Gros plan sur les chiffres d'un compteur d'eau noyé dans la pénombre d'un sous-sol, les chiffres noirs bien visibles sur le cadran, lumière faible et naturelle
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Premier compteur eau et électricité : éviter la facture folle

Évite de payer la facture d'un inconnu ! Apprends à relever tes compteurs eau et électricité, détecter les fuites, vérifier tes options HP/HC et contester toute erreur sous un mois.

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Tu viens de recevoir ta première facture d'eau ou d'électricité et le montant te coupe le souffle. Deux fois, trois fois plus élevé que ce que tu avais anticipé. Ce scénario, des milliers de jeunes locataires le vivent chaque année au moment de quitter le nid familial. La cause n'est presque jamais une consommation réelle extravagante, mais un mécanisme d'estimation qui se fonde sur l'habitude de quelqu'un d'autre — le précédent occupant de ton logement. Comprendre ce fonctionnement est le premier pas pour ne pas payer la facture d'un inconnu. Ce guide te donne les clés pour lire ton compteur, vérifier ta facture et contester les erreurs avant qu'il ne soit trop tard.

Gros plan sur les chiffres d'un compteur d'eau noyé dans la pénombre d'un sous-sol, les chiffres noirs bien visibles sur le cadran, lumière faible et naturelle
Gros plan sur les chiffres d'un compteur d'eau noyé dans la pénombre d'un sous-sol, les chiffres noirs bien visibles sur le cadran, lumière faible et naturelle

Première facture hors de prix : comprendre pourquoi tu paies la consommation d'un inconnu

Quand tu emménages, tu souscris un contrat auprès d'un fournisseur d'énergie ou d'eau. Sauf que pendant les premiers mois, personne ne vient relever ton compteur. Le fournisseur te facture donc une consommation estimée, calculée à partir de l'historique du logement. Problème : si le précédent locataire était une famille de cinq personnes avec un chauffage électrique tournant à plein régime, ou s'il laissait couler l'eau sans compter, c'est son profil que le fournisseur utilise pour te facturer. Tu paies littéralement pour quelqu'un que tu n'as jamais rencontré.

L'estimation sur base historique : le piège classique du premier locataire

Le mécanisme est simple dans son principe mais sournois dans ses effets. Le fournisseur d'électricité ou d'eau se réfère aux consommations antérieures enregistrées à cette adresse. Il ne connaît pas ton mode de vie, le nombre de personnes dans ton foyer, ni tes habitudes. Il applique un modèle statistique basé sur ce qui s'est passé avant ton arrivée. Cette pratique est parfaitement légale — les contrats la prévoient. Mais elle peut produire des résultats absurdes quand le profil change radicalement. L'association Que Choisir a notamment pointé du doigt Engie pour des factures exorbitantes liées à des estimations totalement déconnectées de la réalité du consommateur. La bonne nouvelle : tu as le droit de corriger cette estimation à tout moment en transmettant un relevé réel. C'est même la première chose à faire le jour de ton emménagement.

Pas de facture sur consommation réelle depuis plus d'un an : l'alerte rouge

D'après les informations publiées par EDF sur le relevé de compteur, si plus de douze mois se sont écoulés sans qu'aucune facture basée sur un index réel n'ait été émise, la situation devient urgente. Pourquoi ? Parce que la régularisation qui arrive sera massive. Le fournisseur va comparer les estimations mensuelles avec l'index réel et ajuster la différence en une seule fois. Si les estimations étaient sous-évaluées, tu te retrouves avec une facture de rattrapage à quatre chiffres. Cette situation survient très fréquemment lors d'un emménagement, car le précédent locataire n'a pas toujours transmis de relevé de fin de contrat, créant un trou dans la chaîne de facturation. N'attends pas que la bombe explose : relève ton compteur dès le premier jour et transmets l'index sans délai. Pour mieux comprendre l'impact de l'isolation et du logement sur ta consommation énergétique, tu peux consulter notre guide sur le DPE logement et l'étiquette énergie.

Transmettre ton index dans les délais : le bon réflexe anti-estimation

Chaque fournisseur impose un délai de transmission après le passage du releveur ou l'envoi de la demande. Par exemple, Veolia Eau précise un délai de trois jours pour transmettre l'index après le passage du technicien. Trois méthodes existent généralement : l'espace client en ligne, l'application mobile, ou le téléphone. Si tu ne transmets rien dans le délai imparti, le distributeur repart sur une estimation basée sur les consommations précédentes du logement — et on retombe dans le piège de l'inconnu. Note ce délai dès que tu reçois l'avis de passage, et programme une alerte sur ton téléphone pour ne pas l'oublier.

Linky, électronique ou électromécanique : identifier ton compteur électrique en moins d'une minute

Maintenant que tu as compris pourquoi il est indispensable de lire ton compteur, il faut savoir lequel tu as sous les yeux. En France, il existe trois types de compteurs électriques. Les identifier prend moins d'une minute, mais cette étape détermine la façon dont tu devras interagir avec ton fournisseur par la suite. Oublier cette étape, c'est risquer de transmettre un relevé inutile ou, à l'inverse, de ne pas vérifier ce qui devrait l'être.

Le compteur Linky : relevé automatique, mais pas de dispense de vigilance

Le compteur Linky est le plus récent et le plus répandu aujourd'hui. Il est dit communicant : il transmet automatiquement ton index de consommation à Enedis, le gestionnaire du réseau. En théorie, tu n'as donc pas besoin de faire de relevé manuel. En théorie seulement. Car il arrive que des erreurs de transmission surviennent, ou que l'index affiché sur le compteur ne corresponde pas à celui figurant sur ta facture. La parade est simple : de temps en temps, glisse un œil sur l'écran de ton Linky et note les chiffres qui défilent. Compare-les avec ce qui est indiqué sur ta dernière facture. Si tu constates un écart inexpliqué, contacte ton fournisseur immédiatement. La technologie ne remplace pas la vigilance — elle la rend plus facile, pas inutile.

Compteurs anciens (électronique et électromécanique) : relever soi-même au moins une fois par an

Si tu n'as pas de Linky, tu as probablement un compteur électronique (avec un affichage digital) ou un compteur électromécanique (avec une roue crantée qui tourne quand tu consommes). Pour ces deux modèles, le relevé manuel est obligatoire. La fréquence minimale recommandée est d'une fois par an. Le compteur électronique affiche directement les chiffres de ta consommation en kWh sur un écran. Le compteur électromécanique, plus ancien, utilise des cadrans à aiguilles qu'il faut lire avec un peu d'attention. Dans les deux cas, si ton compteur est inaccessible — cave fermée, compteur en copropriété derrière une porte verrouillée — c'est un technicien Enedis qui doit intervenir. Ne force pas une porte et ne saute jamais cette étape : un compteur jamais relevé, c'est une facture estimée qui s'accumule indéfiniment.

Cette courte vidéo t'aide à visualiser le geste de relevé selon le type de compteur électrique installé dans ton logement. Prends deux minutes pour la regarder avant de te rendre dans ta cave ou ton hall d'immeuble, ça évite les erreurs de lecture.

Les informations essentielles à noter lors du relevé

Quel que soit ton modèle de compteur, trois informations doivent figurer sur ta feuille de relevé. D'abord, le numéro de ton compteur (généralement gravé sur le boîtier), qui permet au fournisseur de s'assurer que le relevé correspond bien à ton logement. Ensuite, l'index en kWh, c'est-à-dire le chiffre ou la suite de chiffres indiquant ta consommation totale depuis la mise en service. Enfin, la date du relevé, car elle sert de point de référence pour calculer ta prochaine facturation. Un relevé sans date ne vaut rien aux yeux du fournisseur.

Chiffres noirs contre chiffres rouges : lire ton compteur d'eau en mètres cubes (m³)

Passons à l'eau. Le compteur d'eau est souvent plus déroutant que le compteur électrique, car il utilise un système à deux couleurs de chiffres qui peut sembler cryptique au premier abord. Pourtant, une fois la logique comprise, la lecture est enfantine. Et c'est une compétence essentielle, car les erreurs de facturation sur l'eau sont tout aussi fréquentes que sur l'électricité — et tout aussi coûteuses.

Les chiffres noirs : le seul index qui compte pour la facturation

Sur ton compteur d'eau, tu verras une suite de chiffres généralement divisée en deux groupes par la couleur. Les chiffres noirs (souvent quatre ou cinq digits) représentent les mètres cubes consommés depuis la mise en service du compteur. C'est le seul index que tu dois transmettre à ton fournisseur d'eau. Par exemple, si ton compteur affiche 001075, cela signifie que 1 075 mètres cubes ont été consommés depuis l'installation du compteur, soit 1 075 000 litres. Pour te donner un ordre d'idée, un mètre cube équivaut exactement à 1 000 litres. Cette équivalence est fondamentale : beaucoup de gens perdent la notion de ce qu'ils consomment car ils ne font pas le lien entre les m³ de leur facture et les litres qu'ils utilisent au quotidien. Un ménage moyen en France consomme environ 120 m³ par an, soit 120 000 litres.

