La Lenovo Legion Go posée sur un support avec sa housse de transport visible en arrière-plan.
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Legion Go 2 : prix, hausse et analyse de la flambée tarifaire

Le prix de la Legion Go 2 s'envole, passant de 999 € à 1 750 € en six mois. Analyse de cette hausse, fiche technique, alternatives et l'arrivée de SteamOS.

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La chute est brutale. Il y a six mois à peine, nous rêvions d'une ère nouvelle où le PC portable gamer deviendrait enfin abordable et performant. Aujourd'hui, ce rêve vire au cauchemar budgétaire. La Lenovo Legion Go 2, machine qui devait incarner le Graal des joueurs nomades, vient de voir son tarif s'envoler de manière spectaculaire, nous laissant avec un goût amer et des portefeuilles en sang. Ce n'est pas seulement une hausse de prix, c'est une remise en question de la viabilité même du marché des portables haut de gamme pour le grand public.

La Lenovo Legion Go posée sur un support avec sa housse de transport visible en arrière-plan.
La Lenovo Legion Go posée sur un support avec sa housse de transport visible en arrière-plan. — (source)

Face à cette flambée des tarifs, il est légitime de se demander si le jeu en vaut encore la chandelle. Entre une fiche technique qui fait de l'œil et une facture qui donne des sueurs froides, le consommateur est tiraillé. Plongeons ensemble dans l'analyse de ce drame tarifaire, des raisons techniques qui l'expliquent, et des alternatives qui s'offrent à nous pour continuer à gamer sans se ruiner.

Legion Go 2 : de 999 € à 1 750 € en six mois

Rétrospectivement, la période d'octobre 2025 à avril 2026 restera gravée dans les annales du gaming comme le moment où l'inflation a frappé le monde du hardware avec une violence inouïe. Ce n'est plus un simple ajustement économique, c'est un véritable séisme qui ébranle les fondations de notre passion. Les chiffres sont là, implacables, et racontent une histoire d'ambition déçue et de marché déréglé.

Lenovo et la hausse des prix : le modèle Z2 passe-t-il le cap ?

Lors du lancement initial, la stratégie de Lenovo semblait limpide et agressive. Le modèle Z2 de base était proposé à un prix de séduction de 999,99 €, une somme déjà conséquente mais acceptable pour la puissance promise, tandis que la version Z2X Extreme se positionnait à 1 199,99 €. C'était clairement une offensive destinée à concurrencer frontalement la Steam Deck OLED et le ROG Ally X. Mais en ce mois d'avril 2026, la donne a radicalement changé : on parle désormais de 1 749,00 € pour le modèle Z2, soit une hausse de 750 € en six mois. Cela représente une augmentation de 75 %. C'est colossal.

La situation est encore plus critique pour le modèle haut de gamme. Le Z2X Extreme, qui affichait fièrement 1 199,99 € en octobre dernier, franchit maintenant la barre symbolique des 2 000 € pour atteindre 2 299,99 €. On observe une augmentation de plus de 1 000 €, soit près de 91 % de hausse. Même aux États-Unis, la tendance est similaire, bien que légèrement moins violente. PCMag, relayant les informations de Best Buy, note une hausse de 36 % pour le modèle Z2 16 Go (passant de 1 099,99 $ à 1 499,99 $) et de 48 % pour le Z2 Extreme 32 Go (de 1 349,99 $ à 1 999,99 $). Cet écart entre les hausses américaines et françaises suggère que Lenovo n'a pas seulement répercuté la hausse des coûts de production, mais a aussi profité du change et des taxes européennes pour gonfler sa marge.

Détail des contrôles de la console Lenovo Legion Go avec écran tactile et batterie.
Détail des contrôles de la console Lenovo Legion Go avec écran tactile et batterie. — TaurusEmerald / CC BY-SA 4.0 / (source)

Pourquoi le prix de la Legion Go 2 est-il problématique ?

