
C'est un mot qui t'est inconnu. Tu ne t'attardes pas sur les gens qui ne t'aiment pas, tu ne penses pas à placer telle ou telle personne dans ton « groupe ennemis ». Tu passes à côté. Cela te touche évidemment, car tu t'intéresses à ce que les gens pensent de toi (c'est une erreur, tu le sais, mais tu ne peux pas faire autrement). Donc, tu ne sais même pas qui est ton ennemi. Puis un jour, tu comprends. Tu comprends pourquoi toutes ces filles ou ces hommes que tu n'aimais pas n'étaient pas tes ennemis. Parce qu'il n'y a qu'une personne capable de te faire mal au point d'être ta seule et unique ennemie. Cette personne sait tout de toi, elle connaît tes faiblesses et se réjouit de te les envoyer en pleine figure au moment opportun.
Il t'arrive parfois de douter. Douter de tout, de toi, du monde. De te demander si tu ne frôles pas la déprime. Tu as peur d'en arriver là. Alors, tu jettes un regard critique sur ta vie. Qu'est-ce qui ne va pas au juste ? Pourquoi es-tu là, assise sur ton lit, le sourire aux lèvres mais la larme à l'œil ? Ta vie est-elle si dure que ça ? Les amis, tu en as, des vrais. La santé, tu l'as, grosso modo. Tes parents, ce sont des gens bien. Tu es en vacances, ton bac et ton permis en poche. Tu doutes un peu de tes capacités dans la filière que tu as choisie, comme tout le monde, rien de déprimant. Ta vie ne t'offre pas de quoi déprimer, tout marche plutôt bien. Mais tu es tout de même là, avec des maux de tête affreux et le désir d'en finir avec la vie. Oh, que personne ne s'inquiète, tu ne fais que penser au suicide, tu n'as pas le courage d'aller jusqu'au bout.
Tu analyses donc ta journée pour trouver la faille. Et étonnamment, c'est toujours la même chose : un mot ou une action blessante. Venant toujours de la même personne... Ta véritable ennemie, qui ne veut que ton malheur. Tu ne saurais comment la décrire, on la prendrait pour plus cruelle qu'elle ne l'est. Mais c'est une fille égoïste, pour qui faire du mal aux autres est finalement presque normal. Quand tu en parles autour de toi, parce que tu es sur le point de craquer, on te comprend. Mais tu ne peux pas supporter que l'on dise du mal d'elle !! Pourquoi ?? Alors qu'elle te dénigre sans cesse devant ses copines et prend du plaisir à le faire !!
Tu comprends que, aujourd'hui, tu as des amis, des vrais. Ce ne sont pas eux la cause de tes problèmes, comme tu aurais pu le croire l'année précédente avec tes « soi-disant » amis. Non, ce n'est pas ça. Ta seule ennemie, celle qui te fait souffrir, c'est celle que tu vois tous les jours, et dont tu voudrais te débarrasser toute ta vie. Cette personne qui sait si bien te détester et te plonger dans la dépression, c'est ta sœur. Mais comme peut le faire sous-entendre ce qualificatif... Tu ne pourras jamais t'en débarrasser... À moins de couper tous les ponts avec elle... Mais en seras-tu capable ? Tu sais bien que cela fera souffrir ta famille ! Alors tu supportes et tu te tais, parce que tu ne sais plus quoi dire. Tu ne sais plus quoi faire pour faire cesser cette gamine, ta benjamine de deux ans.