Ce jeudi 9 avril 2026, les abonnés au service Nintendo Switch Online ont découvert une mise à jour qui dépasse la simple routine habituelle. Au lieu de contenus de remplissage, c'est un véritable voyage dans le temps que nous propose la firme de Kyoto, avec l'arrivée de trois perles rares de l'ère NES signées Namco. Parmi elles, une mascotte universelle connue de tous, mais surtout un titre historique qui tisse un lien direct entre l'âge d'or des consoles 8-bit et la plus grande franchise médiatique mondiale. Ce genre d'ajout justifie à lui seul le coût de l'abonnement, surtout pour les passionnés d'histoire vidéoludique qui cherchent à comprendre les origines de ce que le gaming est devenu aujourd'hui.

Avant Pokémon, Mendel Palace et l'histoire de trois classiques NES
L'actualité de ce début avril 2026 tombe à point nommé pour combler un vide laissé par les précédentes mises à jour. Ce ne sont pas moins de trois jeux NES qui font leur entrée dans le service, et ils n'ont pas été choisis au hasard. Il s'agit d'un trio de titres signés Namco, l'éditeur légendaire qui a défini le paysage arcade des années 80. Pour les abonnés de longue date, c'est l'occasion de redécouvrir des expériences pures, sans fioritures, mais dotées d'un gameplay aussi efficace qu'addictif. Cette arrivée marque aussi la fin d'une période d'accalmie pour la console NES sur le service, puisque la dernière fournée de jeux de cette génération datait de novembre 2025, laissant les fans en attente pendant près de cinq mois.
L'abonnement Nintendo Switch Online s'enrichit en avril 2026
Entrons dans le vif du sujet avec les faits concrets de cette mise à jour. Depuis le 9 avril 2026, les abonnés peuvent désormais ajouter trois nouvelles entrées à leur ludothèque : Pac-Man, Mendel Palace et The Tower of Druaga. Ces trois titres sont disponibles immédiatement pour tous les abonnés, sans frais supplémentaires, et viennent s'ajouter aux dizaines d'autres jeux déjà présents sur le service via l'application dédiée aux classiques. Il est crucial de noter qu'il s'agit bien des versions NES de ces jeux, c'est-à-dire des adaptations console des hits arcade d'antan, souvent dotées de particularités qui leur sont propres et qui raviront les puristes comme les curieux.
Cette vague représente la première grande actualité rétro de l'année 2026 pour Nintendo, prouvant que le support du service en ligne reste une priorité. La disponibilité de ces jeux via l'interface dédiée est un rappel que la console hybride reste un excellent endroit pour découvrir ces classiques, grâce à ses fonctionnalités modernes comme la sauvegarde à tout moment ou le mode détouré pour jouer confortablement. L'écart de cinq mois depuis la dernière mise à jour NES de novembre 2025 laissait craindre un délaissement, mais cette sélection soigneusement calibrée montre que Nintendo savait attendre le bon moment pour sortir l'artillerie lourde.
Une cohérence thématique entre arcade, RPG et puzzle
Ce qui rend cette sélection de trois jeux si passionnante, c'est la variété des expériences proposées au sein d'une unique vague. D'un côté, nous avons l'arcade pur avec Pac-Man, un titre qui repose entièrement sur les réflexes, la mémorisation des patterns et la gestion du risque. De l'autre, The Tower of Druaga offre une expérience plus structurée, mélangeant l'exploration de labyrinthes avec des éléments de progression et de quête caractéristiques des premiers RPG. Enfin, Mendel Palace apporte une touche d'originalité unique avec son concept de puzzle action, où la réflexion tactique se mêle au rythme effréné de l'action 8-bit.
Cette diversité permet à l'abonné de voyager à travers les différentes facettes de la créativité de l'époque. On passe du concept minimaliste et universel de Namco à des expérimentations plus audacieuses de la part de jeunes développeurs en herbe. C'est ce mélange de « hits » incontestables et de « curiosités » historiques qui fait la force du catalogue Nintendo Switch Online. Plutôt que de n'ajouter que des jeux connus de tous pour satisfaire le grand public, Nintendo ose ici proposer des titres qui demandent un peu de curiosité, récompensant le joueur par la découverte de pépites oubliées qui ont, paradoxalement, façonné l'industrie moderne.
