Façade de la librairie 'Les Mots Retrouvés' avec sa devanture turquoise et ses tables en terrasse.
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« Le libraire de l'année » : pourquoi l'enquête de Bétinas et Dumont change notre regard sur la librairie

Derrière l'image douillette des librairies se cache une réalité de combat : marges infimes, pression d'Amazon et passion viscérale.

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L'enquête qui gratte le vernis : le duo de L'Astragale brise le silence

On imagine la librairie comme un refuge douillet. Bois patiné, odeur de papier neuf, lumière tamisée, un chat qui dort sur un tas de romans. Cette image réconfortante, tout le monde la connaît. Mais derrière la carte postale, il y a une tout autre réalité. Un métier de combat, des marges qui se resserrent chaque année, des nuits passées à commander les bonnes références et un engagement total qui confine parfois à l'épuisement. C'est cette face cachée que dévoile Le libraire de l'année, l'enquête coup-de-poing signée Marianne Bétinas et Mélanie Dumont. 

Façade de la librairie 'Les Mots Retrouvés' avec sa devanture turquoise et ses tables en terrasse.
Façade de la librairie 'Les Mots Retrouvés' avec sa devanture turquoise et ses tables en terrasse. — (source)

Le livre est né d'une série d'articles publiés dans Livres Hebdo, le magazine professionnel de référence du secteur. Chaque jour, un libraire y est nominé pour le prix du même nom. Mais l'angle n'a rien de promotionnel. Bétinas et Dumont, cogérantes de la librairie L'Astragale à Lyon, ont transformé cette tribune en une plongée sans filtre dans les coulisses du métier. Elles racontent ce que personne ne dit aux clients : la précarité des petits salaires, la pression des commandes, la guerre ouverte avec les géants de la vente en ligne, et cette passion viscérale qui fait tenir debout des centaines de libraires indépendants à travers la France.

Le livre agit comme un révélateur. Il confronte le lecteur à une dissonance brutale entre l'image douce et la réalité d'acier. Le vernis craque, et ce qu'on découvre derrière est à la fois plus dur et plus beau que ce qu'on imaginait.

Quand Livres Hebdo lâche les coulisses : une « enquête » sans filtre

Le format de l'enquête est original. Chaque année, Livres Hebdo lance une série de portraits, « Le libraire de l'année », où cinq libraires sont nominés pendant une semaine. Les lecteurs votent pour leur favori. Mais Bétinas et Dumont ont voulu aller plus loin. Leur livre compile ces articles et les enrichit de chiffres, de témoignages et d'analyses qui dévoilent la mécanique interne de la profession.

On y apprend par exemple que le taux de marge moyen d'un libraire indépendant oscille autour de 35 %, un chiffre qui paraît correct jusqu'à ce qu'on intègre les charges fixes : loyer, salaires, électricité, assurance. Quand tout est payé, il reste parfois moins de 2 % de bénéfice net. Les autrices ne cachent rien : les nuits blanches à préparer les rentrées littéraires, les disputes avec les représentants d'éditeurs, la difficulté à recruter des vendeurs passionnés et compétents. C'est le récit cru d'un métier qui se bat pour survivre. 

Affiche du Grand Prix Livres Hebdo des Librairies, récompensant les libraires de l'année.
Affiche du Grand Prix Livres Hebdo des Librairies, récompensant les libraires de l'année. — (source)

« Nous y avons toujours cru » : le pari des trentenaires face à Amazon

Marianne Bétinas l'a dit au Progrès en 2016, à l'ouverture de leur librairie : « Nous y avons toujours cru, Mélanie a une formation littéraire et moi-même j'ai grandi au milieu des livres. Ma mère était bibliothécaire. Certes, à 30 ans chacune, nous avons plutôt évolué dans un monde avec tablette, mais c'est notre métier, notre passion. » 

Deux femmes dans la librairie L'Astragale, rue de Sèze à Lyon.
Deux femmes dans la librairie L'Astragale, rue de Sèze à Lyon. — (source)

Cette déclaration résume tout le paradoxe de leur génération. Nées avec le numérique, elles connaissent mieux que quiconque la menace que représentent Amazon et les plateformes de vente en ligne. Pourtant, elles ont choisi d'ouvrir une librairie physique. Pas par nostalgie. Par conviction. Leur pari est simple : le conseil humain, la prescription personnalisée et l'ancrage local sont des armes que l'algorithme ne pourra jamais copier.

