
Sur la couverture du livre, on peut lire « Roman d'amour », trois mots qui pourraient suffire à en rebuter quelques-uns, mais il ne faut pas s'y arrêter. Marie-Hélène au mois de mars, le roman de Maxime-Olivier Moutier, c'est bien plus que ça.
Maxime étudie en littérature à l'Université de Sherbrooke. Il sort avec Marie-Hélène, mais il a couché avec Roxane. C'est peut-être pour se venger que Marie-Hélène a couché avec Casuel.
C'est peut-être pour ça que Maxime a essayé de se suicider aussi. C'est peut-être pour ça qu'il est à l'hôpital, avec d'autres fous.
Il y a Conrad, qui entend des voix. Il y a monsieur Fernand. Il y a cette dame qui attend toujours les plateaux-repas, on dirait qu'elle a peur qu'ils s'envolent si tout le monde n'est pas assis au moment où ils arrivent. Il y a les activités, comme ce groupe qui est sorti hier acheter des beignes et du café.
Maxime, lui, n'est pas sorti. Pas encore le droit.
Il est à l'hôpital volontairement. Il réfléchit, il essaie de comprendre tout ça. Comment ? Pourquoi ? Et après ?
Et Marie-Hélène ? Est-ce qu'il la reverra en sortant ? Est-ce qu'elle l'aimera ? Est-ce qu'il sortira ?
Maxime-Olivier Moutier nous raconte son séjour à l'hôpital avec un humour amer. Il raconte Marie-Hélène, Roxane, les visites de son ami, les voix de Conrad. Il raconte comment il pense que sa famille est arrivée au Québec, comment elle est partie de la France à cause d'une histoire de tromperie — la grand-mère et un autre homme. Il raconte tout ça, il réfléchit, il fait sourire, il fait pleurer.
Magnifiquement bien écrit, Marie-Hélène au mois de mars est un roman qui vaut réellement la peine d'être lu. Il n'est pas très long, à l'image de cette critique, mais il est particulièrement riche en émotions.
Dès ce roman, Maxime-Olivier Moutier impose son style particulier qui le rend si attachant et qu'on retrouve avec plaisir dans Les lettres à Mademoiselle Brochu, où il entretient une correspondance à sens unique avec une certaine Valentine tout en racontant sa relation avec la pornographie, et dans Les trois modes de conservation des viandes, où il explore le thème de la paternité éclatée.