
Bilan des autoroutes souterraines parisiennes en 2059
Que reste-t-il des grands travaux d'infrastructures des trente premières années du XXIe siècle ? L'enfouissement du tronçon de la RN13 qui traverse Neuilly-sur-Seine (92) a été le prélude à toute une succession de chantiers souterrains dans le sol de la capitale. La transformation des voies sur berge « Georges Pompidou » en zone piétonne et espace vert avait rapidement appelé à la création d'une solution alternative pour traverser d'Est en Ouest cette métropole toujours soumise au diktat de l'automobile individuelle non robotisée.
De la RN13 à l'autoroute A01 : un chantier pharaonique
Les diverses procédures de déclaration d'utilité publique, les appels d'offres et autres délais légaux ont repoussé les travaux de la RN13 à tel point que ce tronçon souterrain ne fut inauguré qu'en 2021. Parallèlement, les études étaient lancées pour assurer un prolongement de ce tunnel jusqu'à l'autoroute A4, à l'extrême Est de Paris. Cette traversée souterraine devenait, de fait, la première autoroute souterraine urbaine de France, sous le nom d'A01. Elle fut inaugurée en grande pompe en 2032. L'ensemble de ces travaux coûta la bagatelle de 7 milliards d'euros à l'État, aux collectivités et aux particuliers ; un péage automatique par RFID fut mis en place dès le début de l'exploitation.
Autoroute A02 : la liaison Nord-Sud sous Paris
Alors que l'automobile s'automatisait et se robotisait, que le trafic passait sous gestion collective — impliquant des mutations majeures pour les transports —, les banlieues Nord et Sud revendiquaient à grands cris leur autoroute souterraine, devant relier l'A1 à l'A6. L'A02 fut lancée encore plus rapidement que la jonction RN13-A01, sans réelle concertation sur l'évolution de l'industrie automobile ni sur l'avenir des transports particuliers et collectifs.
Surdimensionnement : le constat d'échec en 2059
Aujourd'hui, huit ans après la fin des travaux titanesques sous Paris, la circulation automobile a diminué au point de révéler la démesure des travaux entrepris et leur surdimensionnement. Une question brûlante persiste : les pouvoirs publics de l'époque ont-ils pris le temps de se projeter dans l'avenir ?