Gros plan d'une petite fille de dix ans regardant un tableau au Louvre, ses yeux écarquillés reflétant la lumière dorée du musée, un grand-père à côté posant doucement sa main sur son épaule
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« Les Yeux de Mona » de Thomas Schlesser : le roman phénomène sur l'art qui a conquis le monde

Découvre pourquoi « Les Yeux de Mona » de Thomas Schlesser a conquis plus d'un million de lecteurs : un compte à rebours dramatique, 52 œuvres d'art décryptées, et une relation grand-père/petite-fille bouleversante.

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Depuis sa parution en février 2024, Les Yeux de Mona de Thomas Schlesser a conquis plus d'un million de lecteurs dans le monde. Ce roman d'initiation artistique, porté par un compte à rebours dramatique et une relation grand-père/petite-fille bouleversante, a transformé la manière dont des centaines de milliers de personnes regardent un tableau. Voici pourquoi ce livre est bien plus qu'un simple best-seller.

Gros plan d'une petite fille de dix ans regardant un tableau au Louvre, ses yeux écarquillés reflétant la lumière dorée du musée, un grand-père à côté posant doucement sa main sur son épaule
Gros plan d'une petite fille de dix ans regardant un tableau au Louvre, ses yeux écarquillés reflétant la lumière dorée du musée, un grand-père à côté posant doucement sa main sur son épaule

« Tout devint sombre » : l'ouverture choc qui te happe dès la première ligne

« Tout devint sombre. » Trois mots suffisent à Thomas Schlesser pour installer une tension immédiate. Cette phrase, la première du roman, agit comme un coup de poing. Elle plonge le lecteur dans l'angoisse de Mona, dix ans, qui perd soudainement la vue en pleine rue, sans prévenir. Pendant près d'une heure, l'obscurité totale règne. Puis la lumière revient, mais la menace demeure.

Ce n'est pas un simple effet de style. Cette ouverture cinématographique ancre le récit dans une urgence existentielle rare dans la littérature contemporaine. Là où d'autres romans d'initiation prennent le temps d'installer leur décor, Schlesser frappe d'entrée. Le diagnostic tombe rapidement : Mona souffre d'une maladie dégénérative qui lui laisse exactement 52 semaines avant de perdre définitivement la vue.

Une ouverture cinématographique qui plante le décor mieux qu'un synopsis

L'efficacité de cette première phrase tient à son dépouillement. Pas de description superflue, pas de contexte rassurant. Le noir absolu contraste violemment avec le monde de l'art que le lecteur sait pourtant au cœur du projet. Cette peur primitive — perdre la vue — parle à tout le monde. Elle transforme immédiatement Mona en personnage vulnérable et attachant.

Le contraste entre cette obscurité inaugurale et la lumière des chefs-d'œuvre qui suivront est le ressort dramatique principal du roman. Chaque tableau devient alors une bouée, une promesse de beauté arrachée à l'ombre qui approche. La critique a salué cette entrée en matière, la qualifiant de « coup de maître narratif » dans plusieurs médias.

Pourquoi la menace de perdre la vue rend la beauté urgente et vitale

Le postulat est implacable : Mona va devenir aveugle dans un an. Ce n'est pas une simple maladie, c'est un décompte existentiel qui transforme chaque mercredi en expérience définitive. Chaque tableau regardé devient le dernier possible. Cette urgence donne au récit une intensité que n'auraient pas eue de simples descriptions d'œuvres.

Le choix du compte à rebours est génial parce qu'il force le lecteur à adopter le même regard que Mona. Plus question de zapper devant une toile. Chaque détail compte, chaque nuance devient capitale. C'est cette pression qui fait du roman une expérience de lecture unique, bien loin des essais d'histoire de l'art traditionnels.

Thomas Schlesser : l'historien de l'art qui a mis dix ans à écrire son premier roman

Derrière le phénomène se cache un homme au parcours impressionnant. Thomas Schlesser n'est pas un écrivain venu de nulle part. Historien de l'art reconnu, professeur à Polytechnique et directeur de la Fondation Hartung-Bergman à Antibes, il a mis dix ans à écrire ce premier roman. Ce temps long explique la densité du texte, sa précision et sa profondeur émotionnelle.

