Le drapeau français flotte devant la ville d'Évian, vue du lac Léman.
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G7 d'Évian 2026 : Iran, Ukraine, guerre commerciale, le sommet sous tension

Guerre en Iran, Ukraine enlisée, guerre commerciale États-Unis-Europe : le G7 d'Évian 2026 s'annonce comme le sommet le plus sous pression de l'histoire. Découvrez l'impact direct sur le prix de l'essence, des smartphones et la sécurité des Français.

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Du 15 au 17 juin 2026, la petite ville d'Évian-les-Bains accueille le sommet du G7 sous haute tension. Emmanuel Macron reçoit Donald Trump et les dirigeants des sept plus grandes démocraties industrielles dans un contexte exceptionnel : une guerre ouverte entre les États-Unis et l'Iran depuis le 28 février, une guerre d'usure qui s'éternise en Ukraine, et une guerre commerciale totale entre Washington et l'Europe. Jamais un G7 n'a dû digérer autant de crises simultanées. Et pour les Français, les décisions prises autour du lac Léman auront un impact direct sur le prix de l'essence, le coût des smartphones et la sécurité du continent. 

Le drapeau français flotte devant la ville d'Évian, vue du lac Léman.
Le drapeau français flotte devant la ville d'Évian, vue du lac Léman. — (source)

Évian 2026 : le G7 sous le feu de trois crises simultanées

Les eaux calmes du lac Léman contrastent avec l'état du monde. À l'Évian Resort, sur les hauteurs de la station thermale, les chefs d'État et de gouvernement des pays les plus industrialisés de la planète tentent de répondre à une accumulation de crises inédite depuis la création du G7 en 1975. 

La bannière officielle du sommet du G7 à Évian-les-Bains, accrochée sur un mât.
La bannière officielle du sommet du G7 à Évian-les-Bains, accrochée sur un mât. — (source)

Le sommet devait initialement se concentrer sur des sujets de long terme : résorption des déséquilibres macroéconomiques, protection de l'enfance en ligne, lutte contre le cancer. Mais l'actualité en a décidé autrement. La guerre en Iran, déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes, a fermé le détroit d'Ormuz et fait flamber les prix de l'énergie. La guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année sans perspective de cessez-le-feu. Et les droits de douane imposés par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche ont transformé l'Alliance atlantique en champ de bataille commercial.

« Il n'est pas possible de « gérer Trump » comme pendant son premier mandat », résume la chercheuse Liana Fix, citée par L'Express. Le président américain, qui fêtait ses 80 ans la veille du sommet, a organisé une soirée de combats de MMA à la Maison-Blanche avec son ami Dana White, patron de l'Ultimate Fighting Championship. Une image qui en dit long sur sa conception de la politique : un show violent entre vainqueurs et perdants.

Pourquoi ce G7 d'Évian est le plus sous pression de l'histoire

Aucun sommet précédent n'a affronté une telle concentration de crises majeures. En 2003, le G8 d'Évian s'était déjà tenu sous le choc de la guerre en Irak. Mais la situation actuelle est d'une tout autre ampleur.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % de la consommation mondiale de pétrole, est bloqué par l'Iran depuis le 28 février. Le baril de Brent est passé de 61 dollars début 2026 à un pic de 126 dollars. Le gaz européen a bondi de plus de 20 %. Parallèlement, les droits de douane américains ont atteint des niveaux records : 25 % sur l'acier et l'aluminium en février 2025, portés à 50 % en mars, puis une surtaxe de 30 % sur toutes les importations européennes en août 2025. L'Union européenne a riposté avec des droits de 10 % à 25 % sur 21 milliards d'euros de produits américains. 

Des soldats en patrouille devant un bâtiment endommagé, symbole des crises sécuritaires évoquées au G7.
Des soldats en patrouille devant un bâtiment endommagé, symbole des crises sécuritaires évoquées au G7. — (source)

L'agenda officiel du G7, publié par le Conseil de l'Union européenne, mentionne pourtant des thèmes comme « la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe », « la situation au Moyen-Orient », et « les déséquilibres macroéconomiques et tensions commerciales ». Mais la confrontation entre la vision française d'un multilatéralisme apaisé et la méthode Trump risque de dominer chaque séance de travail.

