Novembre 2025 reste dans les annales comme le mois où l’industrie du jeu vidéo a pris une gifle. Avec seulement 1,6 million de consoles vendues aux États-Unis et un chiffre d’affaires de 455 millions de dollars, le marché a touché un point bas inédit depuis 1995. La PS5 Pro atteint désormais 899,99 €, la Switch 2 flirte avec les 500 €, et les constructeurs justifient ces envolées par une pénurie mondiale de composants liée à l’intelligence artificielle. L’avenir des consoles de salon, tel qu’on le connaît depuis trente ans, est sérieusement remis en question.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les ventes de novembre 2025 sont les plus mauvaises depuis trois décennies. Et ce n’est pas un accident de parcours. C’est la convergence de plusieurs crises — économique, technologique et stratégique — qui frappe de plein fouet un secteur autrefois considéré comme inébranlable. Entre les déclarations alarmistes des anciens patrons de Sony et Microsoft, l’explosion des coûts de production et l’émergence d’alternatives comme le cloud gaming ou les PC portables, le modèle historique de la console de salon vacille.
Pourtant, tout n’est pas perdu. Des signaux faibles, comme le succès surprise de la Nex Playground à 199 €, montrent que le public cherche encore des expériences vidéoludiques, mais à des conditions radicalement différentes. Alors, l’avenir sombre des consoles est-il une fatalité ou une transition vers un nouveau paradigme ? Plongeons dans les causes, les conséquences et les pistes de renaissance de ce marché en pleine mutation.
Novembre 2025, le pire mois depuis 30 ans : le grand plongeon des ventes de consoles
Les chiffres publiés par Circana pour novembre 2025 ont provoqué un électrochoc dans l’industrie. 1,6 million de consoles écoulées aux États-Unis, pour un revenu total de 455 millions de dollars. Pour trouver pire, il faut remonter à novembre 1995, où seulement 1,4 million d’unités avaient trouvé preneur. Ce n’est pas une simple baisse saisonnière : c’est un effondrement structurel qui interroge la viabilité du marché.
La PS5 reste en tête des ventes, mais ce leadership a un goût amer. Sony a vendu moins de consoles en novembre 2025 qu’en novembre 2020, pourtant marqué par des pénuries d’approvisionnement. La différence ? En 2020, la demande explosait et l’offre peinait à suivre. En 2025, c’est la demande qui s’effondre, laminée par des prix devenus prohibitifs.
Novembre 2025, pire mois depuis 1995 : le chiffre qui glace le sang
Le rapport de l’analyste Matt Piscatela, cité par Les Numériques, ne laisse aucune place au doute. En dollars constants, novembre 2025 est le pire mois de l’histoire récente pour les ventes de consoles. Même la période post-COVID, pourtant difficile pour le secteur, n’avait pas atteint des niveaux aussi bas.
Ce qui rend ce chiffre encore plus inquiétant, c’est le contexte. Novembre est traditionnellement le mois le plus fort de l’année pour l’industrie du jeu vidéo, porté par le Black Friday et les fêtes de fin d’année. Les constructeurs y concentrent leurs promotions et leurs sorties majeures. Voir les ventes chuter à ce point en plein pic saisonnier, c’est comme un magasin qui ferait moins de chiffre en décembre qu’en janvier.
Plusieurs facteurs expliquent cette débâcle. D’abord, l’absence de baisse de prix. Pour la première fois dans l’histoire des consoles, les machines de cette génération coûtent plus cher aujourd’hui qu’à leur lancement. Ensuite, l’offre logicielle peine à convaincre. Call of Duty: Black Ops 7 a beau être le jeu le plus vendu du mois, les ventes globales de la franchise ont chuté de plus de 10 % par rapport à novembre 2024. Les joueurs regardent leur porte-monnaie et hésitent.
PS5 et Switch 2 : la hausse de prix qui tue l’idée de la console « abordable »
Depuis avril 2026, la PS5 Pro coûte 899,99 € en France. La version Slim, initialement vendue 549,99 € au lancement, atteint désormais 649,99 €. C’est la troisième augmentation de prix depuis 2020, une situation totalement inédite. Comme le rapporte Ouest-France, Sony justifie cette hausse par « les pressions persistantes du paysage économique mondial », un euphémisme pour désigner la crise des composants et l’inflation.
