La cité Hermann-Beims de Magdebourg fête ses cent ans en 2026. Près de 2 000 logements aux façades jaunes, aux toits plats, séparés de la rue par de petites pelouses. Ce qui était en 1926 un progrès social révolutionnaire — des logements lumineux, abordables, avec salle de bains et cuisine pour des familles ouvrières — est aujourd'hui qualifié de « vision d'horreur » par l'extrême droite allemande. À l'approche des élections régionales de septembre 2026 en Saxe-Anhalt, le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) mène une offensive frontale contre l'héritage du Bauhaus, ravivant des arguments qui rappellent ceux du régime nazi. Cette guerre culturelle dépasse largement le cadre de l'architecture.

L'offensive de l'AfD contre le Bauhaus
Le décor est posé à Magdebourg, capitale du Land de Saxe-Anhalt. Arrêt de tramway Flechtinger Straße. La Hermann-Beims-Siedlung s'étend sur plusieurs pâtés de maisons, avec ses blocs de trois étages aux portes et fenêtres colorées. L'architecte Bruno Taut l'a conçue au moment où émergeait le mouvement Neues Bauen, cette nouvelle architecture qui allait donner naissance au Bauhaus. L'idée était simple : construire vite, bien, et à moindre coût pour répondre à la crise du logement qui frappait l'Allemagne après la Première Guerre mondiale.
Chaque appartement disposait d'une salle de bains et d'une cuisine — un luxe pour l'époque dans les quartiers ouvriers. L'hygiène primait sur l'ornementation, la lumière et l'air sur le stuc. Ce modèle de logement social, copié dans toute l'Europe, est devenu la cible privilégiée d'une campagne politique sans précédent.
La cité Hermann-Beims dans le viseur
La cité Hermann-Beims incarne à elle seule ce que l'AfD rejette. Près de 2 000 logements fonctionnels, construits selon les principes du Neues Bauen : toits plats, façades épurées, espaces verts entre les immeubles. Pour les ouvriers de l'époque, ces logements représentaient une amélioration radicale des conditions de vie. Fini les arrière-cours sombres et humides, place à l'air et à la lumière.

Le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung, relayé par Courrier International, décrit cette cité comme un « projet pensé comme un progrès » qui se heurtait déjà au rejet à l'époque. Cent ans plus tard, ce rejet prend une forme politique organisée. L'AfD ne se contente pas de critiquer l'esthétique : elle attaque le fondement même de ce modèle social.
Hans-Thomas Tillschneider, le député qui veut remettre le Bauhaus à sa place
Le visage de cette offensive s'appelle Hans-Thomas Tillschneider. Député AfD au parlement de Saxe-Anhalt, il est le porte-parole culturel du parti dans la région. En octobre 2024, il dépose une motion demandant un « examen critique » de l'héritage du Bauhaus avant les festivités du centenaire prévues en septembre 2025. Sa formule choc est prononcée en janvier 2025 devant les députés : le Bauhaus serait une « vision d'horreur », une « vie dans un espace restreint, pleine d'interdictions et de restrictions ».
La motion a été rejetée par le parlement régional. Mais le coup d'éclat médiatique a fonctionné. Tillschneider, cité par FranceInfo et Le Figaro, accuse le Bauhaus de vouloir noyer les différences régionales dans une « esthétique universelle » et de porter « une idéologie proche du communisme ». Le député ne s'arrête pas là : il propose de remplacer le slogan régional « penser moderne », qui fait référence au Bauhaus, par « penser allemand ».