Un historien de l'art à Polytechnique : bienvenue dans le cerveau de Thomas Schlesser

Spécialiste de Gustave Courbet, Schlesser a passé sa vie professionnelle à étudier les œuvres. À 47 ans, au moment de la parution des Yeux de Mona, il avait déjà derrière lui une carrière académique solide. Cette expertise n'est pas un détail : c'est elle qui donne au roman sa crédibilité. Quand Henry explique à Mona les secrets de composition d'un tableau de Vermeer ou la symbolique cachée d'un Botticelli, le lecteur sent qu'il est entre de bonnes mains.

L'auteur a su transformer des années de recherche en une matière romanesque digeste. Pas de jargon, pas de pédanterie. Chaque explication coule naturellement dans le dialogue entre le grand-père et sa petite-fille. C'est cette capacité à rendre l'art accessible sans le trahir qui fait la force du livre.

La douleur personnelle qui a donné naissance à Mona et Henry

Dans plusieurs interviews, Schlesser a révélé la genèse intime du roman. Le livre est né d'un « non-avènement », d'un enfant qu'il s'est inventé. Pendant dix ans, il a porté cette histoire en lui, la nourrissant de son expérience et de ses émotions. La dédicace du roman — « à tous les grands-parents du monde » — n'est pas un simple geste commercial. Elle révèle une vérité plus profonde.

Le personnage d'Henry, ce grand-père érudit et fantasque, puise dans cette histoire personnelle. Schlesser a confié avoir imaginé ce que serait la transmission entre un homme âgé et un enfant qui n'existait pas. Cette douleur sublimée donne au texte une authenticité rare. Elle explique pourquoi tant de lecteurs se sont reconnus dans cette relation intergénérationnelle.

Pourquoi la critique le surnomme « le Monde de Sophie de l'art »

La comparaison avec le best-seller de Jostein Gaarder est devenue un réflexe éditorial. Le Monde de Sophie proposait un voyage initiatique dans la philosophie à travers les questions d'une adolescente. Les Yeux de Mona fait la même chose pour l'art, mais avec un enjeu supplémentaire : la survie de la vision de Mona.

Publishers Weekly a écrit que « les lecteurs du Monde de Sophie aimeront ce livre-là ». La formule a fait mouche. Pourtant, le roman de Schlesser va plus loin que son prédécesseur. Là où Gaarder restait dans l'abstraction philosophique, Schlesser ancre chaque découverte dans une émotion immédiate. Mona ne découvre pas l'art pour le plaisir : elle le découvre parce que sa vie en dépend.

Si tu cherches d'autres romans qui mêlent douleur et beauté avec une telle intensité, lis notre analyse de L'empereur de la joie d'Ocean Vuong, un autre récit qui transforme la souffrance en matière artistique.

52 mercredis au Louvre, à Orsay et Beaubourg : le compte à rebours qui transforme un drame en émerveillement

La structure du roman est à la fois simple et géniale. Chaque mercredi, Henry vient chercher Mona à la sortie de l'école et l'emmène dans un musée parisien. Pendant 52 semaines, ils explorent ensemble une œuvre d'art. Le rythme est celui d'une année scolaire, d'un temps qui passe et qu'on ne rattrapera pas.

Vue en plongée d'une salle du Musée d'Orsay, un grand-père et sa petite-fille debout devant un tableau de Van Gogh, la lumière traversant la verrière, d'autres visiteurs flous en arrière-plan
Vue en plongée d'une salle du Musée d'Orsay, un grand-père et sa petite-fille debout devant un tableau de Van Gogh, la lumière traversant la verrière, d'autres visiteurs flous en arrière-plan

Louvre, Orsay, Beaubourg : la cartographie d'une renaissance parisienne

Le choix des trois musées n'est pas anodin. Le Louvre représente l'art ancien, des origines au XIXe siècle. Orsay couvre le XIXe siècle et les débuts de la modernité. Beaubourg (le Centre Pompidou) incarne l'art moderne et contemporain. Ce triptyque permet à Schlesser d'embrasser l'histoire de l'art de manière complète en un an.

Chaque musée devient un territoire avec ses règles, ses atmosphères, ses chefs-d'œuvre. Le Louvre, immense et labyrinthique, est le lieu de la découverte des classiques. Orsay, plus intime, est celui des émotions et des révolutions picturales. Beaubourg, déroutant, est le défi ultime : comment faire comprendre l'art abstrait à une enfant qui va perdre la vue ?

