Jeune femme assise seule à une table de café en terrasse, regard perdu vers le passant d'une grande ville animée, lumière grise d'après-midi urbaine
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Études nouvelles villes : vaincre la solitude et se faire des amis

Seul dans une nouvelle ville ? Ce n'est pas un échec. Découvrez comment briser l'isolement étudiant, vaincre la solitude et se faire de vrais amis grâce à des stratégies concrètes.

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Jeune femme assise seule à une table de café en terrasse, regard perdu vers le passant d'une grande ville animée, lumière grise d'après-midi urbaine

L'excitation de la rentrée dans une métropole étudiante comme Paris, Lyon ou Marseille laisse souvent place à un silence pesant une fois la porte de la nouvelle chambre fermée. On s'imagine la vie étudiante comme une suite ininterrompue de fêtes et de rencontres, mais la réalité est souvent faite de journées passées seul à traverser la ville pour rejoindre un amphithéâtre anonyme. Ce sentiment de dépaysement brutal, où l'on se sent petit au milieu de millions d'habitants, est une expérience valide et douloureuse, loin des clichés idylliques véhiculés sur les réseaux sociaux. Il est crucial de comprendre que ce mal-être n'est pas un échec personnel, mais une phase de transition psychologique majeure.

Jeune femme assise seule à une table de café en terrasse, regard perdu vers le passant d'une grande ville animée, lumière grise d'après-midi urbaine

Les chiffres récents sur la santé mentale des jeunes confirment d'ailleurs que ce sentiment d'isolement est massif. Selon les données disponibles, près de 60 % des étudiants se déclarent "épuisés moralement" et 34 % se sentent seuls et peu aidés. Loin d'être une exception, la solitude étudiante est devenue un problème de santé publique systémique. Si vous vous sentez dépassé par cette situation, sachez que traverser une crise de la vingtaine dans un nouvel environnement ne fait de vous ni un cas désespéré, ni une personne asociale.

Pourquoi se sent-on seul dans une ville étudiante ?

Il existe un décalage troublant entre la promesse de la "vie étudiante" et la réalité du quotidien urbain. On quitte souvent un environnement sécurisant, celui du lycée ou de la famille, où le cercle social était constitué depuis des années, pour atterrir dans une métropole où l'anonymat est la règle. Dans le métro bondé du matin ou dans les amphithéâtres géants où s'entassent des centaines d'étudiants, on se bouscule physiquement tout en restant totalement déconnecté émotionnellement. Cette proximité physique sans interaction réelle crée un sentiment d'invisibilité troublant : on est entouré de monde, mais on n'a personne à qui raconter sa journée.

Cette transition brutale vers l'indépendance force à une reconstruction identitaire rapide. Alors que l'on cherche sa place dans ce nouveau monde, la comparaison avec les autres devient tortureuse. On a l'impression que tout le monde a déjà ses codes, ses "meufs" et ses "mecs", tandis que l'on hésite même sur où aller déjeuner. Cette sensation de décalage est le premier symptôme de cette solitude urbaine, une forme de dépaysement qui touche aussi bien les étudiants venus de province que ceux qui arrivent de l'étranger.

La rupture des repères familiaux et amicaux

Quitter le cocon familial, c'est aussi se couper d'un réseau de soutien spontané. Dans l'univers familier de la cellule familiale ou du lycée, l'individu est rarement seul : il y a toujours quelqu'un pour échanger quelques mots, partager un repas ou simplement constater sa présence. En arrivant en ville, l'étudiant perd cette "socialisation passive". Il doit désormais faire un effort conscient pour chaque interaction, ce qui peut être épuisant. On passe d'un environnement où les liens sont donnés à un espace où ils doivent être construits de toute pièce, ce qui génère un sentiment de vide brutal.

L'anonymat comme protection et comme prison

Paradoxalement, l'anonymat des grandes villes peut d'abord sembler séduisant. Il offre la liberté de se réinventer, de porter ce que l'on veut ou d'adopter de nouveaux codes sans le jugement constant du voisinage ou des camarades de lycée. Cependant, cette protection devient vite une prison. L'absence de regards familiers signifie aussi l'absence de responsabilités sociales mutuelles. Personne ne remarque si vous ne sortez pas de votre chambre pendant deux jours. Si cette liberté peut être libératrice au début, elle nourrit rapidement l'isolement si elle n'est pas contrebalancée par la construction de nouvelles connexions volontaires.

