Jeune employé en jean et chemise décontractée, tenant une tasse de café, dans un open space lumineux, lumière naturelle
Mode

De la Gen Z au bureau : comment s’habillent vos collègues ?

Short, jogging, crop top, baskets : vos collègues de la Gen Z bousculent les codes vestimentaires au bureau.

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Le 10 juin 2026, Le Monde lançait un appel à témoignages sur la tenue des jeunes salarié·es, cristallisant un malaise qui couvait depuis des années. Entre canicules à répétition, retour au bureau post-pandémie et clash générationnel, la question n’a jamais été aussi brûlante. Comment s’habillent vos collègues ? La réponse dessine les contours d’une révolution silencieuse, où le vêtement devient le symbole d’un nouveau rapport au travail.

Jeune employé en jean et chemise décontractée, tenant une tasse de café, dans un open space lumineux, lumière naturelle
Jeune employé en jean et chemise décontractée, tenant une tasse de café, dans un open space lumineux, lumière naturelle

L’appel du Monde qui révèle un malaise générationnel

Le 10 juin 2026, Le Monde publie un appel à témoignages dont le titre interpelle directement les jeunes actifs : « Vous êtes un ou une jeune salarié(e), comment vous habillez-vous pour aller au bureau ? ». Ce signal éditorial dépasse la simple anecdote de vestiaire. Il cristallise un conflit de valeurs qui oppose des générations entières autour d’une question apparemment banale : qu’a-t-on le droit de porter au travail ?

Le journal pose des questions précises : comment vous habillez-vous en période de canicule ? Comment s’habillent vos collègues ? Avez-vous déjà entendu des remarques déplacées ou discriminatoires sur votre façon de vous habiller ou sur votre corps ? Ces interrogations révèlent un malaise profond, bien au-delà des simples préférences esthétiques.

« Short et canicule » : le détail qui fait débat

L’appel du Monde est explicitement lié aux épisodes de canicule qui frappent la France chaque été. Pourquoi le short devient-il le symbole de cette guerre des générations ? Il est bon marché, confortable, porté par la Gen Z partout dans sa vie quotidienne. Sauf au bureau.

Ce paradoxe mérite qu’on s’y arrête : un vêtement banal, que des millions de jeunes portent sans y penser dans la rue, devient un marqueur d’insoumission aux règles implicites du monde professionnel. Le short incarne la frontière invisible entre la vie personnelle et la vie professionnelle, entre ce que l’on est et ce que l’on doit paraître. Les employeurs qui l’interdisent envoient un message clair : le travail exige un sacrifice vestimentaire, même quand le thermomètre dépasse les 35 degrés.

Un kiosque à témoignages qui tourne au ras-le-bol

Les questions précises posées par Le Monde montrent que les jeunes veulent sortir du silence. Ce kiosque virtuel devient un baromètre social. Il révèle des micro-humiliations quotidiennes : la remarque du manager sur la longueur d’une jupe, le regard désapprobateur devant un tatouage visible, la réflexion sur une coupe de cheveux jugée « trop originale ».

Mais il montre aussi des choix assumés. De nombreux témoignages évoquent une lassitude face à des codes perçus comme arbitraires. Pourquoi la cravate serait-elle plus professionnelle qu’un col rond ? Pourquoi les baskets seraient-elles moins sérieuses que les mocassins ? Les jeunes salariés ne demandent pas seulement le droit de porter un short l’été. Ils remettent en question la légitimité même de ces règles héritées d’une autre époque.

Mon employeur peut-il m’imposer une tenue ? La loi face au streetwear

Après le constat du malaise, une question légitime surgit : mon employeur a-t-il vraiment le droit de m’imposer une tenue ? Le cadre juridique est souvent méconnu, ce qui alimente les tensions. Pourtant, la loi pose des limites claires, même si la jurisprudence apporte des nuances importantes.

