Des policiers observent une altercation lors d'une conférence, où des experts en diabète ont été retirés après avoir distribué des critiques de l'administration Trump.
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Diabète : des chercheurs expulsés par la police pour une critique de Trump

Cinq experts en diabète ont été expulsés par la police d'un congrès à La Nouvelle-Orléans pour avoir distribué un éditorial critiquant les coupes budgétaires de Trump dans la recherche.

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Cinq experts en diabète ont été expulsés par la police du congrès de l'American Diabetes Association (ADA) à La Nouvelle-Orléans, vendredi 5 juin 2026, pour avoir distribué un éditorial critiquant la politique scientifique de l'administration Trump. L'incident, survenu au Ernest N. Morial Convention Center, a vu des chercheurs de renommée mondiale se faire confisquer leurs badges et leurs documents par des agents de la Louisiana State Police. Le directeur du National Institutes of Health (NIH), Jay Bhattacharya, devait prendre la parole juste après l'expulsion, mais a annulé sa venue à la dernière minute, laissant planer un doute sur les pressions politiques exercées sur la communauté scientifique.

Des policiers observent une altercation lors d'une conférence, où des experts en diabète ont été retirés après avoir distribué des critiques de l'administration Trump.
Des policiers observent une altercation lors d'une conférence, où des experts en diabète ont été retirés après avoir distribué des critiques de l'administration Trump. — (source)

Cinq experts en diabète expulsés par la police au congrès de l'ADA

Ce vendredi matin, l'ambiance était électrique au Ernest N. Morial Convention Center de La Nouvelle-Orléans. Des centaines de chercheurs en diabète étaient réunis pour la 86e session scientifique annuelle de l'ADA, le plus grand rassemblement mondial sur la maladie. Mais vers 9 heures, la routine des conférences a cédé la place à une scène que personne n'avait anticipée : des policiers en tenue d'intervention s'approchaient d'un groupe de scientifiques distribuant des documents devant la salle où devait parler le directeur du NIH.

Policiers et badges confisqués : le récit d'une expulsion musclée

Selon les témoignages recueillis par MedPage Today, au moins trois agents de la Louisiana State Police sont intervenus après que l'ADA a demandé leur assistance. Les policiers ont confisqué les badges d'accréditation des chercheurs et saisi les exemplaires de l'éditorial qu'ils distribuaient. Des bousculades ont été rapportées, et l'un des scientifiques, le Dr Steven Kahn, a été informé qu'il serait arrêté s'il remettait les pieds dans le centre des congrès.

Le sergent Ross Brennan, porte-parole de la Louisiana State Police, a confirmé au journal local NOLA.com que l'ADA avait sollicité l'intervention des forces de l'ordre. « Les organisateurs de l'événement nous ont demandé d'escorter ces personnes hors de l'enceinte privée », a-t-il déclaré. Aucune arrestation n'a été effectuée, mais la menace était claire : ne revenez pas.

Les cinq chercheurs concernés sont Steven Kahn (directeur du centre de recherche sur le diabète de l'Université de Washington et rédacteur en chef de Diabetes Care), Aaron Kelly (Université du Minnesota), Desmond Schatz (ancien président de l'ADA), Justin Ryder (Northwestern Medicine) et Irl Hirsch (Université de Washington). Tous sont des sommités dans leur domaine.

Steven Kahn (Diabetes Care) : « On m'a dit que je serais arrêté si je revenais »

Steven Kahn n'est pas un inconnu dans le milieu. Rédacteur en chef de Diabetes Care, la revue phare de l'ADA, il est aussi le premier auteur de l'éditorial qui a déclenché l'incident. Dans une interview au Seattle Times, il raconte avoir été abordé par un agent de sécurité puis par les policiers. « On m'a dit que si je remettais un pied dans le centre des congrès, je serais arrêté », confie-t-il. « J'étais prêt à être arrêté. »

Kahn et ses collègues avaient déjà été escortés une première fois vers la sortie. Mais ils sont revenus quelques minutes plus tard, déterminés à continuer de distribuer leur éditorial. « Nous ne faisions rien d'illégal. Nous partagions un article publié dans notre propre revue scientifique », insiste-t-il. Le contraste est saisissant : un chercheur de cette stature, rédacteur en chef de la publication officielle de l'ADA, traité comme un fauteur de trouble par l'organisation même qu'il sert.

Le directeur du NIH, Jay Bhattacharya, annule sa venue in extremis

L'élément le plus troublant de cette affaire est sans doute l'annulation de dernière minute de la conférence du Dr Jay Bhattacharya, directeur du NIH. Selon le New York Times, Bhattacharya devait prendre la parole juste après l'expulsion des chercheurs, dans la même salle. Il s'est désisté sans explication officielle.

Cette annulation soulève des questions brûlantes. Bhattacharya, nommé par Donald Trump à la tête du NIH en 2025, est lui-même une figure controversée. Connu pour son rôle dans la déclaration de Great Barrington pendant la pandémie de Covid-19 — un texte qui prônait une approche d'« immunité naturelle » — il est perçu par la communauté scientifique comme un symbole de la politisation de la science. A-t-il reculé par crainte de devoir affronter des chercheurs critiques envers l'administration qu'il sert ? Ou son absence a-t-elle été coordonnée avec la Maison-Blanche pour éviter une confrontation médiatique ?

Le président Donald Trump et Tracey Brown lors d'une annonce sur les économies d'insuline pour les seniors, en mai 2020.
Le président Donald Trump et Tracey Brown lors d'une annonce sur les économies d'insuline pour les seniors, en mai 2020. — The White House from Washington, DC / Public domain / (source)

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« Misguided Brushes of a Pen » : l'éditorial qui a provoqué l'expulsion

Pour comprendre l'incident, il faut lire le texte qui a mis le feu aux poudres. L'éditorial, publié fin avril 2026 dans Diabetes Care, s'intitule « Misguided Brushes of a Pen Continue to Dismantle and Destroy Biomedical Research in the United States: We Can No Longer Afford Complacency and Fear. We Must All Act Now! » — soit « Les coups de plume malavisés continuent de démanteler et détruire la recherche biomédicale aux États-Unis : nous ne pouvons plus nous permettre la complaisance et la peur. Nous devons tous agir maintenant ! »

Un appel à l'action contre le démantèlement des NIH

Le titre est sans ambiguïté. Les mots « Détruire », « Peur », « Agir » ne laissent aucun doute sur le ton du document. L'éditorial dénonce les coupes budgétaires massives imposées par l'administration Trump dans la recherche biomédicale, en particulier au NIH. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025, le budget du NIH a subi des réductions historiques, avec des gels de projets de recherche, des suppressions de bourses doctorales et des licenciements dans les instituts fédéraux.

Les auteurs de l'éditorial ne mâchent pas leurs mots. Ils décrivent une situation où « des décisions prises par des bureaucrates sans formation scientifique détruisent des décennies de progrès ». Le texte appelle les chercheurs à sortir de leur silence et à s'engager publiquement contre ces politiques. « Nous ne pouvons plus nous cacher derrière nos paillasses », écrivent-ils.

Une revue scientifique officielle… désavouée par sa propre institution

C'est là que le bât blesse. Diabetes Care est la revue officielle de l'ADA. Pourtant, la direction de l'association a fait insérer un encart dans l'éditorial précisant que l'ADA « n'a rien à voir avec le contenu de cet éditorial ». Une tentative de distanciation qui en dit long sur les tensions internes.

Selon Bloomberg, l'ADA aurait cédé à des pressions pour ne pas heurter l'administration Trump. L'association, qui dépend en partie de financements fédéraux pour ses programmes de recherche, aurait choisi de sacrifier la liberté d'expression de ses propres experts plutôt que de risquer des représailles politiques. Ce désaveu public a choqué la communauté scientifique : comment une société savante peut-elle renier son propre journal ?

Les conséquences concrètes des coupes : moins de recherches, plus de diabète

L'éditorial ne se contente pas de dénoncer. Il donne des chiffres précis. Les réductions de budget du NIH ont déjà entraîné l'arrêt de plusieurs essais cliniques sur le diabète de type 1, une maladie qui touche 1,6 million d'Américains. Des projets de recherche sur les nouvelles insulines, les pancréas artificiels et les thérapies géniques ont été gelés. Des centaines de jeunes chercheurs ont perdu leurs bourses, privant la recherche de talents prometteurs.

Pour les patients, les conséquences sont directes : moins de recherches signifie moins de traitements innovants, moins d'essais cliniques, et à terme, une aggravation de l'épidémie de diabète qui touche déjà plus de 37 millions d'Américains. Comme le rappelle le Dr Desmond Schatz, ancien président de l'ADA, dans MedPage Today : « Ce n'est pas de la politique. C'est une question de vie ou de mort pour des millions de personnes. »

« Un congrès privé dans un lieu public » : le piège juridique de La Nouvelle-Orléans

L'incident soulève une question juridique fondamentale : comment des policiers ont-ils pu expulser des citoyens distribuant un document protégé par le Premier Amendement ? La réponse tient dans une distinction subtile mais cruciale entre lieu public et événement privé.