Le lien historique avec Game Freak et Pokémon
L'aspect le plus captivant de cette mise à jour reste sans conteste la présence de Mendel Palace. Pour le joueur occasionnel, ce titre ne dira peut-être rien, mais pour les passionnés d'histoire vidéoludique, c'est un morceau d'archive essentielle. Mendel Palace, ou Quinty au Japon, est en effet le premier jeu commercialisé par Game Freak, le studio désormais mondialement célèbre pour avoir donné naissance à Pokémon. Cela nous ramène à la fin des années 1980, bien avant que Pikachu et ses amis n'envahissent le monde, à une époque où Satoshi Tajiri, le fondateur de Game Freak, n'était qu'un développeur indépendant passionné essayant de percer dans un environnement extrêmement compétitif.
L'anecdote est fascinante : avant de devenir le « Père de Pokémon », Satoshi Tajiri était un obsédé des jeux d'arcade, et plus particulièrement de Xevious, un autre titre majeur de Namco. C'est cette passion pour les jeux de l'éditeur japonais qui a mené à la création de Mendel Palace. Le jeu est donc une pièce maîtresse du puzzle qui a permis à Game Freak d'exister en tant qu'entreprise structurée. Sans ce puzzle-game méconnu, le financement nécessaire pour lancer le projet monstrueux qu'était Pokémon n'aurait peut-être jamais vu le jour. Pour un fan de la franchise Pokémon, jouer à Mendel Palace en 2026, c'est un peu comme retourner aux sources, toucher du doigt les racines artisanales d'un empire qui génère aujourd'hui des milliards de dollars.
Pac-Man sur NES : le grand classique des salles d'arcade
Impossible de parler de cette mise à jour sans s'attarder sur l'incontournable Pac-Man. Si vous avez ne serait-ce qu'un intérêt pour le jeu vidéo, vous connaissez forcément cette boule jaune vorace qui arpente des labyrinthes bleus depuis plus de quatre décennies. Pac-Man n'est pas seulement un jeu, c'est une icône culturelle, un symbole qui a traversé les générations et qui est même reconnu par des institutions aussi sérieuses que le Smithsonian. Sa présence sur Nintendo Switch Online via sa version NES est moins une surprise qu'une formalité attendue, mais elle n'en reste pas moins une excellente nouvelle pour les abonnés. Il s'agit probablement du titre le plus accessible du lot, celui qui nécessite le moins d'apprentissage pour procurer du plaisir immédiat.
La version NES proposée ici est une adaptation fidèle de l'arcade, publiée par Namco à une époque où la conversion des bornes en cartouches était un art en soi. Bien sûr, les puristes de l'électronique analogique pourront reprocher à cette version 8-bit de ne pas avoir la fluidité parfaite ou le son exact de la borne originale de 1980, mais elle possède un charme indéniable. Pour beaucoup de joueurs français, c'est une redécouverte pleine de souvenirs, l'occasion de revivre ces moments où l'on essayait d'atteindre le niveau 256, ce fameux « split-screen » qui rendait le jeu injouable. En 2026, Pac-Man reste aussi pertinent qu'hier, prouvant qu'un bon gameplay est intemporel et que la mécanique de « high score » n'a pas pris une ride.
Gober des pastilles, fuir les fantômes : le gameplay intemporel
Pour les quelques personnes qui auraient vécu en marge de la culture gaming ces quarante dernières années, rappelons brièvement ce qui fait la force de Pac-Man. Le concept est d'une simplicité désarmante : vous contrôlez une boule jaune dans un labyrinthe, et votre objectif est de manger toutes les pac-gommes dispersées dans chaque niveau pour passer au suivant. Cependant, vous n'êtes pas seul. Quatre fantômes aux comportements distincts — Blinky, Pinky, Inky et Clyde — vous pourchassent inlassablement avec des stratégies de groupe qui ont fait l'objet de bien des analyses. Si l'un d'eux vous touche, c'est perdu.
