Foule de manifestants dominicains brandissant des pancartes vertes avec le slogan 'L'eau oui, l'or non' sous un ciel ensoleillé, vue plongeante sur la foule compacte
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« L’eau oui, l’or non ! » : plongée dans la révolte qui a stoppé GoldQuest en République dominicaine

En mai 2026, la pression populaire a contraint le président dominicain à suspendre le projet minier Romero de GoldQuest. Plongée dans une révolte citoyenne où l'eau a triomphé de l'or.

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Le 5 mai 2026, le président dominicain Luis Abinader a ordonné la suspension immédiate du projet minier Romero, porté par la société canadienne GoldQuest dans la province de San Juan de la Maguana. Cette décision, annoncée au lendemain de manifestations populaires d'une ampleur inédite, marque un coup d'arrêt brutal pour un gisement d'or, de cuivre et d'argent estimé à 5 milliards de dollars. Derrière ce revers économique se dessine une histoire de résistance citoyenne, de peurs ancestrales et de combats pour l'eau potable.

Foule de manifestants dominicains brandissant des pancartes vertes avec le slogan 'L'eau oui, l'or non' sous un ciel ensoleillé, vue plongeante sur la foule compacte
Foule de manifestants dominicains brandissant des pancartes vertes avec le slogan 'L'eau oui, l'or non' sous un ciel ensoleillé, vue plongeante sur la foule compacte

Le 5 mai 2026, Luis Abinader stoppe le projet minier Romero de GoldQuest

La nouvelle est tombée lundi matin depuis le palais présidentiel. Luis Abinader, micro en main, a prononcé des mots que des milliers de Dominicains attendaient. « Lorsque les citoyens s'inquiètent, notre devoir est d'agir avec prudence et transparence : c'est pourquoi j'ai ordonné l'arrêt immédiat de toute activité liée au projet minier Romero dans la province de San Juan de la Maguana. » La phrase a provoqué une onde de choc dans les salles de marché de Toronto et de Vancouver.

« J'ai ordonné l'arrêt immédiat » : le discours qui a changé la donne

Le président a pris soin de préciser un point crucial. Le projet Romero, a-t-il rappelé, était resté « cantonné à la phase d'évaluation environnementale, sans qu'aucune autorisation d'exploitation n'ait été délivrée » sous son administration. Cette nuance juridique n'a pas suffi à calmer les marchés. Abinader a conclu son allocution par une phrase qui résonne encore dans les rues de San Juan : « Mon engagement est envers le pays, son peuple et son avenir. »

Le geste est politique. Il intervient vingt-quatre heures après une mobilisation qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes, des enseignants aux agriculteurs, des médecins aux agronomes. La pression de la rue a forcé le gouvernement à trancher. Sur le site Le Figaro, les analystes soulignent que jamais un projet minier de cette ampleur n'avait été stoppé si rapidement en République dominicaine.

Un projet de 5 milliards de dollars à l'arrêt : le choc pour GoldQuest et la Bourse

Le projet Romero n'est pas une petite affaire. Selon les données techniques disponibles sur Mining Technology, le gisement recèle environ 1,1 million d'onces d'or, auxquelles s'ajoutent du cuivre et de l'argent. L'investissement total était estimé à 158,6 millions de dollars, pour une durée de vie de la mine de neuf ans. Les réserves probables atteignent 7,031 millions de tonnes, avec une teneur de 3,7 grammes d'or par tonne, 4,33 grammes d'argent et 0,88 % de cuivre.

L'ironie de la situation n'a pas échappé aux observateurs. Quelques semaines avant la suspension, la direction de GoldQuest se félicitait publiquement de « l'engagement » du gouvernement dominicain envers le développement minier. Le titre de la société, coté à la Bourse de croissance TSX sous le symbole GQC, a plongé dans les heures suivant l'annonce. GoldQuest n'a pas répondu aux demandes de commentaire.

San Juan de la Maguana, le grenier agricole dominicain contre la mine d'or

Pour comprendre l'intensité de la révolte, il faut se rendre dans la province de San Juan. 143 000 habitants vivent ici, principalement de l'élevage et de l'agriculture. Les champs de riz, de haricots et de bananes plantains s'étendent à perte de vue. Le barrage de la région, véritable poumon économique, irrigue plus de 30 000 hectares de cultures et produit de l'énergie hydroélectrique. C'est ce territoire que le projet Romero menaçait directement.

