
Pourquoi est-on déprimé sans raison apparente ?
Il existe de multiples causes ! Mais pour certains cas (dont j'ai fait partie), il n'y a pas vraiment de raison apparente à la déprime. Exemple : on a tout pour être heureux, mais on ne l'est pas. D'où vient le problème ? Je pense que c'est justement le fait qu'il y ait tout pour qu'on soit heureux qui fait qu'on ne l'est pas ! C'est une sorte de routine qui nous fait tourner en rond et, au bout d'un moment, on ne le supporte plus. Dans ces cas-là, la déprime est quasi-assurée ! On se renferme sur soi petit à petit, puis on sombre encore un peu plus, toujours un peu plus, jusqu'à se demander finalement à quoi on sert et si on est vraiment utile.
Mais chacun a une seconde chance, il faut la saisir au vol ! Je sais que c'est difficile, mais peut-être qu'à force d'être comme ça, les gens finiront par s'en apercevoir et vous aideront ? Maintenant, ce n'est plus qu'une question de temps...
Dans les autres cas, s'il y a une « vraie » raison à cette déprime, le mieux est d'attendre un peu. Si les choses empirent, il faut essayer de régler le problème, mais s'il est trop imposant, mieux vaut appeler une ligne d'aide spécialisée pour vous aider à remonter la pente.
Témoignage : mon expérience de la déprime
Je voulais vous faire part de mon vécu pour (peut-être) aider des gens qui se trouvent dans la situation où je me suis trouvée...
Cette année-là, je n'avais pas encore 14 ans, mais presque. Tout allait bien dans ma vie, à part le fait que mes parents avaient divorcé peu de temps avant. Cependant, je ne pense pas que ce soit la cause de ma déprime. Je pense que c'est la routine qui m'a fait « péter un plomb ». Je m'ennuyais en cours, je ne supportais plus ma mère, je perdais des amies et, petit à petit, je me renfermais comme une huître sans vouloir sortir de ma coquille, car j'y étais bien. Je pleurais souvent sans raison particulière, mais c'était juste parce que je me sentais mal.
Je me pensais inutile, je perdais le goût à la vie, mais tout ça sans que personne ne s'en aperçoive, ce qui m'affectait encore plus car j'en voulais énormément aux gens de ma famille qui ne remarquaient pas que je n'allais pas bien ! Puis je déprimais encore plus...
Je commençais à me « griffer » le bras droit avec des bâtons, puis quelques mois plus tard, je me taillais avec un cutter. Je n'ai pas dit me « coupait les veines », mais me « taillait », car beaucoup de gens font la confusion et ça m'énerve ! Bref, au fil du temps, je montais toujours un peu plus sur mon bras, puis j'ai presque visé le poignet ! J'ai compris que je n'allais vraiment plus bien !
Puis, lors d'un voyage en Espagne durant l'année, j'ai montré mes cicatrices à un copain, je lui ai vaguement parlé de ça. La nouvelle s'est vite répandue... Toute la bande ne voulait même plus m'adresser la parole à cause de ça (je sais, c'est un truc de gamins, mais ce sont des mecs de 13 ans « et demi », lol !) et là, je me suis sentie vraiment rejetée comme je ne l'avais jamais été, d'autant plus à cause des paroles qu'ils disaient ! J'ai pleuré pendant qu'on visitait un musée. Là, les filles ont commencé à faire attention à moi, puis j'en ai réellement parlé avec une copine assez proche. Elle avait un an de plus que moi et elle avait vécu des choses difficiles, notamment sa mère qui se taillait les veines, donc elle pouvait en parler. J'ai été, en quelque sorte, « engueulée », mais je pense que ça m'a fait du bien. C'est à partir de cette journée que j'ai eu un vrai déclic.
Comment s'en sortir de la déprime ?
Après ça, j'ai vraiment pris ma vie en main, toute seule. Je me suis aidée toute seule et je m'en suis sortie quasiment toute seule avec l'aide d'une copine qui était dans le même cas que moi. On ressentait les mêmes choses et ça m'a vraiment aidée de voir quelqu'un qui était dans mon cas ! J'ai ensuite repris goût à la vie. Ça m'a pris plusieurs mois, c'était très difficile, mais les jours passaient et petit à petit, j'avais arrêté de me mutiler, ce qui était pour moi un grand pas en avant. Puis, j'ai pratiquement oublié l'envie de suicide, j'essayais de voir les choses positives dans tout...
Je rappelle bien que ça ne se fait pas du jour au lendemain ! Il faut avoir beaucoup de volonté si on veut s'en sortir et pour que le cauchemar soit entièrement terminé, il faut des mois et des mois. Avec l'aide de son entourage ou d'un(e) ami(e), c'est encore plus facile, surtout s'il (elle) est dans le même cas que vous ! Je suis totalement disponible pour ceux et celles qui voudraient en parler, surtout s'ils sont en déprime. Vu que j'ai déjà vécu l'expérience, je pense que je peux me rendre utile et aider les autres maintenant...
Oui, parce que maintenant je profite de chaque jour qui passe, même si parfois encore ce n'est pas facile. Mais cette déprime m'a rendue si forte que maintenant je me sens pratiquement invincible face aux problèmes du quotidien ! Cette expérience, si on peut appeler ça ainsi, est vraiment enrichissante si on s'en sort bien, car ça nous rend vraiment plus fort et on apprend à reprendre goût à la vie jour après jour. C'est ça qui est fantastique et c'est à partir de là qu'on peut dire que la vie est vraiment quelque chose de bien.
Quand la déprime tourne-t-elle au drame ?
Quand une déprime tourne mal et qu'elle n'est pas résolue, on peut, dans certains cas, en arriver au suicide. Beaucoup le veulent, mais seulement (et heureusement !) une minorité le fait vraiment. Pour les jeunes vraiment en déprime grave, il existe des lignes d'écoute adaptées...
Numéros à venir très prochainement...