Ce qui va changer pour les Français (essence, smartphones, sécurité)

Le G7 n'est pas une réunion déconnectée du quotidien. Trois décisions prises à Évian auront un effet direct sur le porte-monnaie des Français.

Premièrement, le prix de l'essence. La fermeture du détroit d'Ormuz a déjà fait grimper le baril à 126 dollars au plus fort. Même si le cours est redescendu à environ 82 dollars, une interruption prolongée des livraisons pourrait le faire repasser au-dessus des 100 dollars, selon le cabinet Eurasia Group. À la pompe, cela se traduit par une hausse de plusieurs centimes par litre.

Deuxièmement, les smartphones et autres biens technologiques. Les droits de douane de Trump sur les importations chinoises et européennes renchérissent le coût des composants. Selon Counterpoint Research, les ventes de smartphones ont chuté de 13,9 % en 2026, la pire contraction annuelle jamais observée. Les modèles d'entrée de gamme, ceux à moins de 150 dollars, pourraient même disparaître du marché. 

Emmanuel Macron s'exprimant lors du sommet du G7, avec l'écran 'NO MONEY FOR TERROR' en arrière-plan.
Emmanuel Macron s'exprimant lors du sommet du G7, avec l'écran 'NO MONEY FOR TERROR' en arrière-plan. — (source)

Troisièmement, la sécurité européenne. Le Pentagone détourne une partie de ses armes du front ukrainien vers le conflit iranien. Les Européens, avec la France en tête, doivent prendre le relais pour soutenir Kiev. Le porte-avions Charles-de-Gaulle reste déployé en Méditerranée orientale « jusqu'à nouvel ordre », selon le porte-parole du chef d'état-major des Armées.

Le baril flambe, l'Iran saigne : le G7 peut-il stopper la crise énergétique ?

La question qui brûle les lèvres de millions d'automobilistes et de foyers français : vais-je payer mon essence et mon chauffage plus cher demain ? La réponse est oui, et le G7 tente d'y répondre par des mesures d'urgence.

La guerre en Iran a provoqué la plus grande perturbation énergétique depuis la crise pétrolière de 1973. Le détroit d'Ormuz, verrou stratégique par lequel transite environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit 20 % de la consommation mondiale, est fermé depuis le 28 février. L'Irak a réduit sa production de 70 %. Les pays du Golfe sont quasi paralysés. 

Un agent de police devant le logo du G7 à Évian.
Un agent de police devant le logo du G7 à Évian. — (source)

Du détroit d'Ormuz à la pompe : le trajet d'une flambée historique

Le mécanisme est simple à comprendre, mais ses conséquences sont dévastatrices. Le détroit d'Ormuz relie les producteurs de pétrole du Golfe persique (Arabie saoudite, Irak, Koweït, Émirats arabes unis, Qatar) aux marchés mondiaux. Quand l'Iran le ferme, c'est l'équivalent d'un robinet géant qui se bloque.

Le baril de Brent est passé de 61 dollars début janvier 2026 à plus de 82 dollars après le déclenchement du conflit, avec un pic à 126 dollars début mars. Même si le cours s'est stabilisé autour de 82 dollars, le gaz européen (TTF néerlandais) a bondi de plus de 20 %. En France, le prix du litre de sans-plomb 95 a déjà augmenté de plusieurs centimes, et les ménages qui se chauffent au gaz ou au fioul voient leur facture s'alourdir.

Les marchés financiers ont également pris un coup. Selon Courrier International, 6 000 milliards de dollars de valorisation boursière ont été effacés depuis le début de la guerre en Iran. C'est l'équivalent de deux fois le PIB de la France qui s'est évaporé en quelques mois.

La riposte du G7 : débloquer 400 millions de barils, est-ce un cache-misère ?

Face à cette flambée, les ministres des Finances du G7 se sont réunis d'urgence le 9 mars 2026 à la demande de Roland Lescure, ministre français des Finances. Leur principal levier : le déblocage conjoint des réserves stratégiques de pétrole.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE), dirigée par Fatih Birol, supervise l'opération. Le volume discuté est colossal : 300 à 400 millions de barils, soit 25 à 30 % de la réserve totale de 1,2 milliard de barils détenue par les pays membres. En France, le Premier ministre a annoncé 500 contrôles pour lutter contre les augmentations abusives des prix à la pompe. 