Solitude étudiante : une réalité systémique en France

Si vous avez l'impression de couler, sachez que vous n'êtes pas un navire isolé en mer agitée. La France se distingue, selon le rapport Nightline Europe 2025, par le pourcentage le plus élevé d'appels liés à la solitude chez les étudiants. Ce rapport, qui fait autorité sur la santé mentale des jeunes en Europe, met en lumière une crise silencieuse qui touche particulièrement notre pays. Plus alarmant encore, le taux d'idées suicidaires a doublé pour la tranche des 18-24 ans entre 2014 et 2021, passant de 3,3 % à 7,2 %, une augmentation qui a conduit à déclarer la santé mentale des jeunes "cause nationale" en 2025.

Ces données ne sont pas là pour effrayer, mais pour déculpabiliser. Elles prouvent que la difficulté à se lier socialement n'est pas due à un manque de personnalité ou de charisme, mais à un contexte environnemental et sociétal qui fragilise les liens. Face à ces statistiques lourdes, il est essentiel de comprendre que chercher de l'aide ou souffrir du manque de contact est une réaction normale et humaine. Vous n'êtes pas en retard dans la "vie de fac", vous êtes simplement en phase d'adaptation, comme une immense majorité de vos camarades qui le taisent peut-être.

Une santé mentale fragilisée par la pression académique

Le rapport met aussi en lumière l'interaction entre la solitude et la pression académique. L'université, par sa nature même, peut être un lieu solitaire : on travaille souvent seul, la compétition est rude et l'échec peut être vécu dans la honte. Lorsqu'un étudiant lutte pour suivre le rythme, il a tendance à s'isoler pour cacher ses difficultés, ce qui ne fait qu'aggraver son mal-être psychologique. C'est un cercle vicieux où l'isolement nourrit l'anxiété, et l'anxiété renforce l'isolement. Comprendre ce mécanisme est la première étape pour briser le cycle.

La solitude comme phénomène sociétal et non individuel

Il faut replacer cette souffrance dans un contexte plus large. Les sociétés contemporaines, malgré l'hyper-connexion numérique, favorisent ce que certains sociologues appellent la "solitude des masses". Nous vivons dans des espaces urbains denses, mais nos interactions sont de plus en plus fonctionnelles et superficielles. Pour les jeunes adultes, qui sont en pleine construction identitaire, ce manque de liens authentiques est particulièrement destructeur. Reconnaître que la solitude est un problème sociétal permet de se déculpabiliser : ce n'est pas votre faute si vous vous sentez seul, c'est la conséquence d'une structure sociale qui ne facilite pas assez les communautés.

Combien de temps faut-il pour se faire un ami ?

L'une des plus grandes sources de frustration quand on arrive dans une nouvelle ville est le sentiment que "ça ne prend pas". Même si des brefs échanges surviennent entre étudiants pendant les cours, la sonnerie de fin de séance met souvent un terme immédiat à ces échanges, empêchant les liens de se consolider. Cette situation découle d'une réalité sociale trop souvent sous-estimée : construire une amitié prend du temps. Sur le plan neurologique, le cerveau a besoin de confrontations régulières pour enregistrer un individu comme un "ami" et non plus comme une simple connaissance.

Cette pression que l'on se met à avoir "un groupe" dès la première semaine est non seulement irréaliste, mais contre-productive. Elle nous pousse à juger nos interactions comme des échecs alors qu'elles sont simplement des étapes nécessaires. Comprendre ce fonctionnement permet de lâcher prise : si personne ne vous a proposé de sortir après deux jours de cours, ce n'est pas parce qu'ils ne vous aiment pas, mais parce que la confiance n'a pas encore eu le temps de s'installer. C'est un processus biologique et psychologique, pas un jugement de votre valeur.

La règle des 90 heures pour créer un lien authentique

Une étude menée par l'Université du Kansas a quantifié ce temps nécessaire à la création de liens authentiques. Les résultats sont sans appel : il faut environ 90 heures de temps partagé pour transformer une simple connaissance en ami. Pour passer au stade de "meilleur ami", le compteur grimpe même à plus de 200 heures. Cela veut dire que croiser quelqu'un dans le couloir ou échanger quelques mots à la cafétéria ne suffit pas. Il faut de la répétition, des moments vécus ensemble, des conversations qui dépassent la surface des choses.