La Nintendo Switch 2 n’est pas en reste. Le 8 mai 2026, Nintendo officialisait une augmentation de 30 €, portant le prix de la console à 499,99 € à partir du 1er septembre. La firme japonaise invoque la pénurie de mémoire liée à l’IA, la hausse des coûts de production et l’affaiblissement du yen. Résultat : même la console familiale par excellence devient un investissement conséquent.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il faut comparer avec les générations précédentes. Une PS4 coûtait 399 € à sa sortie en 2013, et son prix n’a cessé de baisser jusqu’à atteindre 299 € en 2016. Une Xbox One S se trouvait régulièrement à 249 € en promotion. Aujourd’hui, une console d’entrée de gamme — la PS5 digitale — coûte 599 €. C’est 50 % de plus que le prix de lancement de la PS4 Pro, pourtant considérée comme une machine haut de gamme à l’époque.
La surprise Nex Playground : quand une console à 199 € fait de l’ombre aux géants
Au milieu de ce marasme, une petite console cubique a créé la surprise. La Nex Playground, vendue entre 199 et 249 €, s’est hissée à la troisième place des ventes de novembre 2025, derrière la PS5 et la Switch 2. Ce boîtier discret, équipé d’une caméra grand-angle et d’un système de suivi de mouvements par IA, incarne un retour aux sources : le jeu sans manette, social, accessible à tous les âges.
Le parallèle avec la Wii de Nintendo est évident. En 2006, la console de salon de Nintendo avait révolutionné le marché en proposant une expérience motion gaming abordable et familiale. Elle s’était vendue à plus de 100 millions d’unités, prouvant qu’il existait une demande massive pour un jeu vidéo simple, sans abonnement ni mise à jour complexe.
La Nex Playground fait exactement la même chose, mais en 2026. Son succès montre que le marché n’est pas mort : il se polarise. D’un côté, des consoles de plus en plus chères, puissantes, destinées à un public hardcore prêt à investir. De l’autre, des machines low-tech, économiques, qui captent une audience familiale délaissée par Sony et Microsoft. Ce clivage est peut-être la clé pour comprendre l’avenir des consoles.
Pourquoi la PS5 coûte-t-elle désormais 899 € ? Enquête sur l’IA, les taxes et la pénurie de RAM
Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi une console lancée à 499 € en 2020 coûte-t-elle 899 € six ans plus tard ? La réponse tient en trois mots : intelligence artificielle, droits de douane et inflation des coûts de développement. Ces trois facteurs se sont combinés pour créer une tempête parfaite qui frappe de plein fouet le modèle économique des consoles.
Le plus ironique dans cette histoire, c’est que l’IA — présentée comme la prochaine révolution du jeu vidéo — est aussi l’une des principales causes de la crise. En aspirant les ressources matérielles et en faisant exploser les coûts, elle fragilise le socle même sur lequel repose l’industrie.
L’IA bouffe la RAM : 70 % de la production mondiale aspirée par les data centers
Le Wall Street Journal rapportait en début d’année un chiffre vertigineux : les centres de données dédiés à l’IA devraient consommer environ 70 % de la production mondiale de RAM en 2026. Cette pénurie, surnommée « RAMaggedon » par les experts, a des conséquences directes sur le marché des consoles.
Les machines de Sony, Microsoft et Nintendo utilisent de la mémoire GDDR, un type de RAM spécifique aux applications graphiques. Or, les data centers qui entraînent les modèles d’IA — comme ChatGPT, Gemini ou Claude — ont besoin de la même mémoire, en quantités massives. La demande explose, l’offre ne suit pas, et les prix grimpent. Comme l’explique Frandroid, les fabricants de composants privilégient désormais les commandes des géants de l’IA, plus lucratives, au détriment des constructeurs de consoles.
Cette situation a un impact direct sur le prix final. Une console nécessite entre 8 et 16 Go de mémoire GDDR. Si le prix de cette mémoire double, le coût de production de la console augmente mécaniquement de plusieurs dizaines d’euros. Et comme les marges des constructeurs sont déjà très faibles sur le matériel — Sony et Microsoft vendent souvent leurs consoles à perte au lancement —, cette hausse est répercutée sur le consommateur.