Le livre raconte cette détermination. Il montre que les libraires d'aujourd'hui ne sont pas des dinosaures accrochés à un monde révolu, mais des entrepreneurs lucides qui ont choisi de résister. Et cette résistance, elle s'organise.

De la licence pro Aix aux 108 rue de Sèze : le parcours sans faute de Bétinas et Dumont

Pour comprendre pourquoi l'enquête de Bétinas et Dumont est si percutante, il faut remonter le fil de leur parcours. Ces deux femmes ne sont pas arrivées par hasard dans le métier. Leur chemin est celui d'une génération de libraires formés, exigeants et déterminés. 

Mélanie Dumont et Marianne Bétinas, les deux libraires et autrices de l'enquête, dans leur librairie.
Mélanie Dumont et Marianne Bétinas, les deux libraires et autrices de l'enquête, dans leur librairie. — (source)

Marianne Bétinas est originaire d'Ardèche. Mélanie Dumont, elle, a grandi à Lyon dans le 6e arrondissement. Elles se sont rencontrées sur les bancs de la licence professionnelle des métiers du livre à Aix-en-Provence. Une formation exigeante qui allie théorie du marché du livre, gestion d'entreprise et pratique du métier. C'est là que leur amitié est née, et avec elle, le projet commun d'ouvrir une librairie.

Le 1er juillet 2016, après des années de préparation, L'Astragale ouvre ses portes au 108 rue de Sèze, dans le quartier chic des Brotteaux à Lyon. Le local est spacieux, lumineux, avec une grande baie vitrée. Les deux associées y ont tout investi : leur temps, leur argent, leur énergie. L'enquête qu'elles publient aujourd'hui est le fruit de cette décennie d'expérience accumulée.

Albertine Sarrazin et un petit os du pied : l'histoire secrète du nom L'Astragale

Le nom de la librairie n'a rien d'anodin. L'Astragale fait référence au roman autobiographique d'Albertine Sarrazin, écrivaine française des années 1960, que les libraires décrivent comme « un peu l'ancêtre de Virginie Despentes ». L'astragale est aussi un os du pied, petit mais essentiel : sans lui, on ne peut pas se tenir debout.

Cette double référence est une métaphore parfaite de la philosophie du lieu. « C'est un os tout petit, mais il nous permet de tenir debout… c'est pour nous une jolie métaphore de la librairie », expliquent-elles au Petit Bulletin. Une librairie indépendante, comme ce petit os, soutient tout l'écosystème du livre. Sans elle, les éditeurs perdent un canal de prescription essentiel, les auteurs perdent un lieu de rencontre avec leur public, et les lecteurs perdent un espace de découverte et d'échange.

Le nom résume à lui seul le projet : une petite structure indépendante qui porte un poids immense. C'est cette fragilité assumée et cette force tranquille que le livre met en lumière.

8 000 références sans cloisonnement : leur pari de la transversalité

L'une des grandes forces de L'Astragale, c'est son refus de la spécialisation qui cloisonne. Dans la plupart des librairies, les rayons sont strictement séparés : d'un côté la littérature, de l'autre la bande dessinée, ailleurs les essais. Bétinas et Dumont ont choisi une approche radicalement différente.

« Nous sommes pour la transversalité, on préfère éviter la spécialisation qui cloisonne trop souvent inutilement. Sur un sujet donné, on peut trouver une BD, un roman, un essai… c'est cela qui intéresse le lecteur », confient-elles. La librairie compte environ 8 000 références, et les tables sont organisées par thèmes plutôt que par genres. Un même présentoir peut mélanger un roman policier, un album de bande dessinée et un essai historique, si le sujet les relie. 

Marianne Bétinas et Mélanie Dumont, libraires de L'Astragale à Lyon, dans leur librairie entourées de nouveautés.
Marianne Bétinas et Mélanie Dumont, libraires de L'Astragale à Lyon, dans leur librairie entourées de nouveautés. — (source)

Cette stratégie séduit particulièrement les 18-25 ans, une génération qui consomme de la pop culture de manière transversale. Un jeune adulte qui aime les séries Netflix, les jeux vidéo et les romans graphiques n'a pas envie de choisir entre un manga et un polar. Il veut qu'on lui propose des passerelles. C'est exactement ce que fait L'Astragale.

