Image 1
Histoire

L'art de faire des trous

Découvrez le métier oublié de poinçonneur du métro parisien, immortalisé par Serge Gainsbourg. Un job monotone qui consistait à valider les billets… en faisant des trous.

As-tu aimé cet article ?

Dans le métro parisien, la suppression des poinçonneurs de billets et l'installation des portiques automatiques s'expliquent par une volonté de réduire les coûts. Moins de personnel signifie moins de salaires à verser.

Pourquoi les poinçonneurs ont-ils disparu du métro parisien ?

Cette rationalisation, motivée par la diminution du personnel et des files d'attente, a été à la fois « organisationnelle », « technologique » et « idéologique ». Elle visait à réguler les trains en automatisant leur conduite, tout en supprimant les barrières à l'entrée des quais et en remplaçant le poinçonneur par un lecteur de carte magnétique, nous explique Micheline Cousture.

En quoi consistait le métier de poinçonneur ?

Vous vous demandez peut-être ce qu'était un poinçonneur. C'est simple : un employé chargé de poinçonner les billets des voyageurs pour valider leur passage.

Pour exercer ce métier, il n'était pas nécessaire de suivre de longues études. Il suffisait de savoir lire, ne serait-ce que les bases. C'était un métier assez monotone, pas très bien payé, mais qui pouvait convenir à des gens appréciant la routine et de nature sociable. Il fallait aussi savoir se montrer autoritaire et ne pas se laisser intimider par les passagers.

« Le Poinçonneur des Lilas » : la chanson de Serge Gainsbourg

Bien que ce métier ne parût pas passionnant aux yeux de beaucoup, Serge Gainsbourg y a vu un certain intérêt puisqu'il a composé une chanson sur le sujet. Intitulée « Le Poinçonneur des Lilas », elle raconte l'histoire d'un poinçonneur qui, à force de poinçonner des billets, finit par devenir fou et se suicide. Morale : cherchez un métier moins obsessionnel qui vous plaît vraiment !

J'ai choisi de vous présenter cette chanson car on y voit, dans le premier couplet, le quotidien du poinçonneur. Dans le quatrième, il décrit ses tâches : aider les gens à s'orienter, vérifier les correspondances et poinçonner les billets. Et bien sûr, le refrain résume parfaitement la profession : « faire des trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous ». Comme il le dit si bien, il n'y a pas de sots métiers, mais parfois, il y a de quoi devenir dingue !

Serge Gainsbourg – Le Poinçonneur des Lilas

Je suis le poinçonneur des Lilas
Le gars qu'on croise et qu'on ne regarde pas
Y a pas de soleil sous la terre, drôle de croisière
Pour tuer l'ennui, j'ai dans ma veste
Les extraits du Reader's Digest
Et dans ce bouquin y a écrit
Que des gars se la coulent douce à Miami
Pendant ce temps que j'fais le zouave
Au fond de la cave
Parait qu'il y a pas de sots métiers
Moi je fais des trous dans les billets

J'fais des trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous
Des trous de seconde classe, des trous de première classe.

J'fais des trous, des p'tits trous, encore des p'tits
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous
Des petits trous, des petits trous, des petits trous, des petits trous

Je suis le poinçonneur des Lilas,
Pour Invalides changer à l'Opéra,
Je vis au cœur de la planète
J'ai dans la tête un carnaval de confettis
J'en amène jusque dans mon lit.
Et sous mon ciel de faïence
Je ne vois briller que les correspondances

Parfois je rêve, je divague, je vois des vagues
Et dans la brume au bout du quai
Je vois un bateau qui vient m'chercher

Pour sortir de ce trou, je fais des trous
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous

Mais le bateau se taille
Et je vois que je déraille
Et je reste dans mon trou à faire des p'tits trous
Des petits trous, des petits trous, des petits trous, des petits trous

Je suis le poinçonneur des Lilas,
Arts et Métiers direct par Levallois
J'en ai marre, j'en ai ma claque de ce cloaque.
Je voudrais jouer la fille de l'air
Laisser ma casquette au vestiaire.

Un jour viendra, j'en suis sûr
Où je pourrai m'évader dans la nature
J'partirai sur la grand route
Et coûte que coûte
Et si pour moi il est plus temps
Je partirai les pieds devant.

J'fais des trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous

Y a d'quoi devenir dingue
De quoi prendre un flingue.
S'faire un trou, un p'tit trou, un dernier p'tit trou.
Un p'tit trou, un p'tit trou, un dernier p'tit trou

Et on me mettra dans un grand trou.
Et j'n'entendrai plus parler de trous
Des petits trous, des petits trous
Des petits trous, des petits trous.

As-tu aimé cet article ?
chopin_virtuose
Corina M. @chopin_virtuose
17 articles 0 abonnés

Commentaires (2)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...