
Mes parents m'annoncèrent qu'ils allaient divorcer ; ce fut le drame. Je tombai dans une énorme déprime et n'écoutais plus personne. Ma mère m'emmenait régulièrement chez le médecin car je me plaignais de maux de tête tous les jours. C'était le souci qui me mettait dans cet état. Mon médecin traitant me prescrit des médicaments pour mes maux de tête.
Mais je ne savais pas que ce simple traitement allait me poursuivre continuellement...

Comment j'ai sombré dans l'addiction
Je m'inventai un monde à moi toute seule. En réalité, je ne parlais plus, je ne dormais plus, je mangeais de temps en temps et je continuais de travailler à l'école pour éviter que mes parents essaient de me sortir de ce petit monde.
Le traitement du médecin était devenu ma drogue. J'étais censée en prendre un par jour. Au lieu de ça, j'en prenais 7 à 11 par jour. Ce qui est étonnant, c'est que je n'ai jamais fait de malaises, sauf si je ne mangeais pas. En revanche, j'avais des trous de mémoire et des crises d'angoisse. Personne ne me voyait faire tout ça, j'étais comme une cambrioleuse. Ma mère ne savait pas que j'avais fini le traitement, alors moi, toutes les nuits, je fouillais dans la pharmacie personnelle de mes sœurs. Je m'enfonçais, je pleurais et j'écoutais cette petite voix au fond de moi me dire qu'il fallait que j'en prenne encore plus.

Pourquoi l'aide de mes amis a sauvé ma vie
Mes deux meilleures amies, Annaëlle et Soraya, m'annoncèrent que la mère de Soraya attendait un bébé. Ce petit bout de chou était censé arriver pour le mois de janvier. Ce qui me fit sauter de joie, car moi-même née au mois de janvier. Je pris conscience que je devais voir cet petit être naître et le voir grandir.
Alors je décidai d'arrêter, mais comment ? J'avouai à mes deux meilleures amies et à trois autres amis la situation que je menais depuis maintenant un mois et demi. Ils prirent la décision de me surveiller tous les jours. M'interroger tous les matins pour savoir si j'avais mangé, combien j'avais pris de médicaments. C'était assez simple, Soraya savait depuis toujours lorsque je mentais.
J'ai réussi à me sortir de cette situation, la petite sœur de Soraya est née le même jour que moi. C'était le plus beau jour de ma courte vie. Je sais que j'ai fait des erreurs pendant cette période : être accro aux médicaments, repousser l'aide de mes amis et surtout garder le silence. Tout ça me détruisait.
En 2006, j'en ai pris de temps en temps histoire de me calmer, mais mon nouveau petit ami m'a convaincue que ce n'était pas la bonne solution. Depuis le 1er janvier 2007, je n'ai jamais touché aux médicaments (sauf par ordre du médecin) mais puisque j'ai mis ma mère au courant, elle me surveille de très près avec mes sœurs.
J'essaie de toujours me confier à quelqu'un quand je ne vais pas très bien et surtout je souris en oubliant tous mes soucis. Je pense sincèrement que vous devez prendre mon histoire comme une expérience. Ce n'est pas comme le 11 septembre 2001, ce n'est pas comme la mort d'un proche, mais je pense que ça montre que la vie est courte. J'ai voulu tout arrêter en pensant que j'irais mieux, mais c'est aujourd'hui que je souris de mon plus joli sourire, que je chante de ma plus belle voix et que j'aide les autres comme ils m'ont aidés. Prenez-le en compte et ne faites pas la même erreur que moi, car peut-être que vous n'en échapperez pas.