
Certains jeux, il est vrai, ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Mais de là à dire qu'ils sont tous nocifs pour la santé physique et mentale de nos enfants, il y a un monde !
Physiquement, le jeu vidéo en lui-même ne présente pas de danger réel. En règle générale, les enfants savent faire la différence entre fiction et réalité. Mais si certains jeux vous paraissent trop violents, à vous de dialoguer avec votre enfant et de poser des limites claires.
Comment jouer aux jeux vidéo sans danger ? Conseils pratiques
Même les enfants qui présentent une hypersensibilité cérébrale aux scintillements lumineux peuvent jouer aux jeux vidéo, à condition de respecter certaines règles :
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Choisir un écran adapté : jouez de préférence sur un téléviseur à balayage 100 hertz ou sur un ordinateur dont les fréquences plus élevées ne sont pas perceptibles par le cerveau. L'image, plus stable, réduit le risque de crise d'épilepsie. Restez à un mètre de distance de l'écran, dans une pièce bien éclairée.
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Limiter la durée de jeu : prévoyez des pauses régulières toutes les heures et évitez de jouer plus de deux heures d'affilée.

Addiction et isolement face aux jeux vidéo : l'avis d'un psychiatre
Selon Monique Brachet-Lehur, psychiatre, si votre enfant passe pratiquement tous ses loisirs seul face à sa console, il y a un fort risque d'isolement et de rupture sociale.
C'est pourquoi il est important de lui donner des repères temporels : un temps pour manger, pour jouer, pour travailler, pour dormir.
Attention : à force de recevoir des décharges d'adrénaline dès qu'un record est battu, son cerveau risque de ressentir un manque sitôt la partie terminée.
Il va donc falloir vous imposer pour garder le contrôle de la situation, en posant des horaires et en adoptant une attitude ferme. En particulier, interdisez-lui de mettre la console ou l'ordinateur dans sa chambre, sous peine de le voir « branché » dessus dès qu'il a une minute.
De temps en temps, jouez ensemble, partagez vos impressions, apprenez-lui à développer son esprit critique. Dialoguez avec lui autour du jeu pour savoir où il en est, ce qu'il ressent, ce qu'il aime. Si un jeu l'angoisse, il pourra ainsi libérer avec vous toutes ses émotions négatives.

Jeux vidéo violents : quels risques réels pour les jeunes ?
35 % des jeux vidéo les plus vendus comporteraient des scènes de brutalité, et 49 % des scènes de mort violente. Ce sont les résultats d'une enquête publiée par l'Entertainment Software Rating Board (ESRB).
La violence dans les jeux vidéo est une réalité qu'il ne faut pas cacher, mais cela ne signifie pas que les jeux vidéo rendent les joueurs plus violents.
À forte dose ou sur des personnalités fragiles, les jeux violents peuvent conduire à des comportements agressifs. Le passage à l'acte suppose que deux conditions soient réunies : que le joueur ait des pulsions agressives et qu'il ait une personnalité narcissique, sans quoi il s'identifierait à la victime. Il n'est pas indifférent, à cet égard, que les héros de ces jeux soient tous beaux, forts et virils.
À forte dose, une image violente ou perverse crée des traumatismes : le joueur n'a pas le temps de « l'élaborer » (c'est-à-dire de la situer dans son psychisme, de la relativiser). Il développe alors une tendance répétitive à faire activement ce qu'il a subi passivement.
Le témoignage de J.P. Rosenczeig, président du Tribunal pour enfants de Bobigny (93) : « Un certain nombre de jeunes sont dans un monde irréel : ils enfoncent un couteau dans le cœur de quelqu'un pour lui prendre sa montre et ils s'étonnent qu'il ne se réveille pas ».
Faut-il avoir peur des jeux vidéo ?
Je le répète : ces risques ne concernent QUE les personnes sensibles. Je vous rassure : ce n'est pas toute la population. Ce n'est pas non plus « si vous sursautez pendant un film à suspense » — cela n'a rien à voir, c'est beaucoup plus complexe que ça.
P. S. : cet article a été demandé par plusieurs lecteurs et c'est la suite du premier qui se nommait : « Counter-Strike, un monde virtuel ? »