Pour comprendre l'ampleur du choc, il faut replacer ces montants dans la réalité du pouvoir d'achat des joueurs. Avec 1 750 €, on ne parle plus de « gadget » technologique, mais d'un véritable investissement financier. À titre de comparaison, cette somme permet aujourd'hui d'assembler une configuration de bureau très solide : une tour complète équipée d'une carte graphique RTX 4070, accompagnée d'un écran 144 Hz digne de ce nom. On est loin de la machine d'appoint ou de la console secondaire.

Prenons une autre perspective : pour le même prix, vous pourriez acquérir une PS5 Pro (lorsqu'elle est disponible), une Nintendo Switch 2 (à sa sortie prévue), et vous offrir cinq jeux triple A à plein tarif. Le ciblage marketing de la Legion Go 2 visait initialement un public jeune, actif, adepte de gaming en déplacement, la tranche des 18-25 ans. Or, ce public est précisément celui qui a le moins de moyens financiers pour absorber un tel choc tarifaire.

Les réactions sur les forums spécialisés et les sites de tests sont unanimes : on passe de l'enthousiasme technique à l'incompréhension et au rejet. Les fans de matériel, habituellement enclins à pardonner le prix élevé au nom de la performance, admettent être « choqués » par l'ampleur de cette hausse. L'expression « impossible à recommander » revient en boucle dans les commentaires. On assiste à une prise de conscience collective : le hardware haut de gamme risque de devenir une niche réservée à une élite financière, laissant le grand public sur le bord du chemin.

Cette hausse des prix ne touche d'ailleurs pas que Lenovo. On observe une RAMpocalypse généralisée qui impacte l'ensemble du secteur technologique, nous forçant à repenser complètement nos stratégies d'achat à moyen terme.

Fiche technique : OLED 144 Hz et Ryzen Z2 Extreme

Avant de sombrer dans la déprime économique face au ticket d'entrée, il est essentiel de se rappeler pourquoi cette machine a généré autant d'attentes et d'espoirs. La Legion Go 2 n'est pas une simple coquille vide surdimensionnée ; elle est une bête de course technologique qui, sur le papier, corrigeait la quasi-totalité des défauts de la première génération. C'est ce décalage entre l'excellence technique et l'inaccessibilité financière qui rend la situation si frustrante.

Un écran OLED 8,8 pouces au-dessus de la Steam Deck ?

Le point fort indiscutable de cette console, c'est son écran. Lenovo a osé trancher en équipant la Legion Go 2 d'une dalle OLED de 8,8 pouces au format WUXGA (1920x1200). C'est un pari audacieux par rapport à la Steam Deck, qui reste fidèle à un LCD, et même face au ROG Ally X qui se contente d'un 7 pouces 1080p à 120 Hz. Ici, la résolution est plus élevée, la taille de diagonale plus généreuse, et la technologie OLED apporte ce contraste infini et ces noirs profonds qui font tant défaut aux dalles LCD classiques.

Les chiffres donnent le tournis : une fréquence de rafraîchissement de 144 Hz, une luminosité maximale annoncée à 500 nits, et une couverture de l'espace colorimétrique DCI-P3 à 100 %. Pour les joueurs, cela se traduit par une fluidité de mouvement exceptionnelle et des couleurs éclatantes, rendant les visuels modernes plus beaux que jamais. Que ce soit pour jouer à des jeux de tir rapides ou pour s'immerger dans des RPG aux décors sombres, l'expérience visuelle promise par cet écran était sans contestation possible la meilleure du marché des PC portables gaming en 2026. C'est d'autant plus regrettable que cette qualité d'affichage devait être le principal argument de vente pour justifier un positionnement premium.

La Lenovo Legion Go posée sur un tapis de souris devant un fond de bureau en bois.
La Lenovo Legion Go posée sur un tapis de souris devant un fond de bureau en bois. — (source)

Ryzen Z2 Extreme, 32 Go de RAM et SSD NVMe

Au-delà de l'écran, les entrailles de la machine sont tout aussi impressionnantes. Lenovo n'a pas lésiné sur les composants avec un processeur AMD Ryzen Z2 Extreme pouvant atteindre les 5 GHz. Cette puce, spécifiquement conçue pour le gaming nomade, offre des performances brutes qui permettent de faire tourner la quasi-totalité du catalogue actuel en haute définition. Mais là où Lenovo a surtout marqué des points, c'est sur la quantité de mémoire vive.

La configuration de tête embarque 32 Go de RAM LPDDR5X-8000. C'est énorme. Pour comparaison, la plupart des concurrents se contentent de 16 Go, et la Steam Deck OLED se limite à 16 Go LPDDR5. Avec 32 Go, la Legion Go 2 non seulement gère sans problème les titres gourmands, mais elle devient aussi une véritable station de travail pour de la modélisation 3D légère ou du montage vidéo en déplacement. Le stockage n'est pas en reste, avec des options allant de 1 To à 2 To en SSD NVMe, garantissant que l'on pourra installer une bibliothèque conséquente sans avoir à gérer la jauge de stockage à chaque nouvelle installation.

Autonomie et connectivité pour le joueur nomade

La console portable Legion Go 2 Noir éclipse avec manettes et écran de jeu.
La console portable Legion Go 2 Noir éclipse avec manettes et écran de jeu. — (source)

Autre détail qui a son importance : l'autonomie. Avec une batterie de 74 Wh, Lenovo promet des sessions de jeu plus longues que la moyenne, un point noir habituel sur ce type de machine. On retrouve aussi les fonctionnalités qui avaient fait le succès du premier modèle, comme les manettes détachables offrant une ergonomie proche des joysticks classiques, le Wi-Fi 6E et le Bluetooth 5.3 pour une connectivité sans faille.

Tout était réuni pour faire de cette machine le compagnon ultime du joueur exigeant. Windows 11 est installé de base, offrant la compatibilité totale avec la bibliothèque PC, un atout majeur face aux écosystèmes fermés. C'est d'autant plus pertinent qu'un ordinateur portable traditionnel reste souvent plus polyvalent, mais la Legion Go 2 tentait de combler cet écart en offrant une puissance de tour dans un format poche.

RAMpocalypse : la crise qui justifie la hausse des prix ?

Si la fiche technique de la Legion Go 2 est immaculée, comment expliquer alors cette explosion tarifaire ? La réponse ne réside pas uniquement dans la cupidité de Lenovo, mais dans un contexte macro-économique mondial qui est en train de changer la donne de l'industrie électronique. Nous sommes en pleine tempête parfaite, où la pénurie de composants rencontre une demande soutenue, créant une inflation des coûts qui se répercute inévitablement sur le prix final.

Gartner prévoit une hausse de 130 % pour la mémoire

Pour saisir l'ampleur du phénomène, il faut regarder les chiffres des analystes. Selon une étude relayée par Les Numériques et basée sur les prévisions de Gartner, nous sommes face à une hausse combinée des prix de la mémoire DRAM et des SSD qui pourrait atteindre 130 % d'ici la fin de l'année 2026. Ce n'est pas une simple variation saisonnière, c'est un choc structurel. L'impact direct sur les produits finis est immédiat : on anticipe une augmentation moyenne de 17 % sur le prix des PC et de 13 % sur celui des smartphones par rapport à 2025.

Plus inquiétant encore, le poids de la mémoire dans le coût total de fabrication d'un ordinateur est en train d'exploser. Il représentait environ 16 % du coût en 2025, mais devrait grimper à 23 % en 2026. Cela signifie qu'un tiers de ce que vous payez pour votre machine sert simplement à acheter la RAM et le stockage. Gartner va même plus loin en prédisant la disparition programmée des PC vendus moins de 500 dollars d'ici 2028. L'entrée de gamme est en train de se faire euthanasier par les coûts de production.

