Combat intense dans un stade futuriste impliquant une dresseuse et des Pokémon populaires comme Pikachu et Charizard.
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Pokémon Champions : bugs, 30 FPS et Pokémon piégés — faut-il éviter le jeu au lancement ?

Pokémon Champions déçoit avec un lancement technique désastreux : bugs, 30 FPS et seulement 185 Pokémon au roster. Faut-il éviter ce jeu payant malgré ses promesses esport ?

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L'annonce de Pokémon Champions avait été perçue comme un souffle nouveau pour la licence, promettant enfin une expérience dédiée exclusivement à l'esport et à la compétition VGC. L'idée de disposer d'un « Stadium moderne », exempt des contraintes d'un scénario RPG pour se concentrer purement sur la stratégie et l'affrontement, avait enflammé les forums et les réseaux sociaux. Pourtant, la réalité du lancement survenu le 8 avril 2026 a sonné comme une douche glacée pour des milliers de fans attendus sur le Nintendo eShop. Loin de l'outil compétitif ultime imaginé, le jeu débarque avec un lot de problèmes techniques et de conception qui laisse la communauté pantoise.

Combat intense dans un stade futuriste impliquant une dresseuse et des Pokémon populaires comme Pikachu et Charizard.
Combat intense dans un stade futuriste impliquant une dresseuse et des Pokémon populaires comme Pikachu et Charizard. — (source)

La déception est palpable et les retours des premiers joueurs sont unanimes : le produit semble inachevé. Entre des performances chancelantes sur la nouvelle console de Nintendo et un contenu jugé bien trop maigre, l'ambiance est à la polémique. Comment la franchise la plus lucrative au monde a-t-elle pu proposer un tel état au lancement ? Alors que Pokémon Vents & Vagues : la Switch 1 officiellement reléguée au rang de relicat marquait déjà la fin d'une époque, ce nouveau spin-off devait incarner l'avenir. Aujourd'hui, il incarne surtout la rupture de confiance entre The Pokémon Company et sa base de joueurs la plus fidèle.

Le « Stadium moderne » tant attendu, ou le grand plongeon du 8 avril 2026 ?

Il y a encore quelques mois, la communauté compétitive rêvait d'une renaissance. L'abandon progressif des modes compétitifs complets dans les épisodes principaux, comme nous l'avions vu avec l'analyse de Pokémon Pokopia : simulation, aventure et analyse du succès, laissait un vide que Pokémon Champions était censé combler. L'attente était d'autant plus vive que les développeurs avaient promis une prise en charge continue des formats VGC, l'intégration des Méga-Évolutions et une infrastructure pensée pour le tournoi. La sortie du 8 avril 2026, gratuite sur l'eShop, devait donc être l'apothéose pour les stratèges.

Dès les premières minutes de téléchargement, l'enthousiasme s'est mué en incrédulité. Ce qui devait être le fleuron de la compétition Pokémon sur Switch 2 ressemble davantage à une version technique mal finalisée qu'à un produit triple A. L'interface, censée être fluide et rapide pour les tournois, souffre de lags incompréhensibles, et la présentation visuelle n'épate guère plus qu'un jeu indépendant de budget modeste. La désillusion est d'autant plus amère que le potentiel du concept reste énorme, mais l'exécution actuelle agit comme un véritable repoussoir.

Un dresseur accompagné d'Ectoplasma et Kangourex sur scène devant le logo 'GMP'.
Un dresseur accompagné d'Ectoplasma et Kangourex sur scène devant le logo 'GMP'. — (source)

« On dirait vraiment une bêta » : le verdict immédiat des fans

La réaction sur les réseaux sociaux a été fulgurante, transformant la journée de lancement en une séance de rattrapage impitoyable. Sur de nombreux forums spécialisés et les réseaux, le ton est donné : personne ne se satisfait de cet état des lieux. Une critique en particulier résume parfaitement le sentiment général qui domine les discussions actuelles. Un utilisateur du forum ResetEra, connu sous le pseudonyme de MessyLessy, n'a pas mâché ses mots pour qualifier l'expérience de jeu.

Son constat, « On dirait vraiment une bêta », est désormais devenu viral et réutilisé par une grande partie de la presse spécialisée pour illustrer le désarroi des joueurs. Ce n'est pas simplement une critique acerbe, c'est un constat de fait partagé par des milliers de personnes qui s'attendaient à un jeu fini. Les comparaisons avec les phases de test bêta des jeux en ligne abondent, soulignant que vendre un produit dans cet état, même en free-to-play, semble irrespectueux envers les consommateurs. La frustration naît du décalage entre les ambitions marketing affichées et la rugosité du code livré dans la console.