Un écho historique gênant
Le parallèle avec les années 1930 est frappant. En 1933, les nazis qualifient le Bauhaus d'« art dégénéré » et ferment l'école de Dessau. Près d'un siècle plus tard, l'AfD reprend des arguments similaires. L'historienne de l'art Anke Blümm, interrogée par FranceInfo, dénonce une attaque sur le même registre : « Ils évoquent un espace exigu et l'horreur du vivre-ensemble. Ils considèrent que c'est un style international qui s'est répandu partout et qu'il manque une identité allemande. »

La motion de l'AfD utilise même l'expression « folie de la modernité », une formule directement empruntée à l'architecte nazi Paul Schultze-Naumburg. Rainer Robra, ministre de la Culture de Saxe-Anhalt, résume la situation dans un entretien à FranceInfo : « L'AfD regarde avec quels thèmes le parti nazi a eu du succès il y a 100 ans et reprend les mêmes. »
Anatomie d'une rhétorique identitaire
Au-delà des attaques frontales, l'AfD construit un discours idéologique cohérent contre le Bauhaus. Ce n'est pas une simple querelle esthétique : c'est une remise en cause des valeurs mêmes qui ont fondé ce mouvement. Le Bauhaus incarne tout ce que l'extrême droite rejette : l'internationalisme, le refus des traditions, l'émancipation sociale.
Le Bauhaus, incarnation d'un socialisme architectural détesté
Pour l'AfD, le péché originel du Bauhaus est d'avoir propagé une « laideur accablante » en Allemagne. Le parti dénonce une « uniformité globaliste » qui aurait effacé les spécificités régionales. L'historienne Anke Blümm analyse cette rhétorique pour FranceInfo : « Ils considèrent que c'est un style international qui s'est répandu partout et qu'il manque une identité allemande. »
Le Bauhaus est accusé de vouloir « rompre avec toutes les traditions de construction ». Pour l'extrême droite, cette rupture équivaut à une trahison de l'identité allemande. Les Plattenbau — ces grands immeubles préfabriqués construits en Allemagne de l'Est après 1953 — sont présentés comme la preuve visible de cette « dégénérescence » architecturale.

Fonctionnalisme contre identité
Les critiques de l'AfD portent aussi sur la vie en communauté. Hans-Thomas Tillschneider décrit des logements exigus où l'on serait contraint de vivre « dans un espace réduit, plein d'interdictions et de restrictions ». Barbara Steiner, directrice de la Fondation Bauhaus de Dessau, répond point par point à ces attaques dans Le Figaro et FranceInfo.
Elle rappelle que ces logements représentaient un progrès considérable : eau chaude, balcon, absence de fuites. « Comment peut-on construire très rapidement un grand nombre de logements de qualité, tout en dépensant le moins possible ? » C'était la question que se posaient les architectes du Bauhaus face à la crise du logement. Steiner qualifie les arguments de l'AfD d'« absurdes ».
L'école de Dessau, symbole d'une modernité refusée
L'histoire de l'école Bauhaus elle-même est un roman de résistance. Fondée en 1919 par Walter Gropius à Weimar, elle est chassée par les conservateurs en 1925 et trouve refuge à Dessau. Là, Gropius dessine le célèbre bâtiment aux façades de verre qui devient le symbole du mouvement. En 1933, les nazis ferment définitivement l'école.

Ce parcours chaotique fait du Bauhaus un symbole de la lutte entre modernité et réaction. Aujourd'hui, Dessau, ville de 80 000 habitants, accueille 140 000 visiteurs par an venus du monde entier pour découvrir ce patrimoine classé à l'UNESCO. La ville vit du tourisme culturel généré par cette école que l'AfD voudrait voir disparaître.
La métapolitique à l'œuvre
Pourquoi l'AfD s'attaque-t-elle au Bauhaus maintenant ? La réponse dépasse le simple cadre architectural. Cette offensive s'inscrit dans une stratégie plus large de « guerre culturelle » qui vise à redéfinir l'identité nationale allemande.
La notion de métapolitique appliquée à l'Allemagne
Forgé au XVIIIe siècle dans les milieux contre-révolutionnaires et réinvesti par la nouvelle droite depuis les années 1970, le mot « métapolitique » apporte des clés de compréhension aux bouleversements en cours. Le politiste Tristan Boursier, interrogé par Le Monde, explique : « Appliquée aujourd'hui à l'extrême droite, la métapolitique n'a pas pour objectif de proposer un programme électoral, mais vise à investir des espaces en apparence non politiques — culturels, festifs, entrepreneuriaux, religieux ou patrimoniaux — pour embarquer les esprits et normaliser des opinions jusque-là impensables. »
Cette stratégie est au cœur de l'offensive menée par la droite réactionnaire dans toute l'Europe, comme l'analyse notre dossier sur la normalisation de l'extrême droite dans les médias.
