Des personnes, dont des militaires, marchent entre de grandes tentes blanches dans un camp d'évacués afghans au Qatar au crépuscule, alors que Trump veut le fermer, suscitant débat.
Monde

Camp As-Sayliyah : les alliés afghans piégés au Qatar accusent Washington de trahison

Plus de 1 100 alliés afghans bloqués au camp As-Sayliyah dénoncent une trahison américaine face à la suspension des visas et aux offres d'auto-départ vers des pays tiers !

As-tu aimé cet article ?

Le camp As-Sayliyah : un purgatoire administratif pour 1 100 alliés afghans

Plus de 1 100 évacués afghans alliés des États-Unis et leurs familles sont bloqués au camp As-Sayliyah au Qatar. Ils attendent une réinstallation aux États-Unis. La fermeture du camp avait été annoncée pour le 31 mars 2026.

Des personnes, dont des militaires, marchent entre de grandes tentes blanches dans un camp d'évacués afghans au Qatar au crépuscule, alors que Trump veut le fermer, suscitant débat.
Des personnes, dont des militaires, marchent entre de grandes tentes blanches dans un camp d'évacués afghans au Qatar au crépuscule, alors que Trump veut le fermer, suscitant débat. — (source)

Au camp, environ 800 résidents sont dans la filière de réinstallation des réfugiés (USRAP), suspendue. Environ 300 sont dans le programme de visas spéciaux (SIV) ou d'immigration. 150 sont des familles de militaires américains. Plus de la moitié sont des femmes et des enfants.

Le sergent Juan Miranda, spécialiste culinaire du 155e bataillon de soutien au combat, en uniforme de camouflage et masque noir, accueille une famille de femmes et enfants afghans dans un entrepôt du camp As Sayliyah au Qatar, le 20 août 2021, près de palettes d'eau.
Le sergent Juan Miranda, spécialiste culinaire du 155e bataillon de soutien au combat, en uniforme de camouflage et masque noir, accueille une famille de femmes et enfants afghans dans un entrepôt du camp As Sayliyah au Qatar, le 20 août 2021, près de palettes d'eau. — U.S. Army photo by Sgt. Jimmie Baker / Public domain / (source)

Le Qatar héberge ce camp depuis l'évacuation de 2021. Il s'agit d'une installation gérée par les États-Unis, que Washington et Doha ont reconvertie après la chute de Kaboul ; les sources disponibles ne détaillent pas précisément le financement de l'attente des résidents. La tension régionale autour du Golfe, comme le montre l'article Qatar et Iran : la crise de la "trahison" secoue le Golfe, complique le cadre diplomatique de cette attente.

Le camp As-Sayliyah, base militaire américaine située à une vingtaine de kilomètres au sud de Doha, au Qatar.

Le programme SIV : un mécanisme juridique à l'arrêt

Le visa SIV permet aux alliés afghans d'entrer aux États-Unis. La loi du 23 mars 2024 a ajouté 12 000 visas SIV supplémentaires et prolongé le programme jusqu'au 31 décembre 2025. La fenêtre de dépôt de nouvelles demandes a donc clos définitivement le 31 décembre 2025.

Depuis la suspension du 1er janvier 2026, seuls 3 visas SIV afghans ont été délivrés. Un tribunal fédéral a ordonné le 6 février 2026 de poursuivre l'adjudication des dossiers en cours. Mais la délivrance des visas et l'entrée aux États-Unis restent suspendues.

En février 2026, environ 5 900 numéros de visa SIV restent disponibles. Ils concernent environ 178 110 alliés afghans dont la demande a été approuvée par le Département d'État mais qui n'ont pas encore de visa. Le Congrès n'a pas voté d'extension des programmes comme l'Enduring Welcome Act ou l'Afghan Adjustment Act.