Votre seule arme défensive consiste à manger les quatre « super pac-gommes » positionnées dans les angles du dédale. Ces pastilles géantes, souvent appelées « Power Pellets », inversent les rôles un bref instant : les fantômes deviennent bleus et vulnérables, vous permettant de les dévorer pour des points bonus. La véritable finesse du titre réside toutefois dans des mécaniques qui ajoutent une dimension tactique surprenante. L'apparition imprévisible de fruits permet de marquer des points bonus, alors que la gestion précise de sa trajectoire devient cruciale à mesure que les adversaires accélèrent. Dès 1980, Toru Iwatani avait déjà atteint une forme de perfection ludique grâce à ce système « facile à apprendre, difficile à maîtriser », la marque des grands classiques intemporels.

De la borne d'arcade au canapé : une portabilité idéale
On pourrait se demander pourquoi s'embêter avec une vieille version de Pac-Man alors que l'on en trouve des centaines sur smartphone ou des rééditions modernes sur chaque console. La réponse réside dans la qualité de l'expérience proposée par la Switch et son service online. Avoir Pac-Man sur Switch Online, c'est bénéficier d'une expérience propre, sans publicité, sans micro-transactions agressives, et surtout avec un contrôleur de qualité. La possibilité de jouer sur un écran de télévision grand format, ou de passer en mode portable pour une partie rapide dans le métro, redonne tout son sens à ce type d'expérience « pick up and play ».
De plus, il y a une dimension sociale et culturelle très forte en France. Les salles d'arcade ont disparu de nos villes pour la plupart, remplacées par des salles de bowling ou des centres commerciaux modernes, mais la nostalgie des bars-tabacs où l'on alignait les pièces sur la borne est toujours vivace. La version NES est celle que beaucoup d'entre nous ont découverte à la maison, une fois que l'engouement de l'arcade a commencé à décliner. Rejouer à cette version en 2026, c'est un peu comme ouvrir un album photo poussiéreux. C'est aussi une excellente porte d'entrée pour la jeune génération qui n'a jamais connu l'époque où un jeu vidéo se résumait à un seul bouton et un joystick.
Mendel Palace : quand Game Freak sauvait sa petite amie
Nous arrivons maintenant au cœur narratif de cet article, la véritable pépite archéologique de cette mise à jour : Mendel Palace. Ce titre, sorti initialement en 1989, est bien plus qu'un simple jeu de puzzle d'occasion. C'est le témoignage des balbutiements de Game Freak, longtemps avant l'explosion phénoménale de Pokémon. À cette époque, Satoshi Tajiri et son équipe n'étaient pas les géants de l'industrie que nous connaissons aujourd'hui ; c'était un petit groupe de passionnés qui essayaient de faire sauter le verrou de l'industrie vidéoludique japonaise. Mendel Palace est le résultat de leurs efforts, un jeu d'action-puzzle singulier qui démontre déjà le génie créatif de ses auteurs, même si celui-ci n'avait pas encore trouvé son expression ultime.
L'histoire de la conception du jeu est tout aussi romanesque que le jeu lui-même. Le concept repose sur une narration onirique simple mais efficace : le joueur est plongé au centre d'un rêve étrange où il doit délivrer sa bien-aimée, kidnappée par une méchante sorcière et métamorphosée en poupée. Pour réussir, il est nécessaire de traverser huit palais remplis d'ennemis insolites évoquant des jouets, des friandises ou d'étranges bestioles. Ce monde coloré et fantaisiste contraste vivement avec les univers plus sombres typiques de cette génération, tout en laissant entrevoir le côté « mignon » mais complexe qui fera le succès des monstres de poche quelques années plus tard.
Le gameplay de Mendel Palace : retourner les tuiles pour vaincre
En termes de gameplay, Mendel Palace est un titre qui sort du sentier battu pour l'époque. Contrairement aux jeux de plateformes classiques ou aux shoot-them-up qui régnaient en maître sur NES, il propose un système basé sur le retournement de tuiles. Vous vous déplacez dans une arène close, et votre action principale est de « tirer » sur les carreaux qui constituent le sol. Ce mécanisme a un double but : d'une part, retourner une tuile sur laquelle un ennemi se tient permet de le propulser contre le mur du fond et de l'éliminer ; d'autre part, cela peut révéler des pièges ou des bonus cachés sous le sol.
