Depuis plusieurs mois, le doute plane sur l'avenir de la marque Xbox. Entre les licenciements massifs, les hausses de prix des consoles et les rumeurs persistantes sur une éventuelle scission de la division gaming de Microsoft, les observateurs se demandent si la marque est réellement à vendre. Alors que Microsoft nie formellement toute intention de vendre Xbox, les tensions financières et les remises en question stratégiques laissent planer un flou persistant.

Un démenti officiel, mais des réserves
Le 30 septembre 2026, Asha Sharma, la PDG d'Xbox, a été interrogée par le New York Times sur les rumeurs de revente de la marque. Elle a répondu de manière claire : "Xbox n'est pas à vendre." Cependant, elle a tempéré son démenti en soulignant que le modèle économique de la division pouvait évoluer. "Nous ferons tout ce qu'il faut pour positionner l'entreprise pour le succès, en explorant les bons partenariats, le bon modèle opérationnel et tout ce dont nous avons besoin pour y parvenir."
Cette formulation, bien que catégorique sur le principe de la vente, ouvre la porte à des scénarios de transformation. Comme le note Gamekult, la précision que "Xbox a encore du chemin à faire avec Microsoft" suggère que la relation entre la filiale et le siège social n'est pas totalement stabilisée. Une telle ambiguïté alimente les spéculations, d'autant plus dans le contexte d'un vaste plan de restructuration.
Les rumeurs ont une origine concrète
Les rumeurs de scission d'Xbox remontent à juin 2026, selon The Information. Ce rapport, relayé par des médias comme Boursorama, Frandroid ou Numerama, indique que Microsoft avait envisagé plusieurs scénarios pour l'avenir de sa division gaming. Parmi eux : une restructuration en filiale détenue à 100 % par Microsoft, ou la création d'une entité indépendante. Bien que ces options soient présentées comme des hypothèses à l'étude, leur simple existence suffit à nourrir les rumeurs.
Le 6 juillet 2026, Asha Sharma a officialisé un "reset" de la division, reconnaissant que les paris sur Game Pass, le multiplateforme et un catalogue plus large n'ont pas progressé au rythme espéré. Ce revirement stratégique, couplé à des licenciements massifs, ressemble à ce que Gamekult qualifie de "théorie populaire chez les analystes : les réductions d'effectifs et la réorganisation s'alignent sur d'autres opérations préparatoires de reventes."

Des chiffres qui inquiètent
Malgré le démenti de Sharma, les données financières récentes peignent un tableau préoccupant pour Xbox. Le chiffre d'affaires de la division a diminué de 7 %, soit environ 1,7 milliard de dollars, au cours d'un trimestre de l'exercice clos en juin 2026. Au quatrième trimestre de l'exercice fiscal 2026, le revenu lié au contenu et aux services Xbox a reculé de 10 %, en raison des coûts liés aux licenciements et aux charges d'impair.
Les ventes de consoles ne font pas mieux. En décembre 2025, Microsoft avait déjà signalé une baisse de 32 % des ventes de consoles Xbox et une diminution de 9 % du chiffre d'affaires gaming au deuxième trimestre de l'exercice fiscal 2026. Ces chiffres ont été aggravés par une série de hausses de prix. Le 25 juin 2026, Xbox a annoncé une augmentation mondiale des tarifs : +100 $ pour les modèles de 512 Go et +150 $ pour ceux de 1 To, avec la suppression du modèle de 2 To. Ces hausses sont entrées en vigueur le 1er août 2026. Joe Skrebels, rédacteur en chef d'Xbox Wire, a justifié cette décision par une crise des composants : "Les prix du stockage et de la mémoire ont augmenté de plus de 2,5x, et nous anticipons un nouveau doublement d'ici l'automne 2027."
Ces hausses, bien que techniquement justifiées, ont suscité une vague de mécontentement parmi les joueurs, d'autant plus que la concurrence ne suit pas le même cap. En 2025, le Xbox Series X 1 To était déjà 150 $ plus cher qu'à son lancement et 100 $ plus cher que la PS5, un écart historique qui a impacté la confiance du public.
Un plan de restructuration lourd de conséquences
Le "reset" de juillet 2026 a entraîné plusieurs milliers de licenciements. À l'issue de cette vague, environ 3 200 postes devaient être supprimés d'ici fin juin 2027, dont 1 600 dès l'annonce. Un second plan de licenciement a été confirmé le 22 septembre 2026, avec 268 employés concernés. En tout, près de 2 000 employés ont déjà quitté la marque, avec des fermetures de studios historiques comme The Initiative, Rare ou Undead Labs. De nombreux projets, dont Perfect Dark et Everwild, ont été annulés.

Face à cette tourmente, Xbox a choisi de se recentrer sur un nombre plus restreint de franchises majeures : The Elder Scrolls, Fallout et Minecraft. Selon des rapports, le développement de titres comme Halo aurait été confié à Activision, un signe fort de la volonté d'externaliser certaines productions. Parallèlement, la stratégie multiplateforme continue : les gros titres Xbox Game Studios sortent désormais sur PlayStation. Forza Horizon 5, Indiana Jones and the Great Circle, et Microsoft Flight Simulator 2024 ont tous été lancés sur PS5, avec succès pour certains. Halo lui-même devrait faire ses débuts sur PS5 en 2026.
La communauté en mode observation
La communauté des joueurs, surtout en France, suit ces évolutions avec une attention particulière. Des médias comme Xboxygen ont documenté à plusieurs reprises l'ampleur de la restructuration, ainsi que les répercussions sur les studios et les équipes. Certains observateurs s'interrogent sur la viabilité à long terme d'une telle stratégie, où la marque Xbox s'efface au profit d'une présence multiplateforme.
Les réactions des créateurs français, bien que non directement documentées par des sources primaires, reflètent une méfiance croissante. Les hausses de prix, la perte d'exclusivité et les licenciements répétés ont ébranlé la fidélité d'une part de la base de fans, longtemps fidèle à la marque.
Un avenir incertain, mais pas une vente
En dépit des tensions, Microsoft nie formellement toute intention de vendre Xbox. Les rumeurs, bien ancrées depuis leur apparition dans les médias, reposent sur des scénarios envisagés mais non officialisés. Les difficultés financières, les licenciements et le virage stratégique vers un modèle plus ouvert laissent cependant planer un flou persistant.
Si la direction d'Xbox continue d'affirmer que la marque reste dans les mains de Microsoft, les acteurs du secteur et les joueurs restent prudents. L'avenir de Xbox dépendra non seulement des décisions prises au sein du siège social, mais aussi de la capacité de la marque à retrouver son équilibre dans un paysage concurrentiel plus difficile à naviguer.