
L'ouvrage de Virginie Megglé, qui sort ce mois-ci en librairie, apporte un éclairage nouveau sur l'anorexie. Qu'elles aient souffert directement de cette maladie ou qu'elles en aient connu l'épreuve à travers un proche, toutes les personnes concernées par cette « grève de la faim » trouveront dans ces pages de quoi se sentir comprises.
Comprendre l'anorexie sans juger
En plein débat sur la maigreur des mannequins, il est essentiel de reconsidérer le regard porté sur l'anorexie sans renforcer les sentiments d'exclusion et de culpabilité qu'éprouvent celles et ceux qu'elle touche. Mieux les comprendre, en évitant de les stigmatiser comme s'ils étaient responsables d'une maladie face à laquelle ils se sentent d'abord impuissants, peut les aider à mieux s'accepter — et donc à mieux se soigner.
Au-delà du refus de manger : retrouver le goût de vivre
À la lecture de ce livre, on comprend que le refus de se nourrir, plutôt que d'être perçu comme un chantage exercé sur l'entourage, doit être entendu comme une impossibilité à s'alimenter — avaler devient alors une souffrance parfois insupportable. Il ne s'agit pas de se forcer à manger, mais de retrouver le goût de vivre.
Les souffrances liées à l'anorexie, souvent méconnues, sont loin d'être une partie de plaisir. La perte d'appétit est le plus souvent la perte de « l'appétit de vivre ». Qui l'a perdu rêve de le reconquérir, même si cette étrange expérience reste difficile à comprendre pour ceux qui ne l'ont pas vécue.
Ce qu'en dit la quatrième de couverture
Les mots de la faim : « On ne la reconnaît plus. On ne comprend pas comment c'est arrivé. On n'a rien vu venir. Pourtant le mal est là, qui crie à travers un corps qui s'efface. » L'anorexie inquiète et déstabilise un entourage réduit à l'impuissance. Quel est ce mal qui pousse à se détruire ? Comment ne pas désespérer ?
Avec pudeur et délicatesse, ce livre éclaire les souffrances qu'implique l'anorexie pour celle ou celui qui la vit au quotidien, mais aussi pour les proches qui la subissent. Il nous invite à dépasser nos peurs pour entendre ce que l'anorexie, telle un langage, cherche à nous dire.
Les nombreux témoignages recueillis par l'auteur portent un message d'espoir : patience, amour et prise de conscience des rôles de chacun dans la famille peuvent briser le cercle de la souffrance. Ainsi, à travers l'épreuve — et peut-être grâce à elle — les relations familiales se réajusteront, plus sainement, plus équitablement.
L'auteur : Virginie Megglé
Psychanalyste en région parisienne, Virginie Megglé développe également une pratique autour de la psychogénéalogie. Ayant elle-même souffert d'anorexie, elle nous livre ici le fruit de sa double expérience. Elle est notamment l'auteur de Couper le cordon, chez le même éditeur.
Une tribune sur l'anorexie a été ouverte à l'occasion de la sortie du livre : Anorexie voix off