Certaines tuiles spéciales, une fois retournées, activent des effets de zone dévastateurs, comme faire trembler l'écran pour étourdir tous les adversaires présents. Le jeu se décompose en huit palais, avec un boss à la fin de chacun d'eux. La difficulté est croissante et devient rapidement exigeante. Dès le troisième ou quatrième palais, les ennemis deviennent plus agressifs et plus nombreux, et le joueur doit faire preuve de stratégie et de précision. Un élément clé du scoring est la collecte d'étoiles laissées par les ennemis éjectés : en collectant ces étoiles, vous remplissez une jauge, et tous les 100 points, vous gagnez une vie supplémentaire. C'est un gameplay nerveux, rapide, qui demande une bonne maîtrise des distances.
127 000 ventes et la naissance d'un empire
Au-delà du gameplay, l'importance historique de Mendel Palace ne peut être sous-estimée. Sorti au Japon le 27 juin 1989 sous le nom de Quinty, puis le 12 octobre 1990 aux États-Unis sous le titre Mendel Palace, le jeu a été publié par Namco au Japon et par Hudson Soft en Occident. Malgré une qualité indéniable et un concept original, il n'a pas connu un succès commercial fulgurant, s'écoulant à environ 127 000 exemplaires à travers le monde. C'est un chiffre modeste, même pour l'époque, qui aurait pu signer l'arrêt de mort pour un petit studio comme Game Freak.
Pourtant, ces ventes ont été vitales. Elles ont permis à Satoshi Tajiri et à son équipe de dégager des fonds suffisants pour s'installer durablement et, surtout, pour commencer à développer un autre projet qui leur tenait à cœur : Capsule Monsters, qui deviendra plus tard Pokémon. On peut dire sans exagérer que sans les ventes de Mendel Palace, il n'y aurait peut-être jamais eu de Pokémon Vert et Rouge en 1996. Ce jeu est la fondation sur laquelle l'empire a été bâti. Jouer à Mendel Palace aujourd'hui, c'est un peu comme découvrir la première ébauche d'un artiste célèbre, un croquis préparatoire qui contient déjà en germe les idées de génie qui exploseront plus tard.
De Xevious à Pokémon : la genèse de Satoshi Tajiri
Pour comprendre comment Mendel Palace a vu le jour, il faut remonter aux origines de Game Freak, bien avant que le studio ne devienne une entreprise mondiale. L'histoire commence avec un fanzine. Dans les années 80, Satoshi Tajiri était un passionné de jeux d'arcade, un « gamer » dans l'âme qui passait ses journées dans les salles de jeux de Tokyo. Il était particulièrement fasciné par Xevious, un jeu de tir vertical de Namco, réputé pour sa complexité et ses secrets cachés. Cette passion débordante l'a poussé à créer un petit magazine indépendant baptisé… Game Freak. C'est dans ce fanzine, photocopié et distribué à la main, qu'il partageait ses astuces, ses scores et ses analyses, côtoyant déjà Ken Sugimori, un jeune dessinateur talentueux qui rejoindra rapidement le projet.
Ce duo improbable, Tajiri le visionnaire technicien et Sugimori l'artiste intuitif, va petit à petit vouloir passer de l'écriture sur les jeux à la création de jeux eux-mêmes. Le passage du papier au code a été laborieux. Tajiri, autodidacte, a appris la programmation sur sa Famicom grâce au logiciel Family BASIC, une interface qui permettait de créer ses propres petits programmes simples. Mais pour aller plus loin et créer un jeu commercial, il lui fallait du matériel professionnel, hors de prix pour un amateur. C'est là que son génie de bricoleur a opéré : Satoshi Tajiri a construit son propre kit de développement à partir de pièces électroniques de récupération et de composants détournés, un exploit technique étonnant pour l'époque.
Le fanzine qui est devenu un studio légendaire
L'obsession de Tajiri pour Xevious n'est pas anecdotique, elle est au cœur de la création de Mendel Palace. En fréquentant assidûment les salles d'arcade et en rédigeant son fanzine, il a fini par côtoyer des employés de Namco, l'éditeur de son jeu favori. C'est grâce à ces liens tissés dans la communauté passionnée de l'époque, et bien sûr à la qualité de leur proposition, que Game Freak a réussi à convaincre Namco de publier leur tout premier jeu. Imaginez le chemin parcouru : d'un fanzine photocopié vendu à quelques centaines d'exemplaires à un partenariat avec l'un des géants de l'arcade mondial.