« Plutôt mourir que de laisser faire » : la colère des agriculteurs de Sabaneta

Manuel Encarnacion est agriculteur à Sabaneta, une localité située à quelques kilomètres des concessions de GoldQuest. Ses mots, rapportés par La Presse, sont d'une brutalité désarmante : « S'ils exploitent ça, nous serons obligés de partir d'ici. Plutôt mourir que d'être d'accord pour qu'ils exploitent. » Cette phrase résume l'état d'esprit d'une communauté qui voit dans la mine une menace existentielle.

Pour ces paysans, la mine n'est pas synonyme de développement. Elle signifie l'expropriation, la fin d'un mode de vie, la destruction de terres cultivées depuis des générations. Les agriculteurs de Sabaneta n'ont pas attendu l'annonce présidentielle pour s'organiser. Depuis des mois, ils alertaient les autorités locales sur les risques du projet. Des réunions publiques se tenaient dans les écoles du village, avec des experts venus expliquer les dangers de l'extraction minière.

Un barrage pour 30 000 hectares de cultures : l'eau potable en jeu

Le cœur du conflit, c'est l'eau. Le projet Romero prévoit une extraction souterraine sur 3 997 hectares, avec une méthode qui implique l'utilisation potentielle de cyanure pour séparer l'or du minerai. Dans une région où chaque goutte d'eau est comptée pour l'irrigation, la perspective d'une contamination des nappes phréatiques a déclenché une peur viscérale.

Le barrage de San Juan n'est pas seulement une infrastructure agricole. Il alimente en eau potable des dizaines de milliers de foyers et produit de l'électricité pour toute la province. Les habitants ont compris que la mine ne pouvait pas coexister avec leur agriculture sans risques majeurs. La question de l'eau est devenue le catalyseur central de la mobilisation.

Leuri Camarena : « Regarde ce qui s'est passé à Cotuí, ici on produit du riz, si la mine passe, on mangera quoi ? »

Leuri Camarena est agriculteur et commerçant. Il a livré un témoignage qui a fait le tour des médias dominicains, rapporté par Radio-Canada : « Nous ne voulons pas de cette exploitation minière ici. Regarde ce qui s'est passé à Cotuí. Ici, on produit du riz, des haricots, de la courge, des bananes plantains. Si cette mine est exploitée, qu'est-ce qu'on va produire ici ? On va manger quoi ? »

Ce « regarde ce qui s'est passé à Cotuí » est une phrase clé. Elle fait le pont entre la peur du futur et la mémoire d'un désastre écologique bien réel. La communauté de San Juan n'ignore rien des conséquences de l'exploitation minière intensive. Elle a vu de ses propres yeux, ou via les reportages télévisés, ce qui est arrivé à ceux qui ont dit oui.

Le spectre de Pueblo Viejo : pourquoi Barrick Gold hante la mémoire des Dominicains

La mine de Pueblo Viejo, exploitée par le géant canadien Barrick Gold à Cotuí, est la plus grande mine d'or d'Amérique latine. Elle produit des tonnes de métal précieux chaque année et représente près de 2 % du produit intérieur brut dominicain. L'or est le premier produit d'exportation du pays. Mais ce succès économique a un prix, et les habitants de Cotuí le paient chaque jour.

Barrick Gold à Cotuí : la plus grande mine d'or d'Amérique latine et son héritage toxique

Barrick Gold extrait l'or de Pueblo Viejo depuis des années. Les bénéfices pour le gouvernement dominicain sont considérables. Mais les communautés locales dénoncent un bilan environnemental catastrophique. Des centaines de familles rurales ont été déplacées de leurs terres pour permettre l'extension de la mine. Les conflits fonciers se sont multipliés, et la colère n'a cessé de grandir.

Le contraste est saisissant. D'un côté, des chiffres macroéconomiques flatteurs. De l'autre, des vies bouleversées, des terres rendues impropres à la culture, des rivières polluées. Pour les habitants de San Juan, ce précédent est une leçon qui ne s'oublie pas. Comme le rapporte Zone Bourse, l'exploitation minière représente près de 2 % du PIB dominicain, mais ce chiffre masque des réalités humaines douloureuses.

Herpès, infections cutanées, rivières contaminées : le lourd tribut payé par les communautés

Le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) a documenté les impacts sanitaires directs de l'exploitation de Pueblo Viejo. Sur leur site, ils détaillent comment les rivières El Yagal et Maguaca sont contaminées. Les analyses révèlent des taux de métaux lourds alarmants. Les conséquences sur la santé des populations sont terribles : herpès, infections cutanées récurrentes, troubles respiratoires chez les enfants et les personnes âgées.