De l’article L. 1121-1 au bermuda : une jurisprudence qui fait date

En principe, la tenue vestimentaire relève de la liberté individuelle du salarié. L’article L. 1121-1 du Code du travail le rappelle : « Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ».

Mais la Cour de cassation a apporté une nuance décisive dans son arrêt du 28 mai 2003, connu sous le nom d’« arrêt bermuda ». Elle y pose le principe que la liberté de se vêtir à sa guise n’entre pas dans la catégorie des libertés fondamentales garanties par le Code du travail. Concrètement, cela signifie que l’employeur peut sanctionner un manquement au dress code sans passer par la procédure lourde réservée aux atteintes aux libertés fondamentales.

Un autre arrêt, celui du 11 janvier 2012, concernait un serveur qui refusait de retirer ses boucles d’oreilles pendant le service. La Cour a cette fois jugé la restriction discriminatoire, car elle visait spécifiquement un homme portant un bijou que les femmes avaient le droit de porter. La jurisprudence dessine donc une ligne fine : l’employeur peut imposer des contraintes, mais elles doivent être justifiées, proportionnées et non discriminatoires.

Les trois exceptions qui changent tout (sécurité, hygiène, client)

La loi prévoit trois cas où l’employeur peut légitimement imposer une tenue spécifique. Le premier concerne la sécurité : sur un chantier, le port du casque et des chaussures de sécurité est obligatoire. Le deuxième concerne l’hygiène : en laboratoire, en restauration ou dans le secteur médical, la tenue doit répondre à des normes sanitaires strictes.

Le troisième cas est plus sujet à débat : le contact clientèle. Les banques, les cabinets de conseil, les hôtels de luxe imposent souvent des codes vestimentaires stricts au nom de l’image de marque. C’est ici que se niche le vrai conflit générationnel. Beaucoup de jeunes qui travaillent en contact avec la clientèle subissent des contraintes qu’ils jugent dépassées. Pourquoi un commercial dans une banque devrait-il porter une cravate quand son client vient en jean ?

La comparaison entre secteurs est frappante. Les start-up tech tolèrent le jogging et les baskets. Les cabinets de conseil exigent encore souvent le costume. Le même jeune salarié peut passer d’un univers à l’autre sans comprendre pourquoi ce qui était acceptable hier devient problématique aujourd’hui.

Sanctions et discriminations : où placer le curseur ?

La gradation des sanctions est claire : d’abord un avertissement, puis éventuellement un licenciement pour manquements répétitifs. Mais la loi comporte des angles morts, notamment sur les codes genrés. Pendant longtemps, les femmes ont été obligées de porter des talons, du maquillage ou des jupes, tandis que les hommes devaient porter cravate et costume.

Le Défenseur des droits a publié une décision-cadre qui sensibilise les employeurs à ces questions. Il rappelle que les codes vestimentaires doivent être justifiés par la nature des postes concernés, légitimes et proportionnés au but recherché. Surtout, il indique que certaines pratiques, considérées comme légitimes par le passé, peuvent paraître aujourd’hui obsolètes et discriminatoires.

Comme le résume Xavier Chaumette, historien cité dans Le Figaro Madame : « Les codes traditionnels étaient très inconfortables pour les femmes, car pensés par les hommes. » Cette phrase résume le problème : des règles héritées d’une époque où seuls les hommes blancs cadraient les normes professionnelles peinent à convaincre une génération qui revendique le droit d’être elle-même au travail.

Génération Y vs Génération Z : le choc des armoires

Le cadre légal posé, place à la sociologie. Pourquoi cette rupture entre générations ? Quelles valeurs opposent les jeunes aux anciens ? Comprendre ce choc des armoires, c’est saisir l’essence du malaise : il ne s’agit pas d’une mode passagère, mais d’un changement profond dans le rapport au travail.