26 ans de régression : le fantôme de Pokémon Stadium 2

Pour comprendre la colère des vétérans, il faut replacer cette sortie dans l'histoire de la franchise. La nostalgie joue un rôle cruel ici, rappelant que Nintendo et Game Freak avaient déjà réussi ce pari par le passé, il y a plus de deux décennies. La comparaison avec Pokémon Stadium 2 sur Nintendo 64, sorti en l'an 2000, est devenue l'argument massue des critiques pour souligner l'incohérence de la situation actuelle.

Un message particulièrement percutant posté sur X par l'utilisateur maxdeploy a mis le feu aux poudres. Il soulignait avec justesse que « Pokémon Stadium 2 tournait sur N64 en 2000 avec plus de Pokémon, du 6v6, un mode hors ligne et du multijoueur local ». En ajoutant que nous avons « 26 ans de progrès technologique pour sortir une telle régression », il pointe du doigt l'absurdité de la situation. Comment peut-on, en 2026, sur une console infiniment plus puissante que la N64, proposer un jeu avec moins de fonctionnalités de base et une stabilité moindre ? C'est ce sentiment de marche arrière technologique et ludique qui blesse le plus les fans historiques.

Une promesse esport trahie par la réalité

Au-delà de la simple nostalgie, c'est la promesse explicite d'un jeu dédié à l'esport qui prend l'eau. The Pokémon Company a présenté ce titre comme le futur standard des compétitions officielles, celui qui remplacerait définitivement les jeux de la principale lignée pour les tournois VGC. Or, pour organiser des compétitions dignes de ce nom, il faut des outils stables, fiables et complets. En l'état, l'absence de mode local et la précarité technique du jeu en font un candidat peu crédible pour les grandes scènes internationales.

Les organisateurs de tournois communautaires s'inquiètent déjà de la logistique : comment garantir l'équité des matches quand le logiciel lui-même souffre de bugs de calcul et de connexion ? L'image de marque de la compétition Pokémon prend un coup sévère à un moment où la discipline essayait pourtant de se professionnaliser. Au lieu de faciliter l'accès à la compétition, Pokémon Champions érige des barrières techniques inédites, laissant craindre un scénario catastrophe pour les saisons à venir si rien n'est fait rapidement.

Verrouillé à 30 FPS et bug de la 4K : la Switch 2 malmenée par The Pokémon Company

Un Pokémon à trois têtes et une dresseuse sur scène sous les projecteurs, devant un public.
Un Pokémon à trois têtes et une dresseuse sur scène sous les projecteurs, devant un public. — (source)

Une fois le choc du contenu initial passé, il faut se pencher sur la réalisation purement technique. C'est ici que le bât blesse le plus pour les joueurs possédant la nouvelle Nintendo Switch 2, qui s'attendaient à une exploitation optimale de la puissance de leur machine. Les graphismes de Pokémon Champions ne sont pas ce que l'on pourrait qualifier de « poussés à l'extrême » : on est dans un style assez épuré, statique, qui ne devrait normalement pas mettre à genou un matériel moderne. Pourtant, la réalité est tout autre, et les problèmes de performance sont le principal sujet de conversation depuis la sortie.

Le jeu semble peiner à gérer des ressources qui devraient être triviales pour la console. Entre des textures parfois floues et une réactivité qui laisse à désirer, on s'interroge sur l'optimisation du moteur de jeu. Mais le plus problématique réside dans les limitations arbitraires imposées au titre, notamment le verrouillage des images par seconde et la gestion défaillante de la résolution 4K. Pour un jeu de compétition, la précision est reine, et ces défauts techniques ne sont pas de simples détails esthétiques, ils pénalisent l'expérience de jeu.

L'absurde technique du « débrancher-rebrancher » en mode télé

Le bug le plus incroyable, et pourtant avéré, concerne l'affichage en mode télé sur Switch 2. Les joueurs possédant un téléviseur 4K s'attendaient légitimement à ce que le jeu tire parti de cette résolution. Cependant, à chaque lancement, le jeu reste bloqué en 1080p, offrant une image bien moins nette que ce que la console et l'écran permettent. Ce qui dépasse l'entendement, c'est la « solution » trouvée par la communauté pour pallier ce défaut, faute de patch correctif immédiat.

