
Aujourd'hui, après une matinée bien pourrie comme toutes les autres, j'ai essayé le shit ! À votre avis, pourquoi ? Ce phénomène est de plus en plus visible dans la société, de nombreuses personnes comme vous et moi ont déjà testé. C'est un phénomène qui devient tabou, je vais vous expliquer ma raison... Pourquoi j'ai goûté cette merde... Pour commencer ma petite histoire sombre, commençons par me présenter : j'ai malheureusement et seulement 15 ans. Âge bien pourri que d'avoir 15 ans, ça je peux vous le dire car on n'a aucune liberté ! Mais mes 16 ans ne sont pas loin... Je suis du sexe féminin et j'aime les hommes (de nos jours je trouve cela important de le citer). Je suis... Comment dit-on déjà ?... Schizophrène... Étonnant ? Assez, du moins pour ceux qui m'entourent car ils ne le savent même pas, à part mon frère et ma mère. On dirait pas comme ça... Si vous me croisez dans la rue, on ne s'en douterait pas... Même mes meilleurs amis ne sont pas dans le « secret ». Comme quoi nous ne connaissons que très peu de choses des gens qui nous entourent. Mon docteur m'a révélé une chose assez étonnante, je dirai même plutôt extraordinaire ! Que vous ne supposeriez même pas. Car en fait, vous qui me lisez, vous êtes aussi schizophrène ! C'est délirant ! N'est-ce pas ? Et oui, nous sommes tous des schizophrènes ! Seulement, la différence qui nous sépare, c'est que je le suis à dose plus élevée et comme je suis soi-disant en pleine « adolescence atypique », c'est la totale crise ! Vive l'anarchie ! Je parie que vous ne le saviez même pas que vous étiez également schizophrène ?

Pourquoi ces idées noires ?
Alors, pourquoi suis-je comme ça ? Pourquoi cette différence avec vous ? Tout simplement parce que je ne supporte plus le monde qui nous entoure, il est trop brut, trop sec comme si vous aviez soif à en crever. Il fait trop de mal, il est horrible, je le déteste. Si c'était un objet, je l'exploserais en mille morceaux, je le torturerais, je le taperais de toutes mes forces jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Ce monde dans lequel nous vivons me fait ressentir comme une sorte de dégoût et de mépris, je le hais et il me hait. Je voudrais y crever des milliards et des milliards de fois. Et cette rage qui me semble m'être imposée, je la recrache tous les soirs en pleurant comme une pauvre bête assoiffée d'envie de meurtre, de sang et de rage. Une envie d'hurler m'envahit, cette gêne je la ressens, je la vis... J'y goûte et j'y prends un certain plaisir en même temps mais ça sans le vouloir forcément. Mon problème, ce sont donc mes idées noires. Ces idées noires qui m'envahissent le soir, sans frapper, elles entrent dans mon inconscient et prennent plaisir à me rendre folle, folle de meurtre. Elles m'envahissent d'idées sombres, d'images de sang... Et le pire dans tout ça, ce sont les gens qui m'entourent. Pourquoi les gens sont-ils cons et ne comprennent rien ? Pourquoi ne voient-ils pas le mal-être en moi et le mal qui m'émet ? Tant de questions sans réponses... Conclusion simpliste de ces questions : le monde est pourri. Pourtant je me sens bien, j'assume ma personnalité, je l'aime bien, je m'y sens bien mais le problème, ce sont les autres...

Mes vrais amis
J'ai fait une rencontre qui a changé ma vie en 3ème. Je me suis fait de vrais amis. Des amis que l'on garde pour toute la vie, des amis purs et durs. On peut dire qu'on ne fait pas ce genre de rencontre partout, ça je peux vous le dire ! Des vrais amis ! Je dois même avouer que j'ai rencontré l'excellence. J'ai passé une année merveilleuse, remplie de délires, de joie et de bonne humeur... Mais le rêve a pris fin ; un jour sombre, un jour en fin juin... Quand je suis rentrée dans mon nouveau bahut, j'ai bien rencontré des têtes sympas que je connaissais déjà mais problème : de tous ces gens, aucun n'était l'un de mes amis d'avant. Aucun ne correspondait à ma politique d'amis idéale ou d'amis qui auraient pu ressembler à ce que je cherchais. Mon psy m'a dit que j'étais trop difficile sur le choix de mes amis, que je devais accepter plus les défauts des autres et que je devais me contenter des gens que j'avais autour de moi. Sur ce point il n'a pas tort, mais tous les gens qui m'entourent, c'est plus fort que moi, je ne peux pas... Je ne peux pas m'en faire des amis car ils ne sont pas comme je veux...