Cette donnée change la perspective sur l'intégration étudiante. Elle signifie qu'il faut s'exposer. Si vous ne passez que vos heures de cours en présence des autres, vous atteindrez difficilement le seuil critique des 90 heures. C'est pourquoi il est crucial de multiplier les points de contact, que ce soit par des activités communes ou des moments informels. C'est une question de volume d'heures "de qualité" passées ensemble. Accepter cette règle des 90 heures, c'est se donner la permission d'être patient et de ne pas s'affoler si la magie n'opère pas instantanément.

Démystifier la "facilité" sociale des autres sur les réseaux

Les réseaux sociaux, et Instagram en tête, jouent un rôle cruel dans cette perception. On scrolle indéfiniment sur des photos de groupes d'amis souriants, de cafés terrasses et de soirées endiablées, ce qui renforce l'idée que tout le monde a une vie sociale épanouie sauf soi. C'est un biais cognitif classique : on compare notre intérieur, fait de doutes et de solitude, à l'extérieur, soigneusement mis en scène, des autres. Beaucoup de ces "amis inséparables" sur les photos sont en réalité des connaissances de surface qui se réunissent pour l'optique.

Il est vital de se détacher de cette comparaison toxique. Personne ne publie une photo de soi en train de manger un plat préparé devant Netflix un samedi soir, alors que c'est la réalité d'une grande partie des étudiants. Les échanges virtuels demeurent bien souvent en surface. Une fois cette donnée acceptée, il devient envisageable de laisser tomber l'autocritique pour se concentrer sur ce qui compte vraiment : bâtir des relations sincères, sans se soucier de la popularité sur le web.

Comment utiliser la CVEC et le campus pour rencontrer des gens ?

Puisque l'amitié demande du temps, il faut savoir où investir ce temps stratégiquement. Chaque année, lors de l'inscription administrative, vous payez la CVEC (Contribution de Vie Étudiante et de Campus), qui s'élève à 105 € pour l'année 2025/2026. Ce n'est pas une simple taxe administrative : cette somme finance directement les projets associatifs, l'action sociale, la médecine préventive et les activités culturelles et sportives sur le campus. En clair, votre "ticket d'entrée" pour la vie sociale est déjà payé, il serait dommage de ne pas en profiter.

Utiliser les services financés par la CVEC et choisir intelligemment son logement sont deux leviers puissants pour forcer les rencontres sans avoir l'impression de "forcer". L'idée est de créer des occasions inévitables de discussion, des situations où le lien social est facilité par l'environnement. C'est en optimisant votre cadre de vie et votre utilisation du campus que vous pourrez accumuler ces heures de présence nécessaires à l'amitié, sans que cela ne devienne une corvée chronophage.

Colocation et résidences : choisir un habitat favorable aux rencontres

Avec le logement qui absorbe plus de 60 % du budget étudiant, ce choix est le levier le plus impactant sur votre vie sociale. Choisir de vivre seul dans un studio peut sembler tentant pour l'indépendance, mais c'est souvent la garantie d'isolement, surtout si l'on ne connaît personne dans la ville. La colocation, qu'elle soit en appartement privé ou en résidence étudiante, offre un avantage majeur : la proximité immédiate. La cuisine commune, le couloir, les bruits de vie deviennent autant de prétextes naturels pour engager la conversation.

Les résidences étudiantes ou les foyers de jeunes travailleurs organisent souvent des événements internes, ce qui est un facilitateur social incroyable pour les personnes plus timides. Vivre avec d'autres, c'est s'assurer d'avoir toujours quelqu'un à qui dire "bonsoir" ou partager un café le matin. C'est ce type d'interactions "à faible enjeu" qui, accumulées, finissent par créer des liens profonds. Même si les colocataires ne deviennent pas vos meilleurs amis, ils constituent un premier réseau de sécurité et de sociabilité essentiel pour ne pas sombrer dans l'isolement total.

S'intégrer quand on est timide : associations et BDE

Le campus regorge d'opportunités cachées grâce aux associations étudiantes. Le réseau Animafac recense et accompagne des milliers d'associations dans toute la France, couvrant des centres d'intérêt allant de l'humanitaire au théâtre, en passant par le sport ou l'informatique. Intégrer une association permet de rencontrer des gens avec qui vous partagez déjà une passion, ce qui élimine la pression de la conversation de "remplissage".

