
Législation tuning : que dit la loi sur la modification auto ?
Attention, la législation reste vague sur le sujet. Sur un véhicule ayant subi une transformation notable, le passage devant la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement) est obligatoire. Si l'on suit la loi à la lettre, toute modification devrait requérir l'accord du constructeur, alors qu'une voiture doit normalement conserver ses spécifications d'origine.
Prenons l'exemple des plaques d'immatriculation : elles doivent être blanches à l'avant et jaunes à l'arrière, avec les numéros en lettres bâton noires. La loi exige également que tout véhicule soit aménagé pour réduire les risques en cas d'accident. C'est le représentant de l'ordre qui a le libre arbitre pour juger si la voiture est conforme. Un petit conseil : restez poli, car avec une voiture tunée, s'il souhaite vraiment vous embêter, il en aura l'opportunité.
Le tuning est-il illégal ?
Difficile de répondre par oui ou par non, puisque la loi stipule que l'on ne peut modifier une voiture qu'avec l'accord du constructeur. D'un point de vue personnel, une voiture dotée de suspensions rabaissées et de jantes plus larges voit souvent sa tenue de route améliorée. De même, les harnais (s'ils sont bien installés) encaissent mieux les chocs en répartissant l'impact sur l'ensemble du corps, tandis que la ceinture de sécurité classique ne bloque le corps qu'à deux points (ce qui reste déjà essentiel, mieux vaut donc la boucler).

Jantes et suspensions : les bases du tuning
Une voiture tunée sans jantes alu (de préférence), c'est comme une tarte aux pommes sans pommes. De nos jours, changer les jantes consiste souvent à passer à un diamètre supérieur. Par exemple, une Clio phase 1 montée en jantes de 13 pouces peut, en respectant la loi, accueillir des jantes de 15 pouces. La loi oblige en effet à garder le diamètre total de la roue (jante + pneu) d'origine pour éviter de devoir réétalonner le compteur de vitesse.
Bien sûr, rien n'empêche de monter du 16 ou du 17 pouces, du moment que la modification est techniquement faisable. Le seul problème réside dans les efforts que ces modifications engendrent sur les trains roulants. Pour la largeur, la roue ne doit normalement pas dépasser de l'aile.
Concernant les suspensions, on opte généralement pour des ressorts plus courts ou on change directement les combinés pour perdre quelques centimètres de garde au sol. L'avantage est l'amélioration de la tenue de route, mais il faut redoubler de prudence sur les dos d'âne pour éviter d'abîmer le châssis ou le magnifique bouclier avant. Évidemment, après ces modifications, il est préférable de refaire le parallélisme pour plus de sécurité.

Modifier la carrosserie de sa voiture
Avec un peu d'huile de coude, on peut tout changer en matière de carrosserie. Du bouclier avant à l'aileron de coffre, tout est régi par le goût du tuner. Les prises d'air sur le capot peuvent améliorer le refroidissement du moteur ou alimenter le kit d'admission (qui remplace avantageusement le filtre à air d'origine car il demande moins d'entretien et fournit plus d'air), voire le turbo.
Pour les phares et les feux, il faut avant tout respecter leur fonction d'origine. Le gros problème avec beaucoup de tuners est qu'ils suppriment les réglages. Or, il est plus facile d'adapter des feux d'un autre modèle si l'on retire ces réglages, qui sont pourtant nécessaires pour ne pas éblouir les autres usagers.

Aménagement de l'habitacle tuning
L'habitacle offre de nombreuses possibilités de modification. On peut changer les sièges pour des baquets, accompagnés de leurs harnais. Le volant, le levier de vitesse, le frein à main, les pédaliers ou les fonds de compteur sont également concernés. L'installation de systèmes multimédia type DVD ou de néons reste à la mode, un effet popularisé par Fast & Furious.