La préfète Emmanuelle Dubée et Guillaume Douheret lors d'une réunion préparatoire au sommet du G7 en Haute-Savoie.
La préfète Emmanuelle Dubée et Guillaume Douheret lors d'une réunion préparatoire au sommet du G7 en Haute-Savoie. — (source)

Mais cette solution a ses limites. Les réserves stratégiques sont conçues pour faire face à une interruption temporaire des approvisionnements, pas à un blocus prolongé. Si le détroit d'Ormuz reste fermé plusieurs mois, ces 400 millions de barils ne représenteront que vingt jours de consommation mondiale. Le G7 peut ralentir la flambée, pas l'arrêter.

Ukraine : l'unité du G7 mise à l'épreuve par la guerre en Iran

La guerre en Ukraine, qui dure depuis février 2022, entre dans une phase critique. Volodymyr Zelensky est attendu mardi 16 juin à Évian pour une session dédiée à « travailler à l'unité derrière l'Ukraine », selon les mots d'Emmanuel Macron. Mais le conflit iranien détourne l'attention et les ressources américaines, créant une fracture au sein du G7.

Les Européens espèrent redevenir des acteurs centraux sur le dossier ukrainien. Alors que Donald Trump est accaparé par la guerre au Moyen-Orient, les dirigeants français, allemand et britannique veulent prendre la main. Mais la question de fond demeure : le G7 peut-il contraindre la Russie à cesser la guerre ?

La paix selon Zelensky : dialogue direct avec Poutine ou impasse diplomatique ?

Volodymyr Zelensky est arrivé à Évian avec une proposition audacieuse : un dialogue direct avec Vladimir Poutine. Dans une lettre envoyée mi-juin 2026, le président ukrainien propose au maître du Kremlin de s'asseoir à la table des négociations, sans conditions préalables. 

Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron échangeant une poignée de main lors du sommet du G7.
Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron échangeant une poignée de main lors du sommet du G7. — (source)

La réponse de Poutine est cinglante : il ne voit pas « l'intérêt » d'un tel dialogue. Le Kremlin estime que la situation militaire lui est favorable et que le temps travaille pour lui, surtout depuis que les États-Unis détournent leurs armes vers l'Iran.

La session du G7 consacrée à l'Ukraine doit donc servir à « recréer de la convergence », selon Emmanuel Macron. Les dirigeants européens soutiennent la proposition de Zelensky, mais Donald Trump reste ambigu. Le président américain a reçu un appel de Vladimir Poutine pour son anniversaire, selon 20 Minutes, ce qui alimente les spéculations sur un possible rapprochement entre Washington et Moscou.

Le désengagement américain : des armes détournées vers l'Iran

L'analyse du Monde est sans appel : le Pentagone détourne ses armes du front ukrainien vers le conflit iranien. Les missiles, les munitions et les systèmes de défense aérienne qui devaient arriver à Kiev sont redirigés vers le Golfe persique.

Cette situation met en lumière une faiblesse structurelle du G7 : l'absence d'unité stratégique réelle. Les Européens, avec Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer en tête, doivent prendre le relais. Mais leurs capacités militaires sont limitées. La France a déployé le Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale, mais ce porte-avions est avant tout un outil de dissuasion, pas une force de frappe massive.

L'Ukraine face au détournement des armes américaines est l'un des dossiers les plus sensibles du sommet. Si les États-Unis réduisent leur soutien, Kiev risque de perdre du terrain sur le front. Et l'Europe n'a pas les moyens de combler le vide.

Douane, smartphones, baskets : combien la guerre commerciale coûte aux Français ?

Les droits de douane imposés par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche ne sont pas une abstraction diplomatique. Ils ont un impact direct sur le pouvoir d'achat des Français, en particulier sur les biens technologiques et les vêtements.

La chronologie est implacable. En février 2025, Trump réintroduit des droits de douane de 25 % sur l'acier et l'aluminium. En mars, il les porte à 50 %. En juin, les droits atteignent 50 % (sauf pour le Royaume-Uni, à 25 %). Et en août 2025, il impose une surtaxe de 30 % sur toutes les importations européennes. L'Union européenne riposte avec des droits de 10 % à 25 % sur 21 milliards d'euros de produits américains.