La revanche du jogging : quand le télétravail tue le costume

Une étude Ipsos 2024, relayée par GERESO, livre des chiffres éloquents : seulement 4 % des Gen Z se disent prêts à faire des heures supplémentaires non payées, tandis que 72 % sont attentifs à l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle. Ces chiffres dessinent une génération qui ne vit pas pour travailler, mais travaille pour vivre.

Beaucoup de jeunes ont débuté leur carrière pendant la pandémie, en télétravail et en pyjama. Le rituel du costume a été brisé net. Quand ils retournent au bureau, ils n’ont jamais appris les codes vestimentaires traditionnels. Le jogging chic, analysé par Stepstone en Belgique, n’est plus un acte militant : c’est devenu un réflexe normalisé. Pourquoi enfiler un pantalon de costume quand on peut porter un jogging en tissu épais qui fait tout aussi sérieux ?

« Je ne veux pas dépenser pour du corporate » : le refus du costume d’emprunt

Jane Yee, 22 ans, Australienne, résume parfaitement le sentiment de sa génération dans un témoignage recueilli par L’ADN : « Je ne veux pas dépenser de l’argent pour des vêtements corporate que je porterai uniquement de 9 h à 17 h. »

L’argument économique est massif. Un costume de qualité coûte plusieurs centaines d’euros. Une garde-robe professionnelle complète peut représenter un mois de salaire pour un jeune diplômé. Pourquoi investir dans des vêtements qu’on ne portera jamais en dehors du bureau ?

La mode vintage, comme le raconte Monica Sallay, 31 ans, responsable marketing à Indianapolis, dans un article de BBC Afrique, devient une parade élégante. Elle permet d’avoir du style sans acheter le « costume d’emprunt » standardisé par l’entreprise. Ses tenues vintage sont devenues un sujet de conversation qui fait tomber les murs entre équipes. « Avoir l’occasion de faire tomber les murs avec des gens de différentes équipes en parlant de mes tenues, c’est assez génial », confie-t-elle.

Tatouages, crop tops et baskets : la nouvelle armure des Z

Les jeunes investissent le corps comme territoire d’expression. Santina Rizzi, diplômée en science politique, travaille dans un cabinet d’avocats en Floride. Elle porte des crop tops malgré les critiques. Son témoignage dans L’ADN montre que le choix vestimentaire devient un acte politique : affirmer son identité coûte que coûte.

Jeune femme en crop top et jupe, tatouages apparents, baskets aux pieds, dans un open space moderne, ambiance décontractée
Jeune femme en crop top et jupe, tatouages apparents, baskets aux pieds, dans un open space moderne, ambiance décontractée

La basket n’est plus une entorse mais l’uniforme de ralliement. Le Parisien rapporte que même les employés de banque les adoptent. Yannick, 51 ans, employé de banque, porte un complet mais avec des baskets Décathlon. Le tatouage visible devient un filtre social : l’employeur qui l’accepte signale son ouverture d’esprit. Ceux qui l’interdisent envoient un message inverse, que les jeunes comprennent parfaitement.

Récits de terrain : « On m’a demandé de me changer »

Après la théorie, les histoires vraies donnent de la chair à l’analyse. Ces récits de terrain permettent de se projeter dans des situations concrètes, où le conflit vestimentaire n’est plus une abstraction mais une expérience quotidienne.

Marie Content : « De plus en plus de gens heurtent parce qu’ils n’ont pas les codes »

Marie Content, avocate en droit social, constate une hausse significative des consultations sur ce sujet, comme elle le confie aux Échos. « De plus en plus de gens heurtent parce qu’ils n’ont pas les codes », résume-t-elle. Mathilde Le Coz, DRH chez Forvis Mazars, confirme : les jeunes stagiaires arrivent en clientèle avec des tenues qui surprennent. Ce n’est pas un rejet du travail, explique-t-elle, mais une méconnaissance des règles non écrites du milieu corporate.

