
Cette pensée me hantait l'esprit depuis quelques jours. Une pensée que je m'efforçais d'oublier, mais sans succès. Une pensée qui peut gâcher une vie à jamais. Une simple pensée qui ressemblait à l'issue de secours que je cherchais.
Je suis là, seule, inerte. Je veux crier, mais le son reste au fond de moi, de mon être et de mon âme. J'observe, je médite, je me lève pour me rasseoir aussitôt et je pleure. Je ne sais pas quoi faire, alors je reste là et je me rends compte que mon existence n'est pas si indispensable. Personne n'est irremplaçable.
Je regarde ma vie vide, gâchée. Puis je me regarde : mes joues sont inondées de larmes, mon esprit est rempli de doute et mon cœur se meurt. Je me place face à l'escalier, qui sera mon lit de mort. Je doute. Une pensée pour mes parents, mes amis et ma famille me fait reculer. Je ne retiens plus mes larmes, je n'ai plus la force.
J'avance d'un pas, puis de deux, en songeant aux malheurs que la vie m'a infligés. Je me retrouve enfin au bord, là où je vais m'échapper, m'envoler vers un monde inconnu et laisser celui-ci à jamais. Mon corps se balance et je tombe. Je sens les marches me cogner le dos, les côtes et le ventre. Ce moment me paraît si long. Je prie pour que tout s'arrête définitivement.
Tant de choses me sont passées par la tête pendant ces quelques minutes où la mort était si près. Puis soudain, un violent coup à la tête va, je crois, me faire perdre connaissance. Puis le vide total… Il ne reste plus rien de ce moment où je quittais la vie. Ma mémoire est en lambeaux et seulement quelques vagues souvenirs résonnent en moi.
Je me réveille, allongée au milieu de ce silence, toujours seule dans cette maison qui devait être mon tombeau. Je me remets à pleurer sans savoir si ce sont des larmes de joie ou de tristesse. Le doute s'installe une fois de plus en moi : étais-je heureuse de vivre ou triste de devoir continuer à exister ?
Je suis en colère contre moi. Pourquoi suis-je encore ici ? Pourquoi ne suis-je pas morte ? Normalement, j'aurais dû voir cette lumière blanche qui m'aurait menée vers ce monde étrange. Mon corps, ma tête, mon cœur et mon âme sont vides.
Et là, sans même savoir pourquoi, un flash me fait frissonner. Je me revois en haut de cet escalier, en train d'hésiter entre la vie et la mort. Je décide de me relever. J'ai honte de mon acte. À présent, je veux juste oublier cette expérience, l'enfermer dans un coin de ma mémoire et ne plus jamais y penser…
Un message d'espoir
Sachez que le suicide est un acte courageux et désespéré. Ne prenez jamais à la légère cet acte qui peut être fatal pour bon nombre d'entre nous. Moi, j'ai eu de la chance puisque je m'en suis sortie, mais je ne serai peut-être pas aussi chanceuse la prochaine fois — s'il y en a une.
Donc si vous êtes dans cette situation, n'hésitez pas à m'écrire pour qu'on en parle ! Je peux essayer de vous aider, de vous comprendre…
Prenez soin de vous et bon courage.
Marine