
... Je me suis littéralement plantée. Eh oui, c'était le bac de français, ou plus précisément, la chose la plus importante de l'année ; en tout cas pour moi. Bon, j'y vais peut-être un peu fort mais c'était : LE truc à ne pas rater ; LE SEUL truc auquel je devais penser ; LE SEUL JOUR où je devais être en forme ; et bien sûr, il fallait que je le foire... Le pire, c'est que je m'en suis rendue compte alors que j'étais encore devant elle : cette copie tachée (je crois que la comparaison entre la tache et mon devoir se rapproche plus de la vérité que de la simple fantaisie littéraire...), mais compte tenu de mon caractère pessimiste et fataliste, il était trop tard : ce devait être écrit (c'est le cas de le dire...) ; le DESTIN, ce c* avait déjà décidé pour moi... Et il m'envoya hors de la salle 502 avant la fin réglementaire de l'épreuve...
Après l'épreuve : le jugement des autres
"Alors, comment ça s'est passé ?"
"T'as pris quoi ?"
"T'as réussi ?"
Voilà un bref échantillon de ce qui se déverse sur celui qui sort et s'aventure parmi ce flot d'adolescents qui croient déjà en être arrivés au bout...
Parmi eux, il y a ceux qui ont réussi, ceux qui ont foiré et ceux qui s'en foutent (ou qui font semblant... Comme moi...). Il y a ceux qui en parlent, ceux qui n'en parlent pas et ceux qui réconfortent ceux qui n'en parlent pas. Il y a aussi ceux qui se lancent carrément des fleurs et ceux qui, au contraire, sont "persuadés" d'avoir fait un hors-sujet et qui, dans moins d'un mois, nous annonceront qu'ils ont eu 15... Enfin, certains se précipitent incognito sur un bus, un scooter ou une voiture en laissant derrière eux ceux qui tripotent dans tous les sens cet objet désormais indispensable à la survie de l'adolescent type (attends, ça faisait 4 heures qu'ils l'avaient pas touché, t'imagine l'émotion ?!) et tout derrière, il y a ceux qui attendent patiemment un bus pour aller "fêter ça"...
Le lendemain : remise en question et révisions
Après avoir "fêté" ça comme il se doit, et une fois que le cerveau (s'il y a cerveau...) se remet en place, on y repense et là, misère... "Je suis vraiment bonne à rien", "je savais le faire pourtant", "j'en ai marre !"... Voilà autant de phrases dépourvues de sens que l'on s'entend prononcer là, aussi, sans l'avoir demandé... Alors on se dit qu'on fera mieux la prochaine fois mais, hey ! Ma vieille ! C'était le BAC, l'UNIQUE !
Après une légère phase de déprime assaisonnée de prévisions quant au résultat et d'anticipation vis-à-vis de mon cher Père et de ma chère Mère, qu'il ne fallait surtout pas décevoir... On se plonge à fond dans les révisions pour l'oral, c'est ce qu'il y a de mieux à faire de toutes façons. Ou alors, on se tourne vers sa gratte en pensant très profondément aux raisons de notre manque de talent(s)...