De La Folie d'Encre à Actes Sud : le parcours qui les a formées à tout

Avant d'ouvrir leur propre librairie, Bétinas et Dumont ont accumulé une expérience précieuse dans des établissements de renom. Mélanie Dumont a travaillé à La Folie d'Encre à Montreuil, une librairie généraliste connue pour son exigence, puis aux Arpenteurs à Paris. Marianne Bétinas, elle, est passée par la librairie Actes Sud à Arles, par Page 189 à Paris, et par Passages à Lyon.

Chacune de ces expériences leur a appris un aspect différent du métier. La gestion des stocks, la relation avec les éditeurs, l'animation d'ateliers, l'organisation de rencontres avec des auteurs. Quand elles ouvrent L'Astragale, elles maîtrisent tous les rouages. Cette expertise, elles la mettent au service de leur enquête, qui devient ainsi le témoignage de deux professionnelles aguerries.

Marges, prix unique et Grand Prix : l'économie politique du libraire en 2026

Le métier de libraire est un combat quotidien contre les lois du marché. La loi Lang, qui impose le prix unique du livre depuis 1981, a protégé les libraires indépendants d'une guerre des prix qui aurait été fatale. Mais cette protection ne suffit pas. Les marges restent infimes, et la concurrence d'Amazon est impitoyable.

Bétinas et Dumont le montrent dans leur enquête avec des chiffres précis. Le prix unique garantit qu'un même livre coûte le même prix chez tous les revendeurs. Mais Amazon compense par des frais de port gratuits, des délais de livraison ultra-rapides et un référencement algorithmique qui favorise les best-sellers au détriment des ouvrages plus confidentiels. Le libraire indépendant ne peut pas lutter sur ces terrains. Sa seule arme, c'est la prescription humaine.

Le Grand Prix Livres Hebdo des Librairies, dont Bétinas et Dumont sont nominées en 2026, est à la fois une reconnaissance et un révélateur des inégalités de la filière. Il récompense le professionnalisme des libraires, mais il met aussi en lumière les disparités entre les grandes librairies parisiennes et les petites structures de province.

3 000 € et un jury prestigieux : les dessous du Grand Prix Livres Hebdo des Librairies

Organisé par Livres Hebdo et la Sofia (Société française des intérêts des auteurs de l'écrit), ce prix existe depuis 2019. Il est doté de 3 000 €, une somme modeste mais symbolique. Le jury, présidé en 2025 par Inès de La Motte Saint Pierre, réunit des professionnels reconnus. Les partenaires — Ammareal, Le Seuil, L'École de la Librairie — montrent l'enjeu professionnel de cette distinction.

Le vote du public pour « Le libraire de l'année » est un baromètre de la notoriété des librairies indépendantes. En 2026, les cinq nominés incluent Bétinas et Dumont pour L'Astragale, Julie Rémy pour les librairies La Cour des Grands et Le Préau à Metz, et d'autres libraires de toute la France. Le résultat, dévoilé à l'automne, sera scruté par toute la profession.

Le livre a-t-il un prix juste ? Le débat sur le « commerce essentiel »

Bétinas et Dumont ont participé à un séminaire organisé par les Éditions deux-cent-cinq et la Cité anthropocène, intitulé « Le livre en mutation : imaginer une filière durable ». Leur session s'appelait « La librairie : un commerce « essentiel » ? ». La question est loin d'être rhétorique.

Un libraire est-il d'abord un commerçant ou un acteur culturel subventionné ? La réponse est complexe. D'un côté, il vend des produits et doit dégager des bénéfices pour survivre. De l'autre, il exerce une mission de service public en rendant accessible la culture, en conseillant gratuitement, en organisant des événements. La frontière est floue, et c'est précisément ce flou qui fragilise la profession.

Le livre de Bétinas et Dumont relance ce débat essentiel. Il montre que le prix unique, s'il protège d'une guerre des prix, ne résout pas le problème de la rémunération du conseil. Un client qui passe une heure à discuter avec un libraire, qui repart avec trois recommandations et qui achète finalement un seul livre, coûte plus cher à la librairie qu'il ne rapporte. Le modèle économique est fragile, et c'est tout l'enjeu de l'enquête.