Le Bauhaus est une cible de choix pour cette stratégie. Il porte en lui l'internationalisme, l'émancipation sociale, la rupture avec les traditions. En l'attaquant, l'AfD touche au cœur des valeurs démocratiques allemandes.
Une offensive tous azimuts
L'attaque du Bauhaus n'est pas isolée. Rainer Robra, ministre de la Culture de Saxe-Anhalt, témoigne dans FranceInfo : « On vit la même chose avec le théâtre. On ne devrait plus jouer que des pièces allemandes, la musique moderne ne leur plaît pas, tout est trop international. » Le Bauhaus n'est qu'une cible parmi d'autres dans une offensive systématique contre la culture ouverte sur le monde.
Robra établit un lien direct avec les années 1930 : l'AfD « regarde avec quels thèmes le parti nazi a eu du succès il y a 100 ans et reprend les mêmes ». La stratégie est claire : attaquer la culture moderne pour diviser la société et attirer l'attention des électeurs.
Les élections de 2026 en ligne de mire
Le contexte électoral donne une urgence particulière à cette guerre culturelle. Selon La Libre, l'AfD pourrait conquérir sa première région en septembre 2026 en Saxe-Anhalt, avec près de 40 % des voix. Le candidat Ulrich Siegmund, 35 ans, promet une campagne « comme l'Allemagne n'en a jamais vue ».
Si l'AfD gagne, les conséquences pourraient être immédiates. Barbara Steiner, directrice de la Fondation Bauhaus, confie à DW sa crainte : « Le Bauhaus devrait fermer à nouveau. » Contrairement à 1933, le mouvement bénéficie aujourd'hui d'un large soutien populaire. Mais une région dirigée par l'extrême droite pourrait couper les subventions ou imposer une programmation « patriotique ».
Le nerf de la guerre : qui paie la culture ?
Derrière les discours idéologiques se cache une réalité concrète : l'argent. Le Bauhaus de Dessau vit de subventions publiques. Si l'AfD prend le contrôle du Land, les cordons de la bourse pourraient se resserrer.
Un modèle de financement public vulnérable
La Fondation Bauhaus de Dessau est financée par le Land de Saxe-Anhalt et par l'État fédéral. Elle emploie des médiateurs culturels, des architectes, des historiens de l'art. Chaque année, 140 000 visiteurs parcourent les salles du bâtiment classé. Le centenaire de 2025 a attiré l'attention internationale sur ce site.
Mais ce modèle de financement public est fragile. Si l'AfD arrive au pouvoir, elle pourrait réduire les subventions ou conditionner leur versement à une programmation plus « patriotique ». Le précédent hongrois est dans toutes les têtes : Viktor Orbán a systématiquement réduit les budgets des institutions culturelles jugées trop progressistes.
Des coupes budgétaires déjà proposées
La motion de l'AfD a été rejetée, mais le parti ne cache pas ses intentions. Hans-Thomas Tillschneider veut remplacer le slogan régional « penser moderne » par « penser allemand ». Dans un Land dirigé par l'extrême droite, les institutions culturelles pourraient être contraintes de choisir entre l'autocensure et la disparition.
Le chantage à la subvention est une arme classique des régimes autoritaires. En Hongrie, le gouvernement d'Orbán a créé un fonds culturel parallèle qui finance uniquement les artistes et institutions conformes à la ligne idéologique officielle. L'AfD s'inspire ouvertement de ce modèle.
L'impact économique d'une mise au pas culturelle
Les conséquences d'une telle politique dépassent le cadre culturel. Une « mise au pas » du Bauhaus entraînerait une perte d'attractivité touristique pour Dessau. Les visiteurs internationaux, attirés par la réputation du site, pourraient se détourner. Les étudiants et chercheurs en architecture, qui viennent du monde entier pour étudier le Bauhaus, iraient ailleurs.