Taxes Trump, délocalisation : pourquoi le commerce mondial des consoles est chamboulé
L’économie des consoles ne se joue pas seulement dans les laboratoires de conception, mais aussi dans les douanes. L’article de l’AFP relayé par La Dépêche rappelle un fait capital : 75 % des consoles expédiées aux États-Unis en 2024 venaient de Chine, frappée par des droits de douane de 145 % dans le cadre de la politique commerciale de Donald Trump.
Face à cette situation, Nintendo a déjà déplacé la production de la Switch 2 au Vietnam. Sony et Microsoft étudient des alternatives, mais aucune solution n’est simple. Relocaliser une chaîne d’assemblage prend des années et coûte des milliards. En attendant, les surcoûts douaniers s’ajoutent à la facture.
L’Europe n’est pas épargnée. Même si les droits de douane y sont moins élevés, l’euro faible face au dollar et au yen renchérit le prix des composants importés. Résultat : une PS5 Pro à 899 € en France, contre 799 € aux États-Unis — un écart qui ne s’explique pas seulement par la TVA.
Des jeux à 80 $ en 2027 ? Le coût de développement des AAA explose
La hausse du prix des consoles s’accompagne d’une augmentation inexorable du coût des jeux. Les analystes de Niko Partners prévoient que le tarif standard des AAA passera à 80 dollars dans les mois à venir. Certains titres, comme GTA 6, pourraient même atteindre 100 dollars selon Matthew Ball, analyste chez Epyllion.
Cette inflation logicielle a plusieurs causes. D’abord, les budgets de développement des AAA modernes sont devenus mirobolants. Un jeu comme The Last of Us Part III ou le prochain God of War coûte entre 200 et 300 millions de dollars à produire, sans compter le marketing. Ensuite, la durée de développement s’allonge : cinq à sept ans pour un titre majeur, contre deux à trois ans il y a une génération.
Pour le joueur, la douleur est double. Il doit payer sa console le plus cher possible, puis débourser 80 à 100 € pour chaque jeu. À ce tarif, la promesse historique de la console — un divertissement abordable, prêt à l’emploi, sans configuration — s’effondre. Le PC, longtemps considéré comme plus cher à l’achat mais moins coûteux sur la durée grâce aux soldes Steam, redevient compétitif.
« La console est en soins palliatifs » : le créateur Xbox et l’ex-patron PlayStation tirent la sonnette d’alarme
Quand les anciens grands patrons de l’industrie annoncent la fin d’un cycle, il faut les prendre au sérieux. En mars 2026, Seamus Blackley, le créateur original de la Xbox, a déclaré dans une interview à GamesBeat que la console était « en soins palliatifs ». Son argument ? La nomination d’Asha Sharma, ancienne responsable de l’IA, au poste de PDG de Microsoft Gaming en février 2026.
Quelques semaines plus tard, Shawn Layden, ex-directeur de Sony Interactive Entertainment America, enfonçait le clou sur la chaîne Pause for Thought. Selon lui, le marché des consoles plafonne à environ 250 millions d’unités par génération depuis la PS1. Sa solution ? Un consortium des formats de jeux, inspiré de la guerre VHS contre Betamax.
Seamus Blackley : « La nomination d’une dirigeante de l’IA chez Microsoft met la Xbox en soins palliatifs »
Blackley ne mâche pas ses mots. Pour lui, le choix d’Asha Sharma à la tête de Microsoft Gaming est un signal clair : le géant de Redmond considère la Xbox comme un produit en fin de vie, qu’il faut gérer en mode « extraction de valeur » plutôt qu’en mode croissance. L’IA n’est plus un outil au service du jeu vidéo : elle devient la priorité, et le jeu vidéo un simple support.
Cette analyse rejoint les craintes exprimées par la communauté depuis plusieurs mois. Microsoft a multiplié les licenciements dans ses studios first-party, fermé des équipes entières comme Tango Gameworks, et recentré ses investissements sur le cloud et l’IA générative. La Xbox Series X, pourtant puissante, n’a jamais réussi à s’imposer face à la PS5 en termes de ventes. La prochaine génération, si elle voit le jour, pourrait être la dernière.