Mes médicaments et leurs effets
Je dois vous avouer que je prends des médicaments pour me soigner. Voici les effets indésirables : troubles associant des tremblements, une rigidité et/ou des mouvements anormaux, somnolence, insomnie, indifférence, anxiété, variation de l'humeur, agitation, maux de tête, vertiges, confusion, convulsions, sensation de vertige, accélération des battements de cœur, trouble du rythme cardiaque pouvant être grave, nausées, vomissements, perte de l'appétit, troubles digestifs... Je vais pas vous copier toute la liste des effets négatifs... Moi, j'ai juste l'anxiété, la fatigue, les vertiges quand je me lève trop vite, le manque d'appétit, des troubles de la vision et des variations d'humeur. Je peux vous dire que quand j'étais à 10 mg, j'étais un vrai zombie ambulant...
Pour représenter ma schizophrénie, je vais vous expliquer ça en image. Avec le 10 mg, c'est comme si vous marchiez sur une planche en bois : il faut faire attention où on met les pieds mais ça va, c'est assez facile à part que vous êtes totalement naze. Avec les 5 mg, c'est un tronc d'arbre : je peux facilement retomber et chuter mais j'ai réussi à passer le cap et je suis passée à 2 mg à cause de la fatigue. Et là je m'en rends compte que je ne marche plus sur un tronc d'arbre mais sur un petit fil extrêmement fin qui risque de se casser à un moment ou un autre ou qui risque de me faire perdre l'équilibre. C'est inquiétant vu comme ça et je peux vous dire qu'à deux mg, il faut s'accrocher car mes idées noires peuvent revenir le soir si je ne fais pas assez attention. Parce que oui, ces médicaments sont censés calmer mes idées noires.

Mes idées noires
Mes idées noires me prennent généralement le soir. Sans le vouloir, c'est une série d'images d'horreur qui défilent dans ma tête. Le problème, c'est que je ne peux pas les contrôler. Elles viennent, m'envahissent comme un poison tuerait un homme. Elles me font souffrir le martyr et inconsciemment j'en prends un plaisir secret. Le plaisir de souffrir est assez intense, j'aime — ou je ne sais pas si c'est vraiment moi qui aime — ces images et ces scènes d'horreur qui se construisent dans ma tête. Chaque soir, une nouvelle histoire d'horreur commence, c'est un cycle vicieux qui ne semble pas vouloir se finir. J'ai beau taper dans mon oreiller, rager dessous mes couvertures, rien à faire. Elles sont là, présentes, aimant me faire souffrir.

Dormir ou mourir ?
J'ai comme une envie de pleurer. Mais pourquoi les larmes ne coulent-elles pas sur mon visage ? Pourquoi suis-je comme ça ? Pourquoi, pourquoi ? Je veux crever. Je veux finir mes jours là, tout de suite. Je veux me pendre, avaler des médicaments ou je ne sais pas quoi, mais je veux crever, mourir car je sais que là je serai heureuse... Je veux quelque chose que je n'arrive pas à décrire. Ce n'est pas de l'amour, ce n'est pas contrôlable. Les accidents, ça arrive. Alors pourquoi pas me jeter de mon toit ? Pourquoi pas en finir une bonne fois pour toutes ? Pourquoi pas dégager ma haine que j'éprouve pour le monde entier ? Ma rage qui se consume comme une cigarette ? Pourquoi pas l'éteindre ? Ce serait si facile ! Mais au fond je sais que des gens seront tristes pour moi. Mais je m'en fous, je veux crever une bonne fois pour toutes et ce ne sera pas plus mal. Pour une fois je ferais quelque chose de bien dans ma vie. Et je ne pense pas que je le regretterai. Je veux mourir mais je n'arrive pas à passer à l'acte. Pourquoi ? Alors dans ces cas-là, je baille et je me dis que j'ai envie de mourir. Ma mère m'a dit que mourir ne prend qu'un « r » parce qu'on ne meurt qu'une fois. Moi je faisais tout le temps la faute de mettre deux « r » parce que pour moi, je meurs tous les soirs. Dormir est une façon de mourir. Tu oublies tout et parfois c'est très pratique, mais quand tu te réveilles, tu te rends compte que t'es toujours là et que tu sers à rien. C'est pour ça que j'adore dormir et que j'aimerais m'endormir et ne pas me réveiller. C'est tout ce que je demande et pourtant j'y arrive pas ! Pourquoi pas prendre des cachets qui m'endormiront une bonne fois pour toutes ? Pourquoi ne pas passer à l'acte ? Décidément je n'y arrive pas. C'est plus fort que moi. Quelque chose me dit de ne pas en finir et une autre m'épuise en me disant le contraire. Ce sont deux forces dans ma tête que je ne contrôle pas. Deux forces, mais qui arrivera à me décider à la fin ? Laquelle des deux gagnera le combat ? Laquelle me décidera un jour à franchir le cap ? Je n'en peux plus, je veux que ça cesse et pour de bon ! J'en ai marre de me poser toutes ces questions. Je veux dormir et ne pas me réveiller, alors bonne nuit ! Et non, je ne suis toujours pas endormie ! Je ne suis pas fatiguée physiquement mais mentalement. Alors je n'arrive pas à m'endormir. Et je crie ! Je crie au ciel mon désespoir. Pourquoi tant de haine en moi ? Je crie mon désespoir, la haine dans mon cœur. Mais aidez-moi ! Je meurs ! Vous ne le voyez pas ? Je meurs... Je vous en supplie, aidez-moi... Je meurs à petit feu.