L'exode des talents qualifiés serait une perte sèche pour une région déjà en difficulté économique. Les médiateurs culturels, les architectes, les personnels techniques perdraient leur emploi. Le coût d'une guerre culturelle se mesure aussi en emplois et en dynamisme territorial.
Qui défend le Bauhaus en 2026 ?
Face à l'offensive, une résistance s'organise. À Dessau, à Berlin, dans les universités, des voix s'élèvent pour défendre l'héritage du Bauhaus.
Barbara Steiner, la directrice qui refuse l'instrumentalisation
Barbara Steiner est la directrice de la Fondation Bauhaus de Dessau. C'est elle qui porte la voix de l'institution face aux attaques. Dans Le Figaro, elle répond point par point aux arguments de l'AfD : les critiques esthétiques sont « absurdes », le Bauhaus a apporté un progrès social indéniable.
Mais Steiner ne tombe pas dans l'angélisme. Elle reconnaît les « ambiguïtés » historiques du Bauhaus : certains architectes ont collaboré avec le régime nazi après la fermeture de l'école. Cette honnêteté intellectuelle renforce sa crédibilité. Elle ne défend pas un monument figé, mais un héritage vivant, capable d'évoluer et de s'interroger sur lui-même.
Des historiens et étudiants en première ligne
L'historienne de l'art Anke Blümm fait partie de ceux qui alertent sur le danger. Dans FranceInfo, elle dénonce la continuité rhétorique entre les attaques nazies et celles de l'AfD. En novembre 2024, le Bauhaus-Archiv de Berlin a organisé un événement réunissant journalistes, responsables politiques et experts pour discuter de cette offensive.
Les étudiants en architecture et en histoire de l'art sont également mobilisés. Pour eux, défendre le Bauhaus, c'est défendre leur propre avenir professionnel et intellectuel. Le Bauhaus n'est pas une relique poussiéreuse : c'est un laboratoire d'idées qui continue d'influencer l'architecture contemporaine.
Une mobilisation citoyenne fragile mais réelle
La politologue Natascha Strobl, citée par Le Figaro, tempère toutefois l'inquiétude : « Personne n'est plus choqué par l'architecture Bauhaus. » Selon elle, la population n'emboîte pas le pas à l'extrême droite sur ce sujet. L'attaque du Bauhaus serait une « stratégie pour attirer l'attention » sans risque électoral, car l'AfD ne reçoit pas de voix du milieu universitaire et culturel.
Mais le danger est ailleurs. Comme le montre notre analyse sur la culture comme arme de séduction massive, la normalisation des idées radicales passe par des attaques répétées contre les institutions culturelles. Même si la majorité de la population n'adhère pas, la répétition des attaques finit par banaliser le discours.
Et en France ?
Le cas allemand n'est pas isolé. Dans toute l'Europe, l'extrême droite mène des guerres culturelles contre les institutions qu'elle juge trop progressistes.
Le terreau français
En France, les attaques contre la culture moderne prennent d'autres formes mais poursuivent le même objectif. Le théâtre public est régulièrement accusé de ne plus jouer que des pièces « engagées » ou « communautaristes ». Les écoles d'art sont critiquées pour leur supposé « endoctrinement » des étudiants. Les musées sont sommés de justifier leurs programmations.
Comme le montre Le Monde dans son analyse de la banalisation du terme de « guerre culturelle » en Europe, ces conflits « renvoient à des conflits fondés sur des valeurs qui ne se prêtent pas à la négociation et au compromis ». La polarisation est artificiellement créée pour attirer l'attention des électeurs et des médias.
Quel serait le Bauhaus français ?
Si l'on cherchait un équivalent français du Bauhaus, plusieurs candidats émergent. L'architecture des Trente Glorieuses, avec ses grands ensembles et ses cités radieuses, est régulièrement attaquée pour sa laideur supposée. Les écoles d'art, de l'École des Beaux-Arts aux écoles supérieures d'art, sont accusées de propager une idéologie « déconstructiviste ».