L’article de Pèse sur Start développe cette thèse : la console, en tant que boîtier dédié au jeu, n’a plus de sens dans la stratégie de Microsoft. Le Game Pass, le cloud gaming et l’IA sont les piliers du futur. Le matériel n’est qu’un moyen d’accéder à ces services, pas une fin en soi. Si demain Microsoft décide d’arrêter de produire des Xbox, l’écosystème continuera d’exister sur PC, mobile et téléviseurs connectés.
Shawn Layden (ex-Sony) : « Le marché stagne à 250 millions, il faut un consortium »
Shawn Layden apporte une perspective différente, mais tout aussi inquiétante. Dans son interview relayée par Jeuxvideo.com, il rappelle que le marché des consoles plafonne à environ 250 millions d’unités par génération depuis les années 1990. PS1, PS2, PS3, PS4 : à chaque fois, le cumul des ventes de toutes les consoles de la génération tourne autour de ce chiffre.
Pourtant, le nombre de joueurs dans le monde n’a cessé d’augmenter. Il y a aujourd’hui plus de 3 milliards de joueurs sur la planète, contre moins d’un milliard à l’époque de la PS1. Pourquoi les ventes de consoles ne suivent-elles pas ? Parce que ces nouveaux joueurs jouent sur mobile, sur PC, sur tablette. La console de salon est devenue un marché de niche, réservé aux passionnés prêts à investir plusieurs centaines d’euros.
La solution de Layden est radicale : un consortium des formats de jeux, sur le modèle du VHS face au Betamax. Sony, Microsoft et Nintendo devraient collaborer pour standardiser les formats, permettre la compatibilité universelle des jeux, et élargir l’audience. Concrètement, cela signifierait qu’un jeu acheté sur une console fonctionnerait sur toutes les autres. La guerre des exclusivités, moteur historique du marché, serait abolie.
Phil Spencer parti, Microsoft lâche-t-il vraiment le morceau ?
Le départ de Phil Spencer de Microsoft Gaming, annoncé en début d’année, a ajouté une couche d’incertitude. L’homme qui avait redressé la marque Xbox après l’ère Mattrick, qui avait imposé le Game Pass comme un standard, qui avait racheté Activision-Blizzard pour près de 70 milliards de dollars, a quitté le navire. Son successeur est une spécialiste de l’IA.
Les signaux sont contradictoires. D’un côté, Microsoft continue d’investir massivement dans le jeu vidéo : le rachat d’Activision, les studios Bethesda, le développement du cloud gaming. De l’autre, les licenciements se multiplient, les exclusivités first-party arrivent sur PlayStation, et la stratégie matérielle semble en suspens. La prochaine Xbox, si elle existe, pourrait être une machine étrange, mi-console mi-PC, conçue avant tout pour le cloud.
Dans ce contexte, la question n’est plus « Quelle est la meilleure console ? », mais « Faut-il encore acheter une console ? ». La réponse dépend de votre profil, de votre budget et de vos attentes. Nous y reviendrons dans la dernière section.
Cloud gaming, Steam Deck, PC portable : les alternatives qui cannibalisent le marché du salon
Pendant que les ventes de consoles s’effondrent, d’autres façons de jouer explosent. Le cloud gaming, les PC portables comme le Steam Deck ou le ROG Ally, et même les abonnements tout-en-un comme le Game Pass Ultimate grignotent des parts de marché. Pour le joueur, le choix n’est plus entre une PS5 et une Xbox Series : c’est entre une console, un PC portable, un abonnement cloud, ou un mix des trois.
Cette fragmentation de l’offre est à la fois une chance et un casse-tête. Une chance, car elle permet à chacun de trouver la solution adaptée à ses besoins. Un casse-tête, car elle rend la décision d’achat plus complexe que jamais.
Le cloud gaming (GeForce Now, Xbox Cloud) séduit les jeunes, mais à quel coût ?
Les 16-25 ans sont les premiers adoptants du cloud gaming. GeForce Now, Xbox Cloud Gaming, Amazon Luna : ces services permettent de jouer à des jeux AAA sur n’importe quel écran, sans console ni PC puissant. L’attrait est évident : pas d’investissement initial, pas de mise à jour matérielle, pas de bruit de ventilateur.