Pour forcer le jeu à passer en 4K, les joueurs doivent effectuer une manipulation manuelle et peu intuitive : débrancher la console de son dock, la rebrancher, et relancer le jeu. Cette opération, digne des années 90 et des cartouches qui jouaient au « déjà vu ». Il est impératif d'appliquer cette méthode à l'ouverture de chaque partie. Joe Merrick, célèbre pour gérer Serebii.net, a confirmé avoir personnellement vérifié cette astuce, tout en critiquant le caractère illogique d'une telle contrainte. Son constat reflète fidèlement le sentiment majoritaire : « j'aimerais quand même bien jouer à Pokémon Champions sur Switch 2 dans une qualité décente par défaut ». C'est une demande minimale de la part des consommateurs.

Le plafond de verre des 30 images par seconde

Si la résolution est un sujet important, la fluidité l'est encore plus, surtout dans un genre qui demande des réactions rapides. Pokémon Champions est plafonné à 30 images par seconde (FPS), et ce, quelle que soit la qualité d'affichage choisie. Dans l'absolu, 30 FPS peuvent suffire pour un jeu au tour par tour lentement posé, mais dans la pratique, cela rend la navigation dans les menus et le défilement des informations particulièrement lourds et désagréables.

Pour un jeu axé sur la compétition, où l'information doit être lue vite et les sélections validées sans délai, cette sensation de « lourdeur » est un handicap réel. De plus, la limitation technique impose une expérience visuelle saccadée lors des animations d'attaques ou des changements de phase. Il est incompréhensible qu'un jeu visuellement aussi simple n'offre pas une option 60 FPS sur une console capable de faire tourner des blockbusters bien plus gourmands à 60 ou 120 FPS. Ce choix technique enferme le jeu dans un sentiment d'obsolescence dès ses premiers jours de vie.

Des icônes floues et une interface peu réactive

La piètre performance ne se limite pas aux combats. L'interface utilisateur, élément central d'un jeu de stratégie où l'on passe son temps à naviguer dans les équipes et les objets, souffre également de négligences graphiques. Sur Switch 2, même lorsque la résolution 4K est effective via la manipulation du dock, les icônes des Pokémon et des objets apparaissent étrangement floues, comme si les assets n'avaient pas été mis à jour pour les standards de haute définition modernes.

Ce manque de netteté visuelle se combine à une réactivité parfois aléatoire des menus. Le lag ressenti lors du simple passage d'une page à l'autre ou lors de la sélection d'une capacité est frustrant pour un joueur qui cherche l'efficacité. C'est d'autant plus regrettable que des jeux plus anciens sur la première génération de Switch offraient souvent une expérience de menu plus fluide et plus propre. On a l'impression que le développement s'est focalisé sur les fonctionnalités en ligne sans prendre le temps de polir l'expérience locale et visuelle, créant une dissonance entre l'ambition du projet et sa réalisation pratique.

Quand les règles de la compétition partent en vrille : Vampigraine et Méga-Évolutions

Un personnage en tenue sportif sur une scène lors d'un combat dans Pokémon Champions.
Un personnage en tenue sportif sur une scène lors d'un combat dans Pokémon Champions. — (source)

Au-delà de la technique, l'âme d'un jeu de combat réside dans sa précision. Dans l'univers de la compétition Pokémon, que ce soit pour le format VGC officiel ou les règles Smogon, chaque point de détail compte. Un pourcentage de chance, un point de statistique ou une priorité de vitesse peut changer l'issue d'un match entier. C'est pourquoi la découverte de bugs affectant directement le calcul et la logique de combat a jeté un froid chez les joueurs sérieux.

Lorsque le résultat d'un combat dépend de l'intelligence du joueur et de la préparation de son équipe, avoir à l'esprit que le jeu lui-même peut tricher ou se tromper ruine l'intérêt de l'exercice. Ces erreurs de « balance » ne sont pas de simples glitches graphiques ; elles touchent au cœur du moteur de jeu et remettent en cause la validité des tournois qui pourraient être organisés avec cette version.

L'erreur d'affichage de Vampigraine : un détail qui a son importance

Parmi les bugs officiellement reconnus par les développeurs via leur communiqué, l'un des plus perturbants concerne la capacité Vampigraine. Le problème ne réside pas dans le calcul des dégâts ou la récupération de PV en arrière-plan, qui semble correct, mais dans l'affichage des informations au joueur. Le texte de combat indique que la cible perd 1/16e de ses PV à chaque tour, alors que la vraie valeur est de 1/8e.