Les images des enfants de Cotuí, la peau couverte de plaques, ont choqué l'opinion publique dominicaine. Les agriculteurs réclament une relocalisation, mais les promesses tardent à se concrétiser. Ce traumatisme collectif est resté vivace. Il a fourni aux manifestants de San Juan un argument-massue.

« Regarde ce qui s'est passé à Cotuí » : l'argument-massue des manifestants de San Juan

Quand Leuri Camarena dit « regarde ce qui s'est passé à Cotuí », il parle au nom de toute une communauté. La révolte de San Juan n'est pas un simple rejet local d'un projet industriel. C'est une prise de conscience nationale contre un modèle extractiviste qui a déjà prouvé ses dégâts.

Les manifestants ont compris que la mémoire est une arme politique. En rappelant sans cesse le précédent de Pueblo Viejo, ils ont privé GoldQuest de tout argument de confiance. « Ils nous promettent des écoles et des hôpitaux, mais à Cotuí, ils ont promis la même chose, et regardez ce qu'il reste », scandait un manifestant.

« L'eau oui, l'or non ! » : le dimanche 4 mai 2026, la rue dominicaine se soulève

Dimanche 4 mai 2026. La date restera dans les annales de la contestation sociale dominicaine. Des centaines de personnes, puis des milliers, ont défilé de San Juan jusqu'à Sabaneta. Le slogan était simple, imparable : « L'eau oui, l'or non ! » Les drapeaux dominicains flottaient au vent, symbole d'un patriotisme qui n'avait rien à voir avec le gouvernement, mais tout à voir avec la terre.

Une vague humaine de San Juan à Sabaneta : l'ampleur inédite de la mobilisation

Les images diffusées par La Libre Belgique montrent une foule dense, compacte, qui avance lentement sur la route principale. Des familles entières, des enfants sur les épaules des parents, des personnes âgées portant des banderoles. La marche a duré des heures. Les manifestants scandaient leur slogan en chœur, un cri qui portait loin.

L'ampleur de la mobilisation a pris les autorités par surprise. Personne ne s'attendait à une telle démonstration de force. Les organisateurs, issus du Movimiento Suroeste Unido por el Agua y la Vida, avaient pourtant prévenu : si le président ne réagissait pas, la pression monterait. Ce dimanche-là, la pression est devenue vague.

Pierres contre gaz lacrymogènes : les affrontements qui ont fait 4 blessés

La manifestation a basculé en fin de journée. Des tensions ont éclaté entre certains manifestants et les forces de l'ordre. Des pierres ont volé en direction des policiers, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Le bilan est lourd : quatre blessés du côté des forces de l'ordre, dont trois policiers et un capitaine de l'armée.

Ruben Moreta, dirigeant du Movimiento Suroeste Unido por el Agua y la Vida, a immédiatement pris la parole. Il a condamné la violence, mais a prévenu que les manifestations continueraient si le président n'agissait pas. « Nous ne cherchons pas l'affrontement, mais nous ne reculerons pas », a-t-il déclaré. La violence a été un tournant. Elle a rendu la décision politique inévitable.

Enseignants, médecins, agronomes : la diversité d'une révolte populaire

Ce qui a frappé les observateurs, c'est la diversité des manifestants. Ce n'était pas une mobilisation de militants professionnels ou de partis politiques. C'était un mouvement transclasse, apolitique, qui rassemblait des enseignants, des médecins, des agronomes, des ingénieurs, des avocats, des commerçants.

Cette diversité a donné au mouvement un poids considérable. Le gouvernement ne pouvait pas le réduire à une manipulation politique ou à des intérêts partisans. Quand le médecin de famille et le professeur de lycée défilent côte à côte avec l'agriculteur, la contestation devient difficile à ignorer.

Ruben Moreta et la génération WhatsApp : qui a organisé la résistance ?

Derrière la mobilisation du 4 mai, il y a des hommes et des femmes, mais aussi des outils. Comment un mouvement citoyen a-t-il pu s'organiser assez vite pour faire plier le gouvernement ? La réponse tient en deux noms : Ruben Moreta et la génération WhatsApp.

Ruben Moreta et le Movimiento Suroeste Unido por el Agua y la Vida

Ruben Moreta est le visage de la résistance. Il dirige le Movimiento Suroeste Unido por el Agua y la Vida, une organisation citoyenne créée spécifiquement pour lutter contre le projet Romero. Moreta est un organisateur aguerri. Il a su fédérer des énergies disparates autour d'un objectif clair : la protection de l'eau.