Washington propose un "auto-départ" : paiements et relocalisation vers des pays tiers

Le Département d'État a offert environ 4 500 dollars par personne principale et 1 200 dollars par famille pour un retour en Afghanistan. Il justifie la fermeture du camp par un manque de vetting des résidents. L'organisation AfghanEvac conteste cette affirmation de déficit de contrôle. L'absence de résolution sur ce point laisse planer un doute sur la justification officielle.

Le Département d'État déclare qu'environ 150 personnes auraient accepté l'offre. Il affirme qu'il n'y a pas de rapatriement forcé. La relocalisation vers des pays tiers est présentée comme une "bonne issue". Le camp serait un héritage d'un vetting défaillant sous l'administration Biden.

L'administration négocie une relocalisation vers des pays tiers. Le New York Times cite la RD Congo, le Wall Street Journal mentionne deux pays africains et un asiatique. 27 personnes d'Abou Dabi ont été envoyées au Rwanda en août 2025 et y sont bloquées.

Lors d'une visite de membres du Congrès américain à Camp As Sayliyah au Qatar, une femme en blazer bordeaux et masque bleu aux côtés d'un soldat en tenue de camouflage pose devant un bâtiment beige, novembre 2021.
Lors d'une visite de membres du Congrès américain à Camp As Sayliyah au Qatar, une femme en blazer bordeaux et masque bleu aux côtés d'un soldat en tenue de camouflage pose devant un bâtiment beige, novembre 2021. — U.S. Army TFSpartan by Sgt. Marc Loi / Public domain / (source)

Des élus démocrates, les représentantes Kamlager-Dove et Meeks, qualifient le plan de "trahison" et de rupture de parole américaine. Cette étiquette est une caractérisation politique, pas une conclusion juridique. L'organisation AfghanEvac dénonce un "self-deport" (auto-déportation) non volontaire, contestant le récit officiel de départ volontaire.

La date de fermeture annoncée du 31 mars 2026 est désormais dépassée, et les résidents du camp As-Sayliyah n'ont toujours pas de destination sûre. Les options de relocalisation restent incertaines.

As-tu aimé cet article ?

Questions fréquentes

Combien d'Afghans sont bloqués au camp As-Sayliyah ?

Plus de 1 100 évacués afghans alliés des États-Unis et leurs familles sont bloqués au camp. Environ 800 sont dans la filière USRAP, 300 dans le programme SIV, et 150 sont familles de militaires américains.

Le programme SIV afghan est-il suspendu en 2026 ?

La délivrance des visas SIV et l'entrée aux États-Unis sont suspendues depuis le 1er janvier 2026. Seuls 3 visas ont été délivrés depuis, malgré une ordonnance judiciaire du 6 février 2026 demandant de poursuivre l'étude des dossiers.

Washington propose-t-il le retour en Afghanistan ?

Le Département d'État a offert environ 4 500 dollars par personne et 1 200 par famille pour un retour en Afghanistan. Environ 150 personnes auraient accepté, mais l'organisation AfghanEvac conteste le caractère volontaire de ces départs.

Quand ferme le camp As-Sayliyah au Qatar ?

La fermeture du camp avait été annoncée pour le 31 mars 2026, mais cette date est dépassée. Les résidents n'ont toujours pas de destination sûre et la relocalisation reste incertaine.

Sources

  1. US pays Afghans stranded in Qatar to repatriate, plan labeled 'betrayal' · al-monitor.com
  2. Afghanistan evacuees in Qatar transit camp accuse US of betrayal · bbc.com
  3. travel.state.gov · travel.state.gov
  4. CAS Facts — #AfghanEvac · afghanevac.org
  5. SIV Current State — #AfghanEvac · afghanevac.org
campus-echo
Inès Colbot @campus-echo

Étudiante en sociologie à Toulouse, je m'intéresse à tout ce qui agite ma génération : précarité étudiante, santé mentale, engagement, façons de vivre. J'anime un petit podcast sur la vie de campus le week-end.

99 articles 0 abonnés

Commentaires (4)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...