
Je ne suis pas capable non plus d'avoir de sentiments. Je ne pleure jamais. Tuez la personne que j'aime le plus au monde devant mes yeux et je ne vais rien dire. Pas une larme, pas une goutte de tristesse.
On ne peut pas m'atteindre, mon cœur a peur et est rempli de rancœur.
2 ans en enfer
J'ai déjà entendu des mots à répétition qui résonnaient dans ma tête, je voyais des images aussi... Cela me terrorisait plus que tout. Je me cachais dans mon lit et je prenais ma poupée dans mes bras pour la rassurer. Je n'avais pas 5 ans, j'en avais 13. Puis, j'ai tout fait pour essayer de me tuer, la vie n'avait pas de sens. On m'a dit de voir un psychologue mais je ne leur fais pas confiance, alors j'ai passé plusieurs rendez-vous à lui dire des "je sais pas" comme réponses.
Tannée de me voir, elle me laisse tomber. Je retombe sur mes deux jambes mais dans le fond d'un trou. J'ai peur. Je trouve un moyen de me rassurer, je répète les mêmes rituels tous les jours. "Ne jamais se coucher avant d'avoir regardé sous son lit, ne jamais traîner devant son lit, toujours sauter sur celui-ci..." Ma vie était devenue un ensemble de rituels qui pouvait paraître plus que stupides. Mais sans eux, j'allais mourir. À 14 ans, je me sauvais des fenêtres car elles me faisaient peur. Tout me faisait peur : les gens, les objets, les lieux, internet, etc.
Un jour, où j'aurais dû être heureuse, j'ai commencé à m'ouvrir les poignets... J'essayais de toucher aux veines... C'était mon objectif... Vouloir mourir ? Non... Le contraire... Je voulais vivre et le sang était mon signe de vie.
Et j'ai découvert...
Je n'étais pas la seule à vivre comme cela. Cela m'a fait du bien. Les médecins ont dit que des choses dans ma tête ne fonctionnaient pas. J'avais des troubles obsessionnels compulsifs et d'autres choses encore. On m'a donné des médicaments, on m'a prescrit des psychologues supposés être les meilleurs. Les psychologues, ils étaient tannés de moi après 2 rendez-vous. Donc ils ont compris qu'ils ne pourraient rien faire pour moi tant que je ne serais pas prête à parler...
Parler de quoi au juste ?
Ça, je ne peux pas encore le dire...
On me demande ce qui ne va pas... Je ne peux pas répondre... On me dit que je devrais le savoir... Mais non, je ne le sais pas. On me traite de stupide de faire des choses sans raison. Il y a une raison, mais elle est cachée bien loin dans ma tête.