Police d'État ou service d'ordre privé ? La frontière floue

Le Ernest N. Morial Convention Center est un bâtiment public, propriété de la ville de La Nouvelle-Orléans. Mais le congrès de l'ADA est un événement privé, organisé par une association. La Louisiana State Police était présente dans le cadre d'un contrat de sécurité privée passé avec l'ADA. Lorsque l'association a demandé l'expulsion des chercheurs, la police a obéi aux instructions de son client.

Le sergent Ross Brennan l'a confirmé à NOLA.com : « Nous étions présents pour assurer la sécurité de l'événement. Les organisateurs ont le droit de décider qui peut rester et qui doit partir. » Le Premier Amendement, qui protège la liberté d'expression, ne s'applique pas dans un espace privé si le propriétaire s'y oppose. Les chercheurs étaient donc juridiquement à la merci de la décision de l'ADA.

L'ADA a-t-elle cédé à la pression politique ?

La question qui taraude les observateurs est simple : pourquoi l'ADA a-t-elle pris une décision aussi radicale ? Expulser par la force des experts de premier plan, dont l'un est le rédacteur en chef de sa propre revue, n'est pas anodin.

L'ADA a publié un communiqué cité par NOLA.com dans lequel elle explique avoir « demandé aux forces de l'ordre de raccompagner les participants qui perturbaient le déroulement de la conférence ». Mais cette version des faits est contestée par les chercheurs, qui affirmaient distribuer leurs documents calmement, sans perturber les sessions.

Plusieurs sources, dont MedPage Today, suggèrent que l'ADA a agi sous la pression de l'administration Trump. Les menaces de la Maison-Blanche contre les universités et les sociétés savantes sont bien documentées. En mai 2026, l'administration Trump a déposé une plainte fédérale contre l'UCLA, réclamant 1,2 milliard de dollars pour avoir toléré des manifestations pro-palestiniennes. Les associations scientifiques ont tout à craindre de ce précédent.

Un dangereux précédent pour la liberté académique

Ce qui s'est passé à La Nouvelle-Orléans crée un précédent inquiétant. Si un congrès scientifique peut devenir une zone de non-droit pour le débat d'idées dès lors qu'il s'agit d'un « événement privé », alors n'importe quelle conférence critique envers le gouvernement peut être réduite au silence.

Imaginez : un symposium sur les conséquences sanitaires des coupes budgétaires, une table ronde sur l'impact environnemental d'une politique, une session sur les inégalités sociales créées par une réforme fiscale. Tout cela pourrait être interdit si l'organisation hôte craint des représailles. L'effet de gel est immédiat : qui osera encore organiser un débat sur les conséquences d'une politique publique si cela peut attirer les foudres du pouvoir ?

Dietary Guidelines, NIH et liberté académique : la santé américaine dans la tourmente

L'incident de l'ADA n'est pas un fait isolé. Il s'inscrit dans une tendance plus large de mise au pas de la science par l'administration Trump. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder ce qui se passe du côté des recommandations alimentaires fédérales.

La pyramide alimentaire mise à l'envers par Kennedy

Le 5 juin 2026, jour même de l'expulsion des chercheurs, l'administration Trump a publié les nouvelles Dietary Guidelines for Americans, ces recommandations alimentaires qui influencent les menus des cantines scolaires, les conseils des médecins et les politiques nutritionnelles du pays. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le Secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a fait fort.

Conférence médicale lors d'un congrès de la Fédération Internationale du Diabète.
Conférence médicale lors d'un congrès de la Fédération Internationale du Diabète. — (source)

Lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, Kennedy a littéralement retourné la traditionnelle pyramide alimentaire, comme le rapporte PBS. Les protéines et les produits laitiers, qui se trouvaient au sommet (à consommer avec modération), sont désormais à la base. Les céréales complètes, recommandées en abondance depuis des décennies, sont reléguées tout en haut. Le message est clair : mangez plus de viande et de fromage, moins de pain et de pâtes.

Les nouvelles recommandations incluent trois portions de produits laitiers par jour, dont du lait entier plutôt qu'écrémé, une réduction drastique des sucres ajoutés (interdits aux enfants de moins de 10 ans), et surtout, la suppression de la limitation de l'alcool, une décision vivement critiquée par les nutritionnistes. Lindsey Smith Taillie, épidémiologiste nutritionnelle à l'Université de Caroline du Nord, a déclaré à PBS que si l'accent mis sur les aliments « réels » est louable, ces recommandations « reflètent davantage les intérêts de l'industrie agroalimentaire que les données scientifiques ».

