Image 1
Essais

Une suicidaire qu'on ne remarque pas

Une adolescente en détresse témoigne de sa souffrance invisible : rejetée par sa famille, abandonnée par ses amis, elle exprime sa douleur avec une authenticité bouleversante.

As-tu aimé cet article ?

Je suis suicidaire depuis longtemps, mais je passe inaperçue. Je suis une suicidaire parmi tant d'autres que même cette putain de famille ne remarque pas. Ils pensent tous que je vais mieux, mais c'est faux. Je devrais être internée tellement je suis triste, tellement je pleure.

Personne autour de moi pour me remonter le moral, personne qui pourrait m'écouter, seulement m'écouter, pour que je sois assez confiante et assez à l'aise pour parler ouvertement. Mais non, ils préfèrent tous me raconter leurs problèmes qui ne sont rien, alors que j'ai dû sûrement surmonter maintes et maintes fois ce qu'eux ont à surmonter une fois. Depuis 3 ans, j'ai dû surmonter au moins 50 fois les disputes avec mes parents. Et même plus, puisqu'à chaque jour je me chamaillais avec ma mère.

Au primaire, j'étais la bonne petite fille qu'on met sur un piédestal, et rendue au secondaire, je suis devenue la méchante fille qui ne faisait rien dans la maison, dont il fallait tout le temps s'occuper. Mais merde, tout au long du primaire, j'ai dû m'occuper toute seule. Est-ce que j'ai le droit d'avoir un peu d'attention de ma famille ? Bah, ça n'a pas l'air. Ma mère ne me désirait pas, mon père pas plus, mais ils m'ont eue quand même.

Pourquoi je me sens invisible au quotidien

Aujourd'hui, je passe mes nuits à pleurer et je ne suis plus capable de parler en public. Je déteste avoir de l'attention, je reste dans ma chambre, et c'est toujours pas correct. La fin de semaine, quand ma mère se lève, elle me tombe déjà dessus, ou elle se chicane avec son amoureux, et c'est moi qui dois ramasser leurs pots cassés. Quand l'un des deux revient saoul, c'est moi qui dois faire la messagère entre ma mère et sa mère, et entre mon père et ma mère.

Je dois faire l'adulte sans trop le faire, sans que les gens autour le voient, sinon c'est toujours pas correct. Le reste de ma famille ne voit pas que j'existe, sauf si je leur parle. C'est moi qui dois faire les premiers pas, toujours, pour qu'ils me parlent, quand je suis quelque part que je ne connais pas.

Le manque de soutien de mes amis

Et mes « ami(e)s », si on peut appeler ça des amis... Ils sont là quand ils ont des fucking problèmes, soit perso, soit scolaires. Et quand c'est moi qui ai des problèmes perso, ils sont plus là, ils ne sont plus mes amis. Les seuls qui m'écoutent sont loin de moi : il y en a un à 2 heures et l'autre à environ 1 heure, et il n'est pas question que je puisse aller les voir.

La pression familiale et mon désespoir

Ma mère est tellement stricte que je ne peux pas sortir le soir sans être accompagnée. Mais merde, je n'ai pas d'amis autour de moi, ce qui fait que je ne sors pas le soir sans elle, et ce même si je ne veux pas la voir. Elle m'impose son amoureux, tellement laid, tellement cave, que j'ai honte d'être près d'eux. Elle a pourtant du goût, ma mère d'habitude, et elle sait reconnaître les caves, mais pas là. Elle croit que vu qu'elle a sorti avec lui quand elle était plus jeune, quand elle avait des problèmes d'alcool, ça vient bien aller. Elle le trouve beau et intelligent. Pour moi, c'est juste un chien sale. En plus, ils s'engueulent tous les jours et ils ne voient pas que moi je souffre, que j'ai des sentiments.

Ma grand-mère pense que tous les problèmes que j'ai, c'est à cause de moi. Eh bien, c'est pas à cause de moi, c'est à cause de ma mère et mon père qui m'ont eue alors qu'ils ne voulaient pas d'enfants. Je les hais tant de m'avoir fait naître et de pas s'occuper de moi, et de me demander presque d'être invisible et de faire leurs tâches. Ils seraient si bien. Ils n'auraient pas d'enfant à s'occuper, ni de tâches, ni rien. Ce serait la petite esclave invisible qui ferait tout ça à leur place, et ils ne peuvent pas accepter que je ne sois pas parfaite. Mais fuck, la perfection n'existe pas et n'existera jamais.

En plus de tout ça, j'ai vu 3 travailleurs sociaux et 2 psy sans que je puisse remonter. Je dois avoir les problèmes des ados, puisque j'en suis une, c'est-à-dire les premières peines d'amour. Mais là, j'ai un chum, c'est mon ami, un des deux qui m'écoutent, et c'est celui qui habite à 2 heures de ma ville.

Pourquoi faut-il que je sois parfaite ?

Pourquoi je dois être parfaite pour eux ? Pourquoi ils ne peuvent pas m'accepter ? Est-ce à cause des trop grandes différences physiques ? Mentales ? Je sais que je vais mourir bientôt. J'ai de la difficulté à tenir le coup de plus en plus. Si je pouvais avoir au moins un ami autour de moi et un bon, mais je n'en ai pas, et c'est pour ça que je vais mourir bientôt de mes propres mains, car je n'ai rien à quoi me retenir.

As-tu aimé cet article ?
love_marylin_manson
love_marylin_manson @love_marylin_manson
2 articles 0 abonnés

Commentaires (9)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires