Coureur masculin en jogging sur un chemin ombragé de parc sous la lumiètre chaude du matin d'été, avec une gourde en plastique posée sur un banc en bois
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Sport en canicule : pourquoi le thermomètre ne suffit pas, et que faire concrètement

En cas de canicule, 30 °C n'interdit pas la pratique sportive mais impose des précautions strictes : s'entraîner à l'ombre, s'hydrater régulièrement, porter des vêtements amples et clairs. Le risque de coup de chaleur dépend surtout de l'humidité et du manque de ventilation, plus que du simple chiffre sur le thermomètre.

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Le piège du chiffre

On scrute le mercure, on attend ce chiffre - 30, 35, 40 °C - comme s'il suffisait d'une température pour décider si l'on peut courir, pédaler ou sauter la clôture. Mais la réalité est plus subtile. Il n'y a pas de seuil unique qui décide pour vous. Il y a une règle de prudence, des seuils administratifs, et surtout des signaux que votre propre corps envoie - si vous savez les lire.

Femme en tenue de course blanche et bleue courant sur une route rurale sous le soleil, tenant une bouteille d'eau et se protégeant les yeux avec la main
Femme en tenue de course blanche et bleue courant sur une route rurale sous le soleil, tenant une bouteille d'eau et se protégeant les yeux avec la main - (source)

Deux seuils, pas un

Le ministère des Sports, via la fiche du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), ne fixe pas de température magique. Il part d'un principe plus fondamental. Toute activité physique par temps chaud expose à un risque d'accident potentiellement mortel : le coup de chaleur d'exercice. Ce risque concerne tous les sportifs, quel que soit leur niveau.

Les services météorologiques, eux, graduent la dangerosité avec des couleurs - vert, jaune, orange, rouge - mais ces alertes sont déclenchées selon des seuils fixés par département. À Paris, l'alerte orange canicule est déclenchée quand les températures dépassent 31 °C la journée et 21 °C la nuit. Dans le Vaucluse ou en Haute-Garonne, les seuils sont de 36 °C le jour et 21 °C la nuit. Il n'y a donc pas de seuil national unique.

Parallèlement, les conseils pratiques - ceux que l'on peut appliquer dans la rue, sur le tapis ou sur le vélo - s'accordent autour d'un seuil de prudence : 30 °C. C'est là que le risque commence à se faire sentir pour la plupart des pratiquants. Au-delà, l'effort devient une course contre la thermorégulation.

Qui ne doit pas sortir ?

L'HCSP est sans équivoque. En cas de vague de chaleur, ne commencez ni ne reprenez aucune activité physique si :

  • Vous n'êtes pas entraîné ;
  • Votre condition physique est médiocre, notamment en cas d'infection virale (rhume, bronchite) ;
  • Vous souffrez d'une maladie chronique, surtout cardiaque - et ce même si elle ne provoque habituellement aucun symptôme.

Le risque est élevé pour tous les sportifs surtout si l'humidité relative est élevée et s'il n'y a pas de vent. Les deux s'opposent à l'évaporation de la sueur.

Ces deux facteurs - humidité et absence de ventilation - sont souvent plus décisifs que le simple chiffre du thermomètre. Un jour de 32 °C sec et venté est moins périlleux qu'un après-midi de 26 °C lourd et étouffant.

Les règles d'or pour ceux qui s'entraînent quand même

Même si vous êtes en bonne condition physique, les précautions sont impératives :

  • Réduire les activités et éviter les compétitions.
  • Choisir l'ombre et l'air frais : pas de piste en plein soleil, pas de footing sur l'asphalte brûlé.
  • Tenue claire, ample, aérée, chapeau à large bord, lunettes de soleil.
  • S'asperger régulièrement le visage et la nuque avec de l'eau.
  • Boire avant d'avoir soif, avant, pendant et après l'exercice.

Coureur masculin en jogging sur un chemin ombragé de parc sous la lumiètre chaude du matin d'été, avec une gourde en plastique posée sur un banc en bois
Coureur masculin en jogging sur un chemin ombragé de parc sous la lumiètre chaude du matin d'été, avec une gourde en plastique posée sur un banc en bois - (source)

Lors de l'effort, le corps doit évacuer la chaleur produite par les muscles par l'évaporation de la sueur. Or, cette évacuation devient impossible quand l'air est trop chaud, trop humide, sans ventilation. La sueur s'accumule alors, la température interne grimpe, et le mécanisme de thermorégulation s'effondre.

L'hydratation, une stratégie précise

Boire de l'eau, c'est bien. Boire stratégiquement, c'est mieux.

  • Avant l'effort : 200 à 300 ml toutes les 30 minutes.
  • Pendant et après : toutes les 15 à 20 minutes.
  • Préférez une boisson d'effort : l'eau pure au-delà de 2 à 3 litres risque d'entraîner un manque de sodium dans le sang (hyponatrémie).
  • En milieu chaud : privilégiez des solutions contenant au moins 20 à 50 g de sucres par litre (ex. : jus de fruit dilué 2 à 5 fois) et 400 à 600 mg de sodium (soit 1 à 1,5 g de sel par litre).
  • Après l'effort : compensez 1,5 fois le déficit hydrique. Pesez-vous avant et après l'entraînement pour estimer les pertes.

Femme au cheveux attachés en queue de cheval, vêtant un débardeur bleu, buvant de l'eau dans une gourde bleue sous un ciel étoilé
Femme au cheveux attachés en queue de cheval, vêtant un débardeur bleu, buvant de l'eau dans une gourde bleue sous un ciel étoilé - (source)

NB : si vous suivez un régime pauvre en sel ou sans sucre, consultez un médecin avant de modifier votre hydratation.