Pour les timides, l'astuce n'est pas de se forcer à aller aux grandes fêtes du BDE (Bureau des Étudiants) où le bruit et la foule peuvent être angoissants. Privilégiez plutôt les engagements plus petits : aider à la logistique d'un événement, participer à une collecte, ou rejoindre un club de lecture ou de jeux de société. Ces activités structurées offrent un rôle précis et une tâche à accomplir, ce qui focalise l'attention sur l'action plutôt que sur la gêne sociale. C'est en étant utile et en côtoyant régulièrement les mêmes membres que l'on finit par trouver sa place naturellement. Pour réussir ses examens sans sacrifier sa vie sociale, l'équilibre passe souvent par cet investissement associatif structuré.

Applications et réseaux sociaux : passer du virtuel au réel

Une fois les lieux physiques identifiés, il est parfois nécessaire de passer par le numérique pour amorcer les connexions, surtout si l'on est nouveau en ville. La technologie offre aujourd'hui des outils spécifiquement conçus pour créer des liens amicaux, bien loin de la pression de la séduction amoureuse. Ces plateformes permettent de filtrer les rencontres par centres d'intérêt et de briser la glace en ligne avant de se rencontrer en face à face.

Cependant, l'usage de ces outils demande une certaine stratégie. Il ne suffit pas de créer un profil et d'attendre que les invitations de soirée pleuvent. Il faut être proactif, curieux et ouvert à des profils que l'on n'aurait peut-être pas croisés naturellement dans son cursus. Le virtuel n'est pas une fin en soi, mais un catalyseur pour accélérer le passage aux rencontres réelles, indispensables pour combattre la solitude.

Les applications amitié : quand le "dating" s'applique aux potes

Des applications comme Bumble BFF (l'extension amicale de l'application de rencontre), Friender, Yubo ou Ziwego sont devenues des standards pour les jeunes actifs et les étudiants en mobilité. Leur fonctionnement est similaire aux sites de rencontres : on swiphe des profils, on discute, et on fixe un rendez-vous. L'avantage principal est que l'intention est claire dès le départ : tout le monde est là pour se faire des amis, ce qui lève l'ambiguïté qui peut exister dans d'autres contextes sociaux.

Pour maximiser vos chances, soignez votre profil. Au lieu d'une photo floue et d'une bio "Cherche amis pour sortir", précisez vos centres d'intérêt : "Fan de randonnée et de cinémas d'art et d'essai, cherche des compères pour explorer la ville". L'honnêteté attire des personnes similaires. N'ayez pas peur de proposer la première rencontre : un café dans un endroit central et animé est l'idéal pour tester l'alchimie sans trop d'engagement.

La puissance cachée des groupes Facebook universitaires et locaux

Facebook reste, paradoxalement, un outil très puissant pour les intégrations locales, grâce à ses groupes. Cherchez des groupes spécifiques à votre situation : le groupe de votre université ("Université de Strasbourg"), de votre ville ("Nantes expats", "Make Friends in Paris") ou même des groupes thématiques comme "Artistes à Lyon". Ces espaces sont des mines d'or pour repérer des événements informels ou lancer des appels à candidatures pour des sorties.

La clé ici est la proposition active. Ne vous contentez pas de "liker" les messages. Si vous voulez aller voir une expo mais que personne ne veut vous accompagner, postez un message dans le groupe : "Hello, je compte aller à l'exposition Y ce samedi, quelqu'un est motivé pour m'accompagner ?". Vous serez surpris de voir combien de gens sont dans la même situation et attendent juste qu'on leur tende la main. Ces interactions peuvent sembler artificielles au début, mais elles sont souvent le point de départ d'amitiés solides.

Sortir et socialiser avec un budget étudiant serré

La contrainte financière est un frein réel à la vie sociale. Avec des ressources mensuelles moyennes de 919 € et un logement qui engloutit la majorité de ce budget, inviter des amis au restaurant ou sortir en boîte de nuit n'est pas une option durable. Pourtant, 44 % des étudiants travaillent en parallèle de leurs études pour boucler leurs fins de mois, ce qui laisse peu de temps et d'argent pour la socialisation coûteuse.