Les chiffres rouges et la tête pivotante à 360° : à quoi ils servent vraiment

Les chiffres rouges, généralement trois digits, représentent les litres (centaines, dizaines, unités). Ils ne servent pas à la facturation en tant que telle, mais ils constituent un outil de diagnostic extrêmement précieux. Nous y reviendrons dans la section suivante pour la détection de fuites. Un autre élément mérite ton attention : sur les compteurs d'eau les plus récents, dits télé-relevés, une tête pivotante à 360° est installée. Cette tête permet la lecture à distance par le distributeur d'eau, mais elle ne t'empêche absolument pas de lire l'index manuellement. Tu peux faire pivoter la tête pour accéder aux chiffres noirs et effectuer ton propre relevé si tu veux vérifier que la facturation correspond à ta consommation réelle. Eaux de Marseille publie un guide complet sur la lecture des compteurs d'eau qui illustre précisément cette distinction entre chiffres noirs et rouges.

Compteurs divisionnaires et collectifs : savoir lequel est le tien

Il existe deux catégories de compteurs d'eau dans les immeubles. Le compteur divisionnaire est celui qui te concerne directement : il mesure la consommation de ton logement uniquement, et c'est lui qui sert de base à ta facturation individuelle. Le compteur collectif, lui, mesure la consommation de l'ensemble de l'immeuble ou d'un bâtiment. Si tu es en copropriété, vérifie bien que le relevé que tu transmets correspond à ton compteur divisionnaire et non au compteur général. L'erreur est rare mais possible, surtout dans les petites copropriétés où les compteurs sont regroupés dans un même local technique. Le numéro de compteur gravé sur le boîtier est ton meilleur repère pour éviter toute confusion.

L'étoile qui tourne toute seule : repérer une fuite d'eau cachée en 5 minutes

Les chiffres rouges de ton compteur d'eau ne sont pas là pour faire joli. Ils sont ton meilleur allié pour détecter une fuite cachée — et une fuite, même minime, peut coûter des dizaines, voire des centaines d'euros par mois. Une fuite d'eau, c'est de l'argent qui s'écoule littéralement dans le caniveau. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, elle n'est pas toujours visible : un joint usé sous un lavabo, une chasse d'eau qui fuit en continu derrière la cuvette, un tuyau percé dans le mur. Voici comment devenir détective en cinq minutes chrono.

Le test des chiffres rouges : fermer tout, attendre, comparer

Le protocole est simple et ne demande aucun outil. Commence par noter les chiffres rouges affichés sur ton compteur d'eau. Ensuite, ferme absolument tous les points de puisage de ton logement : tous les robinets (cuisine, salle de bain, jardin si tu en as un), arrête les machines si elles tournent, et vérifie que personne ne tire d'eau. Attends quelques minutes — cinq à dix minutes suffisent. Reviens relever les chiffres rouges. S'ils ont avancé, ne serait-ce que d'un seul digit, c'est que de l'eau s'écoule quelque part dans ton installation privative. Ce test, décrit par Le Figaro dans un article dédié, est considéré comme la méthode la plus fiable pour déceler une fuite sans équipement professionnel.

L'étoile rotative au centre du cadran : l'indicateur ultra-sensible

Certains compteurs d'eau sont équipés d'un petit disque ou d'une étoile rotative au centre du cadran, parfois appelée horloge du compteur. Cet élément est un indicateur ultra-sensible : il tourne dès qu'un infime débit d'eau passe dans le compteur, même un simple goutte-à-goutte. Si tu as fermé tous les robinets et que cette étoile continue de tourner, tu as une fuite. Pas un doute possible. La sensibilité de cet indicateur est telle qu'il peut détecter des fuites de moins d'un litre par heure, imperceptibles à l'oreillette. Ne sous-estime jamais l'impact financier d'une petite fuite : un goutte-à-goutte intermittent peut représenter jusqu'à 4 litres par jour, soit environ 1,5 m³ par an — cela paraît faible, mais cumulé avec d'autres pertes, la facture peut très vite déraper.

Pour visualiser le fonctionnement interne d'un compteur d'eau et comprendre comment l'étoile rotative réagit au passage de l'eau, cette vidéo donne un aperçu clair et rapide du mécanisme.