Pourquoi ton prochain iPhone pourrait coûter 30 % plus cher

Le marché des smartphones est en pleine tempête. Selon Counterpoint Research, les ventes mondiales ont chuté de 13,9 % en 2026, la pire contraction annuelle jamais observée. Les causes sont multiples : la guerre en Iran accentue la pénurie de puces mémoire, tandis que les droits de douane américains renchérissent le coût des composants. 

Les dirigeants du G7 et le pape François lors du sommet de Borgo Egnazia, en Italie, en juin 2024.
Les dirigeants du G7 et le pape François lors du sommet de Borgo Egnazia, en Italie, en juin 2024. — (source)

Les marques les plus touchées sont celles qui ciblent l'entrée de gamme. Transsion (-32 %), Xiaomi (-28 %) et Honor (-20 %) subissent de plein fouet la crise. Les smartphones à moins de 150 dollars pourraient même disparaître du marché, selon les analystes. Apple résiste mieux grâce à l'iPhone 17, mais les prix de gros mondiaux ont augmenté de 14 % au premier trimestre 2026.

Concrètement, un iPhone qui coûte 1 000 euros aujourd'hui pourrait en coûter 1 300 dans les mois à venir. Les baskets, les vêtements et les appareils électroménagers subissent la même inflation. Les droits de douane de 25 % sur les véhicules importés aux États-Unis n'épargnent pas non plus les constructeurs européens.

La facture américaine : 3 800 dollars par an, un impact qui ricoche sur l'Europe

Les consommateurs américains sont les premiers touchés. Selon le Budget Lab de l'université Yale, la guerre commerciale coûte en moyenne 3 800 dollars par an à chaque ménage américain. Soit 3 400 euros. Les produits les plus touchés sont l'iPhone (54 % de droits sur la Chine), les vêtements (+17 %), le café (80 % importé, 10 % de droits) et les véhicules (25 % de droits).

Mais l'impact ne s'arrête pas aux frontières américaines. Si les Américains consomment moins, les chaînes d'approvisionnement mondiales souffrent. Les fournisseurs européens de composants électroniques, de textiles et de machines-outils voient leurs commandes chuter. La guerre commerciale est un jeu à somme négative : personne ne gagne.

Coulisses d'un sommet sous tension : entre Trump, les manifestants et la police

Le cadre idyllique d'Évian-les-Bains, avec son lac et ses montagnes, contraste avec l'ambiance de siège qui règne autour du sommet. Près de 16 000 policiers, gendarmes, militaires, pompiers et gardes-frontières sont mobilisés pour sécuriser l'événement. Un dispositif exceptionnel, appuyé par des bateaux, des drones et des motos.

Les autorités suisses et françaises ont déployé des moyens massifs pour éviter une répétition du fiasco du G8 de 2003, qui se tenait dans la même station thermale. À l'époque, des groupes violents avaient provoqué émeutes, pillages et affrontements à Genève et à Lausanne.

16 000 policiers et une coalition de manifestants : le G7 en état de siège

Le dispositif de sécurité est directement inspiré de l'expérience des Jeux olympiques de Paris en 2024. Des milliers d'agents sont déployés sur les rives du lac Léman, dans les gares et aux abords de l'Évian Resort. Les forces de l'ordre suisses ont également engagé un important dispositif pour contenir tout débordement à Genève, où des milliers de manifestants de la coalition No-G7 ont défilé. 

Giorgia Meloni au centre de la photo officielle du G7 à Borgo Egnazia, entourée des autres dirigeants, en juin 2024.
Giorgia Meloni au centre de la photo officielle du G7 à Borgo Egnazia, entourée des autres dirigeants, en juin 2024. — (source)

Les affrontements ont déjà commencé. De multiples heurts ont opposé des manifestants à la police à Genève et à Lausanne. Un gendarme de 38 ans, qui participait au dispositif de sécurisation du G7, a été mortellement percuté par un véhicule, selon un porte-parole de la gendarmerie nationale. Le parquet de Thonon-les-Bains a ouvert une enquête.