Heureusement, une vie sociale épanouie ne dépend pas du montant de votre compte en banque. Les villes étudiantes regorgent d'opportunités gratuites ou à très faible coût qui permettent de créer des liens sans se mettre en danger financier. Il s'agit souvent de privilégier les expériences partagées plutôt que la consommation. En étant malin et curieux, on peut découvrir sa ville et rencontrer des gens passionnés sans dépenser un centime.

Le pouvoir social du bénévolat (et l'exemple de Cop1)

Le bénévolat est sans doute l'outil social le plus sous-estimé par les étudiants. S'engager pour une cause permet de rencontrer des personnes qui partagent vos valeurs, souvent bienveillantes, empathiques et prêtes à s'investir dans des relations humaines riches. C'est une socialisation par l'action qui évite les malaises de la conversation purement superficielle. En plus de faire le bien, vous vous sentirez utile et valorisé, ce qui est un excellent antidote à la solitude.

Des associations comme Cop1 - Solidarités Étudiantes illustrent parfaitement cette dynamique. En participant aux distributions de paniers alimentaires ou à l'organisation d'événements solidaires, vous rejoignez une communauté où l'entraide est la norme. Ce type d'engagement crée des liens forts et sincères, basés sur le partage et la solidarité plutôt que sur l'apparence. C'est un environnement où il est facile de parler aux autres, car vous avez déjà un but commun et concret. De plus, c'est souvent là que l'on trouve les meilleures astuces pour gérer son budget étudiant sans sacrifier sa vie sociale.

Nuit des musées, Pass Jeunes et pique-niques : le social à moindre coût

La culture offre une porte d'entrée formidable pour socialiser à moindre coût. De nombreux musées, cinémas, théâtres et festivals offrent des entrées gratuites ou à tarifs réduits pour les étudiants sur présentation de la carte étudiante. Des événements comme la Nuit européenne des musées (en mai), le Printemps des Rues, la Fête de la musique ou les cinémas en plein air en été sont des occasions parfaites pour proposer des sorties décontractées. À Paris, le Pass Jeunes permet même d'accéder à une multitude d'activités culturelles et sportives à prix cassé.

Pour un quotidien plus social, rien ne vaut les activités de plein air. Organiser un pique-nique dans un parc, une balade à vélo le long du fleuve ou une séance de sport gratuit en extérieur (comme le running en groupe ou le yoga) sont des activités inclusives. Le coût est nul, et la pression de performance est faible. Contrairement à un dîner assis où la conversation doit être constante, ces activités permettent des temps de silence naturel, tout en profitant de la présence des autres. C'est en cumulant ces petits moments simples que l'on tisse une toile de confiance et de complicité.

Mal-être étudiant : repérer les signaux d'alerte et trouver de l'aide

Il est important de distinguer la solitude, qui est un sentiment de manque de lien, de l'isolement pathologique qui peut mener à la dépression. Si le blues de l'installation est normal, certaines rougeurs doivent vous alerter. Quand la fatigue devient chronique, que le sommeil est perturbé, que l'appétit disparaît ou que les pensées deviennent sombres, il est temps de demander de l'aide. L'auto-médication ou le repli sur soi ne feront qu'aggraver la situation.

Les universités sont conscientes de ce problème et ont mis en place des dispositifs de soutien souvent méconnus des étudiants. Il ne faut surtout pas hésiter à les utiliser. Ces services sont là pour vous, sans jugement et gratuitement. Reconnaître que l'on ne peut pas tout gérer seul est un acte de courage, pas de faiblesse. Votre santé mentale est aussi importante que vos résultats académiques, et elle doit être préservée pour que vous puissiez réussir vos études.

Quand la solitude dérègle notre santé mentale

Le rapport Nightline 2025 soulignait déjà des chiffres alarmants, mais le quotidien des étudiants français révèle une réalité plus complexe. Être seul est un choix de vie légitime pour certains, mais se sentir seul est une souffrance active qui dérègle notre équilibre psychologique. En France, il existe un certain tabou autour de l'échec et de la faiblesse psychologique, ce qui pousse beaucoup de jeunes à taire leur mal-être jusqu'au point de rupture.

