À un mois du coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026, l’Iran vit une situation inédite dans l’histoire du sport moderne. L’équipe nationale, qualifiée sportivement depuis mars 2025, n’a reçu aucun visa américain pour entrer sur le territoire qui co-organise le tournoi avec le Canada et le Mexique. Coincée entre une guerre déclenchée fin février 2026 et une administration américaine hostile, la sélection iranienne a trouvé une solution de repli : la Turquie. C’est depuis Antalya, sur la côte méditerranéenne, que les hommes d’Amir Ghalenoei tentent de préparer un Mondial dont la participation reste suspendue à une réunion décisive avec la FIFA et au bon vouloir de la Maison-Blanche.

Visa bloqué, stage en Turquie : la Coupe du monde 2026 de l’Iran commence dans le chaos
Le 14 mai 2026, à 28 jours du match d’ouverture du Mondial, le président de la Fédération iranienne de football pose une bombe médiatique. Mehdi Taj déclare à l’agence Irna qu’aucun visa américain n’a été délivré aux joueurs, au staff ou aux accompagnateurs de la Team Melli. La déclaration, reprise en boucle par les médias internationaux, jette une lumière crue sur le paradoxe d’une compétition censée unir les peuples mais qui se heurte aux réalités les plus dures de la géopolitique.
« Aucun visa n’a été délivré » : l’Iran retenu à la porte des États-Unis à J-28 du Mondial
Les mots de Mehdi Taj sont sans ambiguïté. « Nous n’avons reçu aucun compte rendu de l’autre partie concernant les personnes ayant obtenu des visas. Aucun visa n’a encore été délivré », a-t-il affirmé, cité par RMC Sport. La déclaration intervient alors que toutes les autres nations qualifiées ont déjà bouclé leurs formalités administratives et planifient leur arrivée sur le sol américain. Pour l’Iran, chaque jour qui passe réduit un peu plus la fenêtre de tir.
Le président de la fédération a annoncé qu’une réunion décisive avec Gianni Infantino, le patron de la FIFA, était prévue dans les 48 heures. « Elle doit nous fournir des garanties, car le problème des visas n’est toujours pas réglé », a-t-il insisté. La FIFA, de son côté, maintient une position ferme : l’Iran disputera le tournoi comme prévu. Mais entre les promesses de l’instance et la réalité administrative américaine, le fossé se creuse chaque jour.
Les joueurs iraniens doivent se rendre à Ankara, la capitale turque, pour une prise d’empreintes digitales obligatoire dans le cadre de la procédure de visa. Un déplacement de 450 kilomètres depuis leur camp de base d’Antalya, qui transforme la préparation sportive en parcours du combattant bureaucratique. Le chronomètre tourne, et l’issue reste incertaine.
Le 28 février 2026, l’opération « Epic Fury » brise la trêve sportive
Pour comprendre l’ampleur du blocage, il faut revenir à l’élément déclencheur. Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël lancent l’opération « Epic Fury », une campagne de frappes massives contre l’Iran. Selon les données de Britannica, près de 900 frappes sont menées en seulement douze heures. Le guide suprême Ali Khamenei est tué dans la première vague, un événement qui plonge la République islamique dans une crise de succession sans précédent.
La riposte iranienne ne se fait pas attendre. Des missiles et des drones visent les bases américaines au Moyen-Orient, tandis que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est perturbé pendant plusieurs semaines. Le conflit, qui fait suite à une escalade nucléaire et à l’effondrement définitif du JCPOA, trouve un cessez-le-feu précaire les 7 et 8 avril, négocié par l’entremise du Pakistan.
Mais les dégâts diplomatiques sont irréversibles. Les relations entre Téhéran et Washington, déjà rompues depuis 1980 et la crise des otages de l’ambassade américaine, tombent à un point historiquement bas. Dans ce contexte, la participation de l’Iran à un tournoi organisé sur le sol américain devient un enjeu politique majeur. Andrew Giuliani, responsable de la préparation de la Coupe du monde à la Maison-Blanche, avait déjà prévenu début mars : « We’ll deal with soccer games tomorrow », rapportait Goal.com. Une phrase qui en dit long sur les priorités de l’administration Trump.
La réunion décisive avec Infantino : entre promesses de la FIFA et silence de la Maison-Blanche
Le triangle diplomatique qui se dessine est d’une complexité rare. D’un côté, Gianni Infantino réaffirme que l’Iran jouera sa Coupe du monde, invoquant le principe d’universalité qui régit la FIFA. De l’autre, l’administration américaine ne délivre aucun visa et laisse planer le doute sur la participation iranienne. Entre les deux, la fédération iranienne doit fournir des garanties qu’elle n’est pas en mesure de donner.