Le roman devient alors un guide de voyage pour les amateurs de musées. On suit Mona et Henry dans les salles, on découvre avec eux les œuvres, on apprend à regarder. C'est une expérience immersive qui donne envie de pousser la porte du musée le plus proche.

Le mercredi comme rituel : comment la régularité forge la résilience de Mona

La répétition des visites n'est pas un simple prétexte à descriptions. Chaque mercredi, Henry vient chercher Mona. Ce rituel crée une sécurité, une thérapie. Face au chaos de la maladie, la régularité des rendez-vous au musée devient une ancre. Mona sait qu'elle peut compter sur ces moments, sur ce regard bienveillant posé sur elle.

Cette structure temporelle est aussi un ressort narratif puissant. Le lecteur attend chaque nouveau mercredi avec impatience, comme on attend le prochain épisode d'une série. Quelle œuvre Henry va-t-il choisir ? Comment Mona va-t-elle réagir ? Quelle leçon va-t-elle en tirer ? Le rythme hebdomadaire crée une addiction douce, une envie irrépressible de continuer la lecture.

Pour ceux qui aiment les expériences artistiques immersives à Paris, ne manque pas notre article sur La Caverne du Pont Neuf : JR et Thomas Bangalter réinventent Paris, une autre manière de vivre l'art dans la capitale.

Henry, le grand-père fantasque : pourquoi ce personnage a conquis le cœur de la France et des États-Unis

Au centre du roman, il y a Henry. Ce grand-père érudit, fantasque, parfois bourru mais toujours aimant, est le véritable guide du lecteur. C'est lui qui choisit les œuvres, qui les commente, qui les relie à la vie de Mona. Sans lui, le roman ne serait qu'un catalogue. Avec lui, il devient une histoire d'amour et de transmission.

Un grand-père aussi érudit qu'anticonformiste : le portrait d'un guide pas comme les autres

Henry n'est pas un professeur. Il est libre, imprévisible. Il parle à Mona d'égal à égale, sans la prendre de haut. Il a ses humeurs, ses coups de cœur, ses silences. Parfois, il se trompe, il doute, il change d'avis. C'est un personnage vivant, loin du sage imperturbable qu'on aurait pu imaginer.

Cette liberté est ce qui rend Henry si attachant. Il ne fait pas la leçon : il partage une passion. Quand il montre un tableau à Mona, il ne lui dit pas ce qu'elle doit voir. Il lui raconte une histoire, il lui pose des questions, il la laisse chercher par elle-même. C'est la figure idéale du passeur culturel : celui qui donne les clés sans imposer sa vision.

« Regarde comme si tu allais perdre la vue demain » : la philosophie du regard qui imprègne tout le roman

Cette phrase, prononcée par Henry à Mona, résume le message central du livre. Ne pas regarder passivement, mais avec une intensité vitale. Chaque tableau doit être vu comme si c'était le dernier. Chaque détail compte, chaque nuance est précieuse.

Cette philosophie du regard dépasse largement le cadre de l'art. C'est une leçon de vie, une manière de réenchanter son quotidien. Henry apprend à Mona à voir le monde avec des yeux neufs, à trouver la beauté dans l'ordinaire, à ne jamais prendre la vision pour acquise. C'est cette sagesse qui a touché tant de lecteurs, bien au-delà des amateurs d'art.

Pourquoi la relation grand-père/petite-fille parle à toutes les générations

La dédicace du livre — « à tous les grands-parents du monde » — révèle l'intention profonde de Schlesser. Le roman est un objet de transmission intergénérationnelle. Il parle aux grands-parents qui veulent transmettre, aux parents qui cherchent des ponts avec leurs enfants, aux jeunes qui découvrent la richesse du regard des aînés.

Cette relation est d'autant plus émouvante qu'elle est menacée par le temps. Mona va perdre la vue, Henry est vieux. Leur temps ensemble est compté. Cette urgence donne à chaque moment partagé une intensité déchirante. Le lecteur pleure avec eux, rit avec eux, apprend avec eux.

Si ce thème de la quête identitaire à travers un objet mystérieux t'intéresse, découvre notre analyse du Sabot de la Vierge jaune : l'énigme du roman de Foucauld Duchange, un autre récit qui mêle enquête et transmission.

De La Joconde à Camille Claudel : le musée imaginaire de Mona, entre classiques et artistes réhabilitées

Le choix des 52 œuvres est un travail d'orfèvre. Schlesser a construit un équilibre subtil entre la légitimité académique et l'audace de la redécouverte. Le lecteur croise des toiles mondialement connues et des œuvres plus confidentielles, dans une progression qui épouse l'évolution de Mona.