Mais le cloud gaming a un coût caché. L’abonnement mensuel — 20 € pour GeForce Now Ultimate, 15 € pour le Game Pass Ultimate — s’additionne sur la durée. Sur cinq ans, cela représente entre 900 et 1 200 €, sans compter l’achat des jeux. Et surtout, le cloud gaming exige une connexion fibre très stable. En dessous de 50 Mbps, l’expérience se dégrade : latence, pixellisation, freeze.
Les retours d’expérience sur Reddit, cités par Frandroid, sont mitigés. Beaucoup de joueurs saluent la praticité du cloud, mais pointent des problèmes de latence dans les jeux compétitifs et une qualité d’image inférieure à celle d’une console locale. Le cloud gaming est une excellente solution d’appoint, mais pas encore un remplacement crédible pour les joueurs exigeants.
Steam Deck et ROG Ally : la « console portable PC » devient le nouveau standard ?
Le Steam Deck de Valve a ouvert une brèche. Vendu à partir de 419 €, ce PC portable format console permet de jouer à toute la bibliothèque Steam — des milliers de jeux, souvent en promo à 80 % — dans un format nomade. Le succès a été tel que Valve a importé 50 tonnes de consoles en 48 heures en 2026, comme le rapporte notre article sur l’importation massive.
Asus a suivi avec le ROG Ally, Lenovo avec le Legion Go. Ces machines offrent une puissance équivalente à celle d’une PS4 Pro dans un format portable. Leur avantage principal ? La flexibilité. Vous pouvez jouer à vos jeux Steam, mais aussi faire de l’émulation, installer Epic Games Store, ou même les brancher sur un écran pour une expérience salon.
Le compromis, c’est l’autonomie. Comptez 1h30 à 3h selon les jeux, contre 5 à 6 heures pour une Switch 2. Et l’ergonomie de Windows n’est pas toujours optimale sur un écran de 7 pouces. Mais pour le joueur qui veut une machine polyvalente, capable de faire tourner des milliers de jeux sans payer d’abonnement, le PC portable est une alternative sérieuse à la console de salon.
Calcul du coût total (TCO) sur 5 ans : console vs. portable vs. cloud
Pour vous aider à y voir clair, voici un comparatif du coût total de possession sur cinq ans pour trois profils types :
| Solution | Achat initial | Jeux (5 AAA par an) | Abonnements | Total sur 5 ans |
|---|---|---|---|---|
| PS5 Pro | 900 € | 5 × 80 € × 5 ans = 2 000 € | PS Plus : 60 € × 5 = 300 € | 3 200 € |
| Steam Deck | 550 € | 5 × 30 € (promo) × 5 ans = 750 € | 0 € (jeux sans abonnement) | 1 300 € |
| Cloud gaming (GeForce Now) | 0 € (écran déjà possédé) | 5 × 80 € × 5 ans = 2 000 € | 20 € × 60 mois = 1 200 € | 3 200 € |
Ce tableau simplifié montre que le Steam Deck est nettement moins cher sur la durée, grâce aux prix cassés des jeux PC en promotion. La PS5 Pro et le cloud gaming reviennent au même montant, mais avec des contraintes différentes : l’une exige un investissement initial lourd, l’autre une connexion fibre irréprochable.
Bien sûr, ces chiffres varient selon votre consommation. Si vous jouez à un seul jeu par an, le cloud est plus rentable. Si vous êtes un collectionneur, le PC portable l’emporte. L’essentiel est de prendre en compte le coût total, pas seulement le prix de la console.
L’avenir est-il si sombre ? Nex Playground, consortium, IA : les pistes pour sauver la console
Après ce constat alarmant, il serait facile de conclure que la console de salon est morte. Mais ce serait ignorer les signaux de renaissance qui émergent un peu partout. Le succès de la Nex Playground, l’idée de consortium de Shawn Layden, et même le potentiel de l’IA pour améliorer l’expérience de jeu : tout cela dessine un futur possible.
L’avenir des consoles n’est pas écrit. Il dépendra des choix des constructeurs, mais aussi des attentes des joueurs. Si le marché se polarise entre machines low-cost et super-calculateurs, il reste une place pour la console. À condition qu’elle se réinvente.
Nex Playground : et si le motion gaming low-cost était l’avenir ?
Le succès de la Nex Playground n’est pas un accident. Cette console à 199 €, vendue sans abonnement, avec des jeux familiaux en motion gaming, répond à une demande que Sony et Microsoft ont complètement ignorée. Depuis la Wii, aucun constructeur n’avait proposé une expérience aussi simple et accessible.
Le parallèle avec la Nintendo DS est frappant. En 2004, alors que Sony et Nintendo se livraient une guerre des puissances avec la PSP et la DS, c’est la console à deux écrans et stylet — moins puissante, mais plus innovante — qui a remporté la bataille commerciale. La Nex Playground suit la même logique : plutôt que de chercher à être la plus puissante, elle cherche à être la plus fun.
Est-ce que l’avenir de la console passe par un retour aux sources ? Une machine simple, sans abonnement, sans mise à jour, sans écran de chargement, qu’on allume et qui marche ? Le succès de la Nex Playground suggère que oui. Il existe un public immense pour le jeu vidéo casual, social, familial. Un public que les consoles à 900 € ont abandonné.
Le rêve du format standardisé : une seule console pour tous les jeux ?
L’idée de Shawn Layden — un consortium des formats de jeux — semble utopique. Mais elle a des précédents historiques. Le VHS a triomphé du Betamax en concédant sa licence à de multiples fabricants. Le DVD, le Blu-ray ont suivi le même modèle. Pourquoi le jeu vidéo serait-il différent ?
Les avantages pour le joueur seraient immenses. Finies les guerres d’exclusivités, fini le casse-tête « Est-ce que ce jeu sort sur ma console ? ». Tous les jeux seraient disponibles partout. La concurrence se ferait sur la qualité du matériel, le prix, les services. L’innovation serait stimulée, pas étouffée par des barrières artificielles.
Les obstacles sont tout aussi évidents. Nintendo doit une grande partie de son succès à ses franchises exclusives : Mario, Zelda, Pokémon. Les lâcher sur PlayStation ou Xbox, c’est renoncer à son principal avantage concurrentiel. Sony, de son côté, a construit l’identité de la PlayStation autour de ses exclusivités cinématiques. Un format standardisé menacerait ce modèle.
Pourtant, Microsoft a déjà commencé à faire le pas. Ses jeux first-party sortent désormais sur PlayStation et Switch. Le Game Pass est disponible sur PC et mobile. Si le constructeur de Redmond est prêt à abandonner l’exclusivité matérielle, peut-être que les autres suivront. Lentement, mais sûrement.
L’IA dans la console : une bombe à retardement ou la prochaine killer feature ?
L’IA est à la fois le problème et la solution. D’un côté, elle aspire les ressources et fait grimper les prix. De l’autre, elle permet des prouesses techniques qui justifient ces prix. Le DLSS de Nvidia, le PSSR de Sony, la Frame Generation : ces technologies utilisent l’IA pour améliorer la qualité d’image sans augmenter la puissance brute.
Imaginez une console capable de générer des mondes ouverts infinis, des PNJ qui réagissent intelligemment à vos actions, des dialogues dynamiques qui s’adaptent à votre style de jeu. L’IA générative appliquée au jeu vidéo pourrait transformer radicalement l’expérience de jeu. Les futures consoles justifieront peut-être leurs prix records par des capacités IA de pointe, devenant des super-calculateurs familiaux.
Mais attention aux dérives. L’IA peut aussi servir à supprimer des emplois dans les studios, à standardiser la création de contenu, à pousser des microtransactions prédictives. La frontière entre innovation et exploitation est mince. Les constructeurs devront faire des choix éthiques pour que l’IA serve le joueur, pas seulement les actionnaires.
PS5, Switch 2 ou rien ? Le guide pratique pour choisir sa plateforme en 2026
Après cette analyse exhaustive, une question demeure : faut-il encore acheter une console en 2026 ? La réponse dépend de votre profil, de votre budget et de vos priorités. Voici un guide pratique pour vous aider à décider, en trois profils types.