C'est cette trajectoire qui donne à Mendel Palace son âme de jeu de fan, fait par des fans pour des fans. Le jeu regorge de références et d'une énergie créative que l'on retrouve plus tard dans Pokémon. L'approche n'était pas de copier ce qui se vendait bien à l'époque, mais de proposer quelque chose de différent, de singulier, avec une attention aux détails et une inventivité dans les mécaniques. Ken Sugimori, déjà au dessin, a donné aux ennemis et aux décors du jeu un style unique, coloré et expressif, qui préfigure le design des 151 premières créatures de Pokémon. Le passage du statut de critique à celui de créateur a été guidé par un amour inconditionnel pour le medium.
Un kit de développement bricolé dans un garage
L'histoire du « kit de développement bricolé » de Satoshi Tajiri est devenue légendaire dans l'industrie japonaise. Elle rappelle les débuts d'Apple ou de Microsoft dans des garages américains, à ceci près qu'ici, c'est l'univers du jeu vidéo qui est concerné. À l'époque, Nintendo gardait une mainmise très stricte sur les outils de développement pour sa Famicom. Il était presque impossible pour un externe d'obtenir un kit officiel sans avoir déjà un studio enregistré et des fonds importants. Pour contourner cet obstacle, Tajiri a démontré une ingéniosité folle, assemblant son propre matériel à partir de cartes mères de Famicom modifiées.
Cette approche artisanale trouve un écho surprenant avec le paysage actuel du développement indépendant. Si des outils modernes autorisent aujourd'hui n'importe qui à créer un jeu depuis son salon, cette entreprise relevait de la prouesse technique dans les années 80. On retrouve pourtant cette même philosophie du « faire avec ce que l'on a » qui a permis à Game Freak de survivre. Ils ont commencé petit, avec des moyens dérisoires, en apprenant sur le tas, en faisant des erreurs, mais en gardant toujours leur vision. C'est ce parcours qui rend l'arrivée de Mendel Palace sur Nintendo Switch Online si poétique. Le jeu, né de la bricole et de la passion, est aujourd'hui accessible en un clic sur une console ultramoderne, mais son ADN, fait de sueur et de rêves, est toujours intact.
The Tower of Druaga : le « Pac-Man fantasy » qui a inspiré Zelda
Le troisième titre de cette mise à jour, The Tower of Druaga, est peut-être le moins connu du grand public, mais son influence sur l'histoire du jeu vidéo est immense. Sorti initialement sur borne d'arcade en 1984 par Namco, ce jeu a été porté sur NES, offrant ainsi une version de console que l'on peut désormais découvrir sur Switch. Le concept est audacieux pour l'époque : il s'agit d'un mélange d'action et de RPG, où vous incarnez le chevalier Gilgamesh. Votre mission est de gravir une tour infernale composée de 60 étages pour sauver votre bien-aimée, Ki, des griffes du démon Druaga.
Ce qui rend The Tower of Druaga si fascinant, c'est que son créateur, Masanobu Endō (qui est aussi le père de Xevious), l'a décrit comme un « Pac-Man fantasy ». L'influence du mangeur de pastilles jaune est évidente dans la structure des niveaux : vous évoluez dans des labyrinthes vus de dessus, vous devez collecter des clés pour ouvrir des portes, tout en évitant ou en combattant des ennemis qui ont des schémas de déplacement précis. Cependant, là où Pac-Man est purement arcade et réflexe, The Tower of Druaga introduit des éléments de progression, d'objets cachés et de quêtes qui allaient définir le genre de l'action-RPG. C'est un jeu difficile, parfois punitif, qui exige de prendre des notes et de mémoriser les emplacements des trésors pour espérer progresser.
