
Je ne sais pas. Je sais seulement qu'au moins, on ne peut pas regretter. Quand on est mort, on ne pense pas, on ne souffre plus. Nous ne sommes plus, c'est ça le truc. La solution d'un mal-être insurmontable qu'on pense que personne ne peut comprendre. C'est le ras-le-bol de cette sensation : je fais souffrir tout le monde autour de moi avec mon moral toujours à zéro, je n'apporte rien de positif. Quand ça va mal, on veut fuir, courir sans que personne ne nous retienne. Courir jusqu'où ? Vers une vie meilleure, moins de problèmes, de pleurs, de cris. Courir vers une vie paisible. Tout recommencer à zéro, c'est ça qu'on recherche quand ça va mal : le calme.
Et puis parfois, on pense aux conséquences que ça aura. On se dit que de toutes façons, personne ne réagira. Elle est morte : dommage, elle était mignonne. Et puis on se rend compte que les personnes susceptibles de pleurer et de venir à l'enterrement se comptent sur les doigts de la main.
On se dit que puisque de toute façon je n'apporte rien à personne sauf du mal, eh bien autant partir. Et puis à cet âge, la seule fuite, c'est la mort.
Et puis après, on pense à la façon de partir. Comment partir ? Par quels moyens ? Pour ne pas souffrir, la meilleure solution, ce sont les cachets, mais il faut les trouver et ça, c'est pas évident.
Ma prise de conscience face aux pensées suicidaires
Et puis vient en soi un moment de lucidité. Je me dis que c'est stupide et qu'au fond, je n'ai pas à me plaindre. Que je suis entourée de personnes qui m'aiment, mais que je ne le vois pas. Que je préfère fuir devant la réalité plutôt que d'affronter ce qui ne va pas !
Pourquoi rester fort et ne pas abandonner
Et puis en fait, je me dis que ce n'est pas une solution et que même si je ne vais pas bien, que je me sens mal, je dois rester là et me battre — tout du moins essayer de combattre ce qui me ronge à l'intérieur. Je dois rester vivante et penser à toutes les personnes qui sont parties sans même le vouloir un instant, alors que moi, j'ai la chance de pouvoir vivre. Il faut donc que j'en profite, que je me remette sur pied. Il faut être forte et ne pas baisser les bras devant les problèmes que je rencontre. Il y a des millions d'adolescents qui ont les mêmes petits problèmes que moi et ce n'est pas pour autant qu'ils décident de partir.
Le suicide n'est pas une solution au mal-être
Ce qui me paraissait être une solution n'est en fait qu'une illusion.
Le suicide n'est pas une solution au mal-être, ni à aucun problème d'ailleurs.
Il faut se battre et rester fort quoi qu'il arrive.
J'ai su prendre sur moi et affronter ce qui n'allait pas. Aujourd'hui encore, je continue à me battre en me disant qu'il le faut par-dessus tout. Si je ne le fais pas pour moi, je devrais le faire pour les personnes qui m'aiment et que j'aime.
Pensez-y...