Le mouvement a misé sur la transparence et l'information. Des réunions publiques ont été organisées dans chaque village. Des experts sont venus expliquer les risques techniques du projet. La stratégie était simple : armer les citoyens de connaissances pour qu'ils puissent argumenter, pas seulement protester.

Une mobilisation 2.0 : comment les jeunes Dominicains ont utilisé les réseaux sociaux

Les jeunes Dominicains ont joué un rôle clé dans l'organisation des marches. Les groupes WhatsApp ont servi de caisse de résonance pour diffuser les appels à manifester. Les vidéos des affrontements et les témoignages d'agriculteurs ont circulé massivement, relayés par des comptes Instagram et des pages Facebook dédiées à la cause.

Le slogan « L'eau oui, l'or non ! » est devenu viral. Il a dépassé les frontières de la province pour toucher tout le pays. Les hashtags ont permis de coordonner des actions simultanées dans plusieurs villes. La génération numérique a transformé une lutte locale en cause nationale.

Un mouvement apolitique et intergénérationnel : la recette du succès

La force du mouvement, c'est son refus de l'étiquetage politique. Aucun parti ne peut revendiquer la paternité de la mobilisation. Les organisateurs ont veillé à rester indépendants, pour éviter que le gouvernement ne divise les manifestants en les accusant d'être manipulés par l'opposition.

Cette stratégie a fonctionné. Le gouvernement n'a pas pu jouer la carte de la polarisation politique. Face à un mouvement qui rassemblait des gens de tous bords, la seule réponse possible était d'écouter et d'agir.

GoldQuest Mining (TSX: GQC) : une junior minière canadienne dans la tourmente

Si la rue dominicaine célèbre sa victoire, les actionnaires de GoldQuest, eux, font grise mine. La suspension du projet Romero est un coup dur pour cette junior minière canadienne, dont l'avenir reposait presque entièrement sur ce gisement.

Portrait d'une junior : que pèse GoldQuest après la perte du gisement Romero ?

GoldQuest Mining Corp. est une société d'exploration et de développement basée au Canada. Comme le détaille son site officiel, elle détenait 100 % du projet Romero, son actif principal. Cotée à la Bourse de croissance TSX, la société était valorisée en grande partie sur le potentiel de ce gisement.

La perte du projet laisse GoldQuest dans une position délicate. Sans Romero, la société ne dispose plus d'un actif majeur à faire valoir auprès des investisseurs. Les options sont limitées : tenter de négocier avec le gouvernement dominicain, se tourner vers d'autres projets, ou envisager une restructuration.

158,6 millions d'investissement et 9 ans de production potentielle envolés

Les chiffres sont implacables. GoldQuest avait investi 158,6 millions de dollars dans le développement du projet. La mine devait produire pendant neuf ans, avec des réserves probables de 7,031 millions de tonnes à 3,7 grammes d'or par tonne, 4,33 grammes d'argent et 0,88 % de cuivre.

La facture est lourde pour les actionnaires. L'argent investi est en grande partie perdu, du moins à court terme. La suspension n'est pas une annulation définitive, mais le signal politique est si fort qu'une reprise semble improbable.

L'action GoldQuest en chute libre : quel avenir pour l'entreprise sur la place canadienne ?

L'action GoldQuest a chuté dans les heures suivant l'annonce d'Abinader. Les investisseurs ont vendu massivement, anticipant des mois, voire des années d'incertitude juridique et politique. Le silence de la compagnie après l'annonce n'a pas rassuré.

Le cas GoldQuest n'est pas isolé. Il s'inscrit dans une tendance plus large de défiance envers les projets miniers canadiens en Amérique latine.

Panama, Argentine, Chili : l'Amérique latine se rebelle-t-elle contre les majors ?

La suspension de Romero n'est pas un événement isolé. Elle s'inscrit dans une vague de contestation des grands projets miniers qui traverse toute l'Amérique latine. Les majors canadiennes, en particulier, sont dans le viseur des mouvements citoyens.

Le précédent First Quantum au Panama : une mine de cuivre géante fermée par la rue

Le cas le plus emblématique est celui du Panama. La plus grande mine de cuivre du pays, exploitée par la firme canadienne First Quantum, a été contrainte de fermer après des mois de protestations. Les critiques portaient sur les redevances insuffisantes versées à l'État et sur l'impact environnemental désastreux.