Le verdict pour trois profils types : casual, hardcore, étudiant
Le joueur casual ou familial cherche une expérience simple, sociale, sans prise de tête. Il veut jouer à Mario Kart avec ses enfants, faire du fitness avec Ring Fit, ou regarder Netflix sur sa console. Pour lui, la Nintendo Switch 2 reste le meilleur choix. Son écosystème est unique, ses jeux sont accessibles, et son format hybride permet de jouer partout. À 499 €, c’est un investissement, mais la durée de vie de la console (6 à 8 ans) et la qualité des exclusivités Nintendo justifient le prix.
Le hardcore gamer veut la meilleure qualité graphique, les jeux les plus exigeants, et une bibliothèque immense. Pour lui, deux options se détachent. La PS5 Pro, à 899 €, offre les exclusivités Sony et une puissance brute inégalée. Mais le Steam Deck, à partir de 419 €, donne accès à toute la bibliothèque Steam, souvent à des prix cassés. Si l’argent n’est pas un problème, la PS5 Pro est un choix solide. Si le rapport qualité-prix est prioritaire, le Steam Deck l’emporte haut la main.
L’étudiant ou jeune actif a un budget serré et une connexion internet correcte. Pour lui, le cloud gaming est une option intéressante. Le Game Pass Ultimate à 15 € par mois donne accès à des centaines de jeux, jouables sur PC, mobile ou téléviseur. Pas d’investissement initial, pas de mise à jour matérielle. L’inconvénient : la dépendance à la connexion et l’absence de propriété des jeux. Une console d’occasion — PS4 Pro à 200 €, Xbox One X à 150 € — reste une excellente alternative pour jouer à moindre coût.
Les 3 questions à se poser avant de passer à la caisse en 2026
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Quel est mon budget réel sur 3 à 5 ans ? Ne regardez pas seulement le prix de la console. Ajoutez le coût des jeux, des abonnements, des accessoires. Un Steam Deck à 550 € + des jeux en promo peut revenir moins cher sur la durée qu’une PS5 à 900 € + des jeux à 80 €.
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Ai-je une bonne connexion internet ? Si oui, le cloud gaming est une option crédible. Si non, la console ou le PC portable restent rois. Le cloud exige une fibre stable et une latence faible. En ADSL, oubliez.
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Quels jeux veux-je absolument jouer ? L’écosystème d’exclusivités reste le facteur numéro un. Nintendo pour Mario, Zelda, Pokémon. Sony pour les cinématiques et les jeux narratifs. Xbox/PC pour le Game Pass et les jeux multi. Si vos jeux préférés sont disponibles partout, le choix se fait sur le prix et la praticité.
Conclusion
L’avenir des consoles de jeu traverse une zone de turbulences inédite. Entre la hausse historique des prix, la pénurie de composants liée à l’IA, et l’émergence d’alternatives comme le cloud gaming et les PC portables, le modèle traditionnel de la console de salon est mis à rude épreuve. Les chiffres de novembre 2025 sont alarmants, les déclarations des anciens patrons de l’industrie glaçantes.
Pourtant, tout n’est pas perdu. Le succès de la Nex Playground montre qu’il existe une demande pour des expériences vidéoludiques abordables et sociales. L’idée de consortium, portée par Shawn Layden, ouvre une piste de standardisation qui pourrait élargir le marché. Et l’IA, si elle est bien utilisée, pourrait offrir des expériences de jeu radicalement nouvelles.
Faut-il encore acheter une console en 2026 ? Oui, si vous savez ce que vous cherchez. Pour le joueur casual, la Switch 2 reste une valeur sûre. Pour le hardcore gamer, le Steam Deck offre le meilleur rapport qualité-prix. Pour l’étudiant connecté, le cloud gaming est une porte d’entrée accessible. Mais pour le joueur qui veut une console de salon classique, performante et abordable, le marché est en crise. La PS5 Pro à 899 € et la Switch 2 à 499 € ne sont plus des machines pour tout le monde. Elles sont devenues des produits de luxe.
L’avenir sombre des consoles n’est pas une fatalité. C’est une transition. Le marché se réinvente, se fragmente, se polarise. La console de salon telle qu’on la connaît depuis la NES — un boîtier dédié au jeu, vendu à prix abordable, avec des jeux en boîte — est en train de disparaître. Ce qui viendra après reste à écrire. Et c’est aux joueurs, par leurs choix d’achat, de décider quelle direction prendra l’industrie.