
Malgré la déclaration des droits de l'homme, les hommes ont un mal fou à faire face au plus révoltant des états de faits : dans tous les pays du monde, des adultes déversent leur frustration, leur violence, leur haine ou leur perversion sur des innocents qui sont d'ailleurs la plupart du temps leurs propres enfants.
Qu'est-ce que la maltraitance des enfants ?
La maltraitance a de nombreux visages. Les plus connus sont les violences physiques et sexuelles. Si aujourd'hui on accepte que des coups de ceinturon sont de la maltraitance pure, un climat de critiques et de moqueries est rarement perçu comme une maltraitance alors que cela détruit tout le capital de confiance en soi de l'enfant. Par exemple, lorsque l'on pense « enfants maltraités », on voit l'enfant dans le placard et pas celui qui est critiqué, insulté ou giflé à longueur de journée.
La négligence parentale est aussi considérée comme une maltraitance. L'indifférence et la démission quotidiennes de certains parents vont laisser à l'enfant un sentiment intense d'insécurité, de solitude et une carence affective qui ne pourra jamais être comblée.
Mais il est vrai que parfois, il est difficile de faire la différence entre une sévérité exagérée et de la maltraitance.
Comment repérer les signes de maltraitance ?
Le comportement quotidien d'un enfant maltraité peut être fortement perturbé : échec scolaire, comportements violents ou asociaux vis-à-vis de son entourage... À l'opposé, un enfant maltraité peut également faire preuve d'un investissement scolaire excessif, d'une maturité précoce, qui sont le résultat de la volonté de l'enfant de fuir le milieu familial.
Les fugues, les douleurs répétées et inexpliquées (surtout les maux de ventre), ainsi que les troubles du comportement alimentaire peuvent être également des signes de maltraitance. On ne doit pas perdre de vue que tous les enfants maltraités (physiquement, sexuellement ou mentalement) ne présentent pas forcément ces symptômes.
Pourquoi les victimes excusent-elles souvent leurs parents ?
Les ex-enfants maltraités ont du mal à s'approprier le statut de « martyr ». Souvent, ils excusent leurs parents jusqu'à les décharger de toutes responsabilités : « Ce n'est pas de sa faute, il buvait » ou bien « Ce n'est pas de sa faute, elle a eu une enfance tellement malheureuse »...
Chiffres et réalités en France
Voici quelques chiffres sur la maltraitance en France et il faut avouer que c'est alarmant. Pour l'année 1999, on a recensé en France : 18 500 cas de maltraitances et 7 000 enfants en sont morts. Il y avait 65 000 enfants à risques (qui connaissent des problèmes de conditions d'existence risquant de mettre en danger leur santé, leur sécurité, leur moralité, leur éducation ou leur entretien, mais qui ne sont pas pour autant maltraités). On estimait à 83 500 le nombre d'enfants en danger.
Il ne faut pas croire que le nombre d'enfants maltraités augmente chaque année car ce n'est pas vrai. Les chiffres sont de plus en plus élevés car de plus en plus d'enfants, voisins, enseignants... osent parler et signaler les cas !