Installation sono : quels équipements choisir ?
Impossible de parler de tuning sans aborder l'installation sono. Il existe plusieurs niveaux de configuration :
- L'entrée de gamme : un autoradio 4x50W avec quatre haut-parleurs de qualité. C'est déjà un très bon début.
- Le niveau « medium » : un autoradio 4x50W couplé à un amplificateur, deux kits éclatés (ou des coaxiaux plus simples à monter) et un petit subwoofer pour un peu plus de basses.
À partir de ce niveau, deux tendances s'opposent : ceux qui cherchent une qualité sonore « haut de gamme » (et qui investissent dans des câbles et filtres de qualité) et ceux qui veulent avant tout des Watts !
- La « haute puissance » : on utilise ici un ampli pour les haut-parleurs arrière (2x100W minimum) et un autre dédié au caisson de basses (200W minimum).
- L'extrême : l'objectif est de faire le plus de bruit possible, au point de réveiller le quartier ou de couvrir le bruit du moteur.
L'espace disponible est crucial. Sur une BMW, un kit éclaté (tweeter, medium, woofer) passe sans problème, alors que sur une petite voiture comme une Super5, le coaxial est recommandé (sauf si vous êtes prêt à refaire tout l'intérieur). Plus on veut de puissance, plus il faut d'amplification.
Il faut aussi penser à l'alimentation. Un amplificateur consomme de l'énergie. Pour éviter que la batterie ne se décharge trop vite (et vous obliger à pousser la voiture, ce qui serait gênant), il est conseillé d'installer un condensateur. Il s'agit d'une sorte de grosse pile qui se charge en roulant et délivre de l'énergie par impulsions courtes, utiles uniquement pour les basses. Enfin, toute installation sono repose sur des câbles de qualité, qui représentent souvent un budget conséquent.

Gagner en puissance : modifications moteur
De ce côté-là, toute modification est théoriquement interdite, mais combien la respectent vraiment ? Pour améliorer le bruit du moteur et gagner quelques chevaux (environ 30 à 40), l'installation d'un kit d'admission et le changement de la ligne d'échappement, voire du collecteur, sont des classiques.
Sur les voitures modernes, une puce électronique commande l'allumage et « bride » les performances. Il existe des puces de rechange pour « débrider » le véhicule, mais attention : les gains sont rarement à la hauteur des promesses commerciales. En pratique, comptez plutôt entre 15 et 30 chevaux.
Pour les voitures turbo, il suffit d'augmenter la pression du turbo. Il est vivement conseillé de confier cette opération à un spécialiste, car une surpression trop élevée peut faire exploser le turbo et causer des dommages irréversibles au moteur. Pour finir, un petit coup de peinture sur les éléments moteurs ou le polissage des chromes peuvent apporter une touche esthétique.
Contrôle technique et voiture tunée
Depuis quelques années, toutes les voitures de plus de deux ans doivent passer le contrôle technique obligatoire, qui vérifie les organes de sécurité (pneus, suspensions, freins, éclairage). Le problème principal est que la plupart des contrôleurs refusent les voitures tunées car elles ne correspondent plus au cahier des charges du constructeur.
Par exemple, une Audi A4 équipée de quatre jantes larges et de pneus basse taille neufs peut être refusée sous prétexte que les pneus ne correspondent pas. On voit ainsi apparaître des centres de contrôle dits « tuning ». Le contrôle y est plus cher, mais ils acceptent les modifications, à condition que les pneus et jantes respectent certaines normes et que la garde au sol n'ait pas été dangereusement abaissée.
Assurance auto tuning : comment bien s'assurer ?
Les voitures tunées sont très souvent assurées comme des voitures d'origine. Par conséquent, en cas d'accident, les propriétaires ne reçoivent aucun dédommagement pour les équipements ajoutés. Pour cette raison, des assurances spécialisées voient le jour. Elles sont plus chères, mais prennent en compte toute pièce ajoutée à la voiture, à condition que le véhicule ait été expertisé après les modifications et avant tout sinistre.
Conclusion
Les puristes du tuning diront qu'un diesel tuné est une offense à l'esprit tuning, et je tends à être d'accord. Il faut tout de même admettre qu'un diesel à injection directe dont on a remplacé la puce d'allumage fonctionne du tonnerre (avec des gains de 20 à 50 chevaux).
Vous l'avez compris, le tuning est une affaire de goût. Chacun a ses idées, plus ou moins discrètes ou originales, mais l'essentiel est que la voiture plaise à son propriétaire. Gardez également à l'esprit que le tuning demande un budget important : par exemple, un simple bouclier avant coûte environ 300 euros pour les modèles les moins chers.
Si vous trouvez des informations erronées ou des choses à ajouter, n'hésitez pas à laisser un commentaire et je me ferai un plaisir d'apporter les modifications à l'article.