La coalition No-G7 regroupe des organisations altermondialistes, écologistes et antimilitaristes. Leur mot d'ordre : dénoncer un « club de riches » qui décide du sort du monde sans consulter les peuples. Un message qui résonne particulièrement dans le contexte actuel de crises multiples.

Trump, l'éléphant au milieu du lac : peut-on encore dialoguer avec Washington ?

La présence de Donald Trump est l'éléphant dans la pièce. Le président américain, qui fêtait ses 80 ans dimanche 14 juin, a organisé une soirée de combats de MMA à la Maison-Blanche avec Dana White, patron de l'Ultimate Fighting Championship. Une image qui en dit long sur sa conception de la politique : un show violent entre vainqueurs et perdants.

Les alliés européens sont désemparés. Comment dialoguer avec un leader qui considère les relations internationales comme un ring de boxe ? La chercheuse Liana Fix, citée par L'Express, est catégorique : « Il n'est pas possible de « gérer Trump » comme pendant son premier mandat. » Les leçons apprises entre 2017 et 2021 ne sont plus valables.

Emmanuel Macron cherche pourtant à réduire la fracture. Le président français accueille Trump à Évian avec l'espoir de trouver un terrain d'entente sur l'Ukraine et le commerce. Mais les positions sont si éloignées que certains observateurs parlent déjà d'un sommet de l'impuissance.

Macron, hôte sous pression : les priorités françaises face au chaos

Emmanuel Macron préside son second G7, sept ans après Biarritz. Le contexte n'a rien à voir. En 2019, les tensions commerciales avec les États-Unis existaient déjà, mais la guerre en Ukraine n'avait pas commencé et l'Iran n'était pas en guerre ouverte avec Washington. Aujourd'hui, le président français doit jongler entre son agenda idéaliste et les urgences du moment.

La France a défini six priorités officielles pour ce sommet, disponibles sur le site du ministère des Affaires étrangères. Mais les crises qui dominent l'actualité risquent de reléguer ces objectifs au second plan.

Les six priorités de la France : entre idéalisme et urgence des crises

Les six objectifs de Paris sont ambitieux : résorption des déséquilibres macroéconomiques (concurrence prédatrice, surcapacités industrielles, surendettement), nouveau consensus sur la solidarité internationale, renforcement des chaînes de valeur des minerais critiques, protection de l'enfance en ligne, lutte contre les flux illicites, et lutte contre le cancer (une première comme priorité d'un G7).

Le décalage entre ces objectifs de long terme et les crises du moment est frappant. Comment parler de protection de l'enfance en ligne quand une guerre fait rage au Moyen-Orient ? Comment discuter de solidarité internationale quand les droits de douane de Trump fracturent l'Alliance atlantique ? 

Évian-les-Bains, station thermale de la Haute-Savoie sur les rives du lac Léman, accueille le sommet du G7 en juin 2026

La diplomatie française tente pourtant de maintenir le cap. Emmanuel Macron a déclaré qu'il était « très important » de trouver « des voies et moyens de coopération » sur les dossiers géopolitiques. Mais le temps long des grandes ambitions se heurte au temps court des urgences.

Le grand écart diplomatique d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron est pris entre deux feux. D'un côté, il doit afficher l'unité du bloc occidental face à la Russie et à l'Iran. De l'autre, il doit ménager Donald Trump pour éviter une rupture définitive avec Washington.

Sa stratégie de recentrage est visible depuis plusieurs mois. En février 2026, il s'est rendu en Inde, où New Delhi a approuvé une commande d'une centaine de Rafale. En janvier, à Davos, il a dénoncé « la loi du plus fort » sans citer Trump, mais la cible était évidente.

Le sommet d'Évian est son test personnel de crédibilité internationale. S'il parvient à arracher des compromis sur l'Ukraine, le pétrole et le commerce, il renforcera son statut de leader européen. S'il échoue, le G7 risque de n'être qu'une vitrine médiatique sans substance.

La crise iranienne et l'isolement américain est l'un des dossiers les plus épineux. Les Européens, les Canadiens et les Japonais ne soutiennent pas les frappes américaines contre l'Iran. Ils plaident pour une réouverture rapide du détroit d'Ormuz et un cessez-le-feu. Mais Trump n'a pas l'intention de reculer.