Mehdi Taj a résumé la situation avec une franchise désarmante : « Nous n’avons rien à voir avec l’Amérique. Nous nous sommes qualifiés pour la Coupe du monde et c’est à la FIFA qu’il revient de l’organiser. » Une position logique sur le plan sportif, mais qui ignore la réalité politique : la FIFA n’a aucun pouvoir pour contraindre les États-Unis à délivrer des visas.
La réunion avec Infantino, prévue dans les jours suivant la déclaration du 14 mai, est présentée comme décisive. Mais personne n’ose prédire l’issue. La Coupe du monde, censée être un moment d’union et de célébration, devient le théâtre d’une tension géopolitique brute. L’Iran, qualifié sportivement, se retrouve otage d’un conflit qui le dépasse.
Pourquoi la Turquie est devenue le camp de base du Mondial 2026 pour l’Iran
Face à l’impasse américaine, l’Iran a choisi la Turquie comme camp de base provisoire. Un choix qui peut surprendre, tant les relations entre les deux pays sont historiquement complexes. Pourtant, sur le plan logistique, la décision est parfaitement rationnelle.
Antalya, un refuge déjà connu : pourquoi l’Iran a choisi la côte turque
La station balnéaire d’Antalya, sur la côte méditerranéenne turque, n’est pas une destination inconnue pour la sélection iranienne. Selon les informations d’Al-Monitor, l’équipe y avait déjà effectué un stage en mars 2026, avant même l’escalade du conflit. Les installations sportives y sont de qualité, le climat méditerranéen est clément, et la proximité géographique avec l’Iran facilite la logistique.
Mais le choix de la Turquie est aussi politique. La Turquie, pays musulman sunnite membre de l’OTAN, entretient des relations diplomatiques complexes avec Téhéran. Officiellement neutre dans le conflit américano-iranien, Ankara joue un rôle de médiateur pragmatique. Recevoir l’équipe iranienne sur son sol ne constitue pas une prise de position, mais une simple opération commerciale et diplomatique.
Le climat d’Antalya présente un autre avantage : il permet de simuler les conditions que les Iraniens rencontreront à Tucson, en Arizona, leur camp de base officiel aux États-Unis. Les températures élevées et l’air sec du désert sont proches de ceux de la côte turque en cette saison. Un détail qui compte quand on prépare un tournoi dans des conditions aussi chaotiques.
Prise d’empreintes à Ankara, entraînement sans filet : le quotidien absurde du stage
Le quotidien des joueurs iraniens à Antalya a quelque chose de surréaliste. Chaque matin, ils s’entraînent sur des pelouses impeccables sous le soleil méditerranéen. Mais l’ombre de l’administration américaine plane sur chaque exercice. Les joueurs doivent régulièrement faire le trajet jusqu’à Ankara, à 450 kilomètres de là, pour effectuer les formalités biométriques liées à leur demande de visa.
Le Figaro et Al-Monitor décrivent des allers-retours épuisants, qui perturbent la préparation physique et mentale de l’équipe. La fédération iranienne tente d’éviter ces déplacements en négociant des procédures accélérées, mais sans succès pour l’instant. Les joueurs vivent dans l’incertitude : partiront-ils vraiment pour les États-Unis ? Leurs visas seront-ils délivrés à temps ? Personne ne peut répondre à ces questions.
Pendant ce temps, à Téhéran, une cérémonie d’adieu a été organisée sur la place Enghelab. Des milliers d’Iraniens sont venus encourager une dernière fois leur équipe nationale, brandissant des pancartes où l’on pouvait lire : « Pour le sang des martyrs, chantez l’hymne national avec fermeté et sans hésitation. » Un mélange de ferveur patriotique et de tension politique qui résume à lui seul l’atmosphère du pays.
Gambie, le sparring-partner parfait avant l’Arizona ?
Un match amical est confirmé pour le 29 mai : l’Iran affrontera la Gambie à Antalya. Le choix de cet adversaire n’est pas anodin. La Gambie, nation africaine en plein essor footballistique, s’est qualifiée pour la première fois de son histoire à la Coupe d’Afrique des Nations en 2022. Son style de jeu physique et rapide offre un test intéressant pour la défense iranienne.