Pour un novice, cela peut sembler anecdotique, mais pour un joueur compétitif, l'information est vitale. Si vous comptez sur un calcul précis pour savoir si votre Pokémon survivra au prochain tour (ce qu'on appelle le « roll »), un mauvais affichage peut vous mener à une erreur de jugement fatale. De plus, cela perturbe le « mindgame » : l'adversaire peut être induit en erreur sur la pression réelle que subit son équipe. C'est un défaut d'interface qui, bien que ne cassant pas le code du jeu lui-même, brise la confiance du joueur dans les informations qu'on lui donne.

L'ordre de Méga-Évolution aléatoire : le cauchemar des « Speed Tiers »

Plus grave encore est le bug lié à la Méga-Évolution. Dans les règles établies par les jeux précédents et acceptées par toute la communauté, si deux joueurs activent leur Méga-Évolution au même tour, celui qui a le Pokémon le plus rapide (selon les statistiques de Vitesse actuelles, y compris les altérations de statut) doit évoluer en premier. C'est une règle cruciale qui définit l'ordre des priorités.

Dans Pokémon Champions, cet ordre semble totalement aléatoire ou du moins déconnecté des statistiques de Vitesse. Cela signifie que même avec une équipe parfaitement optimisée pour être plus rapide que l'adversaire, vous pouvez perdre l'initiative à cause d'un bug. La randomité pure, en compétition, est l'ennemie jurée de la stratégie. Elle rend l'anticipation (« predict ») inutile et transforme des matchs qui devraient être des échecs intellectuels en loteries déséquilibrées. Pour un jeu qui veut devenir la référence de l'esport, c'est un défaut rédhibitoire qui invalide la moitié des stratégies basées sur la vitesse.

La crédibilité du VGC mise à mal par ces erreurs

La conséquence directe de ces erreurs de gameplay est une remise en cause immédiate de l'éligibilité de Pokémon Champions pour les tournois officiels. Comment un organisme régulateur peut-il valider un jeu où les informations affichées sont fausses et où les priorités de jeu sont gérées au hasard ? L'intégrité de la compétition repose sur la constance des règles. Si le logiciel ne respecte pas ses propres règles, la compétition devient une farce.

Les joueurs professionnels, qui investissent des milliers d'heures dans l'apprentissage des mécaniques précises, sont les premiers à hurler au scandale. Pour eux, ces bugs ne sont pas des « détails ». Nous sommes ici face à des failles fondamentales, et non à de simples bugs correctables ultérieurement, qui bloquent toute tentative de jeu sérieux. La scène compétitive risque désormais de se diviser irrémédiablement : entre ceux qui refusent cette version instable et ceux qui se trouveraient dans l'obligation de s'adapter à un jeu… « cassé », faussant ainsi les résultats et les classements mondiaux.

Seulement 185 Pokémon et Pokémon « piégés » : la gestion du Pokédex catastrophique

Wailord, Aegislash, Charizard et Lucario prêts à combattre dans une arène au design futuriste.
Wailord, Aegislash, Charizard et Lucario prêts à combattre dans une arène au design futuriste. — (source)

On pourrait pardonner bien des péchés techniques si le contenu offert était suffisamment dense et varié pour occuper les joueurs. Malheureusement, c'est loin d'être le cas pour le moment. La promesse de Pokémon Champions était de devenir le terrain de jeu ultime rassemblant potentiellement des milliers de créatures, mais la réalité du lancement fait figure de désert. Le roster disponible est d'une maigreur confondante au vu de l'histoire de la franchise.

Cette pénurie de contenu s'accompagne de dysfonctionnements majeurs dans la gestion externe de la collection, via l'application Pokémon HOME. C'est le problème de l'écosystème global : même si vous avez passé des années à dresser des champions sur d'autres opus, les transférer vers ce nouveau jeu s'apparente à un parcours du combattant, quand ce n'est pas tout simplement impossible.

185 espèces sur 1025 : pourquoi le roster de lancement peine à convaincre

Chiffre vertigineux pour les mauvaises raisons : seulement 185 espèces de Pokémon sont jouables au lancement. Sur les plus de 1025 créatures existantes dans le Pokédex national actuel, cela représente une infime fraction. Les fans se retrouvent donc privés de leurs favoris, souvent ceux qu'ils ont pris l'habitude d'utiliser en compétition, et sont contraints de se tourner vers une liste restreinte qui n'offre que peu de diversité stratégique.