Dans le viseur d'Amazon : comment L'Astragale résiste au rouleau compresseur logistique

Amazon ne fait pas de cadeaux. Avec ses entrepôts géants, sa livraison en 24 heures et ses algorithmes de recommandation, le géant américain a bouleversé le marché du livre. En France, il représente aujourd'hui près de 20 % des ventes de livres neufs, et sa part ne cesse de croître.

Face à ce rouleau compresseur, L'Astragale résiste avec des armes artisanales. Le conseil personnalisé, d'abord. Un client qui cherche un roman peut passer une demi-heure à échanger avec un libraire qui connaît ses goûts. L'ancrage local, ensuite. La librairie est un lieu de vie, de rencontre, de découverte. On y croise ses voisins, on y discute, on y flâne. Amazon ne peut pas reproduire cette expérience.

Les chiffres de Livres Hebdo montrent que la concentration du marché s'accélère. Les cinq plus gros acteurs (Amazon, Fnac, Cultura, Decitre, Leclerc) captent plus de 60 % des ventes. Les librairies indépendantes doivent se battre pour les miettes. Mais leur résistance est réelle, et le livre de Bétinas et Dumont en est la preuve vivante.

Jurés, prescripteurs, résistants : les libraires de l'Astragale au cœur du jeu littéraire

Être libraire, ce n'est pas seulement vendre des livres. C'est participer activement à la chaîne du livre, de la fabrication du goût à la légitimation des œuvres. Bétinas et Dumont ne sont pas simplement derrière un comptoir : elles sont des actrices à part entière du monde littéraire.

Leur enquête montre ce pouvoir invisible que les libraires exercent. Elles siègent dans des jurys, choisissent des prix, recommandent des titres à des centaines de clients. Ce sont elles, en grande partie, qui décident quels livres deviendront des succès et lesquels resteront confidentiels. C'est une responsabilité immense, rarement reconnue à sa juste valeur.

Jurés du Lyon BD Festival : le pouvoir de décerner un prix

Depuis plusieurs années, Bétinas et Dumont font partie du jury du prix du Lyon BD Festival. Aux côtés d'autres libraires, de bibliothécaires et d'éditeurs, elles participent à la sélection des albums qui seront récompensés. Leur voix compte dans l'attribution d'un prix qui peut transformer les ventes d'un album.

Ce rôle de jurée est emblématique de la position des libraires dans l'écosystème du livre. Ils ne sont pas de simples distributeurs passifs. Ils sont des filtres actifs, des prescripteurs qui orientent les choix des lecteurs. Le livre de Bétinas et Dumont révèle cette dimension souvent ignorée du métier.

L'algorithme contre le conseil humain : pourquoi le libraire garde une longueur d'avance

La grande force des libraires indépendants, c'est leur capacité à faire des liens que l'algorithme ne sait pas établir. Un client entre pour acheter un roman policier et repart avec un essai sur l'histoire de la criminologie, une BD sur un fait divers et un manga policier. C'est ce que Bétinas et Dumont appellent la « transversalité ».

L'algorithme d'Amazon ou de la Fnac, lui, se contente de proposer des produits similaires à ceux déjà achetés. Il ne crée pas de surprise, ne fait pas de découvertes. Le libraire, au contraire, est un prescripteur transversal qui redonne du sens au choix. Il connaît ses clients, se souvient de leurs goûts, leur propose des auteurs qu'ils n'auraient jamais osé essayer seuls.

Cette capacité à créer du lien est l'arme secrète des librairies indépendantes. Et c'est ce que le livre de Bétinas et Dumont met en avant avec force.

Le retour en grâce des librairies : un mouvement mondial qui part de la rue

Le phénomène n'est pas uniquement français. Au Royaume-Uni, selon les données du Companies House, le nombre de nouvelles librairies indépendantes a augmenté ces dernières années. En 2018, 152 nouvelles librairies ont ouvert leurs portes, un chiffre qui est passé à 167 en 2019. Après des décennies de déclin, le mouvement s'inverse.

En France, la tendance est similaire. Les librairies indépendantes connaissent un regain d'intérêt, porté par une génération de lecteurs qui cherchent du sens et de l'authenticité. Le libraire devient un pilier du lien social, un lieu de communauté où l'on vient autant pour échanger que pour acheter.

L'enquête de Bétinas et Dumont documente cette renaissance fragile mais bien réelle. Elle montre que la librairie indépendante n'est pas un vestige du passé, mais une réponse moderne aux excès de la consommation numérique. 