Configuration de jeu avec manettes et écran affichant les logos Xbox Game Pass et EA Play.
Configuration de jeu avec manettes et écran affichant les logos Xbox Game Pass et EA Play. — (source)

Répercussion des coûts et stratégie tarifaire

Dans ce contexte, Lenovo n'invente pas cette hausse, il subit une pression économique mondiale. Néanmoins, on peut s'interroger sur la proportion : alors que le marché subit une inflation de 17 %, pourquoi Lenovo applique-t-il une hausse de 75 % ? C'est là que l'explication économique flanche pour laisser place à une stratégie commerciale offensive qui prend prétexte de la crise pour augmenter les marges.

Il est important de noter que Lenovo n'est pas le seul acteur à revoir ses tarifs à la hausse. L'ensemble du secteur de la tech est en train de « nettoyer » ses prix. Comme l'a souligné PCMag, Sony a déjà augmenté le prix de la PS5 standard de 549,99 $ à 649,99 $, et la PS5 Pro a vu son tarif grimper de 150 $ par rapport aux prévisions initiales. Même le ROG Ally X d'ASUS, concurrent direct de la Legion, n'a pas été épargné par les ajustements tarifaires ces derniers mois, bien que de manière plus mesurée.

Un marché du hardware qui se tend vers le luxe

Le marché entier est en train de se tasser vers le haut, créant un étau qui serre le gamer moyen. Les constructeurs savent que la demande est forte et que les composants manquent, ils en profitent donc pour dégager plus de valeur par unité vendue. C'est une logique rationnelle pour une entreprise, mais brutale pour le consommateur.

Cependant, la Legion Go 2 reste le cas le plus extrême de cette surcotation. En passant sous la barre symbolique des 2 000 € pour la version extrême, Lenovo sort du « marché de masse haut de gamme » pour entrer dans le « luxe technologique ». C'est un pari risqué qui pourrait bien se retourner contre eux si la communauté décide de voter avec ses pieds. La Hausse des prix et pénurie de composants est une réalité confirmée par l'OMC, mais l'application de cette hausse par les constructeurs varie grandement d'une marque à l'autre.

Alternatives : ROG Ally X, Steam Deck OLED et Legion Go S

Face à ce mur infranchissable du prix, il ne faut pas perdre espoir. Si la Legion Go 2 version « Ultra Premium » s'éloigne, le marché des portables de jeu reste vivant et offre des alternatives crédibles. Il est aujourd'hui plus pertinent que jamais de se tourner vers des machines qui, si elles ne possèdent pas la fiche technique absolue, offrent un rapport qualité/prix bien plus sain. Le gamer averti n'achète pas seulement des spécifications, il achète une expérience ludique accessible.

ROG Ally X : le challenger au design Xbox

La réponse principale d'ASUS à la flambée des prix chez Lenovo reste le ROG Ally X, et plus particulièrement sa déclinaison « Xbox ». C'est une machine qui joue la carte de la sobriété et de l'efficacité. Au cœur du boîtier, on retrouve un processeur AMD Ryzen AI Z2 Extreme, épaulé par 24 Go de RAM LPDDR5X-8000. C'est moins que les 32 Go de la Legion, c'est vrai, mais c'est amplement suffisant pour le gaming actuel et surtout, cela permet de maintenir un prix plus doux. Le stockage est assuré par un SSD de 1 To, standard aujourd'hui pour éviter la frustration de devoir désinstaller ses jeux toutes les deux semaines.

Côté affichage, ASUS fait le choix de la retenue avec un écran de 7 pouces en 1080p, mais qui monte à 120 Hz et supporte la technologie FreeSync Premium. C'est un bon compromis pour le jeu, offrant une fluidité excellente sans épuiser la batterie trop vite. D'ailleurs, la batterie est un point fort de l'Ally X avec une capacité de 80 Wh, assurant une autonomie souvent supérieure à celle de ses concurrentes directes.

Une ergonomie inspirée par la manette Xbox

Le grand atout de cette machine réside dans son ergonomie. ASUS a misé gros sur un design explicitement inspiré de la manette Xbox, ce qui ravira les habitués de l'écosystème Microsoft. On y trouve des gâchettes vibrantes pour un feedback haptique enrichi et même un RGB discret sur les joysticks pour le côté « gamer ». Le partenariat avec Xbox se ressent aussi dans l'optimisation logicielle sous Windows 11.

Si l'écran est plus petit et la résolution inférieure à ceux de la Legion Go 2, l'expérience utilisateur est souvent jugée plus cohérente, surtout si l'on peut trouver cet Ally X à un prix resté contenu malgré la crise. ASUS tente ici de proposer une console « hybride » qui ne serait pas juste un PC portable formaté, mais une véritable extension de la salon Xbox.

Une main tenant une console affichant Forza Horizon 5 avec le logo Xbox Game Pass visible.
Une main tenant une console affichant Forza Horizon 5 avec le logo Xbox Game Pass visible. — (source)

Legion Go S : le meilleur rapport qualité/prix à 450 € ?

L'ironie suprême, c'est que Lenovo lui-même propose l'alternative la plus séduisante à sa propre machine hors de prix. La Legion Go S, considérée comme la « petite sœur » de la gamme, s'est retrouvée dans une position commerciale inattendue. Selon les informations de Numerama, ce modèle lancé à 699,99 € en 2025 (avec Ryzen Z2 Go, 16 Go RAM et 512 Go SSD) est aujourd'hui trouvé à des prix défiant toute concurrence, tournant souvent autour de 449,99 € chez des détaillants comme la Fnac.

À 450 €, la proposition change radicalement de nature. On n'est plus dans l'achat compulsif de l'ultra-haut de gamme, mais dans l'acquisition réfléchie d'une machine de jeu parfaitement capable. Pour du 1080p portable, 16 Go de RAM et 512 Go de stockage restent des valeurs sûres et confortables. La Legion Go S devient, paradoxalement, la raison d'être de la gamme. Elle incarne le PC portable accessible, performant pour ce qu'il est, et qui ne demande pas d'hypothéquer son avenir financier pour l'acheter.

C'est presque un sans-faute en termes de rapport qualité/prix. Elle ne jouera pas Cyberpunk 2077 en path tracing ultra, mais elle tournera Baldur's Gate 3, Elden Ring ou la plupart des indés avec brio. Ce paradoxe est fréquent dans l'industrie tech : le modèle haut de gamme fait la Une et crée le désir, mais c'est souvent le modèle milieu ou entrée de gamme qui réalise le meilleur chiffre d'affaires et satisfait le plus grand nombre de clients. Si la Legion Go 2 devient trop chère, la Go S est là pour récupérer les déçus.

Version SteamOS à 1 199 $ : le pari de Lenovo

Il serait trop simple de réduire la situation à une guerre des prix et des spécifications brutes. Il se pourrait que l'avenir de la Legion Go 2 se joue non pas sur la puissance de son silicium, mais sur la nature de son système d'exploitation. Lenovo a pris une décision surprenante et audacieuse qui pourrait bien redonner un sens à cette machine, même à prix élevé : l'abandon officiel de Windows au profit de SteamOS pour une version dédiée.

Lenovo officialise le passage à SteamOS au CES 2026

L'annonce a eu lieu lors du CES 2026, et elle a fait l'effet d'une bombe dans la communauté des passionnés de hardware. IGN France rapportait en janvier dernier que Lenovo allait commercialiser une version de sa Legion Go 2 tournant nativement sous SteamOS, le système d'exploitation développé par Valve pour sa Steam Deck. Le châssis reste le même, le matériel est identique : toujours le AMD Ryzen Z2 Extreme, 32 Go de RAM et un SSD de 2 To.