Gilgamesh contre le démon Druaga : 60 étages de labyrinthes
Le gameplay de The Tower of Druaga est une expérience unique qui peut dérouter les joueurs modernes habitués aux tutoriels et aux quêtes assistées par GPS. Chaque étage de la tour est un mini-labyrinthe avec une structure et des règles spécifiques. Pour passer à l'étage suivant, vous devez généralement trouver une clé cachée et atteindre la porte de sortie. Cependant, vous devrez souvent aussi trouver des objets spécifiques pour éliminer les ennemis ou révéler la clé. Par exemple, dès les premiers étages, vous vous rendrez compte que la clé n'est pas simplement posée au milieu de la pièce ; il faut souvent tuer un ennemi précis, ou détruire un mur spécifique, pour la faire apparaître.
C'est cette complexité cachée qui a rendu le jeu célèbre et redouté au Japon. L'histoire s'inspire librement de l'Épopée de Gilgamesh, l'un des plus vieux textes de l'humanité, ce qui confère au jeu une atmosphère mythique et mystérieuse. Vous y croisez des magiciens, des fantômes, des dragons et des créatures issues de l'imagination de Masanobu Endō et de ses inspirations Donjons & Dragons. En gravissant les 60 étages, vous sentez vraiment la tension monter, chaque niveau étant comme une énigme qu'il faut résoudre. C'est un jeu qui demande patience, observation et persévérance, des qualités que le jeu moderne tend parfois à oublier au profit de l'immédiateté.
L'ancêtre oublié des J-RPG : une influence majeure
L'héritage de The Tower of Druaga est considérable et souvent sous-estimé par le grand public. Il est souvent cité par les créateurs de jeux japonais comme une influence majeure dans la création du genre Action-RPG. Shigeru Miyamoto a d'ailleurs confirmé que le premier The Legend of Zelda (1986) avait été influencé par le concept de progression verticale et l'exploration de donjons de Druaga. De même, des séries comme Ys de Falcom ou Dragon Slayer doivent beaucoup à cette structure de jeu qui mêle l'immédiateté de l'action arcade à la profondeur narrative et structurelle du jeu de rôle.
Ce jeu a posé les bases de ce que l'on appelle aujourd'hui le J-RPG (jeu de rôle japonais). L'idée que le joueur puisse évoluer dans un univers héroïque, en acquérant de nouveaux pouvoirs et en débloquant progressivement de nouvelles zones, n'était pas nouvelle, mais The Tower of Druaga l'a codifiée d'une manière qui a inspiré toute une génération de développeurs. Y jouer aujourd'hui, c'est faire un voyage dans le temps à la rencontre de l'ADN de milliers de jeux qui ont suivi. C'est aussi rendre hommage à la vision de Masanobu Endō, qui a osé mélanger des genres qui semblaient incompatibles pour créer une expérience nouvelle.
Combien ça coûte et comment y jouer en 2026
Après ce voyage historique et nostalgique, vous avez sans doute une furieuse envie de lancer votre Switch pour tester ces trois pépites. La bonne nouvelle, c'est que Nintendo a rendu l'accès à ces jeux extrêmement simple pour tous ses abonnés. Contrairement à d'autres services qui fragmentent leur catalogue entre différents niveaux d'abonnement ou des achats séparés, ces trois titres NES sont disponibles immédiatement pour tous les membres du service de base Nintendo Switch Online. Vous n'avez pas besoin de souscrire à l'option coûteuse « Expansion Pack », habituellement réservée aux consoles N64, Mega Drive ou aux DLC de jeux récents. C'est une décision appréciable qui rend l'expérience accessible au plus grand nombre sans casser sa tirelire.
Pour y accéder, rien de plus simple. Une fois abonné, vous devrez télécharger l'application dédiée aux jeux classiques, présente directement dans la rubrique « NES & SNES » de votre menu Switch Online. Une fois l'application lancée, vous verrez apparaître les trois nouvelles icônes de Pac-Man, Mendel Palace et The Tower of Druaga dans la liste des jeux disponibles. L'émulateur proposé par Nintendo est performant, offrant une qualité d'image nette sur un écran HD, avec des options de filtres vidéo pour recréer l'aspect d'une vieille télé cathodique si le cœur vous en dit. De plus, vous bénéficiez des fonctionnalités modernes indispensables : la sauvegarde instantanée à n'importe quel moment, la possibilité de revenir en arrière en cas d'erreur fatale, et le jeu en ligne.