Jay Bhattacharya, le symbole de la science politisée

Le profil de Jay Bhattacharya, le directeur du NIH qui a annulé sa venue à la conférence de l'ADA, illustre parfaitement cette politisation. Économiste de formation et non médecin, Bhattacharya s'est fait connaître pendant la pandémie de Covid-19 en cosignant la déclaration de Great Barrington, un texte qui prônait une stratégie de « protection ciblée » des personnes vulnérables plutôt que des confinements généralisés. Cette position, largement critiquée par la communauté scientifique, lui a valu d'être nommé à la tête du NIH par Donald Trump en 2025.

Sa nomination a été perçue comme un signal fort : l'administration Trump voulait une science qui serve ses objectifs politiques, pas l'inverse. L'annulation de sa venue à la conférence de l'ADA, juste après l'expulsion des chercheurs critiques, suggère soit une coordination avec la Maison-Blanche, soit une peur d'être associé à la contestation. Dans les deux cas, le message est désastreux pour l'indépendance de la science.

« We Must All Act Now » : l'urgence d'une communauté à bout

L'appel de l'éditorial à « agir maintenant » résonne comme un cri d'alarme. Les chercheurs américains en 2026 sont à bout. Les coupes budgétaires, l'ingérence politique, les menaces sur l'expertise créent un climat de peur et de découragement. Beaucoup choisissent le silence pour protéger leurs carrières. D'autres, comme les cinq chercheurs expulsés, décident de se battre.

Mais le prix à payer est lourd. Comme le rappelle l'affaire de l'UCLA, où l'administration Trump a déposé une plainte fédérale de 1,2 milliard de dollars, les représailles peuvent être économiquement dévastatrices. Les universités et les sociétés savantes sont désormais confrontées à un choix cornélien : défendre la liberté académique au risque de perdre des financements, ou se soumettre et perdre leur crédibilité.

Société Francophone du Diabète et climat hexagonal : pourquoi la France est concernée

On pourrait penser que cette affaire ne concerne que les États-Unis. Ce serait une erreur. La France, avec ses propres fragilités dans le débat scientifique, n'est pas à l'abri de dérives similaires.

Les sociétés savantes françaises face à un incident inédit

La Société Francophone du Diabète (SFD) et la Fédération Française des Diabétiques (FFD) n'ont pas encore réagi officiellement à l'incident de La Nouvelle-Orléans. Mais les réseaux sociaux s'enflamment. Plusieurs chercheurs français ont exprimé leur soutien à leurs collègues américains, dénonçant une « atteinte grave à la liberté académique ».

La question qui se pose est de savoir si les organisations françaises prendront position publiquement. Le feront-elles par solidarité, au risque de froisser des partenaires internationaux ou des financeurs ? Ou adopteront-elles une prudente réserve, comme l'a fait l'ADA ? Le précédent est inquiétant : si la plus grande association mondiale sur le diabète a cédé à la pression, comment les plus petites structures françaises pourraient-elles résister ?

Climat, santé, OGM : la science française sous pression politique

La France n'est pas un îlot de sérénité scientifique. Les exemples de pressions politiques ou militantes sur les conférences et les chercheurs sont nombreux. Pendant la pandémie de Covid-19, des experts en santé publique ont été pris pour cible, leurs propos déformés, leurs conférences perturbées. Les débats sur le glyphosate ont vu des chercheurs pro et anti-pesticides s'affronter dans des conditions parfois houleuses. Les conférences sur le changement climatique sont régulièrement le théâtre de tensions entre scientifiques et militants.

Plus récemment, les discussions sur les nouveaux OGM (les « nouvelles techniques génomiques ») ont divisé la communauté scientifique française, avec des pressions exercées sur les chercheurs pour qu'ils prennent position. Le climat n'est pas aussi explosif qu'aux États-Unis, mais les ingrédients sont les mêmes : polarisation, défiance envers les experts, et tentation de réduire au silence ceux qui dérangent.

Le modèle français de protection de la recherche est-il un rempart suffisant ?

La France dispose de garanties juridiques et institutionnelles que les États-Unis n'ont pas. Les chercheurs du CNRS, de l'INSERM ou des universités sont des fonctionnaires, protégés par un statut qui rend leur licenciement extrêmement difficile. Ils peuvent théoriquement critiquer les politiques publiques sans craindre pour leur emploi.