Le gouvernement panaméen a fini par annuler la concession, cédant à la pression populaire. Le parallèle avec la République dominicaine est frappant. Dans les deux cas, ce sont des citoyens ordinaires, agriculteurs et pêcheurs, qui ont mené la bataille contre des multinationales.

Argentine, Pérou : vers une nouvelle législation minière restrictive ?

L'Argentine a récemment légiféré pour faciliter l'accès des miniers aux régions riches en ressources. Mais cette ouverture suscite des tensions. Les communautés locales, notamment dans les provinces andines, dénoncent un bradage de leurs terres.

Au Pérou, les conflits miniers sont récurrents. Les populations réclament un meilleur partage des richesses et des garanties environnementales. Le gouvernement péruvien oscille entre répression et négociation, sans parvenir à apaiser les tensions.

Les majors canadiennes en Amérique latine : un modèle d'affaires en crise de légitimité ?

La question qui se pose est celle de la légitimité. Les entreprises extractives canadiennes sont accusées de pratiquer un extractivisme prédateur, qui profite aux actionnaires étrangers au détriment des populations locales et de l'environnement.

La République dominicaine, avec ses 2 % de PIB issus de l'exploitation minière et son statut de premier exportateur d'or, est un cas d'école. Le débat sur la souveraineté et la responsabilité sociale des entreprises est plus que jamais d'actualité.

Conclusion : une victoire pour l'eau, un signal fort pour l'avenir du secteur minier

La suspension du projet Romero est une victoire pour les habitants de San Juan de la Maguana. Mais est-elle définitive ? Le langage d'Abinader, qui a pris soin de préciser qu'aucune autorisation n'avait été délivrée « sous son administration », laisse planer un doute. Un prochain gouvernement pourrait revenir sur cette décision.

Pourtant, le signal politique est immense. Cette victoire populaire pourrait faire jurisprudence dans un pays où l'or est roi, mais où la mémoire de la pollution de Barrick Gold reste vive. Les citoyens ont prouvé qu'ils pouvaient faire plier le pouvoir, même face à un projet de 5 milliards de dollars.

La question qui demeure est celle de l'avenir de l'extractivisme en République dominicaine. Le pays a besoin de devises étrangères, et l'or est son principal produit d'exportation. Mais à quel prix ? La mobilisation de San Juan a posé une question que le gouvernement ne pourra plus ignorer : peut-on concilier développement minier et protection de l'environnement ?

Pour l'instant, l'eau a gagné. Mais la bataille, elle, est loin d'être terminée.

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Questions fréquentes

Pourquoi le projet minier Romero a-t-il été suspendu ?

Le président dominicain Luis Abinader a ordonné la suspension du projet Romero le 5 mai 2026, au lendemain de manifestations populaires massives. Les habitants de San Juan de la Maguana, soutenus par un mouvement citoyen, craignaient une contamination de l'eau potable et la destruction de leurs terres agricoles.

Que s'est-il passé à Cotuí avec Barrick Gold ?

La mine de Pueblo Viejo exploitée par Barrick Gold à Cotuí est la plus grande mine d'or d'Amérique latine, mais elle a laissé un héritage toxique. Les communautés locales subissent des contaminations de rivières, des maladies comme l'herpès et des infections cutanées, ce qui a nourri la peur des habitants de San Juan.

Qui a organisé la révolte contre GoldQuest ?

La résistance a été menée par Ruben Moreta et le Movimiento Suroeste Unido por el Agua y la Vida. Le mouvement, apolitique et intergénérationnel, a utilisé les réseaux sociaux et WhatsApp pour mobiliser des milliers de personnes, des agriculteurs aux médecins.

L'action GoldQuest a-t-elle chuté après la suspension ?

Oui, l'action de GoldQuest Mining (symbole GQC à la Bourse de croissance TSX) a plongé dans les heures suivant l'annonce présidentielle. La société avait investi 158,6 millions de dollars dans le projet Romero, son actif principal, désormais suspendu.

Sources

  1. [PDF] (SCPC) Rapport 2014 - IV.indd - Agence française anticorruption · agence-francaise-anticorruption.gouv.fr
  2. cdhal.org · cdhal.org
  3. goldquestcorp.com · goldquestcorp.com
  4. ici.radio-canada.ca · ici.radio-canada.ca
  5. lalibre.be · lalibre.be
world-watcher
Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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