Conclusion : un G7 impuissant ou le dernier rempart de l'ordre mondial ?

Alors que le sommet touche à sa fin, la question centrale demeure : le G7 peut-il encore agir concrètement sur le quotidien des Français, ou n'est-il qu'une façade médiatique ?

Les annonces concrètes sont attendues sur plusieurs fronts. Sur l'énergie, le déblocage des réserves stratégiques devrait être confirmé, avec un volume de 300 à 400 millions de barils. Sur l'Ukraine, une déclaration de soutien renouvelé à Kiev est prévue, même si les divergences avec Trump persistent. Sur le commerce, un appel à la désescalade des droits de douane pourrait être lancé, sans garantie de résultat.

Mais les divisions sont profondes. La guerre en Iran oppose les États-Unis à leurs alliés européens, canadiens et japonais. La guerre commerciale transforme l'Alliance atlantique en champ de bataille. Et l'Ukraine reste un sujet de friction entre Washington et les capitales européennes.

Le G7 est-il impuissant ? La réponse est nuancée. Le club des sept plus grandes démocraties industrielles représente encore 45 % du PIB mondial. Ses décisions sur les réserves stratégiques, les sanctions et les droits de douane ont un impact réel. Mais son unité est fragile, et chaque crise révèle un peu plus ses fractures internes.

Pour les Français, le bilan est mitigé. Le prix de l'essence continuera de fluctuer au gré des tensions au Moyen-Orient. Les smartphones et les baskets resteront chers à cause des droits de douane. Et la sécurité européenne dépendra de la capacité des Européens à prendre le relais des Américains.

Le sommet d'Évian ne résoudra pas tout. Mais il aura au moins montré une chose : dans un monde de plus en plus chaotique, le dialogue entre les grandes puissances reste indispensable. Même quand il est douloureux.

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Questions fréquentes

Pourquoi le G7 d'Évian est-il sous tension ?

Le sommet est marqué par trois crises simultanées : la guerre ouverte entre les États-Unis et l'Iran depuis février 2026, la guerre d'usure en Ukraine, et une guerre commerciale totale entre Washington et l'Europe. Cette concentration de crises est inédite depuis la création du G7 en 1975.

Quel est l'impact du G7 sur le prix de l'essence ?

La fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran a fait flamber le baril de Brent, avec un pic à 126 dollars. Le G7 tente de débloquer 300 à 400 millions de barils des réserves stratégiques pour ralentir la hausse, mais une interruption prolongée pourrait faire repasser le baril au-dessus de 100 dollars.

Pourquoi les smartphones pourraient-ils coûter plus cher ?

Les droits de douane de Donald Trump sur les importations chinoises et européennes renchérissent le coût des composants. Selon Counterpoint Research, les ventes de smartphones ont chuté de 13,9 % en 2026, et les modèles d'entrée de gamme à moins de 150 dollars pourraient disparaître.

Quelle est la position de Zelensky sur l'Ukraine au G7 ?

Volodymyr Zelensky propose un dialogue direct avec Vladimir Poutine sans conditions préalables. Les dirigeants européens soutiennent cette initiative, mais Donald Trump reste ambigu, d'autant que le Pentagone détourne des armes du front ukrainien vers le conflit iranien.

Combien coûte la guerre commerciale aux Français ?

Les droits de douane américains, montés jusqu'à 50 % sur l'acier et 30 % sur toutes les importations européennes, renchérissent les biens technologiques, les vêtements et les véhicules. L'Union européenne a riposté avec des droits sur 21 milliards d'euros de produits américains, ce qui aggrave l'inflation.

Sources

  1. Le Monde - Toute l’actualité en continu · lemonde.fr
  2. internal ·
  3. Guerre en Ukraine : Poutine a appelé Trump pour son anniversaire, un pétrolier russe intercepté dans la Manche · 20minutes.fr
  4. Guerre Russie - Ukraine : l'Afrique deviendra-t-elle l'alliée de Kiev au détriment de Moscou ? - BBC News Afrique · bbc.com
  5. bfmtv.com · bfmtv.com
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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