Les jeunes pensent souvent que la compétence technique suffit. Ils découvrent amèrement que l’apparence compte encore, surtout dans les métiers du conseil et de la finance. Tatiana Haen, coach en image, ajoute : « Un stagiaire qui s’habille de manière trop décontractée envoie un signal de désinvolture, même si son travail est excellent. »

De la Banque de France au jean-baskets : le grand écart générationnel

Les témoignages recueillis par Le Parisien montrent la diversité des situations françaises. Éric, quadra à la Banque de France, porte polo, jean et sneakers. Yannick, 51 ans, employé de banque, opte pour le complet mais avec des baskets Décathlon. Victor, 27 ans, commercial, choisit un pantalon en flanelle grise avec des bottines. Dorsaf, 26 ans, travaille dans une start-up et porte un jean troué.

Dans une même institution, les interprétations du « correct » varient énormément. Cette diversité prouve que le flou est source de stress. Quand les règles ne sont pas écrites, chacun interprète à sa manière, et les conflits naissent de ces interprétations divergentes.

Le casse-tête de la tenue estivale

Retour sur le déclencheur de l’appel du Monde : la canicule. Victor, commercial de 27 ans, confie au Parisien qu’il souffre en pantalon de flanelle l’été. Le short est interdit dans la plupart des entreprises. Le bermuda est toléré dans certaines boîtes, mais pas toutes.

Le salarié doit négocier sa tenue avec la météo, l’image de son entreprise et son propre confort. Un exercice d’équilibriste épuisant, surtout quand les températures dépassent les 35 degrés et que l’air conditionné est en panne. Certains jeunes avouent avoir changé de travail pour pouvoir porter des vêtements plus confortables. D’autres ont simplement arrêté de se poser la question et portent ce qu’ils veulent, quitte à recevoir des remarques.

Imposer une tenue ou co-créer un style ? Le dilemme des managers

Les témoignages précédents montrent le clash. Place maintenant au point de vue des RH et des managers. Comment les entreprises réagissent-elles face à cette génération qui bouscule les codes ?

Carole Vendé : « Les jeunes nous forcent à expliciter nos codes »

Carole Vendé, VP People Impact, analyse la situation dans Le Figaro Madame : « Les jeunes nous forcent à expliciter nos codes. » Les entreprises ne peuvent plus compter sur des règles implicites que tout le monde connaîtrait. Elles doivent les écrire noir sur blanc.

Cette formalisation a un double effet. Elle responsabilise les jeunes, qui savent exactement ce qui est attendu d’eux. Mais elle contraint aussi les entreprises, qui ne peuvent plus sanctionner une tenue sur un coup de tête. Le « dress code flou » n’est plus tenable. Les managers doivent choisir : soit ils fixent des règles claires, soit ils acceptent la diversité vestimentaire.

La fin des règles non écrites ?

Ce mouvement de formalisation soulève une question : protège-t-il le salarié ou le contraint-il davantage ? D’un côté, savoir qu’il faut porter un badge ou un uniforme est clair et évite les mauvaises surprises. De l’autre, perdre la liberté d’interpréter le « casual chic » peut être vécu comme un recul.

Le vrai enjeu est l’échange. Quand un manager et un junior discutent de la tenue comme d’un code commun à construire ensemble, le rapport de force disparaît. La tenue devient un sujet de dialogue, pas un motif de sanction. Certaines entreprises organisent des ateliers où les salariés définissent collectivement ce qui est acceptable. D’autres confient à des coachs en image le soin d’accompagner les jeunes dans leur intégration professionnelle.

Avoir de l’allure : le nouveau costume du jeune actif

Les conflits exposés, le lecteur a besoin d’une boussole. Cette section propose une synthèse pratique, sans être prescriptive. Elle donne les clés pour naviguer le nouveau monde professionnel, en restant fidèle à son style.