Les fuites les plus courantes chez les jeunes locataires

Savoir qu'il y a une fuite, c'est bien. La localiser, c'est mieux. Certaines causes reviennent de manière récurrente dans les petits logements occupés par des jeunes locataires. La chasse d'eau qui fuit en continu arrive en tête du palmarès : elle peut gaspiller jusqu'à 500 litres par jour sans faire le moindre bruit. Viennent ensuite les joints de robinetterie usés (sous l'évier de cuisine ou le lavabo), les raccords de lave-linge ou lave-vaisselle mal serrés, et les flexibles de chauffe-eau qui se dégradent avec le temps. Si ton test des chiffres rouges est positif, vérifie ces points en priorité avant d'appeler un plombier. Dans bien des cas, remplacer un joint coûtant moins de deux euros suffit à régler le problème.

Option Base ou Heures Pleines / Heures Creuses : vérifier que ta facture électrique correspond à ton compteur

Tu sais maintenant lire ton compteur, tant électrique que d'eau. Mais lire ne suffit pas : il faut aussi vérifier que ce qui est facturé correspond à ce que tu as réellement consommé et à ce que tu as souscrit. Une erreur d'option tarifaire peut transformer une facture raisonnable en cauchemar. C'est un problème particulièrement fréquent chez les jeunes locataires qui reprennent un contrat existant sans vérifier les détails.

Repérer la répartition HP/HC sur ta facture et la comparer à ton contrat

Si tu as souscrit l'option Heures Pleines / Heures Creuses (HP/HC), ta facture doit obligatoirement faire apparaître deux lignes distinctes de consommation : une pour les heures pleines et une pour les heures creuses. Ces dernières sont généralement situées en milieu de nuit (de 22 h à 6 h, selon les communes) et le kWh y est moins cher. Vérifie que les montants sont cohérents avec ton usage réel. Si tu as un chauffe-eau électrique programmé pour tourner la nuit, la majeure partie de ta consommation devrait apparaître en heures creuses. Si tu vois l'inverse — 80 % de ta consommation en heures pleines — soit ton chauffe-eau est mal programmé, soit il y a une erreur de facturation. Que Choisir insiste sur ce point : l'option HP/HC n'est rentable que si au moins 40 % de ta consommation est effectuée en heures creuses. En dessous, tu perds de l'argent.

Index facturé différent de l'index du compteur : comment repérer l'erreur

Voici le contrôle le plus simple et le plus efficace que tu puisses faire. Sur ta facture d'électricité, repère la ligne indiquant le « nouvel index ». C'est le chiffre que le fournisseur a utilisé pour calculer ta consommation. Compare-le avec l'index affiché sur ton compteur au jour où tu reçois la facture. Si le nouvel index de la facture est supérieur à celui de ton compteur, c'est impossible — ton compteur ne recule jamais. S'il est largement inférieur (à un point qu'aucune consommation intermédiaire ne justifie), c'est probablement une erreur de saisie ou de transmission. Dans les deux cas, contacte ton fournisseur immédiatement avec la photo de ton compteur en guise de preuve. Ce type d'erreur est plus fréquent qu'on ne le pense, surtout lors des transitions entre locataires ou après un changement de compteur.

Option Base : plus simple, mais à vérifier quand même

Si tu es en option Base, le principe est le même mais simplifié : un seul prix au kWh, sans distinction d'heures. La vérification consiste alors uniquement à comparer l'index facturé avec l'index réel de ton compteur. L'option Base est souvent plus adaptée aux petits logements et aux jeunes actifs qui ne sont pas chez eux aux heures creuses. Si tu viens de t'installer et que tu n'as pas choisi ton option, vérifie ce qui est indiqué sur ton contrat. Tu peux changer d'option à tout moment, mais le changement prend effet à la prochaine facture de régularisation.

Consommation d'eau doublée en un an : contester une facture anormale sous le délai d'un mois

La prévention, c'est bien. Mais que faire quand la facture est déjà arrivée et que le montant est aberrant ? La loi française ne te laisse pas démuni face à une facture d'eau anormalement élevée. Il existe des seuils, des mécanismes de protection et des délais à connaître absolument. Le problème, c'est que presque personne ne les connaît — et les fournisseurs ne se pressent pas de les rappeler.

