dernier appel — 8'55. Pas maaaaal !