Pire encore, le jeu souffre de l'absence de fonctionnalités de base. Il n'y a pas de mode sans fil local pour jouer avec un ami à côté de soi, une hérésie pour un jeu de combat. De même, les combats solo classiques en 6v6, permettant de s'entraîner sereinement contre l'IA, sont absents. Le joueur est rapidement coincé dans une boucle de jeu limitée, sans possibilité d'explorer des stratégies complexes ou de profiter de la simplicité d'un combat local rapide. The Pokémon Company a promis d'étendre le roster jusqu'à potentiellement 10 000 créatures à l'avenir (en comptant les variantes chromatiques, costumes et formes alternatives), mais cette promesse future ne comble pas le vide présent.

Pokémon HOME : l'alerte rouge de Justin Carris et la maintenance d'urgence

L'intégration avec Pokémon HOME, l'application de stockage cloud indispensable à tout dresseur moderne, s'est transformée en cauchemar pour les premiers utilisateurs. Dès les premières heures suivant la mise en ligne, des rapports alarmants ont fait surface. Le joueur professionnel Justin Carris, figure respectée de la scène compétitive, a lancé une alerte pour avertir la communauté d'un bug critique.

Certains Pokémon transférés de HOME vers Pokémon Champions se retrouvaient en quelque sorte « piégés » dans un état liminal, inutilisables ou bloqués lors de la tentative de connexion. C'est une situation effrayante pour quiconque investit du temps et de l'argent pour récupérer des créatures rares. Face à la panique grandissante, The Pokémon Company a dû réagir en urgence. Une maintenance exceptionnelle a été déployée dans la nuit du 9 au 10 avril 2026, de 23 h 00 à 01 h 00 UTC, précisément pour tenter de colmater cette brèche et rétablir une communication stable entre les deux applications. Si le problème de communication a été identifié et résolu, il a laissé un goût amer sur la fiabilité de l'infrastructure en ligne.

Un écosystème bridé par les restrictions

Au-delà du bug des transferts, c'est toute la philosophie de l'écosystème Pokémon qui semble se rigidifier avec Pokémon Champions. En limitant sévèrement le Pokédex dès le départ et en rencontrant des soucis techniques majeurs avec le service de stockage cloud, The Pokémon Company envoie un message contradictoire aux collectionneurs et aux stratèges. D'un côté, on vend une application de stockage pour « garder ses partenaires à vie », de l'autre, on les empêche de les utiliser dans le nouveau jeu phare.

Cette situation crée une frustration supplémentaire : celle d'avoir une collection « prisonnière ». Les joueurs ayant transféré des créatures spécifiques pour préparer l'arrivée de Champions se sont retrouvés bloqués, incapables de les utiliser ni même parfois de les rapatrier vers la sécurité de HOME avant le correctif. C'est une rupture de la promesse de continuité qui est au cœur de la stratégie marketing de la franchise depuis des années, et ce revers technique risque de refroidir ceux qui investissent dans les services en ligne de Nintendo.

Un abonnement à 50€ pour une « bêta » : le prix de la déception

Dans un monde parfait, un jeu qui manque de finition et de contenu au lancement serait proposé à un prix modeste, pour ne pas réclamer aux joueurs un investissement disproportionné par rapport à la qualité fournie. Cependant, Pokémon Champions opère selon un modèle économique agressif qui interroge. Le jeu est techniquement gratuit au téléchargement, mais son fonctionnement complet et ses options compétitives se cachent derrière un système d'abonnements et d'achats intégrés.

Il est crucial pour les joueurs potentiels de comprendre ce qu'ils achètent réellement avant de sortir leur carte bancaire. Est-ce que le Pass Premium à 49,99 € par an justifie un produit qui tourne à 30 FPS et qui souffre de bugs de calculs ? Ou est-ce une arnaque déguisée en service esport ? Cette analyse financière est nécessaire pour éviter de payer pour des promesses qui, pour le moment, ne sont pas tenues.

Le décryptage de la boutique : entre lot de démarrage et Pass Premium

La boutique du jeu propose plusieurs paliers d'achat. Pour accéder au contenu complet, il faut souvent passer par la caisse. On trouve un lot de démarrage à 9,99 €, un Pass de combat Premium à 6,99 €, et surtout l'abonnement annuel à 49,99 € (soit environ 4,99 € par mois si l'on se contente du paiement mensuel). Ces sommes ne sont pas négligeables, surtout pour un titre qui se veut concurrentiel sur le long terme.

