Le 10 mars 2026, une bombe britannique de 250 kg de la Seconde Guerre mondiale a été découverte près de l'ancienne Carolabrücke à Dresde. Environ 18 000 habitants ont été évacués dans un rayon de 1 000 mètres. C'est la plus grande évacuation de l'histoire de la ville. La neutralisation de l'engin a eu lieu le 11 mars.

L'opération a concerné 18 055 habitants et plusieurs institutions culturelles et de soin. La corrosion du détonateur a imposé une découpe au jet d'eau. Le site de la Carolabrücke cumule les découvertes : 4 bombes y ont été trouvées en 2025, et 17 000 personnes évacuées en août 2025.
En Saxe, le Land paie le danger, le propriétaire paie la recherche
En Saxe, le budget du Land prend en charge les coûts de lutte contre le danger : extraction, transport et destruction des munitions. Le propriétaire supporte les frais de recherches purement préventives.

Le principe de répartition varie selon les Länder. Dans certains, le propriétaire ou maître d'ouvrage, le "Zustandsstörer", supporte tous les coûts de recherche liés à un chantier. La Saxe est plus favorable aux contribuables : l'État y couvre la lutte contre le danger.
Bombes alliées : pourquoi l'État fédéral allemand ne paie pas
En Allemagne, les Länder supportent l'essentiel du coût de neutralisation des bombes alliées de la Seconde Guerre mondiale. L'État fédéral ne répond que des bombes allemandes de l'époque du Reich. Les tentatives d'étendre sa responsabilité à toutes les bombes ont échoué.
Des dizaines de milliers d'engins non explosés, jusqu'à 100 000 tonnes, resteraient enfouis en Allemagne. La plupart des bombes neutralisées sont d'origine alliée et datent de la guerre. La charge financière reste donc structurellement locale.

D'autres découvertes en France sont relatées dans nos archives : Calvados fibre optique : 75 bombes de 250 kg découvertes par des ouvriers à Verson et Alerte bombe Ubisoft : 800 personnes évacuées à Montpellier.
Dresde face à une série récurrente de découvertes
En Saxe, le service de déminage a réalisé 670 interventions en 2021, avec 5 neutralisations et 35 destructions sur place. Les coûts annuels d'évacuation et de destruction des munitions atteignent jusqu'à 6 millions d'euros. Les découvertes ne montrent pas de tendance à la baisse.
Le site de la Carolabrücke montre l'impact cumulé sur la planification urbaine. Après les évacuations de 2025 et celle de mars 2026, la ville doit régulièrement mobiliser les moyens du Land pour un danger hérité de la guerre. Cette charge financière reste structurellement locale, sans fonds fédéral dédié aux bombes alliées, faisant de l'événement de mars 2026 un exemple durable du coût d'héritage urbain de la guerre.