Les signaux d'alerte, à connaître par coeur

Le corps envoie des signaux. Les ignorer, c'est courir à sa perte.

Symptôme Ce que ça signifie Que faire
Crampes Activité physique inappropriée et déshydratation Arrêter, se reposer dans un lieu frais, boire
Fatigue inhabituelle Épuisement dû à la transpiration Arrêter, se mettre dans un lieu frais, boire
Rougeur intense, mal de tête, nausées, troubles de la vue Coup de chaleur débutant Arrêter, asperger, placer des sacs de glace sur les cuisses et les bras ou faire couler de l'eau froide sur le corps, appeler le 15 si les symptômes s'aggravent
Perte de connaissance, convulsions, propos incohérents Coup de chaleur constitué Arrêter immédiatement, appeler le 15, refroidir agressivement

Même si la personne se sent un peu mieux, l'activité physique ne doit jamais reprendre.

La chaleur s'accumule

Le corps humain accumule la chaleur. Quand il ne peut plus la réguler - parce que l'air est trop chaud, trop humide, sans ventilation - la température interne grimpe. À ce stade, chaque degré supplémentaire est une dette que le corps ne saura pas payer. D'où l'importance de ne pas attendre le pic de chaleur pour agir.

Un risque appelé à se répéter

L'OMS place d'ailleurs les athlètes parmi les groupes exposés à la chaleur, aux côtés des travailleurs manuels et des acteurs de la protection civile. Et avec le réchauffement climatique, ces journées-là deviennent plus fréquentes. La canicule de 2003 - évaluée à 14 800 décès en excès entre le 1er et le 20 août, selon Santé publique France - n'est pas une image lointaine. C'est un avertissement.

Alors, faire du sport ou pas ?

La réponse n'est pas dans le thermomètre. Elle est dans votre état, votre acclimatation, l'humidité dans l'air, et votre capacité à écouter votre corps.

  • Moins de 30 °C, conditions sèches : possible avec précautions.
  • Au-dessus de 30 °C, surtout humide : reportez. Préférez le matin tôt ou le soir, en intérieur climatisé.
  • Alertes rouges ou oranges déclenchées : évitez l'extérieur. Point.

Et surtout : ne forcez jamais. Le sport, c'est un choix. La canicule, non.

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Questions fréquentes

Comment décider si le sport est possible par temps chaud ?

L'HCSP ne fixe pas de seuil de température unique pour décider de pratiquer ou non du sport par temps chaud : toute activité physique expose au coup de chaleur d'exercice, et ce risque est plus élevé quand l'humidité relative est élevée et qu'il n'y a pas de vent, car ces facteurs s'opposent à l'évaporation de la sueur. En pratique, les conseils s'accordent vers un repère d'environ 30 °C pour moduler l'effort, mais la décision dépend surtout de l'humidité, du vent, de votre état personnel et de votre acclimatation.

Qui ne doit pas pratiquer de sport en cas de vague de chaleur ?

L'HCSP conseille de ne pas commencer ou reprendre d'activité physique si vous n'êtes pas entraîné, si votre condition physique est médiocre (notamment en cas d'infection comme le rhume ou la bronchite), ou si vous souffrez d'une maladie chronique, surtout cardiaque, même si elle ne provoque habituellement aucun symptôme.

Quels sont les premiers symptômes du coup de chaleur d'exercice ?

Les signaux d'alerte comprennent : crampes (indique une activité physique inadéquate et une déshydratation), fatigue inhabituelle (épuisement par la transpiration), puis rougeur intense, sensation de chaleur intense, maux de tête, nausées, troubles de la vue. Si des symptômes plus graves apparaissent (propos incohérents, perte de connaissance, convulsions), il s'agit d'un coup de chaleur constitué.

Que faire en cas de coup de chaleur ?

Arrêtez toute activité immédiatement et empêchez la personne de la reprendre, même si elle se sent un peu mieux. Placez-la dans un lieu frais, aspergez son visage et sa nuque avec de l'eau, placez des sacs de glace sur les cuisses et les bras, ou faites couler de l'eau froide sur son corps. Appelez le 15 si les symptômes s'aggravent ou persistent.

Comment s'hydrater correctement lors d'un entraînement par temps chaud ?

Buvez avant l'effort (200 à 300 ml toutes les 30 minutes), puis pendant et après (toutes les 15 à 20 minutes). Préférez une boisson d'effort contenant 20 à 50 g de sucres par litre et 1 à 1,5 g de sel par litre. Après l'effort, compensez 1,5 fois le déficit hydrique en pesant avant et après l'entraînement.

Sources

  1. épuisement, déshydratation et coup de chaleur | ameli.fr | Assuré · ameli.fr
  2. S'hydrater par temps chaud quand on fait du sport · andros-sport.fr
  3. [PDF] coup de chaleur d'exercice : a propos de 4 cas exertional heat stroke · applications.emro.who.int
  4. Canicule : quel est le seuil d'alerte dans votre département ? - helios · blog.helios.do
  5. Pourquoi le seuil de canicule n'est pas le même partout en France · canicule-france.fr
match-day
Dylan Frabot @match-day

Je vois le sport comme un miroir de la société, et ça rend chaque match plus intéressant. Ancien rugbyman universitaire à Toulouse, j'ai raccroché les crampons mais pas la passion. Ce qui m'intéresse, c'est pas juste le score final : c'est le dopage qu'on ignore, l'argent qui gangrène, les questions d'inclusivité qu'on esquive. Mon écriture est rythmée comme un commentaire sportif, mais avec du fond.

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