Mais au-delà de l’aspect sportif, ce match pose une question logique : comment l’Iran peut-il simuler les conditions de l’Arizona depuis la côte turque ? Les deux environnements sont radicalement différents. Antalya offre une douceur méditerranéenne, tandis que Tucson, en plein désert de Sonora, connaît des températures dépassant les 40 degrés en juin. L’acclimatation risque d’être brutale si les visas arrivent au dernier moment.
La fédération iranienne espère organiser un second match amical, mais les plans restent flous. L’incertitude autour des visas paralyse toute planification à long terme. Les joueurs s’entraînent sans savoir quand, ni même si, ils pourront mettre le pied sur le sol américain.
Azmoun exclu, Taremi sous pression : le vestiaire iranien à l’épreuve de la guerre
Les tensions ne sont pas seulement extérieures. Le vestiaire iranien est lui-même traversé par des fractures politiques qui menacent la cohésion du groupe. La décision d’exclure Sardar Azmoun, le meilleur buteur de l’histoire récente de la sélection, a créé un séisme sportif et humain.
La photo Instagram qui a coûté sa place au meilleur buteur iranien
Le 21 mars 2026, The Guardian révèle une information qui secoue le football iranien. Sardar Azmoun, 57 buts en 91 sélections, est exclu de l’équipe nationale. Son crime ? Avoir posté une photo Instagram avec le souverain de Dubaï, Mohammed bin Rashid Al Maktoum, au moment même où l’Iran attaquait les Émirats arabes unis avec des missiles.
L’accusation de « déloyauté » envers le gouvernement iranien, rapportée par l’agence Fars News (proche des Gardiens de la Révolution), est sans appel. Azmoun, qui joue à Shabab Al Ahli aux Émirats, se retrouve banni du groupe à quelques semaines du Mondial. Une décision qui interroge sur la place de la politique dans le sport iranien.
Le joueur, formé au Rubin Kazan et passé par le Bayer Leverkusen, l’AS Rome et l’Atlético Madrid, était considéré comme l’un des meilleurs attaquants asiatiques de sa génération. Sa vitesse, sa technique et son sens du but faisaient de lui un élément clé du dispositif d’Amir Ghalenoei. Son absence laisse un vide immense dans l’attaque iranienne.
Mehdi Taremi, héritier d’un vestiaire en sursis
Avec Azmoun écarté, le poids de l’attaque repose désormais sur les épaules de Mehdi Taremi. Le capitaine iranien, qui évolue à l’Olympiacos après un passage remarqué au FC Porto, est un leader naturel. Mais la pression qui pèse sur lui est immense.
Sports Illustrated dresse le portrait d’un entraîneur pragmatique, Amir Ghalenoei, qui mise avant tout sur la discipline. L’ancien sélectionneur, connu pour son autorité, a choisi de ne pas contester la décision politique d’exclure Azmoun. Une position qui pourrait créer des tensions avec les joueurs évoluant en Europe, habitués à une plus grande liberté d’expression.
Le vestiaire iranien est un mélange complexe de stars internationales (Taremi, Saman Ghoddos du Brentford, Alireza Jahanbakhsh du Feyenoord) et de joueurs locaux, plus proches du régime. Maintenir la cohésion d’un groupe où la politique intervient directement dans les choix sportifs relève du défi. La guerre avec les États-Unis et l’incertitude autour des visas n’arrangent rien.
L’âge moyen de l’équipe, 30,9 ans selon Sports Illustrated, en fait l’une des plus vieilles du tournoi. L’expérience est un atout, mais la fraîcheur physique pourrait manquer dans les moments décisifs. Sans Azmoun pour dynamiter les défenses, l’Iran devra compter sur la vista de Taremi et la solidité de son bloc défensif.
Groupe G, amical contre la Gambie, camp à Antalya : la préparation hors-norme du Mondial 2026
Malgré le chaos ambiant, il faut bien préparer le tournoi. Le programme de l’Iran pour les semaines à venir est un exercice d’équilibriste entre logistique et incertitude.
Tucson, Arizona : un camp de base sous très haute surveillance
Le Figaro confirme que le camp de base officiel de l’Iran est à Tucson, en Arizona. Une ville située en plein désert, à plus de 700 mètres d’altitude, où les températures estivales dépassent régulièrement les 40 degrés. L’environnement est radicalement différent de la douceur méditerranéenne d’Antalya.
Mais au-delà des conditions climatiques, c’est l’isolement qui frappe. Tucson ne compte qu’une petite communauté iranienne, contrairement à Los Angeles ou New York où la diaspora est nombreuse et organisée. Les joueurs risquent de se retrouver coupés de tout soutien populaire, dans un environnement potentiellement hostile.
