
Comment tout a commencé
J'avais 5 ans lorsque ma mère est tombée en dépression. Au début, je pensais qu'elle s'était fait mal et qu'elle était partie à l'hôpital. En réalité, elle était allée dans une clinique de réhabilitation. Ma sœur, mon père et moi sommes allés la voir souvent, mais elle se mutilait. J'avais du mal à voir ça, même si elle le cachait pour que je ne vive pas malheureux.
À l'école, je restais seul dans mon coin pendant que les autres jouaient. Je faisais de mon mieux pour avoir d'excellents résultats, me disant que ma mère irait mieux si son fils réussissait. J'essayais de la rendre fière. Sa dépression s'est terminée alors que je fêtais mes 6 ans. À ce moment-là, j'ai compris que si ma mère me voyait seul et inactif dans la cour de récréation, elle se dirait que c'était de sa faute et replongerait. J'ai alors décidé de faire semblant d'être heureux. Je m'occupais des élèves de petite section et je jouais avec les plus malheureux, en me disant que j'aurais aimé que l'on s'occupe de moi quand j'étais au plus bas. Mais c'était trop tard, j'avais pris ma décision : créer l'image d'un moi heureux.
Mon quotidien derrière le masque
Aujourd'hui, j'en suis toujours au même point, sauf que j'ai remarqué que je n'arrive plus à pleurer. Cela me rend triste, mais je garde toujours ce masque souriant. J'ai essayé à plusieurs reprises d'avoir une petite amie, mais sans succès (5 refus à la suite... ça fait mal). J'ai enfin réussi à trouver quelqu'un dont les sentiments sont réciproques. Je l'aime, elle m'aime, mais je n'arrive pas à me défaire du masque de ce faux moi hérité de mon enfance. Je ne l'enlève que lorsque je suis sur l'ordinateur, là où personne ne me voit et où je peux être vraiment moi : un adolescent malheureux qui ne sait pas montrer sa vraie personnalité au monde.
J'aimerais savoir si d'autres personnes sont dans mon cas et j'espère ne pas m'être confié pour rien. J'ai mis du temps à écrire cet article, croyez-moi, et c'est dur de vivre ma vie...