
Le 21 décembre 2005, à quelques mois du CAPES (Certificat d'Aptitude au Professorat de l'Enseignement Secondaire), les étudiants de première année d'IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) apprennent une diminution importante du nombre de postes aux concours de l'enseignement. En effet, toutes les disciplines de l'éducation sont touchées : - 27% des postes en Physique-Chimie et en Mathématiques, - 28% pour les Lettres Modernes, - 30% pour l'Histoire-Géographie, - 38% pour la Philosophie, - 40% pour la Musique et - 50% pour l'EPS, alors que le nombre d'élèves par classe ne cesse de croître.
Mais les raisons qui poussent les étudiants dans les rues ont des causes plus profondes. Ils n'acceptent pas la politique du gouvernement actuel qui gère l'éducation comme une véritable entreprise. Alors que les enseignants parlent de pédagogie, d'instruction, d'éducation et surtout de socialisation, le gouvernement au contraire parle de rentabilité.
Pour cette question purement économique, le gouvernement veut l'éducation la plus souple possible au détriment d'une qualité d'enseignement reconnue mondialement. Il met en place une politique favorisant les surplus d'heures pour certains professeurs en l'accentuant par la diminution du nombre de postes au CAPES. Le ministre de l'Éducation Nationale fait appel à des vacataires, personnes n'étant pas reconnues officiellement comme étant aptes à l'enseignement mais permettant au gouvernement plus de flexibilité dans sa gestion financière de l'éducation. Ils ont des contrats de 200 heures puis sont licenciés, ayant fini le programme scolaire ou pas, ayant fini l'année ou pas. De plus, ces personnes à qui le gouvernement confie les mêmes responsabilités d'éducation qu'aux professeurs titulaires sont payées au SMIC et n'ont pas de reconnaissance sociale (pas d'indemnité chômage, pas de congé payé...).
De plus, le gouvernement, pour pallier le manque de professeurs dans les lycées, demande aux titulaires des postes de se remplacer entre eux, pour toutes les absences de moins de 15 jours : autant dire la majorité ! Et comme cela ne suffit toujours pas, le gouvernement parle d'instaurer la bivalence des professeurs. C'est-à-dire, pour les professeurs, la possibilité d'enseigner plusieurs matières alors que son cursus universitaire ne lui a permis d'en maîtriser réellement qu'une seule. Il est impossible d'avoir les compétences nécessaires pour enseigner deux matières.
Comment peut-on encore imaginer une école égalitaire favorisant la réussite de tous en France, quand le gouvernement ne pense qu'à se dégager de ses responsabilités vis-à-vis de l'école et qu'il en sacrifie la qualité pour des économies ?
2006-2007 : une baisse des enseignants
En effet, pour le budget 2007, l'État a décidé de faire des économies en ne remplaçant pas tous les profs partant à la retraite ! Alors que depuis environ 1 an, chaque incident dans un établissement scolaire est diffusé à la télé pour pointer du doigt le travail des profs qui ne résolvent pas tous ces problèmes ! Comment répond l'État aux agressions de profs et des élèves ? En diminuant le nombre de professeurs dans les établissements, en supprimant les pions et en disant que les profs ne font pas leur travail, en disant que le « prix » d'un élève est trop élevé par rapport à la moyenne européenne... Mais il oublie de souligner qu'il fait largement des économies sur les étudiants des Universités où la France est loin de la moyenne européenne !
En proposant « le socle commun » : c'est savoir lire, écrire et compter... Et si on y arrive, on pourra faire de la géo, de l'histoire, de l'EPS... Ce qui engendrera une très forte inégalité scolaire entre ceux qui y arrivent et ceux qui n'y arrivent pas ! Cette inégalité scolaire est la copie de l'inégalité sociale entre riches et pauvres !
Alors certains vont me dire que s'ils le font, c'est qu'il y a une diminution du nombre d'élèves. Et là je vous dis OUI, il y a eu une diminution du nombre d'élèves ces 3 dernières années, une baisse de 0,1 élève par établissement, ce qui ne peut donc pas justifier la diminution des profs. Par ailleurs, dans les prévisions des prochaines années, il y aura une augmentation des effectifs car déjà en primaire il y a une augmentation !
Mes propositions pour l'éducation
Pour lutter contre la délinquance dans les établissements, De Robien, ministre de l'Éducation nationale, a proposé de mettre des policiers dans les établissements comme en Angleterre ! Ce qui est une aberration.
Il serait plus judicieux de mettre plus de pions et plus de personnels : comment se fait-il que dans bon nombre d'établissements il y ait une infirmière 1 ou 2 journées par semaine ??
Recruter plus de profs permettrait une augmentation des résultats scolaires car qui dit plus de profs dit des classes moins chargées (35 par classe c'est beaucoup trop !), ce qui engendrerait moins de tension dans la classe et donc moins de discipline à faire pour l'enseignant. Cela engendrerait une hausse de l'apprentissage des élèves et aucun d'eux ne serait mis au bord de la touche !
Par ailleurs, il faut supprimer le socle commun pour éviter d'enfermer les élèves dans leur condition sociale. Il me semble en effet très important que TOUS les élèves puissent faire de l'histoire pour éviter ensuite le révisionnisme, mais aussi faire de la musique et du Sport dans une société où il y a de plus en plus d'obèses ! (autre sujet que je développerai peut-être car je suis en FAC de Science du Sport pour devenir enseignant)
J'espère vous faire réagir sur ce sujet de société.