Des étagères sur mesure au sol à motifs : la librairie comme expérience totale

Dans la guerre contre la vente en ligne, le lieu physique est une arme décisive. Une librairie ne vend pas seulement des livres : elle vend une expérience. L'ambiance, la lumière, l'odeur du papier, le toucher des couvertures, le bruit des pages qu'on tourne. Tout cela, Amazon ne peut pas le reproduire.

Bétinas et Dumont l'ont bien compris. Leur librairie L'Astragale est un écrin soigné, pensé dans les moindres détails pour créer une atmosphère qui invite à la flânerie. Chaque élément est choisi avec soin, du mobilier à la décoration, en passant par l'éclairage.

Mural, bois et éclairage design : la recette de l'accroche visuelle

Le Petit Bulletin décrit la librairie avec précision : « grande fresque murale de l'ancien locataire (architecte d'intérieur), peinture bleue, étagères sur mesure en bois, éclairage design et sol à motifs ». Chaque détail compte. 

Un libraire présentant un album jeunesse et un personnage de Simon le lapin dans une librairie.
Un libraire présentant un album jeunesse et un personnage de Simon le lapin dans une librairie. — (source)

La fresque murale, héritée du précédent occupant, donne une identité visuelle forte. Les étagères en bois sur mesure sont adaptées aux différents formats de livres. L'éclairage design met en valeur les couvertures. Le sol à motifs ajoute une touche d'originalité. L'ensemble crée une ambiance chaleureuse et contemporaine, loin de l'image poussiéreuse qu'on associe parfois aux librairies.

Les 18-25 ans, ultra-connectés, ont soif de beaux espaces authentiques. Ils veulent des lieux où il fait bon traîner, prendre des photos, partager sur les réseaux sociaux. L'Astragale répond parfaitement à cette attente.

Horaires et localisation : une librairie de quartier qui joue la carte de la disponibilité

L'Astragale est située au 108 rue de Sèze, dans le 6e arrondissement de Lyon, un quartier résidentiel chic. La librairie est ouverte du mardi au samedi de 10 heures à 19 h 30, et le dimanche de 10 heures à 13 heures. On peut les joindre au 04 72 37 84 32.

Ces horaires sont ceux d'une librairie de quartier classique. Impossible de lutter 24 heures sur 24 contre Amazon. Mais la proximité et le conseil personnalisé compensent largement. Les clients savent qu'ils peuvent appeler pour demander un conseil, réserver un livre, ou simplement discuter. Le lieu devient un repère dans le quartier.

Flâner ou cliquer : pourquoi le lieu physique est un acte politique

Entrer dans L'Astragale, c'est faire un choix. C'est voter pour un modèle économique et culturel. Le livre de Bétinas et Dumont ne raconte pas une utopie, mais une réalité d'acier : si les clients ne viennent pas, la librairie ferme. La beauté du lieu est un piège tendu à l'indifférence numérique.

Chaque achat dans une librairie indépendante est un acte politique. Il soutient un commerce de proximité, des emplois locaux, une diversité éditoriale que les grandes surfaces ne peuvent pas garantir. Le livre le rappelle avec force : la librairie n'est pas un luxe, c'est une nécessité.

« Le libraire de l'année » : comment cette enquête peut changer tes habitudes de lecture

Après avoir refermé le livre de Bétinas et Dumont, on ne peut plus acheter un livre comme avant. L'enquête agit comme un miroir : elle nous renvoie à nos propres choix de consommation. Chaque clic sur Amazon, chaque achat impulsif sur une plateforme, a des conséquences concrètes sur la survie des librairies indépendantes.

Le vote pour le prix « Libraire de l'année » n'est qu'un symbole. Le vrai vote, c'est le passage en caisse chez son libraire de quartier. C'est là que se joue l'avenir du métier.

Au-delà du vote : le vrai prix d'une librairie qui tient debout

La métaphore de l'astragale revient comme un leitmotiv. Ce petit os du pied, essentiel pour se tenir debout, est l'image parfaite de la librairie indépendante. Le livre de Bétinas et Dumont agit comme ce petit os : une enquête courte mais essentielle pour comprendre pourquoi la librairie indépendante est précieuse.