La sécurité sera également un enjeu majeur. Après les frappes de février et la guerre qui a suivi, les autorités américaines considèrent l’équipe iranienne comme une cible potentielle. Le camp de base sera placé sous très haute surveillance, avec des mesures de protection qui pourraient compliquer les déplacements et les entraînements.
L’acclimatation, elle, sera un défi de taille. Passer de la douceur d’Antalya à la fournaise de Tucson en quelques jours seulement risque de peser sur les organismes. Les préparateurs physiques iraniens ont prévu un programme spécifique, mais rien ne remplace le temps d’adaptation.
Belgique, Égypte, Nouvelle-Zélande : l’Iran peut-il créer l’exploit sportif ?
Le Groupe G dans lequel l’Iran est tombé est l’un des plus relevés du tournoi. La Belgique, demi-finaliste en 2018 et quart-de-finaliste en 2022, fait figure d’ogre. Les Diables Rouges, emmenés par Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku, visent clairement le titre. Le match contre l’Iran, prévu le 15 juin au SoFi Stadium de Los Angeles, s’annonce comme un test grandeur nature.
L’Égypte, de son côté, cherche une revanche après ses éliminations frustrantes face à l’Iran lors des Coupes du monde précédentes. Les Pharaons, portés par leur star Mohamed Salah, ont une équipe solide et expérimentée. Le match à Seattle pourrait être décisif pour la qualification.
La Nouvelle-Zélande, enfin, est l’inconnue du groupe. Les All Whites, qualifiés via le tournoi océanien, ont peu d’expérience au plus haut niveau. Mais leur style de jeu physique et leur combativité pourraient surprendre. Le premier match de l’Iran, justement contre la Nouvelle-Zélande à Los Angeles, sera crucial pour lancer la compétition.
L’objectif de sortir des poules, jamais réussi par l’Iran en cinq participations (1978, 1998, 2006, 2014, 2022), semble compromis par le chaos actuel. Mais le football a souvent réservé des surprises. Une équipe soudée par l’adversité peut parfois transcender ses limites.
De 1938 à 2026 : quand la guerre et la politique réécrivent l’histoire de la Coupe du monde
La situation de l’Iran n’est pas un cas isolé dans l’histoire du football. À plusieurs reprises, des nations ont été exclues de grandes compétitions pour des raisons politiques ou militaires. Ces précédents historiques offrent une perspective utile pour comprendre l’ampleur de la crise actuelle.
1938, 1950 : l’Autriche, l’Allemagne et le Japon exclus par la guerre
L’Autriche est le premier cas notable. Qualifiée pour le Mondial 1938 en France, l’équipe nationale est contrainte de déclarer forfait après l’Anschluss, l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie en mars 1938. Les joueurs autrichiens, pour certains, sont intégrés à la sélection allemande, mais l’identité footballistique du pays disparaît.
La même année, l’Espagne est interdite de participation par la FIFA en raison de la guerre civile qui ravage le pays. Une décision politique qui prive la Roja d’une génération talentueuse, quelques années seulement avant que le football espagnol ne connaisse son âge d’or.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon sont suspendus de la FIFA et exclus du Mondial 1950 au Brésil. Une sanction logique pour des pays vaincus, mais qui montre à quel point le football est tributaire des rapports de force internationaux.
1992-2022 : de la Yougoslavie à la Russie, l’engrenage de l’exclusion politique moderne
Les cas plus récents sont encore plus parlants. La Yougoslavie, qualifiée pour l’Euro 1992, est exclue par résolution de l’ONU en raison des guerres yougoslaves. Le Danemark, repêché in extremis, remporte le tournoi dans l’un des plus grands exploits de l’histoire du football. Un précédent qui donne des idées à ceux qui, aujourd’hui, voudraient voir l’Italie remplacer l’Iran.
La Yougoslavie est également exclue des qualifications pour le Mondial 1994, une sanction qui dure plusieurs années et qui fragilise durablement le football dans les Balkans.
Plus récemment, la Russie a été suspendue de toutes les compétitions FIFA en 2022 après l’invasion de l’Ukraine. Une décision sans précédent pour une nation de cette envergure, qui a privé les joueurs russes de compétitions internationales pendant plusieurs années.