Mais cette protection est-elle suffisante ? Les pressions peuvent prendre d'autres formes : réduction des budgets d'équipe, refus de promotion, isolement professionnel. Et surtout, les jeunes chercheurs en contrat précaire (doctorants, post-doctorants) sont beaucoup plus vulnérables. Le modèle français n'est pas un bouclier magique. Il offre une base de protection, mais ne garantit pas que le débat scientifique reste libre et ouvert.

Quand la science se tait, les patients paient : la confiance en jeu

En définitive, l'incident de La Nouvelle-Orléans dépasse largement le cadre d'une simple anecdote politique américaine. Il touche au cœur de la relation de confiance entre la science et la société.

Diabétiques et désinformation : les conséquences concrètes de l'incident

Si les experts en diabète sont traités comme des militants et que leurs critiques des politiques de santé sont étouffées par la force publique, alors l'information sur la maladie devient suspecte. Les patients diabétiques, qui dépendent des avancées scientifiques pour leur survie, risquent de ne plus savoir à qui se fier.

Le terrain est déjà fertile pour les fake news : traitements miracles, régimes dangereux, théories du complot sur les laboratoires pharmaceutiques. Si la parole des véritables experts est discréditée ou réduite au silence, ce sont les charlatans qui en profitent. Les conséquences peuvent être tragiques : arrêt des traitements, recours à des remèdes non validés, aggravation de la maladie.

Protéger le débat scientifique pour protéger la santé publique

La liberté de critiquer les politiques de santé n'est pas une question politique partisane. C'est une condition de l'efficacité des soins. Un chercheur qui dénonce des coupes budgétaires dans la recherche sur le diabète ne fait pas de politique : il fait son métier. Il alerte sur les conséquences sanitaires de décisions qui, sans son expertise, pourraient passer inaperçues.

L'incident de l'ADA rappelle une vérité fondamentale : la science n'est pas une opinion. Elle repose sur des faits, des données, des preuves. La réduire au silence, c'est priver la société de son meilleur outil pour faire face aux défis sanitaires. Et si, demain, c'était un chercheur français sur le diabète qui était réduit au silence ? La question mérite d'être posée, car les précédents existent, et les pressions ne font que s'intensifier.

En fragilisant la confiance dans les institutions scientifiques, ce sont les patients, notamment diabétiques, qui sont les premières victimes. L'appel de l'éditorial — « We Must All Act Now » — n'est pas un slogan. C'est une urgence.

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Questions fréquentes

Pourquoi des chercheurs en diabète ont-ils été expulsés par la police ?

Cinq experts en diabète ont été expulsés du congrès de l'American Diabetes Association à La Nouvelle-Orléans pour avoir distribué un éditorial critiquant la politique scientifique de l'administration Trump. L'association a demandé l'intervention de la police d'État, qui a confisqué leurs badges et leurs documents.

Quel éditorial a provoqué l'expulsion des chercheurs ?

L'éditorial s'intitule « Misguided Brushes of a Pen Continue to Dismantle and Destroy Biomedical Research in the United States ». Publié dans la revue Diabetes Care, il dénonce les coupes budgétaires de l'administration Trump au NIH et appelle les chercheurs à agir publiquement.

Qui est Jay Bhattacharya et pourquoi a-t-il annulé sa venue ?

Jay Bhattacharya est le directeur du NIH, nommé par Donald Trump. Il devait prendre la parole juste après l'expulsion des chercheurs mais a annulé sa venue sans explication officielle, soulevant des doutes sur des pressions politiques ou une crainte de confrontation médiatique.

Quelles sont les conséquences des coupes budgétaires du NIH sur le diabète ?

Les réductions de budget ont entraîné l'arrêt d'essais cliniques sur le diabète de type 1, le gel de projets sur les nouvelles insulines et les thérapies géniques, ainsi que la perte de bourses pour des centaines de jeunes chercheurs. Cela prive les 37 millions de patients américains de traitements innovants.

L'expulsion des chercheurs est-elle légale au regard du Premier Amendement ?

Oui, car le congrès de l'ADA était un événement privé dans un lieu public. Le Premier Amendement ne s'applique pas dans un espace privé si le propriétaire s'y oppose. La police était présente dans le cadre d'un contrat de sécurité privée et a obéi aux instructions de l'association.

Sources

  1. L’administration Trump lance des enquêtes sur les primaires de Californie pour de supposées fraudes électorales · lemonde.fr
  2. bloomberg.com · bloomberg.com
  3. La police de l’immigration sommée de se démasquer dans l’Etat de New York · lemonde.fr
  4. medpagetoday.com · medpagetoday.com
  5. nola.com · nola.com
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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