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C'est bon ? C'est fait ? Ok...

10h20 : Fin de la récréation. Je finis mon café et retrouve cette bande de déchaînés, agressifs à l'idée de mon cours.
10h35 : Il faut y aller. Je sors de ma cachette et me dirige vers la porte. Ils se mettent à hurler. Certains prennent la fuite.
10h40 : J'ai enfin réussi à les persuader de rentrer.
10h45 : Début du cours. Mes chers élèves du premier rang ont sorti leurs affaires. Quels braves enfants ! J'essaie d'éteindre les cigarettes, mais l'extincteur a disparu. Antoine s'en sert pour assommer son voisin.
10h55 : Je relève la tête. Seuls les ronflements me troublent. Heureusement, les seuls éléments cérébrés de cette classe sont encore là. J'empêche Natas de partir en rampant.
11h00 : La mise à mort. Mes élèves s'agitent un peu. J'évite une chaise, quatre tables, Paul qui apprend à voler, et six cartables. Je fais sortir Natas de dessous sa table. Je me remets à parler à mes huit du premier rang. Chers enfants !
11h10 : J'évacue Marion, Romain et Brice qui ont été blessés « en tombant de leur chaise ». Ça en fait trois de moins. Lueur d'espoir. Natas joue avec un réveil. Je tente de rappeler la classe à l'ordre. Sans succès. Fin de la lueur d'espoir.

11h15 : Comme j'aime mes bons élèves du premier rang ! Une odeur curieuse me parvient, Antoine se met à rire tout seul. Certains discutent d'une émission pédagogiquement musicale qu'ils ont tous vue. Je demande à Natas d'ôter ses pieds de la table. Un peu de tenue tout de même. Je réclame un peu de silence car je n'ai plus de voix.
11h17 : Je gaspille ce qui me reste de voix pour apprendre l'impact psychosociologique du mot « bleu » à mes petits enfants sages. Je demande à Natas de raccrocher car les lignes sont saturées.
11h19 : Je me demande pourquoi tous les élèves sont debout. Étrange. Mon tableau est plein de craie. Où arrive le gaz dans ce lycée ? Au fait, est-ce que j'ai fait l'appel ?
11h20 : Je crois que ça sonne au milieu des hurlements de joie. Natas est piétinée. Bien fait pour sa gueule ! Je veux mouriiiiir ! Est-ce que je passe par cette fenêtre ?
Bon allez, je saute, tant pis pour mes chers du premier rang, et de toute façon, je n'en ai rien à foutre de mes élèves, je ne suis pas là pour leur apprendre quoi que ce soit, n'est-ce pas ?