Le prix d'un livre chez L'Astragale est le même qu'ailleurs, grâce à la loi Lang sur le prix unique. Mais l'argent dépensé chez le libraire indépendant reverse une marge vitale à une entreprise humaine, à des salariés qui vivent de leur passion, à un écosystème qui fait vivre la diversité éditoriale. Chaque euro compte.

Pourquoi 2026 est l'année où la librairie indépendante prouve sa force

L'année 2026 marque un tournant. Après des années de déclin annoncé, les librairies indépendantes montrent des signes de résistance et même de renaissance. Le livre de Bétinas et Dumont en est la preuve. Il existe un public pour ces enquêtes exigeantes, pour ces récits qui racontent le vrai visage du métier.

Les libraires existent, le public existe, les livres existent. À nous de décider si on les laisse exister. L'enquête de Bétinas et Dumont n'est pas un appel à la pitié. C'est un manifeste pour une consommation culturelle responsable, un électrochoc qui révèle le véritable combat des libraires : économique, culturel et social.

Conclusion

Le libraire de l'année est bien plus qu'un simple recueil d'articles. C'est une enquête qui déconstruit les clichés, qui montre la réalité crue d'un métier en sursis, et qui redonne toute sa noblesse à la fonction de libraire. Bétinas et Dumont ne se contentent pas de décrire : elles agissent, elles résistent, elles témoignent.

Le livre nous confronte à nos contradictions. Nous aimons les librairies, mais nous achetons souvent sur Internet. Nous regrettons la fermeture des commerces de proximité, mais nous privilégions la commodité. L'enquête nous tend un miroir et nous demande : quel monde voulons-nous ?

La réponse est entre nos mains. Littéralement. La prochaine fois que vous chercherez un livre, pensez à L'Astragale, à ses 8 000 références, à ses étagères sur mesure, à ses libraires passionnées. Et si vous voulez en savoir plus sur le combat qui se joue chaque jour dans les librairies indépendantes, lisez l'enquête de Bétinas et Dumont. Elle changera votre regard. Et peut-être, vos habitudes.

Si ce sujet vous intéresse, nous vous recommandons également la lecture de Les filles de la librairie de Giulia Foïs, un roman qui déchire le silence des femmes dans le monde du livre.

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Questions fréquentes

Quelle est la marge nette d'un libraire indépendant ?

Selon l'enquête de Bétinas et Dumont, le taux de marge moyen oscille autour de 35 %, mais après déduction des charges fixes, il reste parfois moins de 2 % de bénéfice net.

Comment les librairies résistent-elles face à Amazon ?

Les librairies indépendantes misent sur le conseil humain personnalisé, la prescription transversale et l'ancrage local. Elles créent une expérience de flânerie et de lien social que les algorithmes d'Amazon ne peuvent pas reproduire.

Pourquoi le nom L'Astragale pour une librairie ?

Le nom fait référence au roman d'Albertine Sarrazin et à un petit os du pied essentiel pour se tenir debout. C'est une métaphore de la librairie indépendante : une petite structure qui soutient tout l'écosystème du livre.

Combien de références compte la librairie L'Astragale ?

La librairie L'Astragale à Lyon compte environ 8 000 références. Elle organise ses tables par thèmes plutôt que par genres, mélangeant romans, BD et essais sur un même sujet.

La loi Lang protège-t-elle suffisamment les libraires ?

La loi Lang impose le prix unique du livre depuis 1981, ce qui évite une guerre des prix. Mais elle ne résout pas le problème de la rémunération du conseil ni la concurrence d'Amazon, qui compense par des frais de port gratuits et une livraison ultra-rapide.

Sources

  1. How bookstores are making a comeback in the UK – Companies House · companieshouse.blog.gov.uk
  2. actuabd.com · actuabd.com
  3. editions205.fr · editions205.fr
  4. leprogres.fr · leprogres.fr
  5. Articles | Livres Hebdo · livreshebdo.fr
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Hugo Lambot @page-turner

Je dévore des livres depuis que j'ai appris à lire. Romans, essais, BD, mangas, poésie – tout y passe. Libraire à Angers, je passe mes journées à conseiller des lecteurs et mes soirées à en être un moi-même. J'ai un carnet où je note toutes mes lectures depuis 2012, avec des étoiles et des citations. Mes critiques essaient de donner envie sans spoiler, parce que rien ne vaut la surprise d'une bonne histoire.

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