
Cela peut arriver rapidement, sans qu'on s'en rende compte. Pour moi, tout a commencé par un ancien copain qui m'a fait découvrir la musique gothique...
J'étais en pleine recherche de moi-même. Je ne savais plus qui j'étais et je me sentais très seule dans ce brouillard si épais, si dense, que je ne voyais même pas la crevasse qui s'ouvrait devant mes yeux.
Quand le passé refait surface
Petite, j'ai vu ma mère partir en hôpital psychiatrique pour dépression nerveuse. Ensuite, j'ai subi des abus sexuels. Cela m'a fragilisée, mais je ne l'ai ressenti qu'à l'âge de 16 ans...
La descente dans les idées sombres
Je suis sortie avec un punk qui avait pour « amis » des gothiques. À force de les écouter, et d'écouter la musique du même style, des idées sombres ont commencé à m'envahir. Pour moi, je ne voyais pas de changement. La vie était une mise à l'épreuve pour notre mort et notre après la mort. Je pensais que le fait de fermer les yeux pour l'éternité était une libération ! Et que la vie était notre punition à tous d'être aussi avares, hypocrites, etc.
J'ai commencé à me mutiler : des signes comme le pentagramme, puis des mots m'insultant comme SALOPE. Petit à petit, le sang me donnait envie, m'excitait presque. Une étrange sensation que mon âme ne m'appartenait plus, seule ma carcasse errait au milieu de ces gens devenus trop bruyants, trop rapides. J'avais l'impression d'être dans une foule et de ne plus pouvoir bouger, comme paralysée.
L'isolement et la souffrance
Mes ami(e)s au lycée commençaient à m'éviter. Je ne comprenais pas pourquoi : les week-ends j'étais bien dans un groupe et la semaine je me sentais abandonnée.
Plus les jours, les semaines défilaient, plus cette sensation persistait. Un besoin de souffrir comme pour me persuader que j'étais encore en vie et que mon corps m'appartenait toujours. Les idées devenaient plus noires. J'ai même dit à une chrétienne que si on me forçait à me marier à l'église, je mettrais du sang humain ou de porc sur ma robe. Je ne me rendais même pas compte à quel point c'était stupide et mesquin.
Quand tout bascule
L'envie de mourir était devenue persistante et continuelle. Je voulais mourir pour me libérer de cette vie qui me faisait tant de mal. Je ne supportais plus mon image, je me haïssais. La vue de mon reflet me dégoûtait. J'avais l'impression d'être hors norme, mise à part, montrée du doigt, dévisagée et jugée. Je me sentais tellement nulle, incapable.
Alors un jour, j'ai ouvert ma fenêtre. J'ai posé un pied puis je me suis mise debout. Je regardais en face de moi, je ne pensais à rien. Les larmes s'échappaient de mes yeux, je les ai fermées... Pris une grande respiration... Puis « toc toc » : mon petit frère à ma porte qui m'appelait.
Et là, j'ai compris que j'étais égoïste. Que je n'étais pas seule. Qu'il avait besoin de moi, comme j'avais besoin de lui ! J'ai alors abandonné.
Le chemin vers la guérison
Le mal-être continuait à me ronger. Je ne dormais plus. Moins je dormais, plus les idées noires s'inscrivaient dans mon esprit...
Enfin l'été arrive. Je me suis séparée de mon ancien copain. Ma sœur de cœur venait me voir tous les jours et c'est elle qui m'a sortie de là ! À me balancer mes quatre vérités ! J'ai compris que la vie, malgré tous ses défauts, était belle et que le bonheur ne se trouve pas comme ça : il se fait ! Que c'est à nous de se dire « je veux être heureux(se) »...
Ce que j'ai appris
Maintenant, ce qui me fait mal, c'est le fait d'avoir blessé des personnes. Je me suis d'ailleurs excusée. Mais aussi le fait que mes parents n'aient rien vu, n'aient pas vu mes marques sur mon corps, ni ce changement de personnalité... En fait, c'était un appel au secours... J'aurais voulu que mes parents le voient et me guident...
J'étais juste perdue dans une sorte de jungle, et heureusement que mon amie était là ! Qu'elle m'ait écoutée, conseillée et appris...
Il faut savoir dire « je suis perdu, aidez-moi » car le mal-être peut nous envahir et nous pousser à faire de belles conneries. Si un de vos proches change, faites attention. Même si ce ne sont que des appels, prenez-les en considération.