Ce qui change radicalement, c'est le prix et l'expérience annoncée. Lors de l'annonce, le prix de cette version SteamOS était fixé à 1 199 $ aux États-Unis, soit 100 $ de plus que la version Windows au lancement. En France, on pouvait espérer un positionnement autour de 1 200 € - 1 300 € hors taxes. La sortie est prévue pour juin 2026. Ce signal fort de la part de Lenovo est capital : le constructeur chinois reconnaît implicitement que Windows 11, malgré sa domination sur le PC de bureau, est un boulet pour l'expérience portable gaming. En misant sur SteamOS, Lenovo tente de transformer sa machine en « console » véritable, avec la fluidité et la simplicité que cela implique.

Des mains manipulent la console portable sur l'interface Steam avec Monster Hunter Wilds.
Des mains manipulent la console portable sur l'interface Steam avec Monster Hunter Wilds. — (source)

Pourquoi SteamOS corrige les défauts de Windows 11

L'analyse d'IGN France sur ce point est particulièrement pertinente. Windows 11 a beau être un système d'exploitation performant, il n'est toujours pas optimal pour une utilisation exclusive à la manette. L'interface reste pensée pour la souris et le clavier, obligeant souvent l'utilisateur à sortir un accessoire pour naviguer dans les menus, configurer des paramètres ou gérer les mises à jour. C'est une friction qui brise l'immersion et complique la prise en main pour un public moins technique.

SteamOS, à l'inverse, offre une UX (expérience utilisateur) pensée comme une console de salon. Tout est accessible via la manette, la gestion de la bibliothèque est simplifiée, et les performances sont souvent plus stables grâce à un système d'exploitation beaucoup plus léger que Windows. L'OS consomme moins de ressources en arrière-plan, laissant plus de puissance pour le jeu.

L'argument technique est massue. Un journaliste d'IGN a même testé une distribution Linux similaire, Bazzite, sur sa Legion Go 2 et en a fait son PC portable principal. Pour l'utiliser, il avait oublié Windows. Si la version SteamOS de la Legion Go 2 tient ses promesses, elle pourrait justifier un prix plus élevé simplement parce qu'elle offre une expérience utilisateur supérieure, fluide et sans compromis. Là où la version Windows à 1 750 € semble intouchable car complexe à utiliser, la version SteamOS à 1 300 € pourrait devenir l'achat idéal pour ceux qui recherchent la puissance sans le tracas de l'informatique de bureau.

Faut-il acheter la Legion Go 2 ou attendre ?

Nous arrivons au terme de cette analyse. La situation est complexe, mélangeant frustration économique, admiration technique et espoir logiciel. Faut-il se laisser tenter par la puissance brute, attendre que la tempête passe, ou se tourner vers des horizons plus calmes ? Il n'y a pas de réponse unique, mais il est possible de tracer des chemins en fonction de votre profil de joueur et de votre budget.

Profil 1 : Le technophile exigeant

Pour le gamer exigeant, technophile, qui veut le meilleur écran du marché et la modularité des manettes détachables : je vous conseille de patienter. Ne craquez surtout pas pour la version Windows à 1 750 €, c'est un gouffre financier et une expérience utilisateur frustrante. Attendez juin 2026 et la sortie de la version SteamOS. À un prix estimé de 1 300 €, elle sera tout de même chère, mais elle offrira une expérience justifiant cet investissement. Vous aurez l'écran OLED rêvé et enfin un OS qui sait gérer une manette sans pleurer.

Profil 2 : Le gamer au budget serré

Pour le gamer au budget serré ou pragmatique, qui veut juste jouer ses titres préférés dans le train ou au lit : la solution est déjà là. Tournez-vous vers la Legion Go S. À 450 €, c'est une affaire extraordinaire. Elle fait moins de bruit dans la presse parce qu'elle est moins sexy, mais elle représente le meilleur rapport qualité/prix actuel. Elle joue tout ce que vous lui demanderez en 1080p, et votre compte en banque vous remerciera.