La littérature postcoloniale, les études de genre, la théorie critique : tous ces courants intellectuels sont dans le viseur d'une certaine droite identitaire. Le parallèle avec l'offensive contre le Bauhaus est frappant : il s'agit toujours de défendre une identité nationale fantasmée contre les influences extérieures.
Une leçon d'histoire pour les jeunes générations
Le Bauhaus offre une leçon d'histoire précieuse pour les jeunes générations. Ce mouvement a osé tout repenser : l'art, l'architecture, la pédagogie, la société. Il a inventé de nouvelles formes d'habitat, de nouveaux objets du quotidien, une nouvelle manière d'enseigner. Le défendre, c'est défendre la capacité d'un peuple à se réinventer et à s'ouvrir au monde.
Pour les jeunes d'aujourd'hui, confrontés à la crise du logement, à l'urgence climatique, aux inégalités sociales, le Bauhaus reste une source d'inspiration. Il montre que l'architecture et le design peuvent répondre à des problèmes concrets. L'attaquer, c'est attaquer cette capacité d'innovation et de progrès.
Le Bauhaus comme miroir de nos fractures démocratiques
La querelle du Bauhaus n'est pas un simple combat d'esthètes. C'est un conflit frontal entre deux visions de la société. D'un côté, une vision ouverte, internationale et émancipatrice, qui croit au progrès et à la capacité de l'homme à transformer son environnement. De l'autre, un repli identitaire qui rêve d'une Allemagne fantasmée, sans étrangers et sans modernité.
Ce que l'attaque du Bauhaus révèle de notre époque
L'offensive contre le Bauhaus révèle les fractures profondes de la société allemande. Dans l'est du pays, où le chômage est plus élevé et la population vieillissante, l'AfD capitalise sur un sentiment d'abandon et de déclassement. Le Bauhaus devient le symbole de tout ce qui a changé trop vite, de tout ce qui a été imposé d'en haut.
Mais attaquer le Bauhaus, c'est aussi attaquer l'idée même de progrès social. C'est refuser que des logements décents soient construits pour les plus pauvres. C'est nier que l'art et l'architecture puissent être au service de l'émancipation collective.
L'avenir du Bauhaus, miroir de l'avenir de l'Europe
À l'aube des élections de septembre 2026 en Saxe-Anhalt, l'enjeu est clair. Si l'AfD gagne, ce n'est pas seulement un bâtiment qui sera menacé. C'est toute une conception du rôle social de l'art et de l'architecture qui sera remise en cause. Le Bauhaus est un test de la résistance démocratique allemande.
Les défenseurs du Bauhaus ne se battent pas pour un style architectural. Ils se battent pour une certaine idée de l'Europe : ouverte, diverse, capable de se réinventer sans renier son passé. Le futur du Bauhaus est le futur de cette idée. Et ce futur se joue en partie dans les urnes, en septembre 2026, dans un Land de l'est de l'Allemagne.
Conclusion
L'offensive de l'AfD contre le Bauhaus n'est pas une simple polémique esthétique. Elle s'inscrit dans une stratégie de guerre culturelle qui vise à redéfinir l'identité nationale allemande en rejetant l'héritage internationaliste et progressiste du mouvement. En reprenant les arguments des nazis des années 1930, l'extrême droite allemande teste les limites de la résistance démocratique.
Les élections de septembre 2026 en Saxe-Anhalt seront un test décisif. Si l'AfD conquiert sa première région, les institutions culturelles comme la Fondation Bauhaus de Dessau pourraient voir leurs financements menacés. Le précédent hongrois montre que la mise au pas culturelle est une arme efficace des régimes autoritaires.
Mais le Bauhaus bénéficie aujourd'hui d'un large soutien populaire. Les 140 000 visiteurs annuels, les étudiants du monde entier, les historiens et les citoyens mobilisés forment un rempart contre cette offensive. Le Bauhaus n'est pas qu'un bâtiment : c'est un symbole de la capacité d'une société à se réinventer sans renier son passé. Son avenir dira si l'Allemagne de 2026 sait résister aux sirènes du repli identitaire.