Image 1
Lifestyle

Document sans nom

Une réflexion sur l'audace, le temps qui passe et nos rêves de jeunesse. Et si on arrêtait de tout remettre à demain pour enfin saisir notre chance ?

As-tu aimé cet article ?

Image 1
Image 1

On se sent tous un peu écrivains en herbe. On espère tous passer à la postérité, après tout, pourquoi pas ? Pourquoi pas moi ? Mais la monotonie des jours, la paresse, le travail nous empêchent de prendre la plume, ou le clavier. Pourtant, nous les jeunes, l'inspiration ne nous manque pas. Après tout, dans 10 ans, on aura peut-être changé le monde... Ou peut-être pas. L'avantage d'aujourd'hui, c'est que tout est encore à venir : nos choix, nos erreurs, nos malheurs, et même nos instants furtifs de bonheur. Qui sait quand le prochain pur moment de bonheur va commencer ? Peut-être demain, tout à l'heure. Alors qu'est-ce qu'on attend ? Saisissons notre chance, envolons-nous pour réaliser toutes ces grandes choses qui nous tiennent à cœur, que ce soit un sourire à notre voisin de palier, un mot doux à ceux qu'on aime, ou l'achat d'un microscope super perfectionné qui nous permettra peut-être de trouver un remède à une de ces maladies rares. Alors pourquoi sommes-nous toujours devant l'écran, moi à taper et vous à lire ? Imre Kertész a imprimé sa marque dans le monde extérieur, un peu, jour après jour. C'était un prix Nobel de littérature, me direz-vous, mais après tout, qu'était-il à 20 ans ? Probablement pas plus que nous, mais il a essayé... Veni, vidi, vici !

Quand avez-vous pris un vrai risque pour la dernière fois ?

Je vous mets au défi de répondre dans la seconde : quelle est la dernière fois que vous avez pris une chance, une vraie ? Pas simplement quelque chose de réfléchi, mais quelque chose qui vous a fait vibrer parce que c'était spontané, parce que c'était unique. Fermez les yeux, juste un instant, laissez votre respiration se calmer, oubliez la double dose de caféine que vous avez prise juste avant... Vous sentez ? C'est votre cœur qui bat. Chaque seconde qui défile en est une de perdue. Déjà une minute, deux, peut-être, simplement en écoutant les conseils d'une parfaite étrangère. Demain, ce sera 10 minutes de perdues à contempler votre casserole faire bouillir l'eau des sempiternelles pâtes que vous mangez depuis que, étudiant, vous avez décidé de quitter la bulle familiale.

Et oui, chaque fois que vous faites quelque chose de terne, de morne, d'ennuyeux, vous perdez, vous dilapidez de ces précieuses secondes ! N'avez-vous pas soudain l'envie de bouger, de faire quelque chose de bien ? Peut-être rattraper les 10 ans de lecture que vous avez en retard. Dépêchez-vous, encore 347 987 123 livres à lire dans votre langue et plus que quelques millions de secondes à vivre. Ça y est, vous sentez l'adrénaline qui parcourt vos veines ? Que vous le sentiez ou non, votre rythme cardiaque a légèrement augmenté. Vous avez réfléchi à ce que vous alliez faire, peut-être lui dire « je t'aime » avant que cette personne ne disparaisse à jamais ! Et si elle était en train de traverser la rue, à ce même moment ? Peut-être n'a-t-elle pas regardé le feu rouge pour les piétons, ou peut-être qu'elle s'en fiche. Vous la connaissez, toujours à n'en faire qu'à sa tête ! Mais seulement à ce moment-là, il y avait un camion qui arrivait vite... Je t'aime.

À quoi bon changer le monde ?

Oui, ça y est, vous avez envie de faire quelque chose de bien, de prendre votre vie en main. Mais maintenant je vais poser une autre question : à quoi bon ? En ce moment même, 12 457 personnes sont en train de mourir d'une mort douloureuse. 42 d'entre elles sont des enfants de moins de 2 ans. Deux milliards et demi d'individus sont en dessous du seuil de pauvreté fixé par l'ONU, 1 milliard vit avec moins d'un dollar par jour... Vous vous sentez à la hauteur de la tâche ?

Oui, bon, continuons. Supposons que les 60 milliards de dollars de la fondation de Bill et Melinda Gates soient suffisants pour guérir la misère. Que pouvez-vous faire, vous, avec votre bourse d'étudiant et vos 400€ gagnés en travaillant à mi-temps au McDo cet été ? Et la dernière fois que vous avez fait quelque chose qui a vraiment marché, un succès, ou qu'importe d'ailleurs, c'était quand ?

Quel héritage allons-nous laisser ?

Et surtout, revenons au fondamental : si vous deviez mourir demain, qu'est-ce que vous auriez apporté au monde ? Une nouvelle innovation qui aurait révolutionné le monde ? Eh non, le microprocesseur Intel, c'était pas vous, c'était quelqu'un d'autre ! Une œuvre d'art ? Non, laissons tomber. Tout ça, c'est hors de notre portée. Laissons-nous porter par le gré de nos envies !

Et puis dans 10 ans, 15, peut-être 50 pour les plus chanceux, quelqu'un se souviendra encore de nous. De notre sourire dans le vent un beau jour d'été, quand on avait encore toute notre vie devant nous, et qu'on était heureux. Parce qu'après tout, oui, on n'est pas si malheureux que ça sur notre petite planète bleue, aujourd'hui encore du moins...

As-tu aimé cet article ?
joulaidu84
Julie C. @joulaidu84
4 articles 0 abonnés

Commentaires (3)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires