Il y a deux ans, Palworld était le jeu à abattre. Accusé par Nintendo et The Pokémon Company de copier les créatures les plus célèbres du jeu vidéo, le « Pokémon avec des flingues » de Pocketpair semblait promis à un avenir judiciaire compliqué. L'annonce de Palworld Online, un MMORPG mobile développé par Garena, le 3 août 2026, raconte une tout autre histoire : celle d'une licence qui a non seulement survécu à la tempête, mais qui s'apprête à conquérir le mobile.

Palworld Online : ce qu'il faut savoir sur le MMORPG mobile
Annoncé le 3 août 2026 par Garena, l'éditeur singapourien derrière le phénomène Free Fire, Palworld Online est un MMORPG mobile développé et publié par Garena sous licence officielle de Pocketpair. Prévu pour iOS et Android avec une sortie mondiale en 2026, le jeu promet un monde ouvert « seamless » interconnecté, où les joueurs captureront des Pals, construiront des bases et progresseront en équipe.
Le communiqué officiel évoque un nouveau cadre narratif et des éléments d'histoire originaux, élargis en écosystème MMO. Côté gameplay, MassivelyOP précise que le jeu proposera des combats PvE et des batailles PvP, avec un système de contrôle pensé pour le mobile « qui ne sacrifie pas la profondeur ». Les citations des dirigeants donnent le ton : Terry Zhao, président de Garena, qualifie Palworld de « propriété intellectuelle largement reconnue », tandis que Takuro Mizobe, CEO de Pocketpair, salue « l'expérience massive » de son partenaire.
Un nouveau Pal déjà culte
Le key art officiel de l'annonce cache un détail qui fait vibrer la communauté : dans le coin droit de l'illustration se tient un petit Pal bleu inédit. Sans nom officiel, les fans l'ont déjà surnommé « Baby Lunaris », une référence à Lunaris, l'un des Pals du jeu principal — une créature volante de type dragon. La particularité ? Palworld n'a jamais eu de bébés Pals. Cette apparition suggère que le MMORPG mobile pourrait introduire des créatures exclusives, sans que Pocketpair n'ait confirmé si ce nouveau venu rejoindra un jour le jeu de base.

C'est l'un des sujets les plus discutés de l'annonce, preuve que la licence sait encore créer l'engouement.
Le procès Nintendo : une menace en voie de disparition
Pour comprendre pourquoi cette annonce mobile est un symbole, il faut revenir au procès. Déposée en septembre 2024 au tribunal de Tokyo, la plainte de Nintendo et The Pokémon Company visait Pocketpair pour contrefaçon de brevets et similarités avec les Pokémon. Deux ans plus tard, le dossier s'est considérablement dégonflé.
La plainte amendée ne vise désormais que les anciennes versions du jeu, celles d'avant les mises à jour préventives qui ont retiré les mécaniques exposées aux brevets. Selon Games Fray, cité par NintendoEverything, il est désormais impossible de voir « une quelconque voie de victoire contre une version actuelle ou très récente de Palworld, ni contre Palworld 1.0 ». L'injonction, cette mesure qui aurait pu forcer le retrait du jeu, est jugée hautement improbable.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : si Nintendo gagnait, les dommages maximums s'élèveraient à environ 5 millions de yens, soit à peine 30 000 dollars — une somme dérisoire pour une licence qui a généré des centaines de millions. Le calendrier judiciaire est d'ailleurs fixé : présentation des preuves le 1er octobre 2026, avis du tribunal le 9 novembre 2026.
Pour approfondir le volet juridique, notre analyse sur le rejet du brevet Nintendo qui sauve Palworld Mobile et celle sur la révocation du brevet d'invocation par l'USPTO détaillent comment les positions de Nintendo se sont effritées sur plusieurs fronts.
Palworld 1.0 : le succès qui consolide la licence
Pendant que le procès s'essoufflait, le jeu principal, lui, n'a cessé de grandir. La version 1.0 de Palworld est sortie le 10 juillet 2026, marquant la fin de l'accès anticipé Steam entamé en janvier 2024. Le week-end de lancement a attiré plus de 850 000 joueurs simultanés sur Steam, avec environ 1,8 million de copies vendues dans les dix premiers jours.
Les chiffres cumulés donnent le vertige : plus de 30 millions d'exemplaires vendus toutes plateformes confondues, 40 millions de joueurs et environ 700 millions de dollars de revenus bruts. Pour rappel, le jeu avait déjà marqué l'histoire en janvier 2024 en devenant le premier titre depuis PUBG à dépasser les 2 millions de joueurs simultanés sur Steam, avec un pic à 2 101 867.
Cette version 1.0 a apporté son lot de nouveautés : un patch de 27 pages, de nouvelles mécaniques, zones et Pals, un « Wing Pack » pour voler et un endgame centré sur l'arbre du monde. La licence n'est plus une simple surprise virale : c'est une machine commerciale installée.
Deux jeux mobiles pour une même licence
Attention à ne pas confondre les projets. Palworld Online n'est pas la seule adaptation mobile de la licence. Il existe un second jeu, Palworld Mobile, développé par KRAFTON via son studio interne PUBG Studios, dans le cadre d'un partenariat annoncé en octobre 2024.
Les deux projets se distinguent clairement :
- Palworld Online (Garena) : un MMORPG complet, annoncé le 3 août 2026, avec un monde ouvert partagé et une sortie mondiale prévue en 2026. C'est le projet le plus ambitieux, pensé comme un écosystème persistant.
- Palworld Mobile (KRAFTON/PUBG Studios) : une adaptation plus classique, dévoilée au G-STAR 2025 à Busan, avec un alpha fermé en décembre 2025 au Japon et en Corée du Sud, et une sortie mondiale estimée au second semestre 2026.
Cette double stratégie mobile — un MMO social chez Garena, une adaptation plus fidèle chez KRAFTON — témoigne de la confiance des acteurs du secteur dans le potentiel de la licence. Elle s'inscrit aussi dans un contexte où le MMORPG mobile intéresse à nouveau les éditeurs, même si tous les projets ne voient pas le jour.
La communauté française s'empare de l'annonce
En France, l'annonce de Palworld Online a immédiatement fait réagir. JV.com a couvert l'événement dès le 3 août, mettant en avant le monde ouvert partagé et le multijoueur pensé pour le mobile. Le streamer Kameto, figure majeure de l'esport hexagonal, a également relayé l'information auprès de sa communauté.
Cette couverture n'est pas anodine : Palworld avait déjà connu un succès fulgurant auprès du public français lors de sa sortie en accès anticipé, porté par les streams massifs des créateurs de contenu. L'arrivée d'un MMORPG mobile, format particulièrement populaire en France, pourrait amplifier cet engouement.
Reste des questions sans réponse : le modèle économique — gratuit avec microtransactions ou payant — n'a pas été annoncé, pas plus qu'une date de sortie précise ou une classification PEGI officielle. Garena promet des détails « plus tard », et le jeu n'a encore montré aucune image de gameplay.
Mais l'essentiel est ailleurs. Il y a deux ans, l'avenir de Palworld semblait suspendu à une décision de justice. Aujourd'hui, la licence s'étend sur mobile avec deux projets distincts, un TCG et un nouveau Pal qui fait déjà parler. Le procès Nintendo n'est plus qu'une formalité procédurale, programmée pour l'automne. Palworld n'a pas simplement survécu à la polémique : il l'a rendue obsolète.