Ces précédents posent une question centrale : pourquoi l’Iran n’est-il pas exclu de la même manière ? La réponse est multiple. D’abord, la guerre entre l’Iran et les États-Unis est officiellement « gelée » par un cessez-le-feu depuis le 8 avril. Ensuite, la FIFA, sous la présidence de Gianni Infantino, a fait le choix de maintenir l’Iran dans le tournoi, estimant que la sanction ne se justifiait pas. Enfin, les États-Unis, en tant que pays hôte, n’ont pas demandé officiellement l’exclusion de l’Iran, préférant utiliser le levier des visas pour bloquer la participation.
Remplacer l’Iran par l’Italie ? La proposition qui menace l’intégrité du Mondial 2026
Le dernier acte politique de cette saga est peut-être le plus surprenant. Le 23 avril 2026, Paolo Zampolli, un proche conseiller de Donald Trump, annonce avoir proposé au président américain de remplacer l’Iran par l’Italie dans le tournoi. Une proposition qui, si elle était suivie d’effet, créerait un précédent dangereux.
Paolo Zampolli, l’émissaire de Donald Trump qui veut offrir le Mondial à l’Italie
Paolo Zampolli n’est pas un diplomate classique. Ancien agent de mannequins de 56 ans, cet Italo-Américain est devenu l’un des émissaires officieux de l’administration Trump. Dans une interview au Financial Times, il a expliqué sa démarche : « Je suis d’origine italienne et ce serait un rêve de voir les Azzurri dans un tournoi organisé par les États-Unis. Avec quatre titres, ils possèdent une histoire qui justifie une participation. »
L’Italie, éliminée en barrages européens par la Bosnie-Herzégovine le 31 mars (1-1, 4 tab à 2), a manqué sa troisième Coupe du monde consécutive après 2018 et 2022. Une absence qui pèse sur le football italien et sur les relations entre la FIFA et l’une de ses nations les plus prestigieuses.
La proposition de Zampolli, bien que non officielle, a été prise au sérieux par les médias internationaux. Le Monde, qui a révélé l’information, souligne que l’émissaire de Trump a déjà fait part de sa suggestion au président américain et au patron de la FIFA. Une ingérence politique directe dans le sport, qui menace l’intégrité même de la compétition.
Gianni Infantino coincé : maintenir l’Iran pour préserver l’unité du football mondial
La position de Gianni Infantino est intenable. D’un côté, le président de la FIFA a réaffirmé à plusieurs reprises que l’Iran disputerait le tournoi comme prévu. De l’autre, la pression de l’administration Trump et la menace de Zampolli placent l’instance dans une situation délicate.
Accepter l’exclusion de l’Iran créerait un précédent dangereux. Cela signifierait que les pays hôtes peuvent, par des moyens détournés, décider quelles nations participent à la compétition. Un précédent qui menacerait l’universalité du football et la crédibilité de la FIFA en tant qu’instance régulatrice.
Refuser la proposition de Zampolli, en revanche, risquerait de tendre encore plus les relations entre la FIFA et l’administration Trump. Une tension qui pourrait avoir des conséquences sur l’organisation du tournoi lui-même.
Infantino joue donc une partie d’échecs diplomatique dont l’enjeu dépasse largement le simple cadre sportif. La crédibilité de la FIFA, l’intégrité de la compétition et l’avenir des relations entre le football et la politique sont en jeu.
Conclusion : Foot, guerre et utopie : le Mondial 2026, une compétition sous les drapeaux
Le récit de cette préparation hors-norme montre comment le football iranien a dû survivre entre guerre, sanctions et incertitude administrative. Depuis Antalya, les joueurs de la Team Melli s’entraînent sans savoir s’ils pourront fouler les pelouses américaines. Leurs visas restent bloqués, leur meilleur buteur a été exclu pour une photo Instagram, et une puissance étrangère propose de les remplacer par une nation non qualifiée.
Peu importe le résultat sportif, l’Iran a déjà gagné une bataille administrative et politique en maintenant sa place dans le tournoi. Mais à quel prix ? La question de l’héritage de ce Mondial 2026, où la diplomatie a dicté le jeu avant même le coup d’envoi, reste ouverte. Le football peut-il vraiment rester un refuge face à la géopolitique ? La réponse, tristement, semble être non.
L’équipe de l’impossible s’envolera-t-elle finalement pour les États-Unis ? La réponse dépend de la réunion avec Infantino, de la bonne volonté de l’administration américaine et du respect des principes fondamentaux du sport. En attendant, les joueurs iraniens courent sur les pelouses d’Antalya, le regard tourné vers un horizon incertain. Leur histoire, qu’elle se termine par une qualification ou par une exclusion, restera comme l’une des plus marquantes de l’histoire de la Coupe du monde.