« Avoir de l’allure » sans le costume-cravate : la nouvelle règle selon Alice de Beer

Alice de Beer, directrice commerciale de 43 ans, cherche l’équilibre entre rester connectée aux juniors et ne pas trop se démarquer. Son analyse, rapportée par Le Figaro Madame, est éclairante : le secret n’est pas le vêtement mais l’attitude, la qualité, la cohérence.

« Avoir de l’allure » remplace le « bien s’habiller ». C’est une règle plus inclusive car elle dépend de la personne, pas d’un catalogue. Une jeune femme en robe vintage et baskets peut avoir plus d’allure qu’un homme en costume trois pièces mal ajusté. L’élégance devient une question de justesse, pas de conformité.

Cette courte vidéo de Lumni donne des conseils pratiques pour se présenter en entretien d’embauche. Les principes s’appliquent aussi au quotidien au bureau : soigner les basiques, choisir des couleurs sobres, éviter les logos trop voyants.

La garde-robe capsule du jeune cadre : confort, budget et éthique

Comment constituer une garde-robe professionnelle sans se ruiner ni se trahir ? Quelques principes simples peuvent guider les choix. Privilégier les pièces basiques de qualité : un pantalon droit bien coupé, une chemise blanche en coton épais, des baskets propres et discrètes.

La seconde main permet de dénicher des pièces fortes à petit prix. Monica Sallay, citée par BBC Afrique, en a fait sa marque de fabrique. Pour les aspects économiques, le guide Mode éthique petit budget propose des pistes concrètes pour s’habiller sans se ruiner tout en respectant l’environnement.

Le dressing de bureau idéal n’est plus un costume sur mesure, mais un système où chaque pièce se porte aussi le week-end. Un pantalon en lin, un pull en cachemire, une veste en jean : ces pièces traversent les contextes sans perdre leur élégance. L’investissement se concentre sur le confort et la qualité, pas sur la conformité à un code imposé.

Je m’habille donc je suis… professionnel

La question vestimentaire n’est plus un détail. C’est un miroir des nouvelles attentes au travail. Synthèse de la nouvelle donne.

Le dress code est mort, vive le dress code

Les codes explosent, mais la capacité à « lire la pièce » reste une compétence professionnelle essentielle. Le jeune n’est plus un simple exécutant du dress code. Il devient co-auteur de la norme. Cette liberté a un prix : celui de devoir faire des choix éclairés, de comprendre les attentes de son environnement sans les subir.

Les entreprises qui refusent d’évoluer perdent les talents les plus prometteurs. Celles qui acceptent le dialogue gagnent en attractivité. Le dress code n’est plus un diktat mais une négociation permanente.

Le vrai luxe : avoir le choix

Cette génération peut mixer vintage et sneakers, porter son identité sur ses manches, exiger une clarté que les générations précédentes n’ont pas eue. Le confort, l’éthique et l’expression personnelle ne sont plus des ennemis du professionnalisme. Ils en sont les nouveaux piliers.

Cette vidéo sur la gestion des conflits au travail rappelle que le respect mutuel est la clé. Quand un manager fait une remarque déplacée sur une tenue, savoir réagir avec calme et assertivité change la donne. Le vêtement devient alors un outil de négociation, pas un motif de conflit.

Le vrai luxe de cette génération ? Avoir le choix, tout simplement. Choisir ce qu’on porte, choisir où on travaille, choisir comment on se présente au monde. La tenue n’est plus un uniforme imposé mais une déclaration d’intention. Et c’est peut-être la plus belle révolution silencieuse de ces dernières années.

Conclusion : le vêtement comme nouveau contrat social

Le débat autour de la tenue au bureau dépasse largement la question du short en été ou des baskets le vendredi. Il révèle une transformation profonde du rapport au travail, où les jeunes générations refusent de laisser leur identité au vestiaire en entrant dans l’open space.

La loi offre un cadre clair : liberté individuelle d’un côté, restrictions justifiées de l’autre. Mais au-delà du juridique, c’est un nouvel équilibre qui se construit sous nos yeux. Les entreprises qui comprennent que le confort et l’expression personnelle ne sont pas des ennemis de la performance attirent et retiennent les meilleurs talents. Celles qui s’accrochent à des codes obsolètes perdent la bataille de l’attractivité.

