
La liberté d'expression est une cause pour laquelle se battent de nombreux hommes à travers le monde. Certains pays bafouent cette liberté pour « maintenir l'ordre » et « assurer la tranquillité du régime et des citoyens ». Ces propos, nous les connaissons tous : par la télévision ou les journaux, nous voyons souvent s'exprimer des responsables de pays autoritaires, voire de pays démocratiques en façade et respectés par tous.
Quand je dis « tous », je parle bien sûr de toute la communauté mondiale – et principalement du petit groupe des pays riches qui détiennent, rappelons-le, le pouvoir économique et médiatique. Ce pouvoir leur permet d'imposer leur vision – leur idéologie – au reste de la planète. Ils peuvent ainsi s'imposer comme les « contrôleurs de conscience » du monde (certaines mauvaises langues diront « les donneurs de leçons ») en distribuant bons et mauvais points, départageant les pays fréquentables des autres.
Ces responsables de pays autoritaires osent nous affirmer que le droit d'exprimer en public ce que l'on souhaite est tout à fait légal dans leur pays. Alors pourquoi, questionnent les journalistes, certains de leurs concitoyens vont-ils en prison après avoir osé ne pas être d'accord avec eux ? La question est pertinente, mais ce qui est réellement passionnant, c'est la réponse ! Une réponse qui varie, qui n'est pas toujours la même, et que nous ne pouvons pas comprendre avec nos « esprits d'hommes occidentaux ». Mais quelle est-elle, cette réponse ?
Pourquoi restreindre le droit à la parole ?
« Nous autorisons la liberté d'expression mais elle ne doit pas venir troubler le pays, ni remettre en cause ses valeurs fondamentales et inaliénables, ni heurter l'honneur des personnes et de la patrie. » Vous l'aurez tous reconnu, nos chers dirigeants de pays où la démocratie est en vacances – ou en prison – souhaitent utiliser l'adage populaire « La liberté s'arrête là où commence celle de l'autre » et la pensée qu'instaurent toutes les nations (« Je dois honneur et reconnaissance à ma patrie ») dans un mélange surprenant qui les amène à restreindre la liberté des habitants en invoquant l'intérêt de respecter la patrie.
Mais, me direz-vous, au nom de quoi critiquer des personnalités politiques ou la politique d'un pays constitue-t-il une atteinte à la nation ? Tout simplement parce que, s'il n'y a pas de liberté d'expression, il n'y a pas de pluralisme politique. La séparation entre le pouvoir, l'État et ce qu'on appelle la « patrie » n'existe pas. Alors, dans ces pays, critiquer la politique ou les décisions prises par le pouvoir, c'est critiquer l'État et, plus gravement, la patrie.
En tout état de cause, la liberté d'expression – ou son absence – est la conséquence et non la cause des maux d'un pays. Vouloir protéger la liberté d'expression dans un pays est utopique si l'on ne s'attaque pas aux causes que sont l'autoritarisme et la centralisation des pouvoirs au sein du pouvoir politique.