En échange de cet investissement, le joueur obtient certes des bonus cosmétiques, l'accès aux classements en ligne et des récompenses de jeu, mais la qualité de service reste aléatoire. Les menus sont lents, les icônes des Pokémon sont floues sur Switch 2 malgré la résolution 4K (quand elle fonctionne), et l'expérience utilisateur globale souffre de ces négligences. Pour un jeu compétitif, l'interface est l'outil de travail. Payer pour avoir un outil mal conçu, qui en plus plante ou affiche de mauvaises informations, est une proposition difficile à accepter pour la majorité des joueurs exigeants.

Le jeu compétitif est-il en danger ?

La question qui brûle toutes les lèvres est désormais celle de l'avenir. The Pokémon Company a-t-il conscience du danger qui pèse sur la crédibilité de son nouveau bébé ? L'ambition était de remplacer les anciens opus de la 8ème et 9ème génération pour les tournois officiels, comme nous l'avions vu avec le test de Pokémon version noir et blanc à son époque, en apportant modernité et fluidité. Aujourd'hui, c'est l'inverse qui se produit : la communauté se replie sur les anciens jeux, jugés plus stables et plus respectueux du skill des joueurs.

Les développeurs ont annoncé des correctifs et des enquêtes sur les problèmes non résolus, mais la confiance est brisée. La scène esport Pokémon a survécu à des controverses, mais rarement à un lancement technique aussi raté. Le danger réel est que les joueurs pro et amateurs délaissent le jeu avant même la première saison majeure, rendant caduque l'investissement de The Pokémon Company. Si les patchs à venir ne corrigent pas rapidement les FPS, les bugs de calcul et le manque de contenu, Pokémon Champions risque de rester une note de bas de page malheureuse dans l'histoire de la franchise, plutôt que le futur de la compétition.

Conclusion

L'histoire de la licence Pokémon est faite de hauts et de bas, mais rarement nous avions vu une telle dissociation entre le potentiel d'un concept et la réalité de son exécution. Pokémon Champions devait être le reflet de la modernité et du sérieux apporté à la compétition. En l'état actuel, il ressemble davantage à une expérimentation ratée, précipitée sur le marché avant d'être prête. Entre les problèmes techniques de la Switch 2, les bugs de gameplay qui brisent la stratégie, et un modèle économique qui frôle l'impertinence, la déception est totale.

La résilience des fans de Pokémon est légendaire, mais elle a des limites. The Pokémon Company dispose désormais d'une fenêtre de tir très étroite pour redresser la barre. Les correctifs techniques et l'ajout de contenu ne sont pas des options, ce sont des exigences vitales. La question n'est plus de savoir si le jeu peut être bon, mais si ses créateurs sont capables de réparer les dommages avant que la communauté compétitive ne se tourne définitivement vers d'autres horizons. Pour le moment, la prudence reste de mise.

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Questions fréquentes

Pourquoi 30 FPS posent-ils problème ?

Cette fluidité rend la navigation dans les menus lourde et désagréable, handicapant la rapidité nécessaire à la compétition. C'est incompréhensible pour un jeu au visuel simple sur Switch 2.

Quel bug affecte la Méga-Évolution ?

L'ordre de Méga-Évolution est aléatoire au lieu de respecter la statistique de Vitesse des Pokémon. Cela ruine les stratégies basées sur l'anticipation et la priorité.

Combien de Pokémon sont jouables ?

Seulement 185 espèces sur les 1025 existantes sont disponibles au lancement. Ce nombre restreint limite énormément la diversité stratégique pour les joueurs.

Comment forcer la 4K sur Switch 2 ?

Les joueurs doivent débrancher et rebrancher la console de son dock avant chaque lancement. Cette manipulation manuelle est nécessaire car le jeu reste bloqué en 1080p par défaut.

Sources

  1. nintendo-master.com · nintendo-master.com
  2. fr.ign.com · fr.ign.com
  3. fr.ign.com · fr.ign.com
  4. fr.ign.com · fr.ign.com
  5. millenium.org · millenium.org
game-master
Maxime Aubot @game-master

Je joue à tout, je critique tout, je n'épargne personne. Gamer depuis la GameBoy de mon grand frère, j'ai aujourd'hui une collection qui ferait pâlir un musée. AAA, indés, mobile, retrogaming : si ça a des pixels ou des polygones, j'y ai touché. Mon avis ? Toujours honnête, parfois salé. Je défends les consommateurs contre les DLC abusifs et les microtransactions prédatrices. Si t'aimes les critiques complaisantes, passe ton chemin.

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