De Botticelli à Rothko : les incontournables qui jalonnent le chemin de croix de l'art

Les grands classiques sont présents : Botticelli, Vermeer, Goya, Courbet, Van Gogh, Monet, Turner, Klimt, Cézanne, Vinci. Mais Schlesser ne se contente pas de les aligner comme des hits. Chaque œuvre est choisie pour ce qu'elle apporte à Mona à ce moment précis de son parcours.

Le Printemps de Botticelli devient une leçon sur la renaissance et la beauté qui résiste au temps. La Jeune Fille à la perle de Vermeer interroge le regard et ce qu'on voit vraiment. Les Nymphéas de Monet sont une méditation sur la lumière qui disparaît. Chaque tableau est relié à l'histoire de Mona, à sa peur, à son espoir.

Schlesser renouvelle la lecture de ces œuvres en les sortant du simple cliché touristique. Il les replace dans leur contexte historique et artistique, mais surtout dans l'histoire intime de son héroïne. C'est ce qui rend chaque visite passionnante, même pour ceux qui connaissent déjà les tableaux.

12 femmes artistes dans le parcours : le parti pris féministe et pédagogique de Schlesser

Parmi les 52 œuvres, 12 sont signées par des femmes artistes. Camille Claudel, Frida Kahlo, Artemisia Gentileschi, Berthe Morisot, Rosa Bonheur : ces noms sont mis en lumière dans un parcours qui lutte contre l'invisibilisation des femmes dans l'histoire de l'art.

Ce choix n'est pas un simple geste politique. Il répond à une logique pédagogique profonde. Schlesser montre à Mona — et au lecteur — que l'art n'est pas l'apanage des hommes. Des femmes ont créé des chefs-d'œuvre, souvent dans l'ombre, souvent contre l'avis de leur époque. Leur redonner une place dans ce musée imaginaire est un acte de justice historique.

C'est aussi un angle de vente fort qui distingue le livre des guides traditionnels. Là où beaucoup d'essais d'histoire de l'art ignorent encore les artistes femmes, Les Yeux de Mona les intègre naturellement dans le récit. Cette approche a été saluée par la critique comme un modèle de pédagogie inclusive.

Des chefs-d'œuvre confidentiels pour surprendre les amateurs éclairés

Le roman ne se contente pas d'aligner les « hits » des musées. Schlesser glisse des œuvres moins connues, des petits trésors que même les habitués du Louvre ou d'Orsay n'ont peut-être jamais remarqués. C'est ce qui permet au livre de surprendre et d'instruire aussi ceux qui pensent tout connaître de l'art.

Ces œuvres confidentielles agissent comme des récompenses pour le lecteur curieux. Elles créent un sentiment de découverte, d'intimité avec l'auteur. On imagine Schlesser, fort de ses années d'expertise, choisissant avec soin ces pépites cachées. C'est ce qui fait des Yeux de Mona un livre qu'on peut lire et relire, en découvrant à chaque fois quelque chose de nouveau.

360 000 exemplaires et un prix Barnes & Noble : anatomie d'un succès mondial pour un premier roman

Les chiffres donnent le vertige. 360 000 exemplaires vendus en France en grand format, 184 000 en poche, 15 000 pour la version beau livre. Traduit dans 37 langues, vendu à 250 000 exemplaires aux États-Unis. Élu Livre de l'année 2025 par Barnes & Noble, la plus grande chaîne de librairies américaine. Ces chiffres ne mentent pas : Les Yeux de Mona est un phénomène.

Barnes & Noble Book of the Year 2025 : comment un premier roman français a conquis l'Amérique

L'exploit est rare. Un premier roman français élu « Livre de l'année » par la première chaîne de librairies américaine, c'est du jamais-vu depuis longtemps. Pourtant, le succès américain des Yeux de Mona n'a rien d'un hasard. Le livre a été porté par un bouche-à-oreille exceptionnel, amplifié par les réseaux sociaux et les clubs de lecture.

Le New York Times l'a classé dans son top 10 des ventes pendant plusieurs semaines. Les libraires américains, souvent réticents à la traduction française, ont été conquis par l'universalité du récit. L'histoire d'une enfant menacée de cécité qui découvre l'art avec son grand-père parle à tout le monde, quelle que soit la culture.