Profil 3 : L'amateur d'innovation

Pour le gamer qui veut du compact et de l'innovation, mais qui n'est pas persuadé par Lenovo : regardez du côté du ROG Ally X, mais uniquement si le prix reste contenu. Son ergonomie Xbox est très réussie. Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège des hausses de prix ; si l'Ally X dépasse les 1 000 €, elle perd elle aussi son intérêt face aux consoles classiques.

La fin du PC portable abordable ?

Le bilan est honnête mais dur à entendre. Le matériel n'a jamais été aussi bon, mais il n'a jamais été aussi cher. La fiche technique de la Legion Go 2 est exceptionnelle, mais la réalité économique la rend inaccessible pour la plupart d'entre nous. La crise de la RAM et des SSD, prédite par Gartner, n'est pas un feu de paille ; elle va durer et probablement s'accentuer. L'ère du PC portable gamer « abordable » (sous les 800 €) semble bel et bien révolue.

Pourtant, une lueur d'espoir brille à l'horizon, et elle ne vient pas du hardware, mais du logiciel. La montée en puissance de SteamOS et des distributions Linux dédiées au jeu, comme Bazzite ou HoloISO, change la donne. Elles permettent de faire tourner des jeux sur du matériel ancien ou milieu de gamme avec des performances étonnantes, grâce à une optimisation bien supérieure à Windows. L'avenir du gaming portable passera peut-être moins par la course aux gigahertz et aux téraflops, et plus par une meilleure utilisation de la puissance existante grâce à des systèmes d'exploitation efficaces.

La communauté, que ce soit sur les forums de JV.com ou chez les influenceurs comme Solary et Kameto, suit de près cette bascule vers Linux. En 2026, le gaming portable, c'est un peu un état d'esprit : accepter de payer cher pour la qualité, oui, mais exiger en retour une expérience sans faille. La Legion Go 2, sous SteamOS, a encore une chance de devenir cette console parfaite dont nous rêvions. La version Windows, elle, est devenue un mirage inaccessible pour la majorité d'entre nous.

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Questions fréquentes

Pourquoi le prix de la Legion Go 2 a-t-il explosé ?

Le prix a bondi de 75 % en six mois à cause de la crise mondiale des composants, notamment la hausse spectaculaire du coût de la RAM et des SSD.

Quelle est la différence entre les versions Windows et SteamOS ?

La version SteamOS offre une expérience utilisateur simplifiée pour la manette et une meilleure gestion des ressources, contrairement à la version Windows jugée complexe pour ce format.

Quelle est l'autonomie de la batterie de la Legion Go 2 ?

La console est équipée d'une batterie de 74 Wh, promettant des sessions de jeu plus longues que la moyenne des PC portables gaming.

Quels sont les composants de la Legion Go 2 ?

Elle dispose d'un processeur AMD Ryzen Z2 Extreme, de 32 Go de RAM, d'un SSD allant jusqu'à 2 To et d'un écran OLED 8,8 pouces à 144 Hz.

La Legion Go S est-elle un bon achat ?

Oui, à environ 450 €, elle offre un excellent rapport qualité/prix avec ses 16 Go de RAM et son SSD de 512 Go, contrairement au modèle haut de gamme.

Sources

  1. Asus ROG Ally serie - Notebookcheck.org · notebookcheck.org
  2. fr.ign.com · fr.ign.com
  3. gamekult.com · gamekult.com
  4. gamekult.com · gamekult.com
  5. jeuxvideo.com · jeuxvideo.com
game-master
Maxime Aubot @game-master

Je joue à tout, je critique tout, je n'épargne personne. Gamer depuis la GameBoy de mon grand frère, j'ai aujourd'hui une collection qui ferait pâlir un musée. AAA, indés, mobile, retrogaming : si ça a des pixels ou des polygones, j'y ai touché. Mon avis ? Toujours honnête, parfois salé. Je défends les consommateurs contre les DLC abusifs et les microtransactions prédatrices. Si t'aimes les critiques complaisantes, passe ton chemin.

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