Les tarifs de Nintendo Switch Online en 2026
Concernant le budget à prévoir, voici les tarifs actuels pour l'abonnement de base en France, qui permet de jouer à ces trois classiques. L'offre la plus flexible est l'abonnement mensuel, facturé 3,99 €. Si vous êtes sûr de vouloir y rester quelques mois, l'abonnement trimestriel revient à 7,99 €, ce qui est légèrement plus économique sur la durée. Enfin, l'offre la plus attractive pour les joueurs convaincus est l'abonnement annuel à 19,99 €. Pour à peine plus de deux fois le prix d'un jeu Nintendo Switch « neuf » en promo, vous avez accès à un catalogue de plusieurs dizaines de titres pendant un an complet.
Pour mémoire, l'Expansion Pack, qui ajoute la Nintendo 64, la Mega Drive, la Game Boy Advance et le contenu additionnel de jeux comme Mario Kart 8 Deluxe ou Animal Crossing, propose des tarifs plus élevés, tournant autour de 39,99 € pour trois mois ou 69,99 € pour un an. Mais pour l'objet de notre intérêt du jour, c'est-à-dire Pac-Man, Mendel Palace et The Tower of Druaga, l'abonnement de base à 3,99 € est parfaitement suffisant. C'est un excellent moyen de tester le service si vous ne l'avez jamais essayé, pour un prix modique. Sachant que Pac-Man est classé PEGI 3, c'est aussi un moyen formidable d'initier les plus jeunes aux origines du jeu vidéo à moindre coût.
Où trouver les jeux sur votre console : le chemin pas à pas
Pour ceux qui seraient perdus dans les menus de la Switch, voici le chemin à suivre pour lancer ces jeux. Assurez-vous d'abord que votre console est connectée à Internet et que votre abonnement Nintendo Switch Online est actif. Depuis le menu d'accueil de la Switch, repérez l'icône « Nintendo Switch Online », généralement située sur la ligne du bas de l'écran principal. En appuyant sur A, vous accéderez au hub principal du service.
Ensuite, naviguez vers l'onglet qui propose les applications des consoles rétro, souvent intitulé « NES & SNES » ou « Jeux classiques ». Sélectionnez l'application « NES », identifiable par son design rouge et blanc. Une fois l'application lancée, la liste des titres apparaît, triée par ordre alphabétique ou chronologique. Rendez-vous à la lettre M pour découvrir Mendel Palace, à la lettre P pour Pac-Man, ou encore à la lettre T pour choisir The Tower of Druaga. Il vous suffit alors de presser le bouton A pour commencer la partie. N'oubliez pas que les touches ZL ou ZR de la manette permettent d'activer le menu rapide, une fonction essentielle pour sauvegarder votre progression ou quitter sans perdre votre avancement.
Conclusion : ces trois jeux racontent trente ans d'histoire du jeu vidéo
En somme, cette mise à jour du 9 avril 2026 sur Nintendo Switch Online est bien plus qu'un simple ajout de jeux dans un catalogue numérique. Elle constitue une véritable capsule temporelle qui permet de revisiter trois décennies d'innovation et de créativité vidéoludique japonaise. Avec Pac-Man, nous touchons à l'essence même du game design arcade, cette capacité à créer des mécaniques infinies à partir de règles simples. Avec The Tower of Druaga, nous sommes témoins des balbutiements de l'action-RPG, un genre qui allait devenir un pilier de l'industrie et donner naissance à des sagas mythiques. Enfin, avec Mendel Palace, nous découvrons les racines humaines et artisanales de l'un des plus grands empires vidéoludiques, celui de Pokémon.
C'est cette convergence des histoires qui rend l'expérience si enrichissante pour le joueur curieux, qu'il soit un vieux routier de la manette ou un néophyte découvrant ces classiques pour la première fois. La Switch, grâce à sa nature hybride, se révèle être le terrain de jeu idéal pour cette redécouverte, permettant de transporter cette histoire dans sa poche et de la partager en multijoueur local. Il ne vous reste plus qu'à plonger dans ces mondes rétro : que vous soyez là pour battre le score de Pac-Man, survivre aux tours de Druaga ou explorer les origines de Game Freak, une chose est sûre, vous toucherez au cœur même de ce qui fait la magie du jeu vidéo.