Pour les jeunes salariés, l’enjeu est de trouver leur propre équilibre : respecter le cadre sans se trahir, comprendre les attentes sans les subir. La mode vintage, le jogging chic, les baskets avec le costume ne sont pas des provocations. Ce sont les signes d’une génération qui invente sa propre façon d’être professionnelle, avec authenticité et confiance.

Le vêtement n’a jamais été anodin. Il raconte qui nous sommes et comment nous voulons être perçus. Au bureau comme ailleurs, la question n’est plus de savoir si on a le droit de porter un short, mais si on peut être pleinement soi-même en travaillant. La réponse appartient à chaque entreprise, à chaque manager, à chaque salarié. Et elle dessine le monde professionnel de demain.

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Questions fréquentes

Mon employeur peut-il m'imposer une tenue vestimentaire ?

Oui, mais sous conditions. L'employeur peut imposer une tenue pour des raisons de sécurité, d'hygiène ou de contact clientèle, à condition que la restriction soit justifiée, proportionnée et non discriminatoire. La Cour de cassation a jugé que la liberté de se vêtir n'est pas une liberté fondamentale, ce qui permet à l'employeur de sanctionner un manquement au dress code sans procédure lourde.

Pourquoi le short est-il interdit au bureau en été ?

Le short est souvent interdit car il symbolise une frontière entre vie personnelle et professionnelle, et les employeurs y voient un manquement aux codes implicites du monde du travail. Même en période de canicule, de nombreuses entreprises le refusent, ce qui crée un conflit générationnel avec les jeunes salariés qui le portent quotidiennement.

Quelles sont les trois exceptions légales pour imposer une tenue au travail ?

La loi prévoit trois exceptions : la sécurité (casque, chaussures de sécurité sur un chantier), l'hygiène (tenue stricte en laboratoire, restauration ou secteur médical) et le contact clientèle (banques, cabinets de conseil, hôtels de luxe). Ces restrictions doivent être justifiées par la nature de la tâche et proportionnées au but recherché.

Comment la génération Z s'habille-t-elle au bureau ?

La génération Z privilégie le confort et l'expression personnelle : jogging chic, baskets, crop tops, tatouages visibles et mode vintage. Beaucoup refusent de dépenser pour des vêtements corporate qu'ils ne porteraient qu'au bureau, et considèrent la tenue comme un moyen d'affirmer leur identité plutôt que de se conformer à des codes perçus comme obsolètes.

Le télétravail a-t-il changé les codes vestimentaires au bureau ?

Oui, car de nombreux jeunes ont débuté leur carrière en télétravail pendant la pandémie, sans jamais apprendre les codes vestimentaires traditionnels. Le rituel du costume a été brisé, et le jogging ou les baskets sont devenus des réflexes normalisés, rendant le retour au bureau conflictuel sur le plan vestimentaire.

Sources

  1. Tenue vestimentaire au travail : quelles sont les règles ? · service-public.gouv.fr
  2. how to tell an employee to dress more professionally - Ask a Manager · askamanager.org
  3. [PDF] Dress codes and sex discrimination: what you need to know - GOV.UK · assets.publishing.service.gov.uk
  4. bbc.com · bbc.com
  5. The Elusive Office Dress Code - ELGL · elgl.org
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Emma Chabot @style-hunter

Mode, beauté, bien-être – je partage mes découvertes avec authenticité. Pas de partenariats cachés ici, que des vraies recommandations. Graphiste freelance à Lyon, je privilégie les marques éthiques et le DIY. Mon dressing est un savant mélange de friperies et de pièces durables. Je crois qu'on peut être stylée sans détruire la planète. Et si je peux t'aider à trouver ton style, c'est encore mieux.

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