Le seuil du double : la définition légale d'une facture d'eau excessive

D'après le site service-public.gouv.fr, une facture d'eau est considérée comme anormalement élevée lorsque la consommation a au moins doublé par rapport à la moyenne des trois dernières années. Ce n'est pas une tolérance commerciale accordée par le distributeur : c'est un droit inscrit dans la réglementation. Si ta consommation passe de 90 m³ par an à 180 m³ ou plus, tu es dans le périmètre de protection. Le fournisseur ne peut pas ignorer cette situation et doit t'orienter vers une procédure de contestation ou d'explication. Attention toutefois : ce seuil s'applique quand un historique de trois ans existe à ton nom. Pour un premier locataire, l'historique disponible est celui du logement — il faut donc le demander au distributeur pour établir la moyenne de référence.

Plafonnement après fuite réparée : ne payer que le double de la moyenne

C'est l'une des protections les plus méconnues et les plus puissantes. Si la surconsommation est due à une fuite sur le réseau privé — c'est-à-dire après le compteur, donc dans ton installation — et que tu fais réparer cette fuite par un plombier professionnel, la facture est plafonnée au double de la consommation moyenne. Concrètement, si ta moyenne est de 100 m³ et que la fuite t'a fait consommer 250 m³, tu ne paieras que 200 m³. Les 50 m³ excédentaires restent à la charge du distributeur. La condition est stricte : tu dois fournir une attestation de réparation du plombier, qui mentionne la nature de la fuite et la date d'intervention. Sans ce document, aucun plafonnement ne s'applique. Garde donc toujours un double de chaque facture de plombier.

Le délai d'un mois pour contester : ne pas attendre

C'est le point critique. Tu as exactement un mois après la réception de la facture pour engager une contestation. Passé ce délai, le fournisseur est en droit de considérer que tu as accepté la facture tacitement. Pas de délai supplémentaire, pas de tolérance. La contestation doit être formulée par écrit — courrier recommandé avec accusé de réception ou via l'espace client si le distributeur le propose — et accompagnée de preuves : photo du compteur, relevé que tu as fait toi-même, attestation de réparation de fuite, comparaison avec l'historique de consommation. N'envoie jamais un simple mail non tracé ou un coup de téléphone sans suivi écrit. En cas de litige persistant, les recours auprès de service-public.gouv.fr détaillent les étapes suivantes, notamment la saisine des instances compétentes.

Factures que tu ne peux pas payer : tarification sociale de l'eau, aides au paiement et Médiateur de l'énergie

Parfois, malgré toutes les précautions du monde, la facture est juste et tu ne peux pas la payer. Les jeunes actifs, les étudiants en logement autonome, les personnes en insertion professionnelle : ce public est particulièrement exposé aux impayés d'énergie et d'eau. Des dispositifs existent pour éviter la spirale de la dette, mais ils restent largement ignorés de ceux qui en auraient le plus besoin.

La tarification sociale de l'eau : un dispositif municipal encore trop méconnu

Certaines communes en France mettent en place une tarification sociale de l'eau, qui plafonne le prix du m³ pour les ménages modestes. Ce dispositif n'est ni automatique ni uniforme : il dépend entièrement de la commune où tu résides. Certaines villes l'appliquent, d'autres non. Pour en bénéficier, tu dois en faire la demande auprès de ta mairie ou du Centre communal d'action sociale (CCAS). Les critères d'éligibilité varient selon les communes mais reposent généralement sur le revenu fiscal de référence et la composition du foyer. Renseigne-toi dès ton emménagement — n'attends pas d'être en difficulté pour découvrir que ta commune propose ce dispositif et que tu y avais droit depuis des mois.

Saisir le Médiateur national de l'énergie quand le fournisseur bloque

Pour les litiges liés à l'électricité et au gaz — facture contestée restée sans réponse, refus de régularisation, coupure que tu estimes abusive — le Médiateur national de l'énergie est un recours gratuit et accessible en ligne. Il intervient après que tu auras effectué une démarche de contestation directe auprès de ton fournisseur et que celui-ci n'aura pas répondu dans un délai de deux mois (ou aura refusé ta demande). Le Médiateur n'est pas un juge : il émet un avis consultatif, mais les fournisseurs s'engagent à le suivre dans la très grande majorité des cas. Parallèlement, des aides au paiement existent pour les foyers modestes, comme le chèque énergie ou les fonds de solidarité pour le logement (FSL), qui peuvent prendre en charge tout ou partie de tes factures d'énergie impayées. Les services comme Veolia Eau proposent aussi des espaces clients pour faciliter le suivi de ta consommation et la transmission de tes index, ce qui réduit le risque de mauvaises surprises.

