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Monde

L'incendie du tunnel du Mont-Blanc

Le 24 mars 1999, 39 personnes périssaient dans l'incendie du tunnel du Mont-Blanc. Retour sur une tragédie annoncée, ignorée par des dirigeants soucieux du profit.

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Vous souvenez-vous de cette tragédie qui avait bouleversé le monde du transport routier ? Le 24 mars 1999, la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc coûtait la vie à 39 personnes. Une tragédie annoncée, pourtant ignorée des dirigeants.

Origines et contexte du tunnel du Mont-Blanc

1965 : la France et l'Italie inaugurent le tunnel du Mont-Blanc, symbole de réconciliation d'après-guerre entre les deux nations. Dès son ouverture, la Société du Tunnel du Mont-Blanc (STMB) fixe sa capacité maximale à 450 000 véhicules de tourisme par an. La colère gronde dans les vallées lorsqu'on constate qu'en 1991, seuls les camions représentent déjà 800 000 passages annuels.

1991 : l'Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc (ARSMB) voit le jour. Ses revendications : interdire le transport international routier (TIR) dans les vallées de Chamonix et de Maurienne — cette dernière subissant le même sort avec le tunnel du Fréjus. L'association prône le ferroutage, alternative plus respectueuse de l'environnement mais nécessitant des investissements initiaux importants.

Alerte sur la vétusté et les failles de sécurité

Dès 1995, l'ARSMB rédige un rapport accablant sur la vétusté du système de sécurité du tunnel. La circulation atteint environ 3 000 véhicules quotidiens, dont 2 300 camions. La STMB reconnaît les risques sans engager aucune modernisation de ses installations, invoquant une conjoncture économique défavorable. Une politique du « laisser faire » justifie l'absence totale d'investissement dans des réformes jugées trop coûteuses.

Face à l'inaction de la STMB, l'ARSMB, soutenue par la population de la haute vallée de l'Arve, multiplie les manifestations pour alerter sur le danger mortel que courent les milliers d'usagers du tunnel.

24 mars 1999 : le drame du tunnel du Mont-Blanc

Ce que l'association redoutait depuis des années finit par se produire. Le 24 mars 1999, un camion belge transportant de la farine s'embrase à l'intérieur du tunnel. Les secours tentent désespérément de porter assistance aux usagers piégés, mais une fumée hautement toxique et une chaleur dépassant 1 500 °C rendent toute opération de sauvetage impossible.

Le bilan s'établit à 39 victimes, dont un pompier réfugié dans l'un des abris censés protéger les usagers. Ces refuges n'ont pas résisté à l'intensité thermique : ils ont fondu, carbonisant 10 personnes qui y avaient cherché protection. La STMB les qualifiait pourtant de « conformes à la réglementation ».

L'enquête révèlera que les défaillances du système de ventilation — chargé d'aspirer et d'expulser les fumées — sont en grande partie responsables de la mort des victimes.

Bilan et leçons d'une tragédie évitable

Ce drame illustre une réalité persistante : il a fallu que des vies soient sacrifiées pour que les autorités prennent enfin conscience des dangers du transport routier de marchandises. Une catastrophe annoncée, ignorée trop longtemps par ceux qui plaçaient le profit avant la sécurité.

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mad donuts
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