X, le déclencheur de ma chute
Je ne vous ai pas raconté qui était X ! X c'est le commencement de ma chute ! C'est un très grand facteur du commencement de ma déprime !! Grâce à lui je suis morte aujourd'hui... Je l'aimais éperdument, j'en étais folle amoureuse et notre histoire a duré trois mois en été 2005, c'était comme un rêve avec lui et pourtant un jour il m'a dit : c'est fini ! Il a arrêté car il y avait que du sexe entre nous soi-disant et qu'au fond il pensait qu'il ne m'aimait pas... Ça a été le déchirement en moi, j'en étais tellement amoureuse que début septembre, la perte de mes amis qui étaient dans un autre lycée et cette séparation avec X ont été le commencement de ma chute. Ma chute vers l'enfer. Ça fait maintenant un an que je ne suis plus avec X et pourtant je peux vous dire qu'au fond de moi, je l'aime toujours ! C'est quelqu'un d'extraordinaire et je l'aime. Par contre il y a deux mois maintenant, j'ai fait une chose dont je ne suis pas fière et lui non plus ! On a couché ensemble alors que j'étais bourrée et lui conscient dans les toilettes des Galeries Lafayette. C'était un après-midi où il m'avait proposé de se voir, je pensais pas que cela allait se finir comme ça ! Et si j'avais su, je n'aurais pas bu ! Mais voilà, il a profité de moi quand j'étais vulnérable... Il m'a avoué par la suite qu'il s'en voulait énormément d'avoir trompé sa copine et qu'il ne ferait jamais plus ça de sa vie car il l'aimait... Là ils sont toujours ensemble, la fille n'est bien sûr pas au courant de ça et ils continuent d'être heureux tous les deux. Alors que moi de mon côté je suis si mal... Mais bon, ça, X s'en fout !

Mes scarifications
Tiens, parlons de mes scarifications ! Il m'arrive souvent dans les moments lourds de me scarifier. C'est facile et ça produit un bien fou. On déchaîne notre haine envers le monde entier en simplement arrachant sa peau. On exprime notre rage, notre souffrance intense. Tout s'évacue. Je prends souvent mon opinel pour me scarifier. Il est toujours bien coupant, ça facilite les coupures sinon on doit appuyer et ça fait plus mal ! Sur le coup on est content, ça nous fait du bien, après ça commence à piquer. Si je fais ça, c'est parce que ça m'aide à oublier. À oublier toutes les conneries du monde qui nous entoure... Ce monde qui me pourrit la vie !

Ma vie après
Ma vie reste une chose lugubre, gisante sur le sol, attendant qu'une main la libère, la délivre, la soulève et l'aime. Mais au fond, qu'attendrais-je réellement ? Peut-être que j'attends le prince charmant ? Mais je ne crois pas qu'il existe, malheureusement. Sinon il ne veut pas de moi ou alors il est mort. Tout comme moi. Parce que moi je suis morte, ou je suis partiellement morte. Dans ma vie morte, je m'imagine être un ange de la mort, aux ailes noires, je prends les âmes des vies qui n'en veulent plus, des âmes égarées. Je suis leur soulagement, leur fin, je leur donne ce qui est pour moi le bonheur éternel.