360 000 exemplaires vendus en France : un bouche-à-oreille qui a transformé un essai romancé en best-seller

En France, le succès a été progressif mais inexorable. Lancé sans campagne publicitaire massive, le livre a d'abord séduit les libraires indépendants, puis les clubs de lecture, puis le grand public. Le bouche-à-oreille a fait le reste. Chaque lecteur devenait un ambassadeur, recommandant le livre à ses proches.

Le passage en Livre de Poche a encore amplifié le phénomène. À 8,90 €, le roman est devenu accessible à tous. Les ventes en poche (184 000 exemplaires) montrent que le livre a conquis un public bien au-delà des initiés. Des étudiants aux retraités, des amateurs d'art aux simples curieux, tout le monde a voulu lire l'histoire de Mona.

Des droits vendus dans 25 pays avant même la parution : pourquoi le monde entier a cru en Mona

Le buzz pré-publié a été exceptionnel. Avant même la sortie du livre en France, les droits avaient été vendus dans plus de 25 pays. C'est un indicateur rare pour un premier roman, qui montre que les éditeurs étrangers ont immédiatement vu le potentiel universel de l'histoire.

Ce qui a convaincu les acheteurs étrangers, c'est la combinaison unique d'émotion et de pédagogie. Le livre parle d'amour, de transmission, de beauté. Il donne envie d'aller au musée, de regarder les tableaux autrement. Dans un monde anxiogène, cette promesse de réenchantement a trouvé un écho immédiat.

Pour un autre exemple de succès littéraire récompensé, lis notre analyse de L'arène intérieure d'Ulysse Josselin, un roman qui a marqué la rentrée littéraire 2026.

Un livre, six formats : pourquoi l'édition illustrée, le braille et le livre audio ne sont pas de simples options

Les Yeux de Mona n'est pas qu'un texte imprimé. Il existe en version « beau livre » illustré, en livre audio, en braille et en gros caractères. Cette multiplicité des formats n'est pas un simple coup marketing : elle répond à une cohérence artistique profonde.

Le « Beau Livre » à 49 € : 160 œuvres en grand format pour une expérience visuelle totale

La version luxe des Yeux de Mona est un objet magnifique. À 49 €, le « Beau Livre » reproduit 160 œuvres en grand format, en couleurs. Le lecteur peut suivre le texte tout en regardant les tableaux, dans une expérience immersive totale.

Cette édition répond à un besoin réel. Beaucoup de lecteurs du format poche ont regretté de ne pas pouvoir voir les œuvres en même temps qu'ils lisaient. La version illustrée comble ce manque. Elle transforme le roman en musée de poche, qu'on peut emporter partout.

C'est aussi un très beau cadeau. Relié, imprimé sur du papier de qualité, le « Beau Livre » est un objet qu'on offre, qu'on expose, qu'on feuillette avec plaisir. Il justifie son prix par la qualité de sa fabrication et la beauté de ses reproductions.

Audiolib et François Cognard : quand la voix devient le guide du musée intérieur

Le livre audio, publié chez Audiolib, dure 16 heures et 40 minutes. Il est lu par François Cognard, un comédien dont la voix chaude et posée est devenue inséparable du personnage d'Henry. L'écoute du livre audio est une expérience différente, mais tout aussi puissante.

L'ironie est belle : pour un livre qui parle de cécité, l'audio permet une immersion totale. On ferme les yeux, on écoute la voix de François Cognard, et on imagine les tableaux. Chaque œuvre devient une image mentale, personnelle, unique. C'est une autre manière de vivre l'histoire, peut-être plus intime encore.

Un roman sur la cécité publié en braille : la plus belle boucle narrative qui soit

La décision de publier le livre simultanément en braille et en gros caractères est une déclaration forte. Un roman qui parle de la perte de la vue doit être accessible à ceux qui ne voient pas. C'est une cohérence absolue avec le message du livre : l'art et les histoires sont pour tout le monde.

Cette initiative a été saluée par les associations de défense des personnes handicapées. Elle montre que l'édition peut être inclusive sans faire de compromis sur la qualité. Les lecteurs non-voyants peuvent ainsi découvrir l'histoire de Mona dans le même confort que les autres.

Conclusion : fermer le livre, ouvrir les yeux et courir au musée

Les Yeux de Mona n'est pas un livre qu'on referme en se disant « c'était bien ». C'est un livre qui te change. Après l'avoir lu, tu ne regardes plus un tableau de la même manière. Tu prends le temps d'observer, de chercher le détail, de te laisser émouvoir.

Le véritable chef-d'œuvre des Yeux de Mona : le regard neuf que tu poses sur le monde après l'avoir lu

Le roman de Thomas Schlesser est une expérience transformatrice. Il rend l'art accessible et désirable, sans jamais le réduire à un simple divertissement. Il donne des clés pour comprendre, mais surtout pour ressentir. Chaque œuvre devient une rencontre, chaque visite au musée une aventure.

Dans une époque anxiogène, marquée par l'urgence et la superficialité, ce livre offre une pause. Il nous rappelle que la beauté existe, qu'elle est partout, qu'il suffit d'ouvrir les yeux. C'est un conte universel, une ode à la sagesse et à la transmission qui fait du bien.

Pourquoi ce roman est le meilleur guide pour redonner le goût des musées à toute une génération

Les Yeux de Mona n'est pas juste une histoire. C'est une invitation à sortir de chez soi, à pousser la porte d'un musée, à regarder les œuvres avec les yeux de Mona. Après l'avoir lu, tu auras envie de courir au Louvre, à Orsay, à Beaubourg. De redécouvrir les tableaux que tu crois connaître. D'en chercher de nouveaux.

Le livre est devenu un objet de transmission intergénérationnelle. Des grands-parents l'offrent à leurs petits-enfants. Des parents le lisent avec leurs enfants. Des enseignants l'utilisent en classe. Il a créé une communauté de lecteurs qui partagent leur amour de l'art, qui échangent leurs impressions, qui se donnent rendez-vous au musée.

Alors, si tu ne l'as pas encore lu, fais-toi plaisir. Ouvre Les Yeux de Mona, et prépare-toi à voir le monde autrement.

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Questions fréquentes

Combien de semaines reste-t-il à Mona avant de perdre la vue ?

Dans le roman, Mona souffre d'une maladie dégénérative qui lui laisse exactement 52 semaines avant de perdre définitivement la vue. Ce compte à rebours transforme chaque mercredi passé au musée avec son grand-père en une expérience vitale et urgente.

Quels musées parisiens sont visités dans Les Yeux de Mona ?

Henry emmène Mona chaque mercredi dans trois musées parisiens : le Louvre (art ancien), le Musée d'Orsay (XIXe siècle) et Beaubourg (art moderne et contemporain). Ce triptyque permet d'embrasser toute l'histoire de l'art en un an.

Combien d'artistes femmes figurent dans le parcours des 52 œuvres ?

Parmi les 52 œuvres choisies par Thomas Schlesser, 12 sont signées par des femmes artistes comme Camille Claudel, Frida Kahlo ou Artemisia Gentileschi. Ce parti pris féministe vise à lutter contre l'invisibilisation des femmes dans l'histoire de l'art.

Quel prix américain a remporté Les Yeux de Mona ?

Le roman a été élu Livre de l'année 2025 par Barnes & Noble, la plus grande chaîne de librairies américaine. Il s'agit d'un exploit rare pour un premier roman français, vendu à 250 000 exemplaires aux États-Unis.

En combien de langues Les Yeux de Mona a-t-il été traduit ?

Le roman de Thomas Schlesser a été traduit dans 37 langues et vendu à plus d'un million d'exemplaires dans le monde. Ses droits avaient été achetés dans plus de 25 pays avant même sa parution en France.

Sources

  1. Thomas Schlesser, historien de l’art : « Penser qu’un musée pourrait se défendre à coups de pistolet, c’est symptomatique d’une bêtise démagogique galopante » · lemonde.fr
  2. Les yeux de Mona- Thomas Schlesser · admd.org
  3. albin-michel.fr · albin-michel.fr
  4. Les yeux de Mona - Contrepoints · contrepoints.org
  5. La Grande Librairie — Wikipédia · fr.wikipedia.org
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Hugo Lambot @page-turner

Je dévore des livres depuis que j'ai appris à lire. Romans, essais, BD, mangas, poésie – tout y passe. Libraire à Angers, je passe mes journées à conseiller des lecteurs et mes soirées à en être un moi-même. J'ai un carnet où je note toutes mes lectures depuis 2012, avec des étoiles et des citations. Mes critiques essaient de donner envie sans spoiler, parce que rien ne vaut la surprise d'une bonne histoire.

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