Les fonds de solidarité et le chèque énergie

Le chèque énergie, envoyé automatiquement aux ménages éligibles (sous conditions de ressources), peut être utilisé pour payer tes factures d'électricité, de gaz, de fioul ou de bois. Il peut aussi financer des travaux d'amélioration énergétique. Si tu es en situation de précarité énergétique, les fonds de solidarité pour le logement (FSL), gérés par les départements, peuvent accorder des aides financières pour régler des factures d'eau ou d'énergie impayées. Ces aides ne sont pas automatiques : il faut en faire la demande, généralement auprès de l'assistante sociale de ton secteur ou du CCAS. Le fait de bien choisir son électroménager dès le départ peut aussi considérablement réduire tes consommations futures et éviter de te retrouver dans cette situation.

Conclusion : les trois réflexes à garder sous le coude dès ton premier emménagement

Personne ne t'apprend à lire un compteur à l'école. Pourtant, c'est une compétence qui s'acquiert en cinq minutes et qui peut t'éviter des centaines d'euros de mauvaises surprises. Pour faire le bilan de ce guide, trois gestes simples couvrent l'essentiel des risques liés à ta première facturation d'eau et d'électricité.

Le premier réflexe, c'est de relever ton compteur le jour même de ton emménagement. Note les index d'eau et d'électricité, photographie-les, date-les, et transmets-les à tes fournisseurs. Cet index de départ est ta base de comparaison pour tout ce qui suivra : sans lui, tu ne pourras jamais prouver que la consommation facturée n'est pas la tienne.

Le deuxième réflexe, c'est de vérifier systématiquement la cohérence entre ta facture et ton compteur. L'index mentionné sur la facture correspond-il à ce que tu lis sur le cadran ? L'option tarifaire est-elle la bonne ? La répartition HP/HC est-elle logique par rapport à tes habitudes ? Ces vérifications prennent deux minutes et te protègent contre les erreurs de saisie et les estimations aberrantes.

Le troisième réflexe, c'est de contester sous un mois si quelque chose ne colle pas. Pas de tolérance, pas de « je verrai plus tard ». Un mois, c'est le délai légal. Au-delà, tu es censé avoir accepté la facture. Courrier recommandé, preuves jointes, démarche structurée : la contestation est un droit, pas un acte agressif. Les fournisseurs le savent, et ils sont tenus de traiter ta réclamation. Et si le litige bloque, le Médiateur national de l'énergie est là pour trancher, gratuitement. La paranoïa, en matière de factures d'eau et d'électricité, c'est de la prudence bien placée.

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Questions fréquentes

Pourquoi paie-t-on la consommation du précédent locataire ?

Le fournisseur facture une estimation basée sur l'historique du logement. Si le profil de l'ancien occupant diffère du vôtre, vous payez pour sa consommation.

Comment détecter une fuite d'eau avec son compteur ?

Fermez tous les robinets et notez les chiffres rouges. Si ces chiffres avancent après quelques minutes, ou si l'étoile rotative au centre tourne, vous avez une fuite.

Dans quel délai contester une facture d'eau anormale ?

Vous disposez d'exactement un mois après la réception de la facture pour la contester par courrier recommandé avec preuves à l'appui.

Que valent les chiffres rouges sur un compteur d'eau ?

Ils indiquent la consommation en litres et ne servent pas à la facturation. Seuls les chiffres noirs, représentant les mètres cubes, sont facturés.

Sources

  1. ÉlectricitéEngie pointé du doigt pour des factures exorbitantes · quechoisir.org
  2. Understanding Your Water Bill · 19january2017snapshot.epa.gov
  3. eauxdemarseille.fr · eauxdemarseille.fr
  4. lefigaro.fr · lefigaro.fr
  5. particulier.edf.fr · particulier.edf.fr
cyber-watch
Nathan Curbot @cyber-watch

Je suis le pote relou qui vérifie si tes mots de passe sont dans une base de données piratée. Étudiant en cybersécurité à Rennes, je passe mes nuits sur des CTF et à lire des rapports de failles. Ma paranoïa est légendaire : j'ai un gestionnaire de mots de passe, une YubiKey, et je refuse de me connecter au WiFi public. Mon mantra : si c'est gratuit, c'est toi le produit. Et non, je ne vais pas « hacker le compte Insta de ton ex ».

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