La solitude prolongée peut entraîner une baisse de l'estime de soi, de l'anxiété sociale et une détérioration des capacités cognitives, ce qui impacte directement les études. C'est un cercle vicieux : on se sent seul, donc on n'ose pas sortir, donc on se sent encore plus seul. Briser ce cercle demande parfois une intervention extérieure. Il est vital de comprendre que demander de l'aide n'est pas admettre que l'on est "cassé", mais utiliser les ressources disponibles pour se réparer et repartir sur des bases saines.

Groupes de parole et SSU : trouver un psy gratuit sur le campus

La plupart des universités françaises disposent d'un Service de Santé Universitaire (SSU). C'est un centre médical situé au cœur du campus qui propose des consultations gratuites avec des psychologues, des psychiatres ou des infirmiers. Contrairement à un psychiatre en ville, où les délais peuvent être longs et les coûts élevés (même avec mutuelle), le SSU est immédiatement accessible et sans avance de frais. C'est le premier réflexe à avoir si la solitude devient trop lourde à porter.

En plus des consultations individuelles, de nombreux campus proposent des groupes de parole ou des espaces d'écoute anonymes, souvent mentionnés sur des sites spécialisés comme Studyrama. Ces groupes permettent de réaliser que d'autres vivent exactement la même chose que vous, ce qui diminue drastiquement le sentiment de honte. L'écoute est totalement confidentielle, rien de ce que vous direz ne figurera dans votre dossier académique. Ces professionnels sont formés pour accompagner les jeunes adultes dans les transitions de vie et ils sont vos alliés pour transformer cette année difficile en une expérience de croissance.

Conclusion : dédramatiser pour mieux avancer

La solitude étudiante dans une nouvelle ville n'est pas une fatalité, ni un signe d'incompétence sociale. C'est une étape transitoire, bien que douloureuse, qui touche une majorité silencieuse de jeunes adultes. En comprenant les mécanismes psychologiques et temporels de l'amitié, notamment cette fameuse règle des 90 heures, vous pouvez vous décharger d'une pression inutile. L'intégration est un processus qui demande de la patience, de la répétition et de la bienveillance envers soi-même.

Il existe une multitude de ressources, souvent gratuites ou déjà financées par vos frais d'inscription, pour vous aider à tisser des liens : associations étudiantes via le réseau Animafac, services de santé universitaire, événements culturels ou groupes de bénévolat comme Cop1. N'hésitez pas à franchir la porte de ces espaces, même si c'est intimidant au début. Rappelez-vous que les autres, eux aussi, attendent souvent qu'on leur tende la main. En acceptant que le mal-être fasse partie du parcours et en utilisant les stratégies adaptées, vous transformerez cette expérience d'isolement en une opportunité de croissance personnelle et de rencontres authentiques.

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Questions fréquentes

Combien d'heures pour se faire un ami ?

Selon une étude de l'Université du Kansas, il faut environ 90 heures de temps partagé pour transformer une connaissance en ami. Ce temps est nécessaire pour que le cerveau enregistre l'individu comme un proche.

Que finance la CVEC de 105 euros ?

Cette contribution finance directement les projets associatifs, l'action sociale, la médecine préventive et les activités culturelles et sportives sur le campus.

Quels services offrent le SSU ?

Le Service de Santé Universitaire propose des consultations gratuites avec des psychologues, des psychiatres ou des infirmiers, ainsi que des groupes de parole.

Comment sociabiliser sans budget ?

Il est possible de faire du bénévolat, de profiter des musées gratuits, d'organiser des piques-niques ou de participer à des événements culturels accessibles avec la carte étudiante.

Sources

  1. [PDF] Jeunes et sans amis : quand la solitude frappe les 15-30 ans · fondationdefrance.org
  2. Solitude et sociétés contemporaines : une sociologie de la connaissance du solitaire · academia.edu
  3. animafac.net · animafac.net
  4. campusfrance.org · campusfrance.org
  5. cop1.fr · cop1.fr
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Emma Chabot @style-hunter

Mode, beauté, bien-être – je partage mes découvertes avec authenticité. Pas de partenariats cachés ici, que des vraies recommandations. Graphiste freelance à Lyon, je privilégie les marques éthiques et le DIY. Mon dressing est un savant mélange de friperies et de pièces durables. Je crois qu'on peut être stylée sans détruire la planète. Et